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  DEVENIR 17


IN HOC SIGNO VINCES !
(PAR CE SIGNE TU VAINCRAS !)





Oui, par ce signe, nous avons de réelles chances de vaincre… si, et seulement si, les soldats politiques européens parviennent à faire taire les dissensions philosophiques qui les déchirent. En effet, l'usage de cette locution guerrière chrétienne du 4ème siècle que j'ai volontairement associé à la croix celtique -symbole solaire ancestral tout autant que symbole de la "Lumière des lumières" chrétienne- illustre bien l'opposition stérile -savamment entretenue par nos salonnards de la nouvelle droite!- des adeptes en nos rangs du christianisme et du paganisme. Cette expression de la Foi chrétienne qui doit son origine au miracle rapporté par les historiens du 4 ème siècle fut récupérée, dans un passé récent, comme slogan d'une célèbre affiche appelant à l'héroïque "croisade" anti-bolchevique, runes nordiques, et ô combien païenne, à l'appui… L'empereur Constantin Ier le Grand allant combattre Maxence, une croix apparut dans les airs à son armée avec ces mots:"IN HOC SIGNO VINCES!". Il fit peindre ce signe sur étendard et écrasa ses ennemis. La victoire de Constantin sous les murs de Rome en 312 décida du triomphe du christianisme.

L'épopée épique des volontaires européens, connu, elle, hélas, un succès plus mitigé dans sa première tentative moderne d'unification politique de l'Europe. Notre volonté, nous l'affirmons clairement, est d'écrire le deuxième acte de cette saga. Mais, pour relever ce défi, nous devrons présenter un front uni face à nos ennemis. Pour cela, nous allons devoir mettre un terme à une vieille tradition éthylique de notre clan qui consiste, une fois le bon niveau d'alcoolémie atteint, à se quereller à coups de "N'oublions pas les 3000 Saxons décapités à Verden par les chrétiens". Réplique attendue des agressés: "les innombrables martyrs trucidés par les païens". S'en suivent les chassés-croisés habituels : "religion du désert" contre "religion des forêts", "culte de la fécondité" contre le soi-disant "mépris chrétien de la femme" etc.; débats philosophiques, certes intéressants mais d'une profonde inutilité dans le cadre de la Reconquista à laquelle nous sommes appelés à prendre part en bon ordre… au risque de nous faire balayer une fois pour toute. En tant que soldats politiques conséquents, il est de notre devoir de souligner ce qui nous unit et non de faire le jeu de quelques intellos snobinards en mal de zizanie. Le patrimoine spirituel de l'Europe est, que ces messieurs le veuillent ou non, un entrelac pagano-chrétien. Le culte de la Vierge et des Saints, la correspondance des fêtes païennes et chrétiennes, les symboles communs etc. ne sont pas les fruits d'une "récupération" chrétienne en manque d'imagination, mais une intégration organique au culte et à la spiritualité chrétienne de certains éléments préexistants à l'avènement du Christ-Roi. Comme le rappelle l'"Encyclopédie des symboles", la "Croix d'Irlande" (les branches de la croix dépassant la limite du cercle) était également appelée "Croix de Questen" ou de "Quest", mot désignant la quête d'aventure et d'absolu à laquelle se livraient les chevaliers pour s'aguerrir. Le choix commun de la croix celtique par les deux tendances qui nous occupent nous amène tout naturellement à aborder les formidables entrelacs pagano-chrétiens que sont les récits médiévaux inspirés de la légende arthurienne et de la quête du Graal dont le mystère de l'origine reste encore entier.
La diversité des récits médiévaux peignant tant les amours courtois que les prouesses guerrières, plonge ses racines dans une tradition féconde résultant très probablement d'une transmission orale pré-littéraire. Le poète Césaire d'Heisterbach affirmait qu'il existait trois grands fonds de récits à cet ensemble narratif. "Celle de la France, de Bretagne et de Rome la Grande." Le réalisme de la chanson de geste, le merveilleux de l'univers celtique et la transmission d'un savoir émanant de l'Antiquité. Le dynamisme spirituel et chevaleresque de la Table ronde constitue un monde imaginaire d'origine celtique, d'une signification religieuse si forte que la quête du Graal, vestige d'un monde archaïque peu à peu christianisé, est devenu synonyme d'une quête d'absolu.
Ces récits épiques, de l' "Historia Brittonum " (9ème siècle) au "Chevalier au Papegau" (début 15ème siècle), qu'ils soient transposés en chroniques historiques, en littérature courtoise, en théâtre, en poésie et gestes diverses, sont les reflets d'une société militaire aux mœurs rudes, certes, mais sachant allier dans un subtil équilibre le courage à la modestie, l'humilité à l'honneur. Le chevalier, entouré d'ennemis, devait pour se frayer un chemin vers le Graal, combiner un violent désir de vivre avec une singulière insouciance de la mort… "Il ne doit pas simplement se conformer à la vie, il serait un lâche et ne s'échapperait pas (…); il doit chercher sa vie avec une farouche indifférence à son endroit; la désirer comme l'eau et, pourtant, boire la mort comme du vin (…) Le christianisme a défini les limites de cette énigme dramatique par le contraste terrible entre le tombeau du suicidé et le tombeau du héros, le tombeau de celui qui meurt pour vivre, le tombeau de celui qui meurt pour mourir. Et cela est resté depuis que sur les lances européennes s'est levé l'étendard du mystère de la chevalerie : le courage chrétien qui est mépris de la mort opposé au courage chinois qui est mépris de la vie." (G. K. Chesterton).
Le ciment des vertus chevaleresques, c'est une Foi ardente culminant chez les meilleurs par un mysticisme sublime. La fleur de la chevalerie européenne exprima cette confiance religieuse par ces entreprises folles et absolument désintéressées à l'origine que furent les saintes croisades. Aliénées un temps, il est vrai, par l'esprit d'aventures et la soif de conquêtes matérielles, elles furent rétablies dans leur sens religieux par Saint Louis.

Autres entrelacs d'une fusion spirituelle pagano-chrétienne : les cathédrales gothiques, chefs-d'œuvres architecturaux, témoignages du mysticisme de leurs bâtisseurs. Quel païen oserait prétendre être entré dans une église gothique sans avoir éprouvé une sorte de frissonnement, de sentiment profond de la Divinité? Nul n'a mieux su l'exprimer que Chateaubriant dans "Le Génie du Christianisme" : "Les forêts ont été les premiers temples de la Divinité, et les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l'architecture (…) Les forêts des Gaules ont passé à leur tour dans les temples de nos pères, et nos bois de chênes ont ainsi maintenu leur origine sacrée. Ces voûtes ciselées en feuillages, ces jambages, qui appuient les murs et finissent brusquement comme des troncs brisés, la fraîcheur des voûtes, les ténèbres du sanctuaire, les ailes obscures, les passages secrets, les portes abaissées, tout retrace les labyrinthes des bois dans les églises gothiques; tout en fait sentir la religieuse horreur, les mystères et la Divinité (…) L'architecte chrétien, non content de bâtir des forêts, a voulu, pour ainsi dire en imiter les murmures, et au moyen de l'orgue et du bronze suspendu il a attaché au temple gothique jusqu'au bruit des vents et des tonnerres, qui roulent dans la profondeur des bois. Les siècles, évoqués par ces sons religieux, font sortir leurs antiques voix du sein des pierres, et soupirent dans la vaste basilique : le sanctuaire mugit comme l'antre de l'ancienne Sibylle." (Prêtresse d'Apollon qui prédisait l'avenir dans une grotte)
Il serait aisé de poursuivre par d'autres (très nombreux) exemples illustrant la symbiose harmonieuse qui fait l'Esprit européen, mais tel n'est pas le propos de cet article. Le païen et le chrétien admettent aisément, tous deux, que l'univers est multiple et même très diversifié, les hommes sains d'esprits se savent un ensemble complexe d'esprit et de matière. "L'homme sain d'esprit, disait G.K. Chesterton que je cite de mémoire, reconnaît en lui-même quelque chose de la bête, quelque chose du saint, quelque chose du diable. Mieux, l'homme vraiment sain d'esprit sait qu'il y a en lui quelque chose de fou. Mais le matérialiste est sûr de sa vision d'un monde simple et compact, exactement comme le fou est sûr de son équilibre mental. Le matérialiste est convaincu que l'Histoire n'a été qu'un enchaînement de causes à effets exactement comme le fou est sûr de sa logique. Les matérialistes et les fous ignorent le doute."

La conscience commune du caractère hautement nuisible de la pensée matérialiste unit tant le militant au marteau de Thor que le croisé fidèle de la messe tridentine (ou post-conciliaire d'ailleurs).
La franc-maçonnerie, ennemie mortelle de l'ordre social organique, fomenta la Révolution française de 1789 qui institutionnalisa le matérialisme philosophique. Projetées dès lors sur le devant de la scène internationale, ces théories utopiques n'ont plus jamais, au cours des deux siècles qui suivirent, cessé de distiller leur poison à l'humanité : libéralisme, capitalisme, socialisme, marxisme, modernisme, … Hydre aux nombreux visages mais à l'objectif unique : ôter à la vie humaine tout caractère sacré et spirituel réduisant l'être humain à un simple consommateur, rouage d'un système borné par sa logique économiste, en d'autres termes, un monde sans Dieu.
Et ça, il ne saurait en être question.
C'est pourquoi, comme nous l'a enseigné le fondateur de la Légion de l'Archange Saint Michel, Codreanu, "la primauté doit être donnée au spirituel (...) il ne faut pas d'emblée s'attaquer au problème national sans aborder d'abord le problème moral du redressement de l'individu." Nos camarades tercéristes de "Third Position" l'ont bien compris : "La dégénérescence du monde moderne a pour fondement l'immoralité et l'amoralité. La régénération du monde ne pourra être construite que sur l'Ordre moral et les valeurs chrétiennes. Nous croyons qu'il est essentiel que les peuples comprennent que, contrairement au dogme du matérialisme ambiant, les opinions et les choix ne sont pas d'égale valeur. Le Bien et le Mal existent. Le Vrai et le Faux, le Bon et le Mauvais existent. L'Ordre Moral, pour avoir une signification, part du principe immuable selon lequel seule la Vérité a des droits (…) Sans une révolution spirituelle totale -un moyen de purification et d'amélioration qu'on doit exercer toute sa vie- nos militants ne différeront pas réellement des individus dégénérés qui ont donné lieu aux horreurs du monde moderne, parce qu'ils agissaient selon une conception purement matérialiste de la Vie et de l'Histoire (…) Third Position a pour conviction que la splendeur de l'Europe, vu de la perspective historique et culturelle, prend racine dans la doctrine et la pratique de la Foi chrétienne. Si l'Europe veut retrouver le sens de son destin et de sa mission, elle doit retourner sincèrement et complètement vers la Foi. L'amélioration des qualités spirituelles de chacun est nécessaire à l'élaboration du nouvel empire européen."

La prise de position claire et sans compromis de nos amis anglais doit déplaire à certains d'entre-vous, j'en suis sûr. C'est pourquoi j'invite ces lecteurs dubitatifs à se poser objectivement deux questions. Quelle heure est-il au pendule de l'Histoire? En d'autres termes, combien de temps nous reste-t-il avant l'explosion de la guerre sainte que nous prépare l'Islam? Et enfin, quelle foi suffisamment mobilisatrice opposerons-nous aux guerriers d'Allah?
Que Dieu bénisse nos armes et nos bannières et sous la croix celtique nous vaincrons!