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  JEUNE RESISTANCE 21


SOIREE EN BOITE: LA BRANCHITUDE QUI SE MORD LA QUEUE :

Un jeudi soir, après une réunion de travail, Jean-Michel lance à la volée : »Et si on allait terminer la soirée à Paris ? ». Connaissant le goût de certains de mes collègues pour les endroits à la mode, les bars à "pétasses" et les films qu’il faut absolument voir, je m’empresse de me joindre à eux afin d’assouvir une de mes passions : l’observation de mes contemporains. Arrivés devant un établissement nocturne (appelons-le "Le BEAUF-BAR"), nous découvrons dans l’ordre : une queue d’une cinquantaine de personnes, des barrières de sécurité modèle "Assas" et un groupe de videurs noirs habillés en bombers, les doigts format "saucisse sèche de JUSTIN BRIDOU", une oreillette à prises multiples greffée sur le coté droit. Cela change des petits bistrots parisiens…

Une personne chargée de désigner les gens qui rentreront fait son office près de la porte d’entrée. On appelle cela un physionomiste. Le public qui attend, oscille entre l’assureur sorti du travail, le technico-commercial en photocopieuse, la standardiste d’une agence de publicité et le future mannequin pour tampons hygiéniques. Tous sont venus pour un seul et unique projet : se montrer en buvant de mauvais alcools hors de prix. Jouer à la star pour oublier sa propre vie et boire pour survoler sa non-existence, voilà leur credo ! Grosses gourmettes à la NTM, sac PRADA, derniers portables, vestes en cuir noir (pour ressembler aux méchants de séries TV), toute cette faune va pouvoir consommer à fond et jouer au show-biz, car elle ne sait pas de quoi sera fait le lendemain. Passé la porte d’entrée, nous entrons dans l’antre (il faut dire que vêtus de nos habits de travail, nos costumes sombres nous donnent l’allure de mafieux de la célèbre bande dite "du Père Lachaise"..) Nous sommes accueillis par une horde de jeunes femmes raflées au concours de "Miss TOULOUSE" (fausses blondes, fausses brunes, vraies métisses, faux seins, fausse lèvres, faux sourires, habillées dans des rideaux volés chez IKEA, les cuisses enfoncées à coups de démonte-pneu dans des pantalons en nylon modifié, chaussées dans des galoches marchandées à Jules César) Le hall d’entrée ressemble à un ministère soviétique (période BERIA), les décorations murales sont  en plâtre, volées à l’église de Chelles, le tapis rouge à été échangé contre un container de confiture de prunes à l’hôtel GJAKO POPA de GOZOMIK  (Albanie) Cet endroit ressemble à un décor de film pauvre où l’on veut donner l’impression au client qu’il fait parti de l’élite tout en lui faisant les poches pour le faire "raquer" au prix fort tout ce qu’il consommera (bière mexicaine brassée à ETAMPES, tapas fabriqués à ROMORANTIN par des aveugles sénégalais…) Coincés à une table, surveillés par un gorille noir et abreuvés à coups de mauvais alcool, mes collègues ont l’air d’aimer cette ambiance nauséabonde, ravi de pouvoir vivre une heure parmi des vendeurs de téléphone portables jouant au producteur et des secrétaires aux lèvres siliconées s’imaginant dans la peau d’une OPHELIE WINTER de MONOPRIX. J’en profite pour observer cette inhumanité qui lâche sans compter l’argent qu’elle n’a sûrement pas et qui fait semblant de s’amuser. Les machines à cartes battent la mesure, les serveuses sont hautaines, les boissons mauvaises, les arbres en plastique, faux marbres, faux décor, vraies additions, tout est dénaturé…  Dans un dernier effort, j’essaie d’engager la conversation avec un bipède à queue de cheval qui me parle de son boulot, de sa voiture et des ses jantes en alliage, j’ai envie de lui parler moi aussi de mon casque allemand et de ses jantes en alliage mais il ne comprendrait pas… Désespéré, je regagne ma table où, prétextant un mal de tête bien opportun, j’en profite pour m’é clipser et rentrer par les transports en commun.

Bilan de la soirée : RIEN  !

Ah si ! peut-être le hall d’entrée à la BERIA  !

 

Fred HACHIMU