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  DEVENIR 14


DEMOCRATIE ? MEDIOCRATIE … !


 

LE MOUVEMENT NATION face aux élections et à la démocratie


Nous ne l'avons jamais caché, Devenir est proche du Mouvement Nation. Dans le précédent numéro, NATION était qualifié de " mouvement le plus prometteur en Belgique francophone ". Bien que Devenir ne fasse pas partie de la presse directement liée à ce mouvement, nous estimons important de faire connaître les points de vue d'une structure qui a des idées et qui les met en action, chose trop rare dans la galaxie nationale belge. Nous estimons qu'il s'agit là d'un devoir d'infomation vis-à-vis de tous nos lecteurs et spécialement vis-à-vis de ceux qui ne sont pas liés à NATION.


Nous avons donc posé quatre questions à Michel Dumoulin, porte-parole de Nation, à propos de la démocratie. Il s'est prêté au jeu avec clarté et en allant droit au but, nous l'en remercions.

Qu'évoque, pour vous, le terme " démocratie " ?

A l'heure actuelle, surtout un mot " magique " qui permet à certains professionnels du politiquement correct de justifier leurs actions sans devoir argumenter outre mesure. Ainsi, au nom de la démocratie, on bombarde un peuple européen, on affame des enfants à Bagdad. Chez nous, par contre, sous le couvert des droits de l'homme, on nous impose l'immigration forcée, l'accueil des illégaux, le renversement de certaines valeurs (familiales, morales et civiques). Le comble du ridicule est atteint lorsque certains salariés de la Ligue Belge des droits de l'homme s'opposent radicalement à tout durcissement de peines de prisons à l'égard de délinquants hautement dangereux. De toute façon, on n'est plus à un paradoxe près dans ce cas précis : l'ancien président de cette Ligue se présenta aux élections européennes sous une liste d'extrême gauche en deuxième place. Se soucier des droits des pédophiles et des tueurs d'enfants n'est donc pas choquant surtout si on est à la fois grand défenseur des causes humaines et adepte d'une idéologie qui fut directement responsable de la mort de dizaines de millions de personnes …
La seule chose dont je suis sûr, c'est que le terme démocratie a été inventé lors de l'Antiquité par les Grecs. Et que ce terme ne désignait pas, à l'époque, un système où chacun était égal, libre et heureux. Même sous la mythique cité d'Athènes, il y avait des esclaves qui ne possédaient aucun droit. Le grand philosophe Aristote qualifiait la démocratie de " forme déviée (impure) "de la République. Il n'avait que mépris pour cette forme de gouvernement car les dirigeants n'étaient, selon lui, que de simples démagogues qui flattaient le peuple pour garder leurs places. Au contraire, il était partisan de la République où seuls les citoyens les plus " aptes " (instruits et aisés) peuvent s'occuper de la gestion de la Cité.
En résumé, je dirais que la démocratie est un système où l'exercice du pouvoir se fait directement par le peuple. Mais de la théorie à la pratique, il y a un énorme fossé : consulter toute la population avant de prendre une décision concernant le pays est impossible. C'est pour cette raison que ce sont des plus petits groupes qui prennent les " grandes décisions " : députés, syndicats, médias, juges, …

En parlant des mouvements nationalistes, certains politiciens et médias vous qualifient d' " ennemis de la démocratie ". Qu'en pensez-vous et qu'y répondez-vous ?

Depuis l'indépendance de la Belgique, ce sont toujours les mêmes qui ont gouverné : les sociaux-chrétiens soit tous seuls soit en coalition avec les libéraux ou les socialistes. Du moins jusqu'à l'année dernière. A la longue, ces partis dits traditionnels ont confondu exercice du pouvoir et soif de pouvoir. A l'instar d'un héritage entre frères, les trois partis se sont partagés le royaume : chacun ayant sa mutuelle propre, ses banques, son syndicat, ses juges, ses journaux, etc. C'est ce qu'on appelle pudiquement, chez nous, le système des piliers. La mission de chaque institution dépendant d'une de ces trois familles est d'embrigader tout belge dans un de ces trois camp.
Le gâteau était toujours partagé entre ces trois depuis la " nuit des temps belges ". Malheureusement, suite à de nombreux scandales politico-financiers mais surtout devant l'incompétence chronique de ces politiciens traditionnels à résoudre certains problèmes : chômage, insécurité, préférence étrangère, … des brebis se sont égarées et ont fait savoir qu'elles en avaient marre. Alors, le régime a réagi : en récupérant certains contestataires en leur proposant une nouvelle herbe plus verte (le pantin Ecolo) mais cela n'a pas suffit : la contestation était toujours présente. On passa à une autre tactique : la répression (vote d'un certain nombre de lois liberticides afin de punir certaines idées exprimées) et la diabolisation. Les 3 frères, avec la complicité du frère adoptif écolo, chargèrent les médias de dissuader les honnêtes citoyens de s'égarer dans les travers de la bête immonde : une dialectique fut trouvée : les nationalistes étaient devenus les ennemis de la démocratie. Pourquoi ? Car ils étaient les dignes héritiers du national-socialisme, idéologie responsable de morts en constante augmentation. Pourtant jamais la presse subventionnée n'a fait d'amalgame entre les Di Rupo, Van Cau, … et toutes les victimes du socialisme sous Mao, Staline, Pol Pot, … , ni entre les Milquet, Nothomb, … et tous les morts de l'Inquisition, ni entre les Michel, Reynders et toutes les femmes et enfants morts d'épuisement dans une mine au siècle passé, pauvres victimes du capitalisme sauvage. Evidemment, les journalistes savent par qui ils sont payés !

On ne peut pas dire qu'il y ait un fonctionnement " démocratique " au sein de la mouvance nationaliste francophone. En quoi le mouvement pour la NATION est-il différent ?

Vous avez raison. Il faut avouer que posséder le titre de " président à vie " ou qu'exclure tout contestataire des instances de direction ne joue pas en faveur de la crédibilité des nationalistes. Si des militants acceptent d'être de simples pions sur un échiquier, en acceptant tout et n'importe quoi, c'est leur problème. Cela fait malheureusement 15 ans que cela dure, nous en sommes tous conscients. Et c'est justement une des raisons pour laquelle NATION s'est créé. Certes, il a bien fallu mettre en route une direction provisoire sinon aucune décision ne se serait prise. Mais nous avons toujours tenu à être différents de tout ce qui s'est fait jusqu'à présent dans la mouvance nationaliste francophone. Nous avons mis l'accent sur la formation de nos militants et cadres. Nous avons été très actifs sur tout terrain. Mais surtout, nous avons inculqué à nos cadres et militants une volonté de travailler dans une ambiance de transparence.
Par exemple, nous avons un organe de décision et de discussion, que nous appelons " Conseil National " et dans lequel tous les cadres et membres qui veulent jouer un rôle dans la vie du mouvement ont leur mot à dire. C'est dans ce " parlement " du mouvement que toutes les décisions sont prises. Quant à la direction en elle-même, elle est collégiale : nous avons l'habitude de décider en groupe. De plus, en novembre, NATION organisera un congrès afin d'élire sa direction (le Secrétariat National) et son parlement (le Conseil National). Sans rentrer dans les détails, tout membre du Mouvement est informé des règles du jeu : composition et fonction de ces deux instances, comment s'y présenter, comment voter, etc. Nous garderons le principe de direction collégiale puisqu'on élira au Congrès un ticket (3 personnes). Le passé a démontré qu'un mouvement politique ne pouvait survivre que dans la clarté. NATION est le mouvement nationaliste au sein duquel règne la plus grande démocratie interne.

Que pensez-vous des élections ? Et quelle sera votre position par rapport aux élections communales d'octobre 2000 ?

NATION est un mouvement et non un parti politique. Notre tâche première est donc de faire passer notre idéal, nos idées nationalistes par tous les moyens : mensuel (Nation-Infos), tracts (sur différents sujets : social, écologie, lutte contre la malbouffe, impérialisme américain, …), brochures d'information et de formation, militantisme dans la rue, … Et malgré notre jeune âge, nous avons déjà bien marqué le terrain et les esprits. En ce qui concerne les élections, elles doivent être vues comme un moyen de développer notre argumentation : à travers les différentes assemblées politiques, quelles soient communales, régionales, nationales ou européennes. Un élu nationaliste doit se faire entendre et surtout si cela irrite les représentants des vieux partis traditionnels. En aucun cas, une élection ne peut constituer une fin en soi ! L'une des causes de l'effondrement des gadgets pseudo-nationalistes (ndlr :les F.N's) est justement le manque de sérieux de leurs élus. Formation politique inexistante, aucune intervention digne de ce nom, absentéisme, … seul l'appât du gain ou du prestige furent leur motivation.
Quant aux élections communales du 8 octobre, elles ne constituent en rien une priorité ni un objectif pour notre mouvement. Rome ne s'est pas fait en quelques jours : nous allons continuer d'abord à construire un mouvement solide et crédible. Dès mai, nous avons abordé cette question lors d'un Conseil National : après un débat animé, nous avons décidé à la majorité de nous présenter nulle part. Les raisons sont simples : nous préférons consolider le mouvement ; il faut veiller à construire les fondations avant les fenêtres ! Notre action s'inscrit dans le long terme : nous aurons encore d'autres occasions de nous présenter au jeu des élections.