ET
DES SYMBOLES POUR DEMAIN
Nous
sommes des oies - pas celles du Capitole - qu'on gave depuis
des lustres d'une histoire dans laquelle il nous est impossible
de se reconnaître. Les faits, les personnages mis en
scène, leur façon de penser le monde ou d'agir,
tout cela nous est étranger. Comme une tablette d'argile
mésopotamienne. Notre mémoire devient bouffie
de trop absorber la panade de fausses nouvelles, de désinformation
érigée en système d'asservissement. Quelque
part, sous la graisse des sornettes, tente de s'extirper notre
âme réelle, celle qui nourrit (ou devrait nourrir)
les moindres fibres de notre être. Mais combien il est
dur de résister à l'oubli de sa propre histoire
sous le matraquage des autres.
Prendre conscience d'un substrat
ethno-culturel
Chacun
d'entre nous est assurément porteur d'une expérience
personnelle. Un parcours n'est pas un autre. Enfance et éducation
divergent. Mais tous, nous savons radicalement que nous avons
été privés de quelque chose d'essentiel.
De notre vraie mémoire. Quand j'écris"nous",
je fais bien sûr allusion à notre confrérie
dont les rangs gonflent chaque jour. Les autres - hélas
la majorité - n'ont même plus conscience qu'il
y a eu une Europe ethniquement soudée, identifiable,
avant l'ère américano-sioniste. Si l'un d'entre
vous se souvient d'un cour d'histoire où ont été
évoqués nos ancêtres celto-germaniques,
c'est qu'il a eu la chance d'être enseigné par
un professeur honnête et soucieux de la transmission
d'une identité. Encore faut-il que cette évocation
ne serve point d'appendice gênant ou de faire-valoir
de la culture romaine. Non pas que cette dernière ne
nous est pas essentielle en tant qu'Européens, avec
le génie grec, mais les Gaulois ont trop souvent été
traités comme un peuple-enfant sous tutelle de la Rome
civilisatrice. Cette condescendance à l'égard
de l'Europe celtique et germanique a été longtemps
une véritable infection dans les milieux intellectuels
et/ou chargés de l'éducation. Mon deuxième
cerveau, scellé et bâillonné, profite
de ce que j'aborde cette question pour me rappeler que sous
l'ère fasciste allemande, la symbiose helléno-germanique
était une des grandes aspirations des autorités.
Bref,
pour un adolescent d'aujourd'hui - et d'il y a 20 ans - prendre
conscience via l'école de l'existence d'un substrat
ethno-culturel commun aux populations européennes relève
du prodige. Est-il à même, cet adolescent, de
comprendre la signification des croix celtiques dont nous
nous réclamons ? C'est à nous désormais
de le leur faire comprendre afin que cela devienne intuitif
à la génération suivante
Ironie
du présent : les meilleurs pédagogues "es
nationalisme" de l'an 2000 - après nous - ce sont
les chasseurs de nazis appointés par le système.
En effet, à force de multiplier les émissions,
les livres, les commémorations sensées exorciser
les heures les plus sombres de notre histoire, des milliers
de jeunes Européens franchissent le Styx chaque année
et rejoignent les rangs de ceux qu'ils regroupent sous le
vocable animalier de "bête immonde".
L'apport
des peuples anté-chrétiens
Il
aura fallu des lustres pour que le commun des mortels - c'est-à-dire
les quelques "cervelés" qui s'intéressent
à nos origines - apprennent qu'il y eut une vie avant
les villas romaines et les églises et que peut-être
il était nécessaire de regarder vers la période
celtique pour repérer non seulement les origines des
principales villes européennes mais aussi celles de
l'essentiel de nos us et coutumes. Grâce notamment au
romantisme, d'aucuns ont commencé à prendre
conscience de l'apport fondamental des peuples antéchrétiens
autochtones à l'Europe. On a reconnu progressivement
que sans le paganisme celto-germanique le christianisme n'aurait
pu s'enraciner chez nous et lui est redevable de l'inspiration
de beaucoup de ses courants artistiques - architecture, peinture,
littérature. Mais cette reconnaissance n'a pas beaucoup
transpiré des milieux intellectuels et scientifiques
vers le peuple. Si une frange de ce peuple sait par tradition
transmise de générations en générations,
la majorité écrasante, elle, se contente de
folklorer en sacrifiant aux rituels de la société
de consommation. Le christianisme lui-même, lorsque
sa pratique a survécu, n'est plus qu'une mascarade
moralisante et humanitariste qui ferait ricaner un chef gaulois.
L'européanisation
du christianisme
Au
fond, durant deux mille ans, nos compatriotes ethniques ont
frémi en écoutant des histoires abracadabrantes
de traversée du désert, de bons samaritains,
d'anti-héros tourmentés par une divinité
vengeresse absolutisée à partir d'un panthéon
local et enserrés dans un fouilli d'interdits plus
bizarres les uns que les autres. Ne voilà-t-il pas
qu'on leur a bourré le crâne avec des tribulations,
certes intéressantes, mais si lointaines par la distance
et la nature, de leur personnalité et de leur patrie.
On ne dénoncera jamais assez cette imposture. L'européanisation,
plus ou moins réussie et plus ou moins persistante,
du christianisme par le paganisme, est dès lors sans
doute le premier acte de résistance des peuples européens
face à un envahisseur d'ordre spirituel. On doit à
cette alchimie là notamment la formidable épopée
du Graal, traduction surtout littéraire d'un état
d'esprit, d'une vision du monde où se marient les deux
spiritualités pour le meilleur. C'est là que
le christianisme prend une nouvelle dimension grâce
à l'authenticité fécondante des dieux
indo-européens.
Le
hasard salvateur
16
ans ! Peux-t-on imaginer que c'est à cet âge
que j'ai commencé à découvrir que cet
être de chair et de sang dont j'étais constitué
n'était pas qu'une simple créature du règne
animal interchangeable au sein d'une espèce humaine
mais bien une personne membre à part entière
d'une communauté de sang et d'esprit façonnée
patiemment par plusieurs millénaires. Le déclic
aura été la remise en question de l'héritage
monolithique judéo-chrétien qui entravait dogmatiquement
toute possibilité de réminiscence par la découverte
du vrai passé de l'Europe et de sa dimension gréco-romaine,
suivie dans la foulée par celle de l'héritage
celto-germanique du Belge. Tout ça est dit pompeusement
mais ça a le mérite d'être vrai. Le plus
inacceptable, c'est que cette prise de conscience n'est finalement
due qu'au hasard de rencontres ou de lectures suffisamment
révélatrices pour déclencher le processus
de redécouverte. Avoir assisté à de nombreux
carnavals ou avoir entendu des contes enfantins sans en apprécier
les multiples dimensions par faute de connaissance intuitive,
par faute d'un environnement scolaire et familial ignorant
de l'au-delà de l'apparence chrétienne, c'est
une frustration qui rétrospectivement me pèse
encore. Derrière le carnaval il y a les visages terrifiants
et merveilleux de dieux ouraniens ou telluriques et de héros
prométhéens confrontés aux forces obscures.
Derrière les personnages des contes de Grimm ou des
récits appartenant au folklore local également
Derrières les Saints les plus aseptisés se cachent
des tueurs de dragons ou même des dieux et déesses
dominant la vie et la mort.
Réactiver
les mythes anciens
C'est
pourquoi, alors que j'ai pu renaître, que nous avons
pu renaître grâce au jeu suprahumain mené
par le fatum, jamais nous n'accepterons que cette victoire
sur nous-mêmes et sur les mutilations de notre mémoire
ne soit remise en cause par les dévôts de la
marchandise. Qu'une majorité d'habitants européens
se fichent éperdument de leurs propres racines, succombent
à la mode des autres spiritualités ou tout simplement
sont convaincus que l'homme est programmé pour consommer
n'infléchit pas la voie que nous nous sommes tracés.
Celle visant en particulier à réactiver les
mythes anciens et à faire apparaître leur actualité
éternelle en les ancrant dans le monde du XXIème
siècle que nous voulons, mélange de techno-science
et d'archétypes inoxydables.
Autour
de la croix
celtique
Notre
conquête des esprits et des curs ne pourra se
faire qu'en puisant dans une symbolique qui sera évidente
tant pour nous-mêmes que pour nos ennemis. Sans tomber
dans le fétichisme nostalgique, le choix de la croix
celtique s'impose à tout nationaliste. Même s'il
n'est pas le seul, ce symbole balise notre passé comme
l'histoire récente des formations identitaires. Elle
est parlante pour l'ensemble de l'Europe, au-delà même
de l'aire spécifiquement celtique. Qu'elle affole la
bourgeoisie, pétrifie les gnomes gauchistes ou fait
se cabrer le nationaliste de salon, peu nous importe. Au contraire
tant mieux ! En ces heures joyeuses où les parodies
de formations identitaires de Belgique francophone se sont
ramassées et dissoutes dans l'acide des élections
communales, quoi de plus sain que de marcher derrière
une croix solaire, de feu et de fer, annonciatrice d'un nouveau
destin.
Ferg
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