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  DEVENIR 17


NON A L'ENTREE DE LA TURQUIE DANS L'UNION EUROPEENNE




Alors que le débat continue au sein de certaines instances dirigeantes de l'Union européenne, concernant l'éventuelle et suicidaire adhésion de la Turquie à l'Union, il nous faut répéter haut et fort que la Turquie n'a pas et n'aura jamais vocation à rejoindre l'Europe "des Quinze" (et demain des Vingt-Cinq ou des Trente). Sans haine ni racisme, après une analyse rigoureuse, nous refusons logiquement cette adhésion pour trois raisons majeures: la Turquie n'appartient pas à l'aire ethnocivilisationnelle et géopolitique européenne; les Turcs sont les ennemis historiques de l'Europe (aussi bien " occidentale " que slavo-orthodoxe) depuis mille ans; les intérêts qui orientent la Turquie (et ses conséquences stratégiques, politiques, démographiques, et sociales ) vers l'Union sont essentiellement non-européens, voire antieuropéens.

Le territoire turc se situe pour 94% hors du Continent européen, des rives orientales du Bosphore à la frontière iranienne, et des contreforts méridionaux du Caucase au désert syrien; et le peuple qui l'occupe (65 millions d'habitants, en pleine phase de "boom" démographique) se caractérise par la triple singularité de son origine ethnique asiatique (groupe "turco-mongol"), la pratique d'une langue non indo-européenne (le turc, même s'il est écrit en caractères latins depuis les années 1920, est l'une des composantes du groupe "ouralo-altaïque") et son appartenance à la communauté musulmane (majoritairement sunnite de rite hanafite) à 99% (depuis le génocide arménien en 1915 qui fit 1,5 million de victimes et l'expulsion physique de plus de 1,5 million de Grecs en 1922, pourtant établis sur les rives d'Asie mineure depuis plus de 25 siècles). Un peuple devenu anthropologiquement homogène, depuis les accords de Lausanne de 1923, reconnaissant le fait accompli kémaliste… Une lâcheté anglo-française de plus… Une lâcheté et un aveuglement, caractéristiques de "l'apriorisme" jacobin français et de l'esprit wilsonien anglo-saxon, un esprit très "politiquement correct" au lendemain de la Première Guerre mondiale… Un esprit suicidaire face à la Realpolitik des (rares…) hommes d'Etat possédant une vision historique d'envergure…
Ces traits particuliers fondamentaux, ethnolinguistiques, religieux, culturels, sociaux, en soi tout à fait honorables voire valorisants, distinguent donc de manière radicale et définitive les Turcs des Européens, quels que soient les efforts tentés pour dissimuler cette réalité.
Contrairement à une tenace idée reçue, la "modernisation", qui s'était entre autres traduite par une laïcisation superficielle et surtout urbaine, de la société turque par le volontarisme de Mustafa Kemal et de ses successeurs, n'a en fait nullement modifié ces données anthropologiques de fond, d'autant que depuis les années 1980 s'est opérée une importante réislamisation sociale et politique, à la base, ce qui a permis au Refah (islamiste), puis au MHP (parti d'action nationaliste, héritier des fameux "Loups gris"), d'obtenir plus de 20% des voix aux diverses élections, sans aucune réaction de l'armée, pourtant considérée comme "garante de la laïcité", comme ce fut le cas en Algérie en janvier 1992, devant le triomphe électoral du FIS…
"L'occidentalisation" de la Turquie, mise en avant et vantée par les partisans de son intégration à l'UE, est en fait une vaste tromperie, encouragée par les cercles dirigeants d'Ankara, qui y trouvent intérêt et pratiquent tous le double langage, conformément à la doctrine musulmane de la "taqiya", la dissimulation. Si la Turquie a effectivement subi une "modernisation" technologique, politique et institutionnelle, sur le modèle du Japon de l'ère Meiji, elle n'a pas vécu une "acculturation". Malgré la béate "croyance aux miracles" des idéologues de la Modernité, ces deux termes ne sont pas synonymes… Car au cours de l'Histoire, nul n'a jamais changé la nature des peuples par décret ou en fonction de ses ambitions économiques…

Fier peuple nomade des déserts et des steppes, fier peuple guerrier depuis la nuit des temps, les Turcs -successivement seldjoukides, osmanlis, ottomans, puis kémalistes et pantouraniens- sont, depuis mille ans, les pires ennemis de l'Europe. Et quoique puissent bien en dire certains, le contentieux historique est particulièrement éloquent. Eloquent et lourd…
Ainsi, hommes de la plus longue mémoire, nous ne pourrons jamais oublier la défaite de Mantzikert ( 1071 ); les horribles massacres d'Edesse (1144) et de Saint-Jean d'Acre (1291); la défaite de Kosovo Polje ("Le Champ des merles", 1389); la perte de Constantinople et la destruction du millénaire Empire byzantin, héritier de l'Empire romain d'Orient (1453); la destruction du royaume de Hongrie (1529); l'islamisation forcée des Albanais et des Bosniaques ( du XVè au XIXès. ) et les déportations de centaines de milliers d'Orthodoxes balkaniques; la piraterie en Méditerranée orientale ( XVIè et XVIIès. ); les terribles massacres de Chio (1822); l'extermination programmée de nos frères arméniens ( 1915 ); la féroce purification ethnique dont furent victimes les Grecs d'Asie mineure (1922); l'occupation militaire et la colonisation physique du Nord de l'île de Chypre (depuis 1974)…

Congénitalement militariste et répressive, la Turquie s'est donc toujours opposée politiquement et militairement aux deux Europe, tant la catholique-réformée que l'orthodoxe, une Turquie finalement stoppée en 1683, sous les murs de Vienne, par une coalition militaire transcontinentale dirigée par le roi polonais Jean Sibieski. Aujourd'hui, se posant en protectrice naturelle, elle se situe en position de leadership régional, à la pointe du combat sécessionniste et revanchard en faveur des "Bosniaques", des Albano-Kosovars et des minorités turcophones ou musulmanes de Macédoine, de Bulgarie et de Grèce orientale, véritables "Chevaux de Troie" de ses ambitions néoimpériales.
De même, sur l'autre ligne de front, le front caucasien, face à la Russie, la Turquie se dépense sans compter en faveur des Tchétchènes, et plus discrètement, des Tatars, eux aussi turcophones. L'objectif de cette véritable "Croisade à rebours" (y compris par l'imposition d'une "Grande Albanie" ethnique) étant de créer des Républiques musulmanes, voire islamistes, au cœur de l'Europe; permettant à la fois aux Turcs ( jouant leur propre jeu ) de recréer un "arc vert" impérial continu, de l'Adriatique au Bosphore, et aux Etats-Unis de briser la dynamique fédératrice paneuropéenne, qui représente un danger mortel pour leur propre puissance, et ce sur le flanc le plus sensible du Continent. En Bosnie-Herzégovine, où l'emprise sociale du SDA musulman s'avère chaque jour plus pesante, l'appui politico-économique turc s'est notamment concrétisé, au cours des cinq dernières années (après les scandaleux accords de Dayton imposés par le "Grand frère" américain) par un accroissement spectaculaire des échanges économiques bilatéraux et la multiplication de centres culturels turcs et d'écoles coraniques, qui véhiculent une idéologie panislamique nostalgique de l'Empire ottoman, violemment hostiles aux "Infidèles" serbes et croates. Un appui qui s'était déjà concrétisé, durant la guerre contre les Serbes, par une aide militaire sans faille, par la fourniture de matériel militaire lourd, au mépris de l'embargo sur les armes décrété par l'ONU…

Les vraies raisons de fond qui poussent à l'intégration de la Turquie au sein de l'Union européenne sont en fait de deux ordres, géostratégique et économique.
Pilier oriental de l'OTAN, face au flanc Sud du monde européen slavo-orthodoxe, la République de Turquie est le deuxième pays de l'Organisation par ses capacités militaires conventionnelles, et peut-être même par ses stocks d'armes chimiques. La puissance de son armée, forte de 639 000 hommes, aguerrie par 25 ans de combats continus dans les montagnes du Kurdistan, est un élément-clé de la politique US de containment, loin des ports de la Méditerranée, des puissances slaves-orthodoxes hostiles au Nouvel Ordre Mondial et à la pax americana. Dans l'optique intéressée des stratèges du Pentagone (et le Secrétaire d'Etat du nouveau Président G.W. Bush, le Noir Colin Powell, est un général…) l'entrée de la Turquie dans l'Union; compte tenu de son poids démographique ( la Turquie serait le deuxième pays le plus peuplé de la Communauté, derrière l'Allemagne et devant la France… ) et donc de son poids politique correspondant aux sein des institutions communautaires; ancrerait définitivement l'UE dans l'OTAN, empêchant à tout jamais la création d'une véritable politique étrangère et d'une défense européenne indépendantes, enterrant définitivement son embryon, la PESC… Alors même que cette dernière est dirigée par l'Espagnol Javier Solana, ancien Secrétaire Général de l'OTAN, ce qui augure mal, d'ailleurs, de ses premiers balbutiements, en Palestine ou dans les Balkans…

De plus, depuis les accords du "G6", signés en octobre 1994 entre la Turquie et les cinq Républiques turcophones de l'ex-URSS (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan et Turkménistan), Ankara renoue désormais avec le rêve pantouranien, d'un Grand Empire turcophone et panislamique, la fusion idéologique entre le strict nationalisme ethnique d'inspiration kémaliste et l'expansionnisme musulman s'étant concrétisée au sein du MHP, parti d'extrême droite raciste et deuxième membre de la coalition gouvernementale… Ces accords de coopération incluent d'ailleurs la reconnaissance de la double nationalité par Ankara à tous les ressortissants ( quelques 70 millions de personnes… ) de ces cinq nouveaux Etats, issus de l'éclatement de l'ex-Empire soviétique, qui en feraient la demande…
Concrètement, la Turquie, devenue membre à part entière de l'UE, pourrait donc déverser en toute légalité ses surplus de chômeurs et de pauvres (10 ou 15 millions de personnes ?), aux schémas mentaux radicalement différents des autochtones du reste de l'UE, vers les zones les plus prospères et les plus socialement avancées de l'Union, et ce en vertu des principes de libre circulation et de libre installation des personnes, contenus dans le Traité de Maastricht de 1992, faisant définitivement exploser les systèmes de Sécurité sociale, déjà en crise, de ces pays… Sans compter les millions de ressortissants encore plus pauvres et miséreux des cinq autres pays turcophones d'Asie centrale, ces Turcs potentiels, auxquels Ankara aurait "généreusement" reconnu la nationalité turque, et qui, eux aussi, pourraient s'installer, tout à fait légalement, et en masse, dans la Ruhr, à Bruxelles ou en Ile de France, créant des "poches" de peuplement spécifiquement turques, foyers majeurs de déstabilisation sociale…
Officiellement, d'ailleurs, la Turquie (déjà membre de l'OSCE et de certaines organisations sportives paneuropéennes comme l' UEFA…) demande son adhésion à l'UE pour des raisons économiques, afin de "décoller", c'est-à-dire de profiter de la formidable manne financière communautaire, et il ne manque pas de capitalistes à la vue courte pour lorgner sur des marchés en pleine expansion, la nouvelle "route de la soie", celle des mosquées bleues, désormais ouverte jusqu'à Samarkand, au cœur de ce Turkestan médiéval mythique. Cette volonté d'intégration est fortement encouragée par un certain nombre de lobbies, tant américains qu'européens, en grande partie liés aux intérêts géostratégiques de l'Etat d'Israël, dont la Turquie (par haine de l'arabisme) est le seul réel allié au Moyen-Orient (cf. les accords de défense de 1996)… Des lobbies transnationaux et parfaitement identifiables, comme le Congrès juif mondial, par exemple, qui opère un véritable travail de fond dans ce domaine auprès du Parlement de Strasbourg, sur le thème de la culpabilisation des Européens…


Les tergiversations officielles et le refus -exprimé de façon quelque peu embarrassée par les dirigeants de l'UE- de laisser Ankara devenir membre de l'Union (peine de mort encore en vigueur; non-respect des "Droits de l'Homme" envers les Alévis et les Kurdes -qui du reste participèrent eux aussi et activement au génocide de 1915…-; poids démesuré du complexe militaro-industriel turc au sein de l'appareil d'Etat et occupation militaire de 40% de l'île de Chypre; économie encore trop faible et chaotique…) ne sont que des faux-semblants, des simulacres, qui évitent lâchement de soulever les vraies questions… Osons, quant à nous, nationalistes européens, poser crûment les vrais problèmes et en tirer les conclusions qui s'imposent…



Klaas Malan