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  DEVENIR 17


LE BAASISME DE SADDAM, ALTERNATIVE AU FONDAMENTALISME




Instauration de la Charia et émeutes anti-chrétiennes au Nigéria, attaques d'islamistes au Tadjikistan, au Kirghizistan et en Ouzbékistan, prises d'otages et massacres aux Philippines, poursuite du bain de sang en Algérie, guérilla tchétchène, attentats et massacres d'Hindous au Cachemire, éradication des Chrétiens aux Moluques, extension de l'activisme albanais, multiplication des réseaux islamistes en Europe; l'année 2000 n'est qu'une litanie de violences liées à l'expansionnisme musulman dans un lent mais irréversible mouvement de conquête planétaire, en apparence dépourvu de cohérence mais, si on dévoile le dessous des cartes, rigoureusement planifié par des acteurs identifiés. Cette situation, que Robert Ervin décrivait comme la troisième expansion de l'Islam, prend médiatiquement racine avec la Révolution iranienne de 1979 (1). En réalité, l'intégrisme chiite, tel qu'observé essentiellement en Iran et au Liban et, dans une moindre mesure, au Pakistan et en Afghanistan, est par nature peu expansionniste, étant donné que le chiisme ne concerne qu'une faible minorité de musulmans. Les vrais moteurs du nouvel expansionnisme vert sont l'Arabie Saoudite et ses bases avancées au Pakistan et en Afghanistan.
Le rouleau compresseur intégriste nous laisserait froid si l'Europe, depuis le début des années nonante ne se retrouvait au cœur de la stratégie de conquête des sectateurs d'Allah. Du fait de l'immigration massive et croissante de mahométans vers l'Union Européenne mais aussi du fait des guerres de Bosnie et du Kosovo. L'une ayant déplacé de facto au cœur du continent blanc le limes entre l'Europe et les terres d'histoire musulmane, les autres ayant constitué et constituant de fantastiques bases d'entraînement et d'expansionnisme pour les guerriers de l'Islam. Sans oublier l'incroyable imposture de la "candidature" de la Turquie aux Etats-Unis d'Europe (plus communément appelé Union Européenne), dont les futurs 100 millions d'habitants briseraient définitivement l'homogénéité ethno-culturelle européenne.


L'Europe de l'Ouest dans la ligne de mire

Si Alexandre Del Valle, dans son ouvrage Et si le but ultime de la guerre du Golfe avait été finalement la destruction du baasisme, synthèse exemplaire du nationalisme arabe et du socialisme, plus encore qu'une idéologie politique une vision du monde plongeant dans l'histoire la plus lointaine des pays la mettant en pratique (Irak et Syrie). Ni capitalisme, ni communisme, ni islamisme, ataviquement non alignée, s'articulant autour de la personne d'un chef charismatique, laïcisante, mais sans le dogmatisme de nos bouffeurs de curés gauchistes, le baasisme ne pouvait étaler sa réussite économique, sociale, technologique et militaire aux yeux des Etats-Unis. Ces derniers n'ont jamais soutenu dans la région, outre le régime colonisateur et terroriste israélien, que des régimes autoritaires à économie libérale et oligarchique ou des théocraties prospérant sur la manne pétrolière, matière première stratégique pour les Yankees.

Montée en puissance

Fondé en 1944 notamment par le chrétien Michel Aflak, le Parti Baas va sortir de l'anonymat dans les années '70 avec l'accession au pouvoir de Hafez El Assad en Syrie et de Saddam Hussein en Irak. Des années 50 -période de la fondation du Baas irakien- jusqu'aux années 70, les Baasistes vont végéter politiquement, survivant et louvoyant entre les multiples tentatives de coups d'Etat, s'y associant parfois. Saddam Hussein, actif dans le parti baasiste dès la fin des années 50, va prendre les rennes du pays alors que l'Iran, soutenu encore par les Etats-Unis, menace et tente de déstabiliser Bagdad en assistant les révoltes kurdes. Le 16 juillet 1979, Saddam Hussein devient le maître absolu de la vieille terre sumérienne et babylonnienne: Président, chef des Armées et du gouvernement, secrétaire général du parti Baas, président du Conseil du Commandement révolutionnaire. Débute alors pour l'Irak le règne d'un homme autoritaire et impitoyable pour ses ennemis mais qui va en quelques années faire de son pays un incroyable défi aux hégémonies planétaires.

Réalisations

De 1979 à 1990, en dépit de la guerre déclenchée avec l'Iran, l'Irak va devenir la première puissance économique et militaire régionale -hormis le greffon putride (croupion) israélien- et prodiguer à ses habitants un niveau de vie équivalent dans de nombreux domaines à celui de pays européens de l'Ouest. Système éducatif performant, médecine de pointe, égalité hommes/femmes, respect des minorités religieuses: l'Europe applaudit aux réalisations du Raïs de Bagdad et le soutient dans sa guerre contre l'expansionnisme intégriste.
Le plus révélateur dans cet engouement est l'attrait exercé par Saddam Hussein et son socialisme national sur les partis socialistes européens. On voit les représentants du parti Baas invité aux agapes de l'internationale socialiste. Rien d'étonnant à ce que les gouvernements socialistes, notamment français, inondent l'Irak d'armements ultra-perfectionnés. On s'aime d'un amour idéologique inavoué. Je soupçonne un grand nombre de socialistes caviars d'avoir été fascinés par le baasisme sans osé aller jusqu'au bout de cette logique: développer un socialisme identique à l'échelle européenne.

5 millénaires d'histoire

Grâce en partie à l'argent du pétrole mais aussi à la formidable efficacité du parti baasiste et à la frénésie populaire autour de Saddam Hussein, l'Irak peut donc ambitionner un rôle majeur sur la scène internationale. Bagdad ne s'embarrasse pas pour dénoncer l'ennemi sioniste éternel que l'ensemble des Arabes a un devoir de combattre pour libérer la Palestine. Il n'y a rien de pire pour Hussein qu'un pays fondé sur une occupation coloniale et non sur des réalités historiques. A l'Israël des sionistes et des intérêts judéo-américains, il oppose un pays revendiquant un héritage pluri-millénaire -Sumer, Babylone, l'Islam, le règne des Abbasides- dont il est l'incarnation présente. Les immenses fresques associant Saddam aux événements charnières de l'histoire irakienne ont horrifié ou fait rire l'intelligentsia occidentale, celle-là même qui passe, en se pâmant, quotidiennement sous de non moins immenses panneaux publicitaires merdicoïdes.
Au Koweït, artifice du capitalisme anglais et repère d'émirs dépravés, l'Irak oppose ses droits inaliénables sur l'un de ses débouchés géographiques naturels. Il est ainsi révélateur que les "Alliés" à la sauce 1990 ont apporté leur soutien dévastateur à des aberrations nationales (Israël, Koweït) plutôt qu'à des nations riches de cette sève historique qui nourrit éternellement les peuples audacieux et authentiques.

L'Islam, vecteur de mythes comme un autre

L'un des aspects les plus révélateurs de l'idéologie baasiste est la place attribuée à l'Islam. Il est un des éléments de l'imaginaire irakien, un des vecteurs de mythes, mais il ne domine pas, loin de là, l'espace identitaire et culturel. On peut trouver comme raison la variété des peuples qu'agrège l'Irak, mais plus certainement la nature fondamentalement laïque du baasisme. L'Islam peut être un moteur du développement national mais il ne régit pas l'ensemble de la vie de l'Irakien. L'accentuation d'ordre stratégique de l'élément musulman depuis la Guerre du Golfe n'a pas entraîné de persécutions des différentes minorités chrétiennes. Tarek Aziz, éternel Ministre des Affaires Etrangères, en est le symbole inoxydable. Le baasisme démontre ainsi que le fondamentalisme n'est pas une fatalité.

La voiture à Big Brother

A côté de l'affaiblissement d'un ennemi potentiel de l'occupant sioniste, le calvaire imposé à Bagdad par les gardiens de l'ordre mondial trouve sa justification dans la volonté de maîtrise absolue des Américains sur les ressources pétrolières régionales. L'Irak dispose des réserves pétrolières les plus importantes au monde après l'Arabie Saoudite -contrôlée par Washington- et son sous-sol recèle également d'énormes gisements gaziers, énergie dont l'importance s'accroît d'année en année dans l'économie planétaire. L'attribution au Koweït de gisements irakiens par l'Onu au lendemain de la guerre du Golfe relève donc du vol pur et simple et s'inscrit dans une stratégie précise.

L'embargo génocidaire

Objectivement, il était difficile d'imaginer que l'Europe allait s'associer à l'embargo génocidaire contre Bagdad. N'y compte-t-on pas de nombreux dompteurs de bêtes immondes, de fondamentalistes des Droits de l'Homme?
Aujourd'hui, alors que nos maîtres à penser se mobilisent pour que le brave afro-américain ne monte pas sur la chaise électrique, ils baillent aux corneilles lorsque sortent les rapports accablants sur l'hécatombe provoquée par l'embargo. Un million de morts au bas mot, en majorité des enfants et des vieillards. L'ampleur du génocide perpétré par l'Onu, les Etats-Unis et l'Europe contre le peuple irakien ravale au rang de voleur de poules un Milosevic. Ce dernier, qui fait l'objet de la justice vengeresse du Nouvel Ordre Mondial, n'a pourtant à aucun moment, violé le droit international; l'armée yougoslave, de 1991 en Slovénie à 1999 au sud de la Serbie, ne faisant que tenter de restaurer l'ordre, de manière légale, au sein de la seule nation existant en droit international: la Yougoslavie en l'occurrence.
Bombardements de zones civiles, violation permanente de l'espace aérien irakien, aide massive et annoncée publiquement à des mouvements d'opposition dans le but d'éliminer le régime baasiste, surarmement des nations voisines, espionnage généralisé lors des missions d'inspections de l'Onu au profit d'Israël, embargo sur des biens vitaux pour la santé et la survie de la population, etc… la liste est longue des violations des lois élémentaires réglant les rapports entre pays.

Inoxydable

10 ans après que la coalition de la honte ne massacre des dizaines de milliers de civils et de soldats irakiens, Saddam Hussein est toujours là, et bien là. Même si le nationalisme arabe n'a pas avancé d'un iota, le baasisme continue à démontrer sa vitalité et sa validité. Wall Street et Tel Aviv ont échoué. Ils ont simplement renforcer leur réputation de tortionnaires et de massacreurs. En Palestine, Saddam est plus populaire qu'Arafat ou que n'importe quel mollah. Au tréfonds de l'adversité, face à des ennemis arrogants et pervers, auxquels malheureusement l'Europe de Louis Michel s'associe, l'antique peuple habitant la terre babylonienne nous donne une leçon à nous nationalistes européens, c'est que le combat sera long. Mais que c'est la résistance, les difficultés extrêmes et la non-compromission qui balisent la voie de la victoire et qui sont conformes à notre sang aryen.



Dark Vaudor