CULTURE
: DE LA RÉSISTANCE Á la reconquête
PORTRAIT
ET INTERVIEW D'UN ARTISTE ENRACINÉ : MAURITS de MAERTELAERE
Qui
est Maurits de Maertelaere ?
Maurits
de Maertelaere est né, de parents flamands, le 2 décembre
1927 à Schaerbeek, où il passa son enfance et son adolescence.
Depuis près de 50 ans, il est retourné en Flandre et s'épanouit
comme sculpteur depuis 33 ans à Kalken en (Oost-Vlaanderen).
Membre élu de la " Deutsche Akademie für Bildung und Kultur
" (München), il est l'expression vivante de l'adage " Nul
n'est prophète en son pays ". Il nous confia : " Quand le
Flamand naît à Bruxelles, il n'a que deux choix, il perd son
identité ou devient extrémiste ! ". M. de Maertelaere devient
extrémiste dans sa culture et dans le combat de son peuple
pour sa culture. Son combat ? La recherche de la vérité tant
culturelle qu'historique mérite d'être esquissée pour les
lecteurs de Devenir.
Devenir
: Comment et pourquoi êtes-vous devenu sculpteur ?
M.
de M. : Ce n'est pas tout à fait par hasard que je me suis
dirigé vers la statuaire. Le métier était dans la famille.
Il y a 120 ans mon grand-père s'installait à 25 ans comme
sculpteur statuaire. Mon père, mes oncles, tant paternels
que maternels, mes frères, mes cousins, avaient presque tous
des attaches artistiques ou artisanales. Aujourd'hui, je suis
un peu comme le dernier des Mohicans ! !
Devenir
: Parlez-nous de votre parcours artistique, de votre spécialité
et de votre vision actuelle de l'art ?
M.
de M. : A 14 ans, je commençais à la base, le travail du bois
et ceci à l'école de menuiserie de la ville de Bruxelles qui
était à l'époque un enseignement de haute qualité donné par
des hommes de métier. En passant par le meuble, le tournage,
la restauration des antiquités, j'arrivais à la statuaire.
Non seulement le bois mais aussi la pierre, la terre cuite.
Á l'occasion aussi, le bronze et la médaille me sont familier.
Ce que l'on qualifie aujourd'hui d'Art Contemporain n'est
en général que tromperie, profitariat et charlatanerie. L'art
- de Kunst - vient de " kunnen " (pouvoir) et le métier, l'artisanat,
la connaissance du matériel reste le premier et la base de
tout art plastique. Les Grecs anciens partageaient l'art en
Arts plastiques (l'architecture, la sculpture, la peinture,
le dessin) et en Arts rythmiques (la musique, la poésie, la
danse, etc.).
Devenir
: Art et Culture sont donc indissociablement liés ?
Une
base tout à fait indispensable de l'art est la culture. Sans
culture, pas d'art valable. Si l'artiste n'a rien dans la
tête, pas de " GEFÜHL ", que peut-il exprimer ? La culture,
c'est-à-dire, la musique, la littérature, l'histoire, la nature,
est pour moi le bagage nécessaire de l'artiste. Sans harmonie,
pas d'Art !
Devenir
: Peut-on vous qualifier " d'artiste nationaliste " ?
M.
de M. : Un artiste nationaliste n'existe pas. On peut être
artiste et nationaliste. Mais ici, le mot nationaliste n'est
pas tout à fait à sa place. Je me reconnais Flamand, certainement
dans mon travail, tout comme j'appartiens de par mes racines
à la grande famille germanique. Mais ceci n'est aucunement
une incompréhension pour mes voisins européens, soient-ils
Latins, Baltes, ni même Slaves. Nous avons des racines si
non communes, au moins parallèles.
Devenir
: Le combat culturel est-il aussi important que le politique
?
M.
de M. : Le combat culturel prime sur le combat politique,
le cuturel est primordial. Sans culture enracinée, il ne peut
y avoir un vrai art, et aussi y avoir une politique de valeur,
intelligente, intègre et honnête. L'exemple néfaste des USA
et de l'URSS illustre parfaitement cette idée.
Devenir
: Comment voyez-vous l'évolution de l'Art ?
M.
de M. : La situation de l'Art et de l'artisanat chez nous,
comparée au passé est déplorable. Je ne dévoile ici pas un
secret si je dis que l'on a détruit en Belgique, tout aussi
bien en Flandre que dans la partie francophone du pays, depuis
1944, des dizaines, voire des centaines de milliers de petites
entreprises tant dans la paysannerie que dans l'artisanat,
le commerce, la petite mécanique, etc. On est arrivé dans
une société de " supermarketten ", copie des " drugstores
US "… Dans les villes, les métiers ont en grande partie disparus
… même les bouquinistes, et le grand rôle qu'ils jouaient
culturellement, sont actuellement en voie de disparition…
Si rien ne change, l'avenir me paraît sombre pour la survie
de notre culture !
La
rédaction de Devenir remercie chaleureusement Maurits de Maertelaere
pour cet entretien et organisera prochainement une activité
à laquelle nous convierons cet artiste de talent afin qu'il
puisse mieux nous communiquer sa passion et nous présenter
ses œuvres.
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