10
raisons de se révolter…
MANIPULATIONS
: On nous aurait menti ?
Déontologie
contre technologie
L'explosion
technologique de cette fin de siècle, combinée à l'offensive
généralisée du " politiquement-correct ", a ouvert grand les
portes des dérapages, des intox et autres manipulations d'envergure.
Toute information lâchée par les agences de presse fait l'objet
d'une soigneuse analyse journalistique ; les rédacteurs en
chef, attachés de cabinet, conseillers en communication ou
autres portes-parole officiels décortiquent l'information,
la retravaillent et la régurgitent habilement prémachée pour
le télévore moyen. Tout en n'existant théoriquement pas, la
censure est omniprésente et la forme des messages, même au
prix d'une surveillance et de menaces de poursuites pénales
à l'encontre des " providers " internet, est configurée de
façon telle à ce que l'opinion soit parfaitement conditionnée
à la doctrine " droit l'homo égalitariste " du système. Aucune
information n'est neutre, les propagandistes zélés de la démocratie
occidentale triomphante ne chôment jamais et quand ils leur
arrivent -rarement- de reconnaître leurs erreurs, les éventuelles
rectifications ne pèsent pas bien lourd face à l'armada médiatique
destructrice d'esprit critique. Contrôlant l'information en
amont, la diffusant extrêmement rapidement après " examen
démocratique ", les cellules dirigeantes liées aux grands
organes de presse internationaux, tuent la déontologie journalistique
et éliminent l'indispensable devoir de discernement qui devrait
théoriquement habiter tout journaliste objectif. Le besoin
boulimique d'infos qui a été artificiellement créé (car enfin,
a-t-on réellement besoin d'être surinformé ?) par les magnats
de la presse, implique la nécessité de travailler sans filet,
sans recul.
Quant
au journaliste dit d'investigation, son obsession du " politiquement-correct
", sa phobie paranoïaque du retour de la bête immonde (qui
monte, qui monte , …) et sa volonté du " scoop à tout- prix
" rendent toutes ses thèses sujettes à caution. Les tribunaux
belges ont enfin commencé à s'en rendre compte. A quand une
responsabilisation personnelle et la prononciation d'interdiction
d'exercer la profession ?
Belgique,
terre de manipulations
Les
dernières années ont démontré à suffisance que la Belgique
était une terre d'élections pour les manipulations en tout
genre. Le désintéressement général de l'opinion publique par
rapport aux problèmes communautaires, véritables écrans de
fumée par rapport aux défis fondamentaux que vit actuellement
notre société, et les crises politiques que ceux-ci suscitent
est un exemple de désinformation et de manipulation permanente
au profit du système.
Il
est plus intéressant pour des politiciens en mal de solutions
d'abreuver les citoyens avec des circulaires linguistiques,
des budgets sans cesse partagés en fonction de critères communautaires
boiteux ou encore d'exciter les esprits simples à l'aide de
déclarations fracassantes que de rechercher les causes réelles
et profondes de la décadence permanente qui ronge nos civilisations.
En
dehors de cela, la Belgique a connu au cours des années 80
quelques manipulations d'envergure qui n'ont peut-être pas
fini de faire couler beaucoup d'encre. Que l'on se souvienne
des massacres attribués aux fameux " Tueurs du Brabant Wallon
", du simulacre de groupe terroriste " CCC ", de l'infiltration
du groupe d'extrême droite " Westland New Post " par la sûreté
de l'État ou encore de la découverte de caches d'armes du
réseau anticommuniste " Gladio ". Toutes ces affaires, qui
ont finalement été étouffées ou récupérées par le système,
prouvent à suffisance que notre pays n'a rien à envier aux
pires barbouzes dans le domaine de la manipulation d'État.
Enfin
pour en finir sur la Belgique, sujet suffisamment vaste pour
rédiger un ouvrage entier, je citerais encore deux types de
manipulation de l'opinion publique " typiquement de chez nous
". Tout d'abord, la fantastique opération de marketing promotionnel
en faveur de la famille royale (décès de Baudouin, mise en
avant à tout prix de l'harmonie de la famille royale et enfin
bien entendu le délire hystérique qui a accompagné le mariage
du princier et qui sera probablement suivi d'autres délires
dus à la future progéniture du couple) et ensuite, plus sérieusement,
le vote électronique. Entendons-nous bien, je ne dis pas que
le vote électronique est une manipulation d'État mais bien
que cette procédure ouvre les portes à toutes les manipulations
possibles au cas où l'État en ressentirait la nécessité. A
l'ère de l'électronique surpuissante, il est idiot de penser
qu'il ne serait pas possible d'inventer des systèmes pouvant
tronquer les décisions électorales. Qui plus est, les contrôleurs
de ce type de procédure sont bien évidemment aussi manipulables…
. Nous savions que la démocratie réelle était une utopie gardée
par les censeurs de la pensée unique ; nous voyons aujourd'hui
que ces censeurs verrouillent les portes à double tour et
prennent leurs précautions pour ne pas laisser s'envoler la
poule aux œufs d'or.
Les
États-Unis, prophètes de la mauvaise foi et manipulations
à gogo
Mais
le paradis de la manipulation politique ou économique demeure
évidemment les États-Unis. Au pays de l'Oncle Sam, on connaît
depuis longtemps l'art de la manipulation militaire. En prenant
mille et une précautions, le mensuel Historia, lié au grand
hebdomadaire " Le Point " et dont Anne-Marie Finkelstein est
directrice de publication, révèle dans son numéro 635 de novembre
1999 que les États-Unis ont, à trois reprises au cours du
XXème siècle, joué le rôle " d'agressé " alors qu'ils savaient
que la guerre était inévitable. La raison en est simple :
les États-Unis sont une nation démocratique, garante de la
paix mondiale, avec une opinion publique stupide mais sensible.
Il s'agit donc en cas de guerre de provoquer une légitimation
totale de l'intervention soit en diabolisant l'adversaire
soit en se prétendant agressé. L'article d'Historia, écrit
par un spécialiste de l'Histoire militaire qui pour des raisons
professionnelles préfère garde l'anonymat (ah ! Liberté d'expression
quand tu nous tiens !), détaille avec précision les prémices
de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor. De nombreuses preuves
démontrent que Roosvelt a préféré laisser massacrer quelques
milliers de marins américains plutôt que de prendre le risque
de heurter l'opinion publique en déclarant une guerre qu'il
avait tout fait pu rendre inévitable. De même, les États-Unis
prétextèrent l'explosion (accidentelle) d'un cuirassier en
rade de La Havane en 1898 pour déclarer la guerre à l'Espagne
et annexer Cuba, les Philippines et Guam. Et enfin, en 1963,
une provocation fut montée de toutes pièces (attaque d'une
vedette torpille dans le golfe du Tonkin) afin de justifier
l'implication directe des USA dans la guerre du Vietnam (conflit
dans lequel les Américains étaient déjà engagés via leur soutien
en armes et en conseillers militaires). Au niveau économique,
les grandes entreprises ne sont évidemment pas en reste et
les exemples sont nombreux dans les secteurs pétrolier, aéronautique,
pharmaceutique et alimentaire pour prouver que la guerre de
la désinformation est sans merci1.
La
guerre du droit, nouveau cheval de bataille de la manipulation
Il
nous faudrait tout un numéro pour aborder de façon un tant
soit peu complète les interactions entre " manipulation "
et " guerres du droit ". La " guerre du droit " est le nouveau
concept moderne manichéen et moraliste qui permet de faire
opposer le " Bien " au " Mal " et de justifier toute exaction
vis-à-vis d'un peuple visé. Du cormoran mazouté en Irak au
faux charnier de Timisoara en Roumanie lors de la révolution
de 1989 en passant par l'exagération des victimes des conflits
rwandais, serbo-albanais ou tchétchène, la manipulation médiatique
a pris une place plus que prépondérante dans tous les conflits
modernes. Dans un article de Michael Wiesberg², relayé par
" Synergies Européennes ", l'on apprend que les Américains
ont créé en 1996 une agence " National Imagery and Mapping
Agency " (NIMA) qui occupe près de 10.000 personnes et qui
a pour mission de " centraliser toutes les photographies prises
par satellites militaires et de créer un ensemble de critères
pour les travailler sur ordinateur ". Le directeur de la NIMA
est, selon un document du Ministère américain de la défense
daté du 10 novembre 1996, appelé à soutenir les efforts de
l'état-major général de l'US Army ainsi que certaines autres
instances gouvernementales, dans l'exploitation et l'utilisation
de ces images en provenance des satellites. La manipulation
des opinions publiques est devenue une réalité institutionnalisée
et incontournable dans tous les conflits modernes. Seules
les analyses " après-coup " et les enquêtes que l'on permet
parfois de tenir démontrent l'exagération et les mensonges
employés au profit principal des américains et de leurs amis
masochistes de l'OTAN.
Un
devoir, l'esprit critique
Se
révolter contre la désinformation permanente et la manipulation
des esprits est un exercice de style. Une approche purement
intellectuelle. On ne peut contrer efficacement la machinerie
médiatique surpuissante qui nous inonde tous les jours. Les
gens se gavent d'infos et lutter contre l'influence de la
télévision est une entreprise hautement difficile. La solution
passe par le développement de l'esprit critique ; il faut
inviter les gens à réfléchir, à discerner la propagande de
l'information, à penser " à qui profite le crime ? ". Le combat
de tous les jours se résume en la diffusion d'une subtile
alchimie de questions et d'interrogations, pas trop choquantes,
qui doivent inviter nos compatriotes à penser, à leur inspirer
le doute, à se poser des questions. Vaste programme !
Charles
Marly
Pour
en savoir plus : 1 L'arme de la désinformation, les multinationales
américaines en guerre contre l'Europe, Rémi Kauffer, Grasset
² Le rôle de la NIMA dans la guerre du Kosovo, Michael Wiesberg,
Synergies Européennes
|