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  DEVENIR 15


CE QUE NOUS NE VOULONS PLUS


Depuis plus de dix ans et l'effacement des derniers mouvements réellement nationalistes en Belgique francophone (Front de la Jeunesse, Forces Nouvelles), le militant nationaliste n'a eu comme "échappatoire" que quatre solutions : soit faire un bout de chemin au sein de formations dont l'apparence et un certain discours permettaient de supposer qu'il s'agissait bien de structures susceptibles un jour ou l'autre d'accoucher d'un mouvement populaire nationaliste et révolutionnaire, soit se concentrer sur le combat dit "métapolitique" supposé engendrer un nouveau type de militant, capable entre autres de déposséder la gauche de son emprise culturelle, soit s'en aller rêver à des lendemains qui semblaient chanter dans des pays voisins (avec notamment l'expérience "frontiste"française), soit hiberner en attendant que la divine providence ne fasse jaillir d'un coup de baguette magique un homme providentiel à la Le Pen. Avouons qu'à un moment ou l'autre, nous avons tâter de ces quatre solutions, en toute bonne foi et avec le sentiment de ne pas trahir un idéal que la déréliction environnante générée par le système renforçait jour après jour. L'alternative la plus porteuse était ailleurs

. Nous en sommes aujourd'hui convaincu: un grand mouvement, qui ne se limite pas à participer à la farce électorale mais qui entend investir l'ensemble des rouages de la société. La déroute prévisible et salutaire des listes coprophages - càd celles se partageant le cadavre du FN -le 8 octobre dernier, ouvre la voie à l'émergence d'une grande force nationaliste, sans complexes et sans tabous.

Les "nationaux"

D'aucuns nous diront : "c'est facile de cracher sur des formations "électoralistes" qui ont eu le courage de faire front (eh ! eh !) et puis, vous y avez participé, etc…". Très juste ! Et c'est d'autant plus facile pour nous que nous y avons mis un pied (et les deux pieds la plupart du temps car quand on s'engage, c'est pas pour le fun!). De ces aventures au sein de la mouvance "nationale", nous avons appris plusieurs choses, dont celle-ci : elles correspondaient parfaitement à l'image qu'en donnaient la presse aux ordres et la police de la pensée du système. Des individus aigris, petits-bourgeois, accrochés à des préceptes rances qui tenaient plus du conservatisme moralisateur que de la vision du monde et qui surtout se révélaient, à l'approche du mirage électoral, plus politicards putrescents que le plus corrompu des candidats socialistes. Avec une différence de taille : si les partis traditionnels sont des ennemis au sens schmittien du terme - fouriers "veau d'oresques" du mondialisme - en général, leurs élus interviennent dans la joute parlementaire. Et s'il est vrai qu'ils ne visent qu'à réaliser leur idéologie multiculturelle débile, ils ont au moins le mérite d'agir. Par contre, côté élus nationaux, ce fut la cour des miracles. C'est sans doute une spécificité de la"droite nationale "francophone : n'offrir que le spectacle de l'absence de travail, des trahisons, des mœurs douteuses et des condamnations pénales. Non pas des condamnations dans l'exercice de véritables convictions nationalistes mais pour des délits essentiellement liés à l'argent. Bel exemple !
Autre enseignement : la formidable force d'inertie irradiant les formations nationales. FN, FNB, AGIR et autres Bloc wallon n'ont pas trouvé l'envie, le temps et surtout la conviction de former une armée de militants capables de se déployer au sein de la société pour mieux la subvertir et la subjuguer. Les seules initiatives dignes de ce nom ont été l'œuvre de nationalistes-révolutionnaires, croyant encore pouvoir en toute bonne foi dynamiser les formations dite s "nationales"en réorientant leur discours et leurs méthodes. Absence de présence sur le terrain, programmes inexistants ou crypto-libéraux, querelles de personnes, manque de structures, indisciplines des implantations locales… L'énumération n'est pas exhaustive.

Les "métapolitiques"

Nous mentirions en écrivant que ceux-ci sont du même acabit que ceux-là. Cependant, force est de constater que 30 ans de Nouvelle Droite sur le territoire des tribus belges a produit plus de désillusions que d'espérance.
Et pourtant, la voie tracée était royale ! Comment expliquer qu'en trente ans, pas une force politique nationaliste n'ait été irriguée massivement par des militants issus de la Nouvelle Droite ? L'exemple flamand du Vlaams Blok n'est pas pertinent. L'influence des néo-droitistes - entendons : ceux qui sont restés fidèles à la ND des commencements, celle qui osait parler de substrat ethno-culturel et ne s'enfuyait pas dès que le mot race était prononcé - est aujourd'hui plus que limitée dans le parti flamand, ou bien ceux qui ont baigné dans la ND ont revêtu les guenilles plus politiquement correctes du néo-libéralisme.
La Nouvelle Droite francophone semble avoir souffert du même syndrome que les "nationaux" : la querellite aiguë a dévasté des rangs qui, il fut un temps, étaient bien remplis. Autre explication : à force de passer son temps à réfléchir, on s'imagine que ce que l'on pense ou écrit va atteindre comme par miracle des dizaines de milliers de lecteurs mais la réalité est beaucoup moins romantique. Ou alors, on cultive le goût délétère du cercle composé d'un nombre restreint de"penseurs"et on passe son temps à faire en sorte que ce cercle demeure le plus restreint possible, la vérité sacrée ne se partageant pas. Enfin, dernière explication : le caractère souvent hermétique de certaines publications de la ND a tôt fait de refroidir le lecteur potentiellement intéressé.

Se contenter de critiquer la ND ne suffit pas. Reconnaissons le mérite à cette école de pensée d'avoir mis en contact avec la pensée identitaire des milliers de personnes en Europe. Mais, franchement, aujourd'hui, le temps n'est plus à diffuser de longues listes d'ouvrages pouvant avoir un lien, même très éloigné, avec l'identité des peuples européens blancs. Ni à conférencer à longueur de colloques sur les états d'âme et les amours de tel ou tel penseur ou écrivain de la mouvance.
Il existe encore une ND qui n'a pas peur d'affronter la réalité, de la décrire crûment et de proposer des remèdes de cheval contre la déréliction. On la trouve notamment dans l'orbite de l'organisation Terre et Peuple. Mais pour une réussite, que de temps et d'énergie perdus ailleurs en vaine querelle ! La ND se voulait une contre-offensive victorieuse contre l'emprise totalitaire de l'ultra-gauche sur la culture et les médias : c'est plutôt raté. Il est loin le temps ou de Benoist, ex-pontife de la ND et désormais authentique dénonciateur aux ordres du système (voyez l'affaire Faye) apparaissait sur les écrans de télévision et sa signature dans les revues réputées.

Les icônes de substitution

On se souviendra du populiste bourgmestre de Schaerbeek, Roger Nols, recyclé plus tard en faire-valoir de mouvements nationaux boîteux, accueillant Jean-Marie Le Pen lors d'une épique soirée dans les années 80. Depuis, les chefs, autrefois charismatiques, du FN français, sont venus de nombreuses fois en Belgique, encourager l'émergence d'une force nationale digne de ce nom en Belgique francophone. On peut être sûr qu'ils ont compris très tôt l'abyssale médiocrité des chefs autoproclamés sévissant chez nous et que leur soutien à tel ou tel parti local s'est avéré pour ainsi dire inexistant. Malgré ce désintérêt bien compréhensible du Front National français pour ses avatars belges, ceux-ci n'ont cessé d'idôlatrer les leaders hexagonaux au détriment d'un travail de terrain en Belgique même. Qu'on éprouve un respect certain pour le Breton et l'ensemble de son œuvre - même lorsqu'on est nationaliste-révolutionnaire - est normal et mérité pour la personne en question. Il a osé sans compromission affronté le système par la parole et par les actes. Et je ne permettrais pas, confortablement installé devant mon PC, d'ergoter sur le rôle historique joué par Le Pen dans la renaissance des mouvements identitaires en Europe. Mais de là à trimbaler sa photo en icône dans mon portefeuille et d'en faire l'alpha et l'omega du nationalisme ! On sait trop où mène l'idolâtrie, même à petite échelle comme en Belgique, pour vouloir s'y abîmer stérilement.

Les partis nationaux belges ont de surcroît cumulé vénération de Le Pen et respect craintif face au Vlaams Blok flamand. Drôle de mariage en apparence mais révélateur de l'incapacité à chercher sa raison d'être en soi et non dans des forces étrangères, au demeurant parfois estimables sous certains aspects. L'exemple récent du Bloc Wallon, sous perfusion financière du VB (fantasme ou réalité ? Peu importe), nous rappelle que, décidément, le mimétisme au rabais est une marque déposée des"nationaux / régionaux"francophones (qui, en dehors des périodes électorales - et encore ! - sont plutôt des Francs aphones…).

Dernière attaque d'idolâtrie : le pèlerinage mental vers les terres du "Reich de l'Est", où un ex-nationaliste devenu populiste néo-libéral terrorise l'Union Européenne toujours en mal de bête immonde à expurger. Si Haider nous intéresse, ce n'est pas pour son idéologie - hélas aussi grand-guignolesque que celle d'un Fini - mais parce qu'il fait enrager jusqu'à lui faire perdre quelques kilos le Torquemada Michel et toute ce que l'Europe de Maastricht compte d'épurateurs mentaux, de conducators en costume cravate (bleue-rouge de préférence) et d'adorateurs de la Mémoire. Nous remercions bien volontiers le Jörg autrichien pour cette pinte permanente de bonne humeur. Mais chercher dans l'exemple autrichien une quelconque source d'inspiration pour notre combat, c'est faire fausse route.

L'attente du chef

Allez ! Avouons-le. Nous aussi on aimerait bien un bon grand chef charismatique, à la voix envoûtante, médusant l'assistance et la convaincant en un tour de main, véritable écho vivant de toutes nos aspirations les plus profondes. Mais même ce personnage historique émergeant de la masse impassible, aura-t-il la moindre chance de drainer des dizaines de milliers de gens ? Aura-t-il surtout autour de lui quelques centaines de soldats politiques aptes à gérer la grande machinerie d'un mouvement appelé à reconfigurer le futur d'une nation ?
L'histoire enseigne que les feux révolutionnaires couvent un certains temps et que, dans des forges obscures, mûrissent, dans une première phase, les âmes et les corps d'une avant-garde. Une avant-garde qui sera à même de comprendre, soutenir et propager le sens du combat de ce personnage providentiel, lequel sera peut-être lui-même le produit de ces forges… Gardons-nous de suivre le premier venu et de tomber dans le piège de ces leaders aux accents populistes canalisant subitement leur ardeur et leur radicalisme apparent dès que s'annoncent les premiers gains électoraux. Ne mettons donc pas la charrue avant les bœufs et assurons-nous que le soc soit d'une belle solidité, gage d'un labour porteur d'avenir. C'est à ce prix qu'il y aura récolte.

Le mouvement

Les dix dernières années nous l'ont appris: c'est l'absence de discipline, de formation et de véritable idéologie identitaire (avec la conscience des menaces pesant sur l'Europe) qui a coulé les radeaux pittoresques des formations des nationaux francophones. A l'inverse, la présence de ces facteurs, si elle n'est pas à elle seule décisive, peut générer une dynamique nationaliste et révolutionnaire qu'incarnerait un mouvement engagé dans une œuvre de longue haleine, au vrai sens du mot civilisatrice ou refondatrice de l'Europe. L'avenir du nationalisme de ce XXIe siècle se fera en posant les bases de ce grand mouvement. Ce dernier portera en lui les archétypes qui ont fondé la culture blanche - goût du dépassement, volonté de grandeur, sens de l'intérêt collectif, honneur, fidélité, etc…- tout en avançant continuellement, ainsi que le terme lui-même le suggère, sur la voie d'un destin toujours incertain.

Ferg