CE
QUE NOUS NE VOULONS PLUS
Depuis
plus de dix ans et l'effacement des derniers mouvements réellement
nationalistes en Belgique francophone (Front de la Jeunesse,
Forces Nouvelles), le militant nationaliste n'a eu comme "échappatoire"
que quatre solutions : soit faire un bout de chemin au sein
de formations dont l'apparence et un certain discours permettaient
de supposer qu'il s'agissait bien de structures susceptibles
un jour ou l'autre d'accoucher d'un mouvement populaire nationaliste
et révolutionnaire, soit se concentrer sur le combat
dit "métapolitique" supposé engendrer
un nouveau type de militant, capable entre autres de déposséder
la gauche de son emprise culturelle, soit s'en aller rêver
à des lendemains qui semblaient chanter dans des pays
voisins (avec notamment l'expérience "frontiste"française),
soit hiberner en attendant que la divine providence ne fasse
jaillir d'un coup de baguette magique un homme providentiel
à la Le Pen. Avouons qu'à un moment ou l'autre,
nous avons tâter de ces quatre solutions, en toute bonne
foi et avec le sentiment de ne pas trahir un idéal
que la déréliction environnante générée
par le système renforçait jour après
jour. L'alternative la plus porteuse était ailleurs
.
Nous en sommes aujourd'hui convaincu: un grand mouvement,
qui ne se limite pas à participer à la farce
électorale mais qui entend investir l'ensemble des
rouages de la société. La déroute prévisible
et salutaire des listes coprophages - càd celles se
partageant le cadavre du FN -le 8 octobre dernier, ouvre la
voie à l'émergence d'une grande force nationaliste,
sans complexes et sans tabous.
Les
"nationaux"
D'aucuns
nous diront : "c'est facile de cracher sur des formations
"électoralistes" qui ont eu le courage de
faire front (eh ! eh !) et puis, vous y avez participé,
etc
". Très juste ! Et c'est d'autant plus
facile pour nous que nous y avons mis un pied (et les deux
pieds la plupart du temps car quand on s'engage, c'est pas
pour le fun!). De ces aventures au sein de la mouvance "nationale",
nous avons appris plusieurs choses, dont celle-ci : elles
correspondaient parfaitement à l'image qu'en donnaient
la presse aux ordres et la police de la pensée du système.
Des individus aigris, petits-bourgeois, accrochés à
des préceptes rances qui tenaient plus du conservatisme
moralisateur que de la vision du monde et qui surtout se révélaient,
à l'approche du mirage électoral, plus politicards
putrescents que le plus corrompu des candidats socialistes.
Avec une différence de taille : si les partis traditionnels
sont des ennemis au sens schmittien du terme - fouriers "veau
d'oresques" du mondialisme - en général,
leurs élus interviennent dans la joute parlementaire.
Et s'il est vrai qu'ils ne visent qu'à réaliser
leur idéologie multiculturelle débile, ils ont
au moins le mérite d'agir. Par contre, côté
élus nationaux, ce fut la cour des miracles. C'est
sans doute une spécificité de la"droite
nationale "francophone : n'offrir que le spectacle de
l'absence de travail, des trahisons, des murs douteuses
et des condamnations pénales. Non pas des condamnations
dans l'exercice de véritables convictions nationalistes
mais pour des délits essentiellement liés à
l'argent. Bel exemple !
Autre enseignement : la formidable force d'inertie irradiant
les formations nationales. FN, FNB, AGIR et autres Bloc wallon
n'ont pas trouvé l'envie, le temps et surtout la conviction
de former une armée de militants capables de se déployer
au sein de la société pour mieux la subvertir
et la subjuguer. Les seules initiatives dignes de ce nom ont
été l'uvre de nationalistes-révolutionnaires,
croyant encore pouvoir en toute bonne foi dynamiser les formations
dite s "nationales"en réorientant leur discours
et leurs méthodes. Absence de présence sur le
terrain, programmes inexistants ou crypto-libéraux,
querelles de personnes, manque de structures, indisciplines
des implantations locales
L'énumération
n'est pas exhaustive.
Les
"métapolitiques"
Nous
mentirions en écrivant que ceux-ci sont du même
acabit que ceux-là. Cependant, force est de constater
que 30 ans de Nouvelle Droite sur le territoire des tribus
belges a produit plus de désillusions que d'espérance.
Et pourtant, la voie tracée était royale ! Comment
expliquer qu'en trente ans, pas une force politique nationaliste
n'ait été irriguée massivement par des
militants issus de la Nouvelle Droite ? L'exemple flamand
du Vlaams Blok n'est pas pertinent. L'influence des néo-droitistes
- entendons : ceux qui sont restés fidèles à
la ND des commencements, celle qui osait parler de substrat
ethno-culturel et ne s'enfuyait pas dès que le mot
race était prononcé - est aujourd'hui plus que
limitée dans le parti flamand, ou bien ceux qui ont
baigné dans la ND ont revêtu les guenilles plus
politiquement correctes du néo-libéralisme.
La Nouvelle Droite francophone semble avoir souffert du même
syndrome que les "nationaux" : la querellite aiguë
a dévasté des rangs qui, il fut un temps, étaient
bien remplis. Autre explication : à force de passer
son temps à réfléchir, on s'imagine que
ce que l'on pense ou écrit va atteindre comme par miracle
des dizaines de milliers de lecteurs mais la réalité
est beaucoup moins romantique. Ou alors, on cultive le goût
délétère du cercle composé d'un
nombre restreint de"penseurs"et on passe son temps
à faire en sorte que ce cercle demeure le plus restreint
possible, la vérité sacrée ne se partageant
pas. Enfin, dernière explication : le caractère
souvent hermétique de certaines publications de la
ND a tôt fait de refroidir le lecteur potentiellement
intéressé.
Se
contenter de critiquer la ND ne suffit pas. Reconnaissons
le mérite à cette école de pensée
d'avoir mis en contact avec la pensée identitaire des
milliers de personnes en Europe. Mais, franchement, aujourd'hui,
le temps n'est plus à diffuser de longues listes d'ouvrages
pouvant avoir un lien, même très éloigné,
avec l'identité des peuples européens blancs.
Ni à conférencer à longueur de colloques
sur les états d'âme et les amours de tel ou tel
penseur ou écrivain de la mouvance.
Il existe encore une ND qui n'a pas peur d'affronter la réalité,
de la décrire crûment et de proposer des remèdes
de cheval contre la déréliction. On la trouve
notamment dans l'orbite de l'organisation Terre et Peuple.
Mais pour une réussite, que de temps et d'énergie
perdus ailleurs en vaine querelle ! La ND se voulait une contre-offensive
victorieuse contre l'emprise totalitaire de l'ultra-gauche
sur la culture et les médias : c'est plutôt raté.
Il est loin le temps ou de Benoist, ex-pontife de la ND et
désormais authentique dénonciateur aux ordres
du système (voyez l'affaire Faye) apparaissait sur
les écrans de télévision et sa signature
dans les revues réputées.
Les
icônes de substitution
On
se souviendra du populiste bourgmestre de Schaerbeek, Roger
Nols, recyclé plus tard en faire-valoir de mouvements
nationaux boîteux, accueillant Jean-Marie Le Pen lors
d'une épique soirée dans les années 80.
Depuis, les chefs, autrefois charismatiques, du FN français,
sont venus de nombreuses fois en Belgique, encourager l'émergence
d'une force nationale digne de ce nom en Belgique francophone.
On peut être sûr qu'ils ont compris très
tôt l'abyssale médiocrité des chefs autoproclamés
sévissant chez nous et que leur soutien à tel
ou tel parti local s'est avéré pour ainsi dire
inexistant. Malgré ce désintérêt
bien compréhensible du Front National français
pour ses avatars belges, ceux-ci n'ont cessé d'idôlatrer
les leaders hexagonaux au détriment d'un travail de
terrain en Belgique même. Qu'on éprouve un respect
certain pour le Breton et l'ensemble de son uvre - même
lorsqu'on est nationaliste-révolutionnaire - est normal
et mérité pour la personne en question. Il a
osé sans compromission affronté le système
par la parole et par les actes. Et je ne permettrais pas,
confortablement installé devant mon PC, d'ergoter sur
le rôle historique joué par Le Pen dans la renaissance
des mouvements identitaires en Europe. Mais de là à
trimbaler sa photo en icône dans mon portefeuille et
d'en faire l'alpha et l'omega du nationalisme ! On sait trop
où mène l'idolâtrie, même à
petite échelle comme en Belgique, pour vouloir s'y
abîmer stérilement.
Les
partis nationaux belges ont de surcroît cumulé
vénération de Le Pen et respect craintif face
au Vlaams Blok flamand. Drôle de mariage en apparence
mais révélateur de l'incapacité à
chercher sa raison d'être en soi et non dans des forces
étrangères, au demeurant parfois estimables
sous certains aspects. L'exemple récent du Bloc Wallon,
sous perfusion financière du VB (fantasme ou réalité
? Peu importe), nous rappelle que, décidément,
le mimétisme au rabais est une marque déposée
des"nationaux / régionaux"francophones (qui,
en dehors des périodes électorales - et encore
! - sont plutôt des Francs aphones
).
Dernière
attaque d'idolâtrie : le pèlerinage mental vers
les terres du "Reich de l'Est", où un ex-nationaliste
devenu populiste néo-libéral terrorise l'Union
Européenne toujours en mal de bête immonde à
expurger. Si Haider nous intéresse, ce n'est pas pour
son idéologie - hélas aussi grand-guignolesque
que celle d'un Fini - mais parce qu'il fait enrager jusqu'à
lui faire perdre quelques kilos le Torquemada Michel et toute
ce que l'Europe de Maastricht compte d'épurateurs mentaux,
de conducators en costume cravate (bleue-rouge de préférence)
et d'adorateurs de la Mémoire. Nous remercions bien
volontiers le Jörg autrichien pour cette pinte permanente
de bonne humeur. Mais chercher dans l'exemple autrichien une
quelconque source d'inspiration pour notre combat, c'est faire
fausse route.
L'attente
du chef
Allez
! Avouons-le. Nous aussi on aimerait bien un bon grand chef
charismatique, à la voix envoûtante, médusant
l'assistance et la convaincant en un tour de main, véritable
écho vivant de toutes nos aspirations les plus profondes.
Mais même ce personnage historique émergeant
de la masse impassible, aura-t-il la moindre chance de drainer
des dizaines de milliers de gens ? Aura-t-il surtout autour
de lui quelques centaines de soldats politiques aptes à
gérer la grande machinerie d'un mouvement appelé
à reconfigurer le futur d'une nation ?
L'histoire enseigne que les feux révolutionnaires couvent
un certains temps et que, dans des forges obscures, mûrissent,
dans une première phase, les âmes et les corps
d'une avant-garde. Une avant-garde qui sera à même
de comprendre, soutenir et propager le sens du combat de ce
personnage providentiel, lequel sera peut-être lui-même
le produit de ces forges
Gardons-nous de suivre le premier
venu et de tomber dans le piège de ces leaders aux
accents populistes canalisant subitement leur ardeur et leur
radicalisme apparent dès que s'annoncent les premiers
gains électoraux. Ne mettons donc pas la charrue avant
les bufs et assurons-nous que le soc soit d'une belle
solidité, gage d'un labour porteur d'avenir. C'est
à ce prix qu'il y aura récolte.
Le mouvement
Les
dix dernières années nous l'ont appris: c'est
l'absence de discipline, de formation et de véritable
idéologie identitaire (avec la conscience des menaces
pesant sur l'Europe) qui a coulé les radeaux pittoresques
des formations des nationaux francophones. A l'inverse, la
présence de ces facteurs, si elle n'est pas à
elle seule décisive, peut générer une
dynamique nationaliste et révolutionnaire qu'incarnerait
un mouvement engagé dans une uvre de longue haleine,
au vrai sens du mot civilisatrice ou refondatrice de l'Europe.
L'avenir du nationalisme de ce XXIe siècle se fera
en posant les bases de ce grand mouvement. Ce dernier portera
en lui les archétypes qui ont fondé la culture
blanche - goût du dépassement, volonté
de grandeur, sens de l'intérêt collectif, honneur,
fidélité, etc
- tout en avançant
continuellement, ainsi que le terme lui-même le suggère,
sur la voie d'un destin toujours incertain.
Ferg
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