CHRONIQUES BLEU BLANC ROCK
Le samedi 30 juin, s'est tenu un concert inoubliable en plein centre de Rome. A l'affiche, Innato senso d'allergia -et son style streetpunk-, les excellents Zetazeroalfa ainsi que le groupe de hard-core Fraction. Le groupe niçois a su impressionner les 300 personnes présentes ce soir-là, avec son jeu de scène endiablé soutenu par un son brutal et métallique. Après avoir dédié un de ses titres à Massimo Morsello, militant politique exemplaire décédé quelques semaines auparavant, Fraction a enchaîné des morceaux de ses trois albums pour terminer sur un vibrant "Europe Jeunesse Révolution" repris par toute la salle. Puis vint le tour de Zetazeroalfa qui -devant son public- exécuta un set impeccable. La foule eut ainsi droit à une avalanche de décibels à base de guitares lourdes et de sonorités indus portées par la voix de Sinevox, le chanteur charismatique du groupe. Suivi par un public d'inconditionnels, Zetazeroalfa est incontestablement le groupe phare de la scène rock identitaire italienne.
Ce concert a été notamment l'occasion de célébrer la sortie de Vox Europa II, compilation qui présente un certain nombre de groupes de rock anti-système européens : Sleipnir, Gesta Bellica, Elendil, Zetazeroalfa, Trouble Makers, Fraction ou encore Carpe Diem.
Les Italiens sont très organisés. Ils disposent de leurs salles, de leurs propres pubs et d'un puissant réseau associatif. Les militants européens devraient s'inspirer de l'exemple transalpin qui est un modèle de réalisme et d'efficacité.
C'est durant ce séjour romain qu'un rapprochement a eu lieu entre Bleu Blanc Rock et Perimetro, le principal label identitaire en Italie. Plusieurs projets vont rapidement voir le jour dans les domaines de la diffusion, la production et l'organisation de concerts. Par ailleurs, l'excellent journal électronique réalisé par Perimetro va s'enrichir de contenus produits par BleuBlancRock.com et le journal Jeune Résistance. Des convergences qui permettent d'inscrire le combat culturel dans une véritable dimension européenne.
En France, les cellules Bleu Blanc Rock continuent à se développer et lancent un certain nombre d'initiatives. Le groupe des Ardennes a réussi à faire passer une pub pour la K7 Bleu Blanc Rock en 1ère page d'Atout, le journal de petites annonces du département. Une bonne opération quand on sait que cette publication est tirée à près de 90 000 exemplaires.
A Paris, la cellule locale vient de lancer une feuille d'info intitulée "Musiques d'ici". Ce premier numéro donne la parole à Brixia. A la question "Quels sont les thèmes abordés dans vos chansons ?", Brixia répond : "Les thèmes sont issus de notre vie quotidienne : l'amitié, la jeunesse, le sens de la vie... on parle de notre vie qui est celle des jeunes d'aujourd'hui, et ceux qui en ont marre de vivre en surface au niveau ras des pâquerettes consommateur moyen assisté en tout, assuré pour tout et liberté, beauté et avenir zéro, peuvent trouver dans nos chansons un écho à leurs aspirations! Le tout sans se prendre la tête et les enceintes à fond pour la plus grande joie des voisins!"
En Bretagne, c'est la cellule de Rennes qui a sorti le deuxième numéro de Roazhon Rock. Au sommaire, chroniques politiques, rubriques musicales et entretien avec Kaiserbund. Une bonne mise en bouche avant le grand concert identitaire du 20 octobre 2001 organisé par la même cellule. Le public pourra ainsi voir sur scène Ile de France, Fraction, Bagadou Stourm et Kaiserbund pour un concert placé sous le signe du combat anti-mondialiste.
Une démarche similaire que l'on retrouve avec le tout nouveau projet de Bleu Blanc Rock. Après la k7 à 10 frs, l'association militante a en effet décidé de lancer la compilation CD à 10 FF. Son titre: Antimondial. Son objectif : proposer près de 10 groupes qui vont se succéder avec des titres uniquement orientés vers le combat contre la mondialisation. Outre des morceaux déjà enregistrés, cette compilation risque d'offrir un certain nombre de surprises : titres inédits et apparition de groupes ne faisant pas directement partie de ce qu'on appelle communément la "scène RIF". Enfin, le graphisme de la pochette sera signé par l'infatigable Jack Marchal.
Cette compilation peut devenir un formidable outil militant qu'il sera possible de diffuser auprès du plus grand nombre aussi bien dans son entourage que dans la rue lors de manifs ou de réunions publiques.
Sur le Web, les projets ne manquent pas non plus. BleuBlancRock.com présentera bientôt de véritables émissions politiques et culturelles sur sa radio en ligne. Après une nécessaire phase d'expérimentation, les internautes devraient bientôt se voir proposer une grille de programmes au contenu radical et identitaire.
En attendant, il est vivement conseillé de consulter le nouvel espace dédié à Kaiserbund, un groupe fortement impliqué dans Bleu Blanc Rock. On peut y découvrir quelques morceaux MP3, des photos ainsi qu'un texte de présentation -très percutant- qui explique avec précision la démarche des fondateurs du groupe. Pour eux, la techno est le courant musical qui exprime le mieux le nihilisme aliénant de notre civilisation. Et la diffusion d'un message, d'un discours critique à l'égard du système restent une priorité. Fabrice, l'un des membres du groupe, se veut très explicite: "...dans plusieurs morceaux, nous nous sommes efforcés de faire passer des messages souvent difficiles à retransmettre fidèlement. Par exemple, dans le morceau "Oestrogènes" nous mettons en exergue la nocivité polluante de notre société de surconsommation. Avec le titre "Réseau Echelon", nous dénonçons la déviance liberticide du monde occidental ainsi que la prédominance des Etats-Unis.
Des sons démonstratifs, des échantillons vocaux éloquents et même parfois nos propres voix trafiquées ont été les ustensiles sonores nous permettant de diffuser un message politique pertinent.
De plus, notre musique manipule un curieux mélange, alliant atmosphère apocalyptique et climat d'insouciance. Ceci afin de dénoncer le décalage entre la gravité de la situation actuelle et l'état d'esprit de nos contemporains. Certaines personnes on dit de notre musique qu'elle donne "l'impression de vivre la fin du monde dans une discothèque à Ibiza". C'est vrai, notre société me fait penser à une Rave party organisée le jour du grand cataclysme. "
On ne saurait mieux dire.
Fabrice Robert
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