VOICI
VENIR LES DONS, LES CARTES À LA CON
"Voici
venir les dons, les cartes à la con, les frais et les
prêts pour les petits congolais !
C'est le business merdeux des scouts boutonneux, des gauchos
gluants, des utopistes bedonnants !" (Sur l'air de "L'île
aux enfants")
Potirons,
gros cons !
L'hiver
se pointe à l'horizon; froid, noir, suintant
comme les pieds d'un SDF roumain. L'hiver et son cortège
de misères, de "laissés-pour-compte".
L'hiver qui fait disparaître les sympathiques casquettes
à l'envers de nos amis "les jeûûnes
"et les remplace par les petits bonnets rayés
en laine. Le vent souffle, la brume s'épaissit, la
pluie s'insère partout, la grisaille est notre quotidien
mais
que vois-je ? Là-bas, au loin, le rougeoiement
du soleil invaincu ? Des camarades qui résistent autour
des brasiers de Le Fauconnier et de Roger Barbaïra ?
Je cours, je m'avance et
Happy Halloween, guys ! Une
grosse citrouille puant le l'américanisme crétino-récupérateur
me fixe avec un sourire de maquerelle créole. Foutredieu
! Nous sommes entrés dans l'âge sombre, les conneries
vont commencer. Deux mois à subir les larmoiements
des récupérateurs putréfiés du
"charity-business " (qui souvent font un autre biznesss,
mais bon). Oui, oui, on pense à la Samain et tout ça,
les patries charnelles et machinbidule, mais moi, la soupe
aux potirons, ça me cale la turista; pas de ça
chez moi, point/barre. M'enfuit, loin de moi la machine commerciale
pour gogos gâteux et gosses gâtés
beurk.
Nous,
nous, nous
tous des racistes !
Novembre
2000 en Belgique
j'allume la radio, le 9, on me parle
de la chute du mur de Berlin (il y a onze ans seulement
),
de la nuit de Cristal (il y a 62 ans déjà
).
Tiens, une manif antifasciste à Berlin
eh, oui,
l'histoire n'est qu'un éternel recommencement; je me
souviens aussi d'un 9 novembre, il y a 77 ans de cela, une
manif à Munich, un drapeau (devenu Blutfahne), des
cris, des coups de feu
seize morts, de la prison et
un livre. Que le temps passe !
Ho, ho
mais voici un peu d'humanisme bien dégoulinant.
L'inénarrable opération 11.11.11. Pour nos amis
de France, sachez que ce symbole déficitaire de l'aide
tiers-mondiste consiste en une opération visant à
la récolte de fonds pour le développement de
nos amis
en retard. Rappelons-nous le slogan : "Si
tu donnes un poisson à un homme, il mangera la journée;
si tu lui apprends à pêcher, il mangera toute
sa vie !", mais, mon frère, "Si tu lui donnes
la canne à pêche, il la prendra et la flanquera
sur la gu
de son voisin car il veut la sienne qui est
rouge". Anciennement, dans le cadre de cette opération,
le généreux quidam appelait le susdit numéro
et versait son obole (de riz
facile !). Bon, ben malgré
que les palais soient dévastés, les ivoiriens
aveugles, les libériens oppressés et les angolais
enc
(euh
, sidéens), l'opération
ne marche pas. Persévérons donc, ce qui donne
aux scouts progressistes l'occasion de faire leur B.A. (Totor,
C.P. des Hannetons, mort à Gromovaya-Balka au nom du
scoutisme catholique antibolchévique, doit se retourner
dans sa tombe). Mais qu'entends-je ? Onze, onze, onze
traduction en français de ces trois mots flamands "Nous,
nous, nous". Aaah, sinistre perfidie ! Mais voilà,
la vraie raison
l'opération pseudo-humanitariste,
n'est qu'une manuvre du Blok pour remplacer son slogan
trop usé "Eigen volk eerst". Louis, au secours,
les fachos sont infiltrés. Leurs rauques cris de guerres
enflent dans nos villes, leurs "doc's" cirées
martèlent le pavé
violence nocturne.
Malheur au rare vendeur de modules en carton de synthèse,
recyclé, représentant un zébu fou léchant
un crapaud, forcément baveux, au profit de la réparation
du catalyseur à purin de Ouaganndabombogon'du (sud),
s'il croise la horde
brrrrrr !
Tiens,
du courrier !
Fourbu,
vanné, éreinté, me voici dans mon fauteuil
à dépouiller mon courrier après une rude
journée de labeur au profit de l'oppresseur capitaliste.
Nous disons donc: facture, facture, publicité gratuite,
annonce du mage N'golo qui guérit tout (y compris les
ongles incarnés et les pénis de moins de 7 cm),
facture, carte postale des copains venant de Munich (mais
qu'est-ce qu'ils foutaient là, le 9, ces gueux !),
tiens
une lettre de l'organisation "Mes deux seins
sans frontières"
.
A l'approche des fêtes de Noël
(rappel,
le Père Noël dédicace au centre commercial
à partir du 16 novembre), "Mes deux seins sans
frontières "vous invitent à faire le maquereau
pour tous les paumés en voie de kouchnérisation.
Albanais, tchétchènes, kosovars, tziganes
mais amis, oyez, oyez, voici les sauveuses. Des rudes gagneuses
vont turbiner pour vous. Elles savent tout faire : "Brouette
carpate, violon du caucase, saucisse de Francfort, barbelé
de Timisoara, tout
j'vous dit". Donnez, donnez,
un franc, cinq francs
au profit du soulagement physique
et financier de ces peuples martyrs.
Mais tout ça n'est pas gay ! N'oublions pas l'organisation
"L'oigne, y sèche", et ses cartes de vux
au profit des cyprino-dépressifs de tous les pays et
surtout des enfants du marais. Ici aussi, n'hésitez
pas à payer de votre sus pour aider nos amis différents,
tant qu'il en est encore temps.
Foutus mois d'hiver
vivement le printemps, la Saint
Valentin et ses massacres qu'on se marre un peu, cornes de
bouc.
Julien
Dragoulle
Remerciement
pour cet article à K. Simir, M. Augier, E. Wissel,
Grl. Ludendorff, G. Rémi, Légion 88, B. Kouchner
et A. Capone.
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