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  DEVENIR 18


EFFET DE SERRE: LES ETATS-UNIS A LA POINTE… DE LA POLLUTION




Rio 1992, Kyoto 1997, La Haye 2000: autant de grandes messes écologiques sensées expurgées notre planète des conséquences de la société de consommation et plus généralement du "progrès". A l'avant-plan des préoccupations actuelles: l'effet de serre anthropogénique. Traduisez: l'accumulation dans l'atmosphère d'une série de gaz produits par les activités humaines, accumulation susceptible selon de nombreux scientifiques de bouleverser, via un réchauffement généralisé et progressif, le climat planétaire (1). Que le rôle de l'espèce humaine soit réel ou non dans l'effet de serre, ce qui est sur, c'est que non seulement les conférences sur les changements climatiques ont échoué -dont la dernière en date, à La Haye- mais qu'aussi, les Etats-Unis sont une fois de plus les mauvais élèves. Leur crédo: poursuivre sur la voie de l'hyperconsommation et conserver le titre pitoyable de premier pollueur au monde.

L'hyperconsommation comme credo

Il semble aujourd'hui certain que le climat planétaire se réchauffe. Ce climat étant une mécanique compliquée, les causes de ce réchauffement sont encore incertaines. La Terre peut simplement traverser un cycle naturel de réchauffement, aux conséquences incalculables pour le bipède humain mais parfaitement naturelles et inévitables. Ou alors, l'accumulation des gaz à effet de serre générés par la civilisation industrielle depuis 150 ans commence à porter ses fruits vénéneux. L'opposition des experts sur la question ne facilite pas le dégagement d'une politique rationnelle à même de limiter les conséquences de cet effet de serre. Les Etats-Unis s'abritent en partie derrière l'incertitude de la communauté scientifique pour ne rien faire. Bush Junior a été très clair: les Etats-Unis traversant une crise énergétique depuis la fin de l'année 2000 (Insuffisance en moyen de production d'électricité, dépendance croissance à l'égard des importations de pétrole, forte augmentation des prix,..) due en grande partie à une libéralisation anarchique, plus question d'abaisser les émissions de CO2. Les émissions de gaz à effet de serre par les Etats-Unis ont pourtant encore augmenté de plus de 10 % depuis le début des années 90. L'engagement de les faire baisser d'ici 2010 par rapport au niveau de 1990 était une illusion politicienne. L'Oncle Sam prend pourtant à son compte près de 25 % des émissions au niveau mondial et devrait engager un effort considérable pour ne fut-ce que stabiliser ses rejets. L'administration Clinton, et en particulier Al Gore, présenté comme un gourou de l'écologie, a beaucoup glosé sans produire quelque chose de concret. Bien au contraire, l'Amérique des obèses et de l'argent fou n'a jamais autant sacrifié à l'hyperconsommation et à la pollution tous azimuths! Georges Bush Jr ne va donc pas infléchir cette vision du monde à très court terme. N'oublions pas que le lobby pétrolier l'a porté jusqu'à la Maison Blanche (2).

Technocratie et lobbies à l'œuvre

Cela vaut la peine de passer au scanner le grand happening des conférences dites " des Parties " pour réaliser que de ces sessions consensuelles il ne peut strictement rien sortir de constructif. Une première constatation est la densité record de technocrates gravitant dans et autour du lieu de la conférence. Chaque Etat diligente force fonctionnaires dont certains ont réussi à commettre un rapport de 2000 pages que personne ne lira jamais. Dans le train plombé qui amène les élus vers l'hémicycle, on trouve aussi d'innombrables universitaires. Ils ne sont jamais d'accord entre eux, sauf sur le choix des vins à l'occasion des dizaines de repas qu'ils alignent en une année dans le cadre de la lutte contre l'effet de serre. Quant aux lobbies, pour une fois, ils ne paraissent pas être ethniques (quoique! On ne se préoccupe guère des ours blancs). Les grandes multinationales énergétiques -et les inévitables Texans et Emirs- sont déjà dans la place par le biais des politiciens, des fonctionnaires ou des professeurs "sensibilisés" depuis longtemps à leur cause marchande. Par contre, la surprise vient plutôt des pseudo-contestataires: la secte chevelue et au keffieh sale des ONG, apôtre de la libération des mottes de terre et des grenouilles torturées. Entre deux conférences, ils vivent de subventions étatiques et se spécialisent dans la défense d'autres bestioles migratrices, de celles dont on peut observer les transhumances à hauteur du bâtiment des l'Office des Etrangers, à Bruxelles. Leur vision du monde se résume à opposer un mondialisme "progressiste" au mondialisme libéral en vigueur. Les deux mondialismes s'entendent d'ailleurs à merveille pour détruire les identités ethno-culturelles.


La notion suicidaire de développement

C'est au nom du développement que depuis un demi-siècle les pays "occidentaux" transfèrent en fonction des intérêts du capitalisme (ou du communisme) planétaire, des technologies et le savoir-faire à même d'augmenter le niveau de vie des populations du tiers-monde. Hormis quelques rares réussites -certaines nations asiatiques notamment ou les monarchies pétrolières-, l'utopie du développement a surtout provoqué l'émergence dans la majorité de ces pays, d'une classe intermédiaire vouée à la consommation sur le modèle du parfait petit américain grotesque. Cette classe s'étoffe ou rétrécit au gré des soubresauts du modèle capitaliste et des états d'âme des bourses.
Le corollaire de cette émergence est l'accroissement significatif de la pollution générée par les pays "en voie de développement" et en particulier des émissions de gaz à effet de serre. Le tout-au-charbon de la Chine couplé à l'accroissement de la consommation d'essence ont fait des Chinois les deuxièmes pollueurs au monde. L'explosion démographique asiatique, latino-américaine et proche-orientale a et aura pour conséquence une augmentation colossale de la pollution atmosphérique et des émissions de gaz à effet de serre. Englués dans la conception capitaliste et marchande, 80 % de la population mondiale est dans l'impossiblité de mettre en place la moindre politique de réduction de la pollution. L'idéologie de la croissance imposée par le FMI et par les élites occidentalisées est désormais poussée jusqu'à son terme: la destruction par exploitation aveugle, de l'éco-système planétaire.

L'effet de serre: l'arbre qui cache la forêt

L'effet de serre, qu'il puise sa cause dans l'activité humaine ou dans un processus cyclique naturel que nous commençons seulement à comprendre, justifie que les pays principaux responsables des émissions investissent dans l'utilisation rationnelle de l'énergie et dans les énergies alternatives. Bien que l'ampleur de la tâche visant à stabiliser ces émissions semble himalayenne…Mais une lutte ciblée sur les gaz à effet de serre serait encore insuffisante. Car la focalisation depuis une décennie sur le réchauffement climatique rejette dans l'oubli d'autres dévastations tout aussi dramatiques résultant de l'idéologie néolibérale: le déboisement intensif, la pollution des sols par les engrais chimiques destinés à l'agriculture intensive, l'exploitation débile des ressources halieutiques, les rejets massifs d'hydrocarbures et de substances chimiques dans les cours d'eau et les océans, la raréfaction de l'eau potable, la désertification accélérée, la propagation de maladies tropicales vers les "pays développés" du fait de l'immigration massive (qui est parfois déjà le produit de catastrophes écologiques) ou encore le smog urbain provoqué par les énergies de chauffage et le trafic routier. On estime dans ce dernier cas que la pollution atmosphérique provoque plusieurs dizaines de milliers de morts en Europe sans compter diverses maladies liées à cette pollution (bronchite chronique, attaques asthmatiques,…). Et pourquoi ne pas y ajouter la grande déglingue biologique des Occidentaux et des ex-communistes, due à la malbouffe, au tabagisme et à l'idéologie consumériste en général.
Le cocktail ainsi préparé par les enfants de mai 68 et de New York est sur le point d'atteindre un parfait dosage, initiateur d'un faisceau de catastrophes écologiques de grande ampleur. Sur les ruines restantes devrait régner ce chaos prophétisé par Guillaume Faye.

Nous consacrerons un prochain numéro à l'écologie et aux conséquences de l'idéologie productiviste sur l'environnement.



Ferg

1. Gaz à effet de serre: CO2 (plus ou moins 80 % du total des émissions), méthane et NOX ainsi que, pour une part minime, les hydrofluorocarbones, les perfluorocarbones et l'hexafluoride de sulfure.
2. Le pétrole est devenu le talon d'Achille de la civilisation américaine. Depuis la fin des années 90, les Etats-Unis importent plus de pétrole qu'ils n'en produisent et sont donc de plus en plus dépendants du pétrole proche-oriental mais aussi de celui d'Amérique centrale, dont la fiabilité géopolitique n'est plus aussi assurée depuis l'arrivée à la présidence du Venezuela d'Hugo Chavez, nationaliste plutôt anti-yankee. La volonté du nouveau président américain d'exploiter certaines réserves situées dans des zones écologiques sensibles comme l'Alaska, si elle se réalise, ne devrait pas infléchir la tendance à l'augmentation de la dépendance énergétique américaine.