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  DEVENIR 12


HUMOUR

Considérations politiquement incorrectes sur le tremblement de terre


La terre bouge ; c'est une réalité. La tectonique des plaques a ses victimes et, disons-le franchement et d'emblée, souvent et ailleurs. Partant de cette constatation, somme toute réjouissante, je me pris à m'étonner du caractère, ô combien, politiquement incorrect des tremblements de terre. Le tremblement de terre, pour sa défense, a des arguments de choix : il frappe femmes, enfants et vieillards sans discrimination aucune, a détruit la basilique de Saint-François d'Assise (pas terrible, l'assise…), ne tient pas compte du climat, il fait vendre des disques pour l'Arménie et contribue à l'éternelle jeunesse d'Aznavour, s'attaque parfois aux européens et contribue à l'entrée future de la Turquie dans l'Union Européenne…

Mais que sont ces quelques circonstances atténuantes à côté des nombreux éléments à charge ? Résolument raciste, le tremblement de terre s'attaque toujours aux zones les plus pauvres, les plus reculées, les plus arides (à la différence de son copain Typhon qui lui agit dans les zones pédophilo-paradisiaque des Philippines, de Thaïlande ou de Floride), il oblige les habitants à loger sous tente (le camping ne symbolise t'il pas les prémices d'un retour à la terre, proche de l'idéologie du sinistre Docteur Walter Darré ?). Le tremblement de terre rase régulièrement la Turquie, jamais la Finlande ou la chaussée d'Haecht, nuit à la pollution ambiante de Mexico, et surtout, surtout, mes amis, il emmerde les Américains. Ah, le mot est lancé…tel Jean-Pierre Bacri, le tremblement de terre emmerde les Américains. Il veut, avec une insistance satanico-nazie, détruire la capitale de l'élargissement anal qu'est San Fransisco, il s'emploie à menacer le cocaïnomane richissime de Beverly Hills. Le tremblement de terre va réduire, définitivement, la fracture sociale de la Californie. C'est triste et politiquement pas bien.

Y a t'il des solutions ?

Hélas oui ! Les recherches faites jusqu'à maintenant dans ce domaine ont beaucoup apporté dans la compréhension de ce phénomène. Elles ont permis l'élaboration d'appareils de plus en plus sophistiqués mais qui n'ont jamais permis de prévoir les secousses plus de deux heures à l'avance. Savant mélange de haute technologie et de suspense hitchcockien, ces appareils sont heureusement encore peu fiables, preuve en est que la nature peut encore garder parfois ses droits.

Parmi les appareils mesurant l'ampleur des vibrations de la croûte terrestre, le plus connu est celui de Richter comportant une échelle graduée de 1 à 9. Détail amusant, l'engin ne détecte rien avant la secousse et plus le séisme est violent, plus l'enregistrement coûte cher (de 1 millions la petite secousse jusqu'à plein de milliards pour la grosse).

L'anglais Butcher Harris s'intéressa dès 1933 aux phénomènes pré-sismiques et mit au point un enregistreur d'interférences lourdes en surface, capable de transmettre sur un graphique échelonné, des chocs violents dans l'écorce terrestre provenant, pensait-il, du frottement des plaques continentales. Ces recherches porteront leurs fruits puisque de 1944 à 1945, il va détecter plus de 4.000 déflagrations dans la région de Londres. Aucune n'a précédé un tremblement de terre mais la communauté scientifique a apprécié l'effort. Encore aujourd'hui, cet appareil est utilisé pour rechercher les signes prémonitoires de séismes ; notamment certaines secousses se font actuellement entendre en Tchétchénie (mais, c'est loin…).

Les prix Nobel de tectonique appliquée, Gégène Gamma et Francisco Fascio, observèrent à plusieurs reprises des seuils critiques quelques heures avant les séismes. Ils mirent alors au point un " capteur d'écrasement maximum " qui sur deux échelles, portant le nom de leurs inventeurs respectifs, donnait d'un zéro à l'autre le moment maximum (ou seuil de résistance critique) du bouleversement tectonique. Inconvénient de l'objet, la résistance est souvent faible et l'appareil détecte ainsi une quantité de phénomènes souterrains non élucidés encore de nos jours (gaz en expansion, source de pressurisation, trafic de voyageurs, taupes en réseau,…).

Haroun Tazieff, quelques mois avant son éruption, confiait récemment au Völkischer Beobachter, que ces inventions n'avaient pas vraiment fait progresser la science et que seule la prévention permettait de lutter efficacement contre les ravages du tremblement de terre. Si l'architecture parasismique en papier mâché a récemment montré ses limites en Turquie, rien ne vaut la combinaison de protection antichocs et antiécrasements mise au point par Lev Zimmermann à Los Angeles. Pour le prix, encore raisonnable de 4.999 dollars et 10 cents, cette combinaison offre un maximum de garanties (réserve d'air comprimé, de nourriture pour une semaine, fusée de détresse, balise GPS). Les Californiens qui porteront cette combinaison seront sauvés.

Un espoir ?

La combinaison de Zimmermann sonne donc l'arrêt de l'insupportable arrogance politiquement incorrecte du tremblement de terre. Il s'agit de la meilleure solution du moment, mais encore une fois, particulièrement fort discriminante puisque inabordable pour l'Anatolien moyen. Il faut encore conclure en précisant que la sécurité du Californien à un prix, la combinaison pèse autour de 430 kg et ne comporte ni ventilation, ni chauffage. Baste, s'il faut survivre….

Julien Dragoulle