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  DEVENIR 13


SOCIÉTÉ


Le Vlaams Blok en marche vers le "politiquement correct"

Un mot de la rédaction

Nous l'avions dit dans le précédent numéro, Devenir n'est pas lié rédactionnellement au mouvement pour la NATION. Ceci étant, nous soutenons l'action de ce mouvement que nous considérons comme le plus prometteur en Belgique francophone. Devenir ne veut pas s'impliquer dans des querelles politiques mais " trop, c'est trop " ; dans cet article, Hervé Van Laethem, nous fait part de l'évolution désastreuse, que nous ne pouvons aussi que constater, du Vlaams Blok et des implications que cela peut avoir, à l'aube des élections, dans la partie francophone du pays. Il s'agit d'un point de vue important qui mérite d'être relaté dans nos colonnes.

Il y a quelques semaines, une député de la tendance la plus réactionnaire du VB, Alexandra Coolen, annonçait triomphalement l'abandon par le parti de droite flamand du programme des 70 points concernant l'immigration (programme très controversé et assez radical pour résoudre les problèmes liés à l'immigration).

Cette annonce a suscité à la fois colère et embarras chez les " poids lourds " du Mouvement: Filip De Winter et Frank Van Hecke. Elle avait en effet court-circuité leur démarche d'expliquer de la manière la moins dommageable possible cette marche arrière aux militants.

Et justement, au-delà de la petite péripétie supplémentaire qui a opposé Coolen à Dewinter (pour une simple question de personnes); il faut essayer d'analyser ce nouvel exemple de l'effrénée course du Vlaams Blok vers une " normalisation " politique.

En réalité, un tournant idéologique

Si les 70 points sur l'immigration ne sont officiellement pas (encore ?) enterrés, leur non-actualisation (dixit le VB) signifie ni plus ni moins un changement concret et sensible de la position du Vlaams Blok sur l'immigration. En effet, le nouveau mot d'ordre du VB est devenu " S'adapter ou s'en aller ! ".

Or, ce slogan en lui-même résume deux marches arrières essentielles. En effet, en bon " parti de la loi et de l'ordre " (Margaret, qu'est-ce que tu leur manques…), le VB semble ainsi reconnaître que l'installation de populations immigrées sur notre territoire est un fait établi. Et que si ces populations se comportent bien, il n'y a aucun problème à leur présence ici.

De plus, parler de l'intégration est une acceptation de fait de la société multiculturelle et multiraciale. C'est ainsi que lors d'une émission de télévision flamande, Filip De Winter en parlant d'une élue écolo flamande d'origine immigrée, en a dit qu'elle était un brillant exemple d'intégration (een schitterend voorbeeld van integratie - Emission " Zevende dag " - chaîne VRT ).

Il est certain que ces reculades annoncent, à terme, la mise au frigo des 70 points sur l'immigration.

Les 3 grandes trahisons du Vlaams Blok

Certains penseront que nous faisons, ici, un procès d'intention. Mais le problème est que ce genre de reculades et de lâchetés, le VB en est coutumier. Rappelons-nous en trois parmi les plus marquantes.

La première, annonciatrice de bien des choses pour ceux qui voulaient voir la réalité en face: le vote du groupe parlementaire Vlaams Blok dans son entier en faveur d'une loi réprimant le révisionnisme historique. Démarche assez désagréable venant d'un mouvement qui appelle sans cesse à la liberté d'expression. De plus, il est inquiétant de voir déjà maintenant, un tel mouvement se plier aux exigences du politiquement correct et de certains lobbies. C'est prometteur s'ils arrivent un jour au pouvoir…

La deuxième trahison était sans nul doute la prise de position pro-atlantiste et pro-albanaise dans la guerre du Kosovo. Certains nous parleront sans doute d'un attachement à l'Europe des peuples (même musulmans ?). Mais gageons qu'il y avait une nette volonté de faire dans le politiquement correct à tout prix. Allant jusqu'au ridicule puisque le VB fera une dotation de 50.000 FB dans une de ces opérations médiatiques bidons de la télé belge afin de soutenir les " pauvres réfugiés albanais ". Quelques semaines plus tard, le VB parlera dans ses tracts des faux réfugiés et de la prostitution venant d'Albanie. Vous avez dit double langage ?

La troisième trahison, ce recul sur les 70 points concernant l'immigration et annonciateur d'un nouveau profilement du VB, n'est pas la moindre et sera sans doute celle la plus dure à expliquer aux militants, toujours très sensibles à la problématique de l'immigration. Et encore plus à Bruxelles où c'est le seul sujet qui peut pousser un électorat francophone à voter pour les nationalistes flamands.

Et si un tel risque politique est pris par le VB, c'est qu'il est évident que des contacts ont été pris avec des forces de droite classique en Flandre qui ne peuvent envisager de discuter avec le VB à l'issue des prochaines élections communales, qu'à la condition de voir ce dernier passer sous les fourches caudines de l'acceptation de l'immigration en tant que fait établi. Le reste n'étant plus, dès lors, que différence d'appréciation sur la manière de restaurer l'ordre public.

Les loges déjà actives au sein du Blok ?

Les lieux de contact entre VB et politiciens de droite classiques sont sans doute, le cercle Nucleus (cercle réactionnaire proche du patronat flamand et de l'aile droite des sociaux-chrétiens et des libéraux flamands) mais sans doute aussi, certaines loges franc-maçonnes. Loges dont sont déjà membres certains responsables bruxellois du VB. On retrouve d'ailleurs aujourd'hui dans les sphères du VB Bruxelles, des personnes qui ne cachent pas leur activisme dans les cercles universitaires "libre-exaministes".

Ces accointances avec les frères maçonniques sont également illustrées par la censure d'une BD du Blok concernant l'affaire Demol (cet ex-commissaire poussé par la classe politique à quitter la police et passé au VB). Sur une des planches originales, on pouvait en effet voir les politiciens qui complotaient contre Demol surmontés des insignes maçonniques que sont équerres et compas. Sur l'édition qui est parue, ces insignes ont été enlevés d'office, sans explication et sans même tenir l'auteur au courant.

Pourquoi un tel article ?

On va évidemment dire qu'il est contre-productif de faire un tel article et que cela ne sert à rien d'attaquer d'autres nationalistes.

Pour notre part, nous pensons qu'utiliser (pour combien de temps encore, d'ailleurs ?), le vocable " nationaliste " n'autorise pas toutes les dérives. Nous pensons qu'il est de notre devoir d'expliquer un virage politique aussi dangereux qu'inquiétant.

De plus, nous ne voulons pas participer à un marché de dupes qui viserait à faire voter des gens qui refusent l'immigration pour un parti qui est sur la voie de reconnaître qu'on ne peut inverser ce phénomène.

Et enfin, nous pensons qu'il est important de dire la vérité et de montrer à ceux qui croient encore à l'image de radicalité qu'essaie (pour l'instant encore) de donner le VB qu'il est devenu en fait un mouvement conservateur et libéral qui aimerait prendre un virage à la Gianfranco Fini (qui a transformé le MSI nationaliste en un parti de centre-droit italien ). A ce propos, ils ont l'air malins, les domestiques wallons du Vlaams Blok qui ont craché sur le Mouvement NATION, dès sa création, sous prétexte d'une phrase, tirée d'un manifeste de 26 pages et qui évoquait les droits de l'homme. Ce sont ces critiqueurs qui se retrouvent aujourd'hui les petits boys subventionnés* d'un VB qui reconnaît le principe de l'intégration des immigrés.

Nous, nationalistes révolutionnaires, ne pourrons jamais accepter une telle analyse politique de la part de gens qui se donnent le nom de nationalistes. Nous pensons que le combat pour l'identité de nos peuples est vital et que toute idée d'intégration va à l'encontre de la préservation des identités tant des peuples européens que des populations immigrées.

Accepter cette idée de l'intégration, c'est participer à l'étouffement de notre identité en acceptant le melting pot culturel et racial qui se développe en Europe.

Et cela, nous ne pouvons accepter, même pour faire semblant. Même pour quelques voix en plus…

*Le VB serait sur le point de lancer et de financer une succursale wallonne. Les expériences catastrophiques d'AGIR et de REFERENDUM n'ont, semble-t-il, pas suffit à De Winter qui s'entête à miser sur des chevaux bien malades.