SOCIÉTÉ
Le
Vlaams Blok en marche vers le "politiquement correct"
Un
mot de la rédaction
Nous
l'avions dit dans le précédent numéro, Devenir n'est pas lié
rédactionnellement au mouvement pour la NATION. Ceci étant,
nous soutenons l'action de ce mouvement que nous considérons
comme le plus prometteur en Belgique francophone. Devenir
ne veut pas s'impliquer dans des querelles politiques mais
" trop, c'est trop " ; dans cet article, Hervé Van Laethem,
nous fait part de l'évolution désastreuse, que nous ne pouvons
aussi que constater, du Vlaams Blok et des implications que
cela peut avoir, à l'aube des élections, dans la partie francophone
du pays. Il s'agit d'un point de vue important qui mérite
d'être relaté dans nos colonnes.
Il
y a quelques semaines, une député de la tendance la plus réactionnaire
du VB, Alexandra Coolen, annonçait triomphalement l'abandon
par le parti de droite flamand du programme des 70 points
concernant l'immigration (programme très controversé et assez
radical pour résoudre les problèmes liés à l'immigration).
Cette
annonce a suscité à la fois colère et embarras chez les "
poids lourds " du Mouvement: Filip De Winter et Frank Van
Hecke. Elle avait en effet court-circuité leur démarche d'expliquer
de la manière la moins dommageable possible cette marche arrière
aux militants.
Et
justement, au-delà de la petite péripétie supplémentaire qui
a opposé Coolen à Dewinter (pour une simple question de personnes);
il faut essayer d'analyser ce nouvel exemple de l'effrénée
course du Vlaams Blok vers une " normalisation " politique.
En
réalité, un tournant idéologique
Si
les 70 points sur l'immigration ne sont officiellement pas
(encore ?) enterrés, leur non-actualisation (dixit le VB)
signifie ni plus ni moins un changement concret et sensible
de la position du Vlaams Blok sur l'immigration. En effet,
le nouveau mot d'ordre du VB est devenu " S'adapter ou s'en
aller ! ".
Or,
ce slogan en lui-même résume deux marches arrières essentielles.
En effet, en bon " parti de la loi et de l'ordre " (Margaret,
qu'est-ce que tu leur manques…), le VB semble ainsi reconnaître
que l'installation de populations immigrées sur notre territoire
est un fait établi. Et que si ces populations se comportent
bien, il n'y a aucun problème à leur présence ici.
De
plus, parler de l'intégration est une acceptation de fait
de la société multiculturelle et multiraciale. C'est ainsi
que lors d'une émission de télévision flamande, Filip De Winter
en parlant d'une élue écolo flamande d'origine immigrée, en
a dit qu'elle était un brillant exemple d'intégration (een
schitterend voorbeeld van integratie - Emission " Zevende
dag " - chaîne VRT ).
Il
est certain que ces reculades annoncent, à terme, la mise
au frigo des 70 points sur l'immigration.
Les
3 grandes trahisons du Vlaams Blok
Certains
penseront que nous faisons, ici, un procès d'intention. Mais
le problème est que ce genre de reculades et de lâchetés,
le VB en est coutumier. Rappelons-nous en trois parmi les
plus marquantes.
La
première, annonciatrice de bien des choses pour ceux qui voulaient
voir la réalité en face: le vote du groupe parlementaire Vlaams
Blok dans son entier en faveur d'une loi réprimant le révisionnisme
historique. Démarche assez désagréable venant d'un mouvement
qui appelle sans cesse à la liberté d'expression. De plus,
il est inquiétant de voir déjà maintenant, un tel mouvement
se plier aux exigences du politiquement correct et de certains
lobbies. C'est prometteur s'ils arrivent un jour au pouvoir…
La
deuxième trahison était sans nul doute la prise de position
pro-atlantiste et pro-albanaise dans la guerre du Kosovo.
Certains nous parleront sans doute d'un attachement à l'Europe
des peuples (même musulmans ?). Mais gageons qu'il y avait
une nette volonté de faire dans le politiquement correct à
tout prix. Allant jusqu'au ridicule puisque le VB fera une
dotation de 50.000 FB dans une de ces opérations médiatiques
bidons de la télé belge afin de soutenir les " pauvres réfugiés
albanais ". Quelques semaines plus tard, le VB parlera dans
ses tracts des faux réfugiés et de la prostitution venant
d'Albanie. Vous avez dit double langage ?
La
troisième trahison, ce recul sur les 70 points concernant
l'immigration et annonciateur d'un nouveau profilement du
VB, n'est pas la moindre et sera sans doute celle la plus
dure à expliquer aux militants, toujours très sensibles à
la problématique de l'immigration. Et encore plus à Bruxelles
où c'est le seul sujet qui peut pousser un électorat francophone
à voter pour les nationalistes flamands.
Et
si un tel risque politique est pris par le VB, c'est qu'il
est évident que des contacts ont été pris avec des forces
de droite classique en Flandre qui ne peuvent envisager de
discuter avec le VB à l'issue des prochaines élections communales,
qu'à la condition de voir ce dernier passer sous les fourches
caudines de l'acceptation de l'immigration en tant que fait
établi. Le reste n'étant plus, dès lors, que différence d'appréciation
sur la manière de restaurer l'ordre public.
Les
loges déjà actives au sein du Blok ?
Les
lieux de contact entre VB et politiciens de droite classiques
sont sans doute, le cercle Nucleus (cercle réactionnaire proche
du patronat flamand et de l'aile droite des sociaux-chrétiens
et des libéraux flamands) mais sans doute aussi, certaines
loges franc-maçonnes. Loges dont sont déjà membres certains
responsables bruxellois du VB. On retrouve d'ailleurs aujourd'hui
dans les sphères du VB Bruxelles, des personnes qui ne cachent
pas leur activisme dans les cercles universitaires "libre-exaministes".
Ces
accointances avec les frères maçonniques sont également illustrées
par la censure d'une BD du Blok concernant l'affaire Demol
(cet ex-commissaire poussé par la classe politique à quitter
la police et passé au VB). Sur une des planches originales,
on pouvait en effet voir les politiciens qui complotaient
contre Demol surmontés des insignes maçonniques que sont équerres
et compas. Sur l'édition qui est parue, ces insignes ont été
enlevés d'office, sans explication et sans même tenir l'auteur
au courant.
Pourquoi
un tel article ?
On
va évidemment dire qu'il est contre-productif de faire un
tel article et que cela ne sert à rien d'attaquer d'autres
nationalistes.
Pour
notre part, nous pensons qu'utiliser (pour combien de temps
encore, d'ailleurs ?), le vocable " nationaliste " n'autorise
pas toutes les dérives. Nous pensons qu'il est de notre devoir
d'expliquer un virage politique aussi dangereux qu'inquiétant.
De
plus, nous ne voulons pas participer à un marché de dupes
qui viserait à faire voter des gens qui refusent l'immigration
pour un parti qui est sur la voie de reconnaître qu'on ne
peut inverser ce phénomène.
Et
enfin, nous pensons qu'il est important de dire la vérité
et de montrer à ceux qui croient encore à l'image de radicalité
qu'essaie (pour l'instant encore) de donner le VB qu'il est
devenu en fait un mouvement conservateur et libéral qui aimerait
prendre un virage à la Gianfranco Fini (qui a transformé le
MSI nationaliste en un parti de centre-droit italien ). A
ce propos, ils ont l'air malins, les domestiques wallons du
Vlaams Blok qui ont craché sur le Mouvement NATION, dès sa
création, sous prétexte d'une phrase, tirée d'un manifeste
de 26 pages et qui évoquait les droits de l'homme. Ce sont
ces critiqueurs qui se retrouvent aujourd'hui les petits boys
subventionnés* d'un VB qui reconnaît le principe de l'intégration
des immigrés.
Nous,
nationalistes révolutionnaires, ne pourrons jamais accepter
une telle analyse politique de la part de gens qui se donnent
le nom de nationalistes. Nous pensons que le combat pour l'identité
de nos peuples est vital et que toute idée d'intégration va
à l'encontre de la préservation des identités tant des peuples
européens que des populations immigrées.
Accepter
cette idée de l'intégration, c'est participer à l'étouffement
de notre identité en acceptant le melting pot culturel et
racial qui se développe en Europe.
Et
cela, nous ne pouvons accepter, même pour faire semblant.
Même pour quelques voix en plus…
*Le
VB serait sur le point de lancer et de financer une succursale
wallonne. Les expériences catastrophiques d'AGIR et de REFERENDUM
n'ont, semble-t-il, pas suffit à De Winter qui s'entête à
miser sur des chevaux bien malades.
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