LES VINS DE FRUITS: ENTRE TRADITION, CULTURE ET PASSION
De tout temps, les fêtes familiales, veillées, rencontres professionnelles ou autres ont été des occasions de déguster des boissons. Dès l'Antiquité, certaines ont suscité des créations littéraires et artistiques, et notamment la plus célèbre d'entre elles : le vin.
Ces breuvages revêtiront parfois un caractère sacral. Le vin égayera de ses vapeurs dyonisiaques les festivités ou cérémonies. Au Valhalla, les guerriers tombés au combat boiront dans des cornes l'hydromel servi par les Walkyries. La boisson reine du Solstice d'hiver sera le "glögg" venu de Suède. Ce caractère sacral se perpétuera au fil des siècles par le truchement des traditions à la fois païenne et chrétienne.
Bien que le commerce en offre un choix considérable, bon nombre d'amateurs donnent leur préférence à un apéritif, une liqueur ou un vin "fait maison". Le plaisir de les réaliser, leur aspect "traditionnel" ainsi que "naturel et sain" ne fait qu'augmenter les joies de les partager. Les recettes sont innombrables et certaines datent de la nuit des temps. Parmi le large éventail qu'offrent les boissons artisanales, un type va retenir ici notre attention : les vins de fruits.
Qu'est-ce qu'un vin de fruits?
Le vin est du jus de raisin fermenté de manière naturelle (c'est, hélas, de moins en moins souvent le cas). Un vin de fruits est produit par la fermentation d'un suc végétal, que celui-ci provienne d'un fruit ou d'un légume (par exemple la rhubarbe, la mûre, la banane, le coing, la sève de bouleau, le pissenlit, la tomate, la carotte,…). Il est possible de réaliser un vin avec "presque tout". La confection d'un vin de fruits est peu onéreuse et nécessite un matériel simple.
L'élaboration d'un vin de fruits
Après avoir été extrait des fruits, le jus est mis en tourie (dame-Jeanne) et ensemencé par des levures après addition de sucre. La tourie est obturée par un bouchon percé en son centre, surmonté d'un barboteur (sorte de petit siphon en plastique) rempli à moitié d'eau. Pour vivre et se multiplier, les levures ont besoin d'oxygène. Lorsque l'oxygène dissout est épuisé, elles trouvent celui-ci dans le sucre. Après de nombreuses et complexes transformations, le sucre produit de l'alcool et dégage du gaz carbonique (qui s'échappe par le barboteur). La fermentation peut être rapide comme elle peut prendre de longs mois. Elle est terminée lorsque le vin ne produit plus de gaz carbonique et que le barboteur ne bouge plus (l'eau reste à niveau). Le vin est ensuite soutiré dans une autre dame-Jeanne. Cette opération a pour but de séparer le vin du dépôt. Après clarification (le vin devient limpide), on procède à la mise en bouteille. On utilisera de préférence des bouteilles champenoises et des bouchons en plastique surmontés d'un muselet.
Après les joies de la cueillette, la ronde folle des métamorphoses et les mois de patience, le jus changé en vin et versé en bouteilles s'en va rejoindre la cave ou le placard, présence de l'été au cœur de l'hiver. Au fil des multiples recettes, notre terroir sera remis à l'honneur, voire redécouvert, sa richesse étant trop souvent négligée.
Et faire son vin, c'est retrouver par là des gestes ancestraux, porteurs d'identité.
A votre santé!
Baxter
|