Certaines
demoiselles hennuyères de ma famille ayant - oh horreur! - frayé
avec le Teuton, je me rends rituellement au-delà du Rhin pour accomplir
ces obligations familiales sans lesquelles la vie manquerait de piment. Ces
pérégrinations annuelles me permettent d’entrer en contact renouvelé
- non sans angoisse - avec l’engeance germanique. Là où, d’après
nos médias, des hordes sauvages de berserkir hantent le moindre village
pour noyer les métis dans les piscines municipales. C’est donc toujours
l’estomac noué que je franchis le limes allemand et, barricadé
dans mon véhicule, franchit les 600 kilomètres nous séparant
encore de Munich. Ah ! Munich ! Que de souvenirs ! Ces films d’aventures
des années 30 sur fond de brasseries, de sectes ésotériques
et de milices !
Munich
purifiée
C’est alors que mon
épouse me rappelle que nous foulons le sol de ce qui fut la forge
puis l’antre de la bête immonde. Celle qui fit planer sur l’Europe l’ombre
de la renaiss... . euh ! de la barbarie absolue…
Intrigué, je
me fais un devoir de substantifier les dogmes moraux enseignés par
les médias belges sur l’Allemagne. Parcourant Munich en tout sens,
je guette le moindre bruit de botte, la moindre coupe rasée, le moindre
holocauste de livres…Le bilan est à chaque fois tragi-comique : la
normalisation à la polonaise, c’est de la gnognotte! Ici, on a dénazifié
à la tronçonneuse. Si on enseignait dans les écoles munichoises
que les Germains descendent des Noirs, on n’y trouverait rien à redire…
C’est sans doute pas mieux chez le lambda wallon mais chez le voisin teuton,
la cure d’atrophie de la mémoire autochtone est devenue une vertu.
Seule trace d’un passé renié: l’un ou l’autre bâtiment
néoclassique hitlérien. Ou, pour celui ou celle qui sent battre
dans ses veines le sang de l’Europe éternelle, ces étranges
cimetières, perdus dans des forêts et non répertoriés
-mais religieusement entretenus- aux petites pierres décorées
d’une rune de mort. Là sont enterrés d’anciens maudits et
la confidentialité de leur dernière demeure en dit long sur
l’atrophie évoquée plus haut.
Le plus obscène
dans la dénazification, c’est d’avoir fait des enfants et petits enfants
des combattants du Troisième Reich des petits psy staliniens, ayant
à la bouche le perpétuel reproche à l’égard de
leur ascendant. Leur seule et unique conception du dépassement se
résume dans l’exigence impérieuse d’ascension sociale. Que des
formes plus hautes et plus impérissables d’idéaux aient pu
séduire les anciens dépassent leur logique.
Du haut de son château
de Neuschwanstein, niché dans les contreforts des Alpes bavaroises,
l’esprit, légèrement perturbé, de Louis II de Bavière
doit faire des bonds!
Le
Reich de l’argent
La Bavière
est en réalité un laboratoire instructif de la manipulation
génétique pratiquée en fait à l’échelle
de l’Allemagne. La région munichoise et l’ensemble de l’arrière
pays s’étirant jusqu’aux Alpes, vit dans une opulence manifeste.
Terrains et habitations dans et hors Munich sont hors de prix. La majorité
de la population vote CDU-CSU; le vote identitaire est réduit à
la portion congrue. Tout va pour le mieux au royaume de la bourgeoisie allemande
! L’immigration, principalement turque mais de plus en plus diversifiée
ces dernières années, modèle certains quartiers de
la ville avec une certaine ostentation les jours de fêtes turques,
mais sans plus. On dirait que Munich vit une époque bénie,
comme dans l’œil du cyclone. Rien ne vient troubler les eaux calmes du fleuve
la traversant. Apogée de la civilisation occidentale. Les seules
rivalités apparentes concernent les équipes de football locales.
Le
prix de l’âme
Des
villes rasées, une économie et un patrimoine culturel pillés
par les forces occupantes dès 1945, des dizaines de milliers de femmes
violées principalement du fait de certaines tribus composant l’armée
alliée, des millions d’Allemands déportés et exterminés
par les Bolcheviques, les projets de destruction biologique de la population
germanique: nonobstant l’empreinte diabolique de l’idéologie de Yalta,
l’Allemagne s’est rebâtie, malgré que tous souhaitaient sa disparition.
Malheureusement, c’est au prix de son âme que Germania a pu reconstituer
ses forces. Riche mais sans passé, colosse économique à
la population vieillissante et interdite de renouvellement, nation privée
de défenses immunitaires, traquant ceux et celles qui veulent pourtant
la préserver.
Dark
Vaudor