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  DEVENIR 16


Horst Mahler : Un itinéraire en rouge et noir.


Le débat politique concernant la montée du nationalisme radical se poursuit en Allemagne.
Il a été marqué ce 12 août dernier par l’annonce de l’adhésion de Horst Mahler au NPD.
Une «conversion» retentissante, car cette homme de soixante-quatre ans avait milité activement dans les années 70, dans les rangs de la Fraction Armée Rouge (RAF) et  participé à la défense de l’un de ses chefs de file Andréas Baader!




Alors que l’Allemagne s’interroge sur l’utilité ou non d’interdire le parti nationaliste révolutionnaire NPD, celui-ci vient d’accueillir une recrue de choix: Horst Mahler.
Horst Mahler voit le jour en 1936 en Silésie (région allemande alors, polonaise aujourd’hui) de deux parents nationaux-socialistes convaincus jusqu’en 1945 et même au-delà.
Échoué à Berlin-Ouest après la perte de la Silésie et la mort de son père en 1949, il grandit dans l’image contradictoire de ses parents: «incarnation pour moi de la bonté humaine» et de ce qu’il entend à l’école: «On nous apprenait que les Allemands étaient un peuple agressif qui avait déclenché deux guerres mondiales et tué six millions de Juifs. Je ne pouvais pas diaboliser mes parents. Mais je voulais moi être un Allemand correct. Je me suis réfugié dans la théorie marxiste qui permettait de sortir de cette culpabilité en se plongeant du coté du prolétariat.»

Étudiant à Berlin, il adhère d’abord aux jeunesses socialistes puis à la principale organisation d’extrême-gauche allemande des années soixante, le SDS (Sozialistischer Deutscher Studentenbund - Fédérations Allemandes des Étudiants Socialistes).
En 1968, il est l’un des principaux porte-paroles de la révolte étudiante.
Son cœur est résolument à gauche, et par la virulence de ses propos, il incarne rapidement aux yeux de la droite conservatrice le grand Satan.

Aujourd’hui Horst Mahler interprète les événements de 1968 comme une «révolution conservatrice» sans succès, comme du «National -Bolchevisme» et même comme un «fascisme de gauche».
Il est indicatif qu’avec Mahler, sur cette question, sont solidaires d’autres leaders allemands de l’extrême-gauche, comme Gunther Maasche et Reinhold Oberlehrer.
Cette période trouble de 1968 voit sa vie prendre une tournure décisive avec la rencontre d’Andréas Baader et Gundrun Enslinn , futurs fondateurs de la Fraction Armée Rouge. Avec la radicalisation du mouvement de 1968, il rejoint la clandestinité.
Après quelques attentats et vols à mains armées, Horst Mahler va s’entraîner au Proche-Orient dans le camp palestinien de Ali Hassan Salamek.
«La haine commune des Etats-Unis et de leur avant-poste, Israël, unissait les rebelles allemands et arabes», écrit-il dans le Welt am sonntag.
Dénoncé à son retour, Horst Mahler est arrêté en 1970 et condamné à quatorze ans de prison.
Pendant sa détention, il prend ses distances avec le terrorisme, se déclare maoïste et prend pour avocat un certain Gerhard Schröder (si, si le chancelier) pour obtenir sa libération anticipée.
Libéré en 1980, de nouveau avocat en 1988, Horst Mahler renoue avec la politique à la fin des années 90 et devient l’un des penseurs du nationalisme révolutionnaire Allemand.
La question que tout le monde se pose est: Comment l’ancien militant d’extrême-gauche peut-il ainsi se faire le chantre de la «résistance nationale»?
Lorsque l‘on pose cette question à Horst Mahler il hausse les épaules comme s’il n’y voyait pas le moindre problème et déclare: «Hier comme aujourd’hui mon principal travail politique a été de dénoncer comme ennemi principal l’impérialisme américain. Lequel se trouve maintenant derrière cette politique d’envahissement par les étrangers. C’est la politique de l’establishment de la côte Est que de vouloir balkaniser l’Europe pour la mettre hors jeu!»
Malgré le politiquement correct il ne dissimule pas plus longtemps que son principal combat est celui du peuple allemand contre l’immigration: «Pour moi il est évident, écrit-il, que les Allemands qui veulent rester Allemands seront bientôt en minorité. Avec le recul de la natalité et les sept à huit millions d’étrangers, surtout des Musulmans qui font venir leur famille et qui sont plus enclins à la natalité, dans cinquante ans, le peuple allemand sera une minorité».
Avec quelques autres intellectuels de la même trempe, il a rejoint le NPD afin de créer un «collège allemand» pour «reconquérir l’élite du peuple» et la former à la philosophie de l’idéalisme national.
Voilà qui a le mérite d’être clair; pour Mahler, sur les questions d’immigration, seul le peuple a le droit de prendre parti sur le droit à la nationalité et ce ne sont en aucun cas les grands partis ou le Consistoire Central Israélite qui peuvent, ou doivent, en décider.

Nous lui souhaitons d'ores et déjà bonne chance, et espérons que la clarté de son engagement amène les révolutionnaires de gauche à la réflexion suivante: "le temps de la lutte de classes est révolu, il se profile à l’horizon un combat bien plus incertain… la lutte pour la survie de notre culture européenne"


Jean-Charles VAN ZEE