REGARDS D'UN PAÏEN SUR L'AVORTEMENT...
Les généticiens nous apprennent que la vie commence dès la création, dès la rencontre entre l'ovule et le spermatozoïde, c'est à dire que l'être humain existe dès le premier instant. Cependant, la vie humaine n'est en aucun cas sacrée. Elle est. Elle existe dans un contexte donné, dans un contexte situé et relatif. Elle n'a aucune valeur en soi, pas plus que celle de n'importe quel autre représentant du règne animal. Mais justement parce que l'homme est plus qu'un simple animal, parce qu'il possède une conscience de celle-ci et qu'il peut lui donner un Sens de par ses actes et sa volonté, la vie humaine ne vaut que par ce que l'on en fait. C'est pourquoi toutes les vies humaines ne se valent pas, il n'y a aucune égalité possible entre elles. Car l'accomplissement de toute vie humaine est la conjonction de deux facteurs, l'un et l'autre discriminant des inégalités de fait, majeures et irréductibles, entre les hommes. Un facteur inné, les potentialités intellectuelles et physiques que chacun possède à la naissance; et un facteur acquis (pour lequel le rôle du milieu -relatif donc dans le temps et dans l'espace- est déterminant), la façon dont chacun veut ou peut exploiter ces potentialités.
Le débat idéologique concernant l'avortement se concentre aujourd'hui essentiellement entre deux tendances opposées et irréconciliables, parce que ne se plaçant pas sur le même niveau de légitimité du discours.
D'un côté les "Pro Choice", paléoféministes favorables à l'avortement, au nom principalement du "droit des femmes à disposer de leurs corps", c'est à dire au nom d'un principe idéologique. De l'autre, les "Pro Life", pour qui -l'embryon étant déjà un être humain- l'avortement est un crime, principe moral. En fait les deux ont partiellement raison, et un regard païen sur cette question ne saurait qu'être équidistant -plus que médian du reste- de ces deux tendances, définissant une "troisième voie de réflexion".
Sur un plan éthique, il nous semble clair que l'avortement est un meurtre. En France, celui, annuel, de quelques 200 000 bébés européens. Soit, depuis la "loi Veil" de 1975, quelques 5 millions d'enfants légalement génocidés… Ceci dit, tuer un être humain à 10 semaines n'est guère plus monstrueux que de tuer un jeune homme de 20 ans sur un champ de bataille… La vie humaine n'étant pas sacrée, la différence morale est insignifiante, et assumer ces meurtres ne pose guère de problèmes de conscience. Il existe donc des cas précis dans lesquels l'avortement nous semble légitime. Ainsi, l'amélioration du patrimoine génétique nous conduit à favoriser la suppression d'embryons (c'est à dire d'êtres humains qui deviendront un jour des adultes) porteurs de tares génétiques (et souvent condamnés à terme malgré l'acharnement thérapeutique dont est capable notre société névrosée…) et susceptibles de faire peser sur l'ensemble de la collectivité un poids insupportable. L'"égoïsme social" des parents voulant quand même garder un bébé trisomique, autiste, ou mal formé, est tout simplement scandaleux, car ils font porter à la société les conséquences de leur égoïsme individualiste. La loi de la vie veut également que les faibles et les inadaptés soient sacrifiés pour que le groupe reste fort. La "sélection naturelle" ne s'opérant plus de façon normale au sein des "sociétés développées", il est donc parfaitement légitime que la société elle-même prenne en charge cette sélection génétique…
Cette préservation, préventive et qualitative, du patrimoine génétique ne concerne cependant qu'une partie minoritaire du problème de l'avortement, car la majorité des interruptions de grossesse, aujourd'hui pratiquées, n'ont pas pour origine l'élimination d'éventuels enfants porteurs de tares sociales. Quant à la proportion de femmes se faisant avorter après un viol, elle reste extrêmement marginale, environ 1% des cas…
Le vrai problème est ailleurs. La grande majorité des cas d'IVG a pour origine le refus, par un esprit méprisable de petit confort individuel, d'assumer la charge d'un enfant, nouveau membre de la Volksgemeinschaft, ou simplement comme "contraception du lendemain", lorsqu'une irresponsable a oublié de prendre sa pilule. Ce type de pratiques individualistes est tout simplement criminel, car il prive la collectivité des nombreux bébés européens qui lui font si cruellement défaut. Il est clair que, dans ces cas, l'avortement devrait être tout simplement interdit et ceux qui le pratique, lourdement pénalisés. Une fois de plus, le collectif prime l'individuel et la vision démographique à long terme doit toujours précéder et orienter la vision partielle -c'est à dire, en fin de compte, partiale- de l'individu et de son "intérêt" présent.
L'alternative à l'avortement de "complaisance" passe par la socialisation de la prise en charge des femmes en détresse.
L'assouplissement des règles d'adoption des enfants "avortables" doit être l'une des voies d'action à favoriser systématiquement, en vue de faciliter sa généralisation, afin, par des choix politiques clairs exprimant une vision démographique volontariste, de préférer la venue dans les foyers stériles d'enfants européens autochtones à l'importation sauvage de bébés venus du Tiers-monde, qui contribuent eux aussi à la déseuropéanisation biologique du Continent, au même titre que l'immigration extra-européenne post-coloniale.
De même, des aides sociales et financières appropriées ( y compris dans le domaine scolaire et parascolaire pour les mères mineures ) doivent être apportées aux femmes ne pouvant supporter elles-mêmes la venue au monde d'un enfant, mais qui les garderaient volontiers si elles en avaient les moyens. Parallèlement, il semble évident que -sans vouloir faire de ce type de cas une norme- une certaine forme de reconnaissance sociale doit succéder à l'ostracisme social et aux préjugés dont sont encore victimes les jeunes femmes et les adolescentes devenues précocement mères, et qu'un statut particulier de "jeunes contributrices au renouveau démographique indigène" doit leur être juridiquement reconnu. La société doit pouvoir gérer, sans complexes, tabous ou fausses pudeurs, ce type de situations et assumer les soutiens -tant psychologiques que matériels- nécessaires.
Klaas MALAN
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