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  DEVENIR 16


Voyage au pays de la bête




Certaines demoiselles hennuyères de ma famille ayant - oh horreur! - frayé avec le Teuton, je me rends rituellement au-delà du Rhin pour accomplir ces obligations familiales sans lesquelles la vie manquerait de piment. Ces pérégrinations annuelles me permettent d’entrer en contact renouvelé - non sans angoisse - avec l’engeance germanique. Là où, d’après nos médias, des hordes sauvages de berserkir hantent le moindre village pour noyer les métis dans les piscines municipales. C’est donc toujours l’estomac noué que je franchis le limes allemand et, barricadé dans mon véhicule, franchit les 600 kilomètres nous séparant encore de Munich. Ah ! Munich ! Que de souvenirs ! Ces films d’aventures des années 30 sur fond de brasseries, de sectes ésotériques et de milices !




Munich purifiée

C’est alors que mon épouse me rappelle que nous foulons le sol de ce qui fut la forge puis l’antre de la bête immonde. Celle qui fit planer sur l’Europe l’ombre de la renaiss... . euh ! de la barbarie absolue…
Intrigué, je me fais un devoir de substantifier les dogmes moraux enseignés par les médias belges sur l’Allemagne. Parcourant Munich en tout sens, je guette le moindre bruit de botte, la moindre coupe rasée, le moindre holocauste de livres…Le bilan est à chaque fois tragi-comique : la normalisation à la polonaise, c’est de la gnognotte! Ici, on a dénazifié à la tronçonneuse. Si on enseignait dans les écoles munichoises que les Germains descendent des Noirs, on n’y trouverait rien à redire… C’est sans doute pas mieux chez le lambda wallon mais chez le voisin teuton, la cure d’atrophie de la mémoire autochtone est devenue une vertu. Seule trace d’un passé renié: l’un ou l’autre bâtiment néoclassique hitlérien. Ou, pour celui ou celle qui sent battre dans ses veines le sang de l’Europe éternelle, ces étranges cimetières, perdus dans des forêts et non répertoriés -mais religieusement entretenus- aux petites pierres décorées d’une rune de mort. Là sont enterrés d’anciens maudits et la confidentialité de leur dernière demeure en dit long sur l’atrophie évoquée plus haut.
Le plus obscène dans la dénazification, c’est d’avoir fait des enfants et petits enfants des combattants du Troisième Reich des petits psy staliniens, ayant à la bouche le perpétuel reproche à l’égard de leur ascendant. Leur seule et unique conception du dépassement se résume dans l’exigence impérieuse d’ascension sociale. Que des formes plus hautes et plus impérissables d’idéaux aient pu séduire les anciens dépassent leur logique.
Du haut de son château de Neuschwanstein, niché dans les contreforts des Alpes bavaroises, l’esprit, légèrement perturbé, de Louis II de Bavière doit faire des bonds!

Le Reich de l’argent

La Bavière est en réalité un laboratoire instructif de la manipulation génétique pratiquée en fait à l’échelle de l’Allemagne. La région munichoise et l’ensemble de l’arrière pays s’étirant jusqu’aux Alpes, vit dans une opulence manifeste. Terrains et habitations dans et hors Munich sont hors de prix. La majorité de la population vote CDU-CSU; le vote identitaire est réduit à la portion congrue. Tout va pour le mieux au royaume de la bourgeoisie allemande ! L’immigration, principalement turque mais de plus en plus diversifiée ces dernières années, modèle certains quartiers de la ville avec une certaine ostentation les jours de fêtes turques, mais sans plus. On dirait que Munich vit une époque bénie, comme dans l’œil du cyclone. Rien ne vient troubler les eaux calmes du fleuve la traversant. Apogée de la civilisation occidentale. Les seules rivalités apparentes concernent les équipes de football locales.

Le prix de l’âme

Des villes rasées, une économie et un patrimoine culturel pillés par les forces occupantes dès 1945, des dizaines de milliers de femmes violées principalement du fait de certaines tribus composant l’armée alliée, des millions d’Allemands déportés et exterminés par les Bolcheviques, les projets de destruction biologique de la population germanique: nonobstant l’empreinte diabolique de l’idéologie de Yalta, l’Allemagne s’est rebâtie, malgré que tous souhaitaient sa disparition. Malheureusement, c’est au prix de son âme que Germania a pu reconstituer ses forces. Riche mais sans passé, colosse économique à la population vieillissante et interdite de renouvellement, nation privée de défenses immunitaires, traquant ceux et celles qui veulent pourtant la préserver.

Dark Vaudor