CHRONIQUES
LIVRES :
Le
monde n’est pas une marchandise
José
Bové et François Dufour « Des paysans contre la
malbouffe » (Ed. La Découverte)
Cet
ouvrage d’actualité ne se contente pas de faire la lumière
sur le « démontage » du Mc Donald de Millau par
les membres de la confédération paysanne. Les leaders du
mouvement, interviewés par le journaliste Gilles LUNEAU y
exposent l’essentiel de leurs analyses. Aux sources du
problème, ils désignent l’idéologie productiviste,
née avec les pénuries de l’après-guerre et érigée
ensuite en dogme inébranlable. Mais ils démontrent ensuite
que la malbouffe correspond également à « une perte
des racines familiales, et des racines liées à un
terroir » et à « l’expression d’un
certain vide spirituel ». Le combat mené depuis les
années 60 contre le machinisme agricole, l’élevage
industriel et la désertification des campagnes peut donc
s’inscrire dans une perspective plus générale, identitaire
et idé
aliste.
José
Bové et François Dufour ne se replient pas dans une défense
corporatiste des seuls paysans français, d’où leurs
critiques à l’égard de la FNSEA et de la politique
exportatrice de l’Union Européenne. En revanche, ils
s’attaquent vigoureusement au libre échange et à son
corollaire, la mondialisation. « La
mondialisation, c’est la volonté des libéraux de pouvoir
disposer de la planète comme d’un vaste domaine commercial
complètement déréglementé, non encadré, permettant
d’échanger des marchandises sans retenue et sans
référence à une dimension sociale, territoriale ou
éthique. C’est un volonté hégémonique du commerce
consistant à vouloir tout dévorer. »
Les
propositions de José Bové semblent hélas moins pertinentes
que son analyse du mal. Il clame son espérance en « un
contre-pouvoir citoyen », qui serait né à Seattle. La
« solidarité de la contestation globale » ne se
réaliserait-elle pas plus efficacement au niveau des Etats,
à la condition –révolutionnaire- que les peuples se
débarrassent de leurs gouvernements cosmopolites et
ploutocratiques
?
JCB
Pierre
Vial « Une terre, un peuple ». (Ed Terre et
Peuple)
Pierre
VIAL nous fait retraverser toute la seconde moitié du 20ème
siècle français de l'extrême-droite dans son beau
témoignage "Une terre, un peuple". De Jeune Nation
au MNR en passant par le GRECE et le FN, Pierre VIAL aura
été un observateur et un acteur de premier plan de cette
scène politique. On aimera particulièrement ses années de
jeunesse avec l'internement et le goût de la lecture
révélé par cet emprisonnement, de quoi faire, un amoureux
de l'histoire de cette France qu'il rêve renaissante aux
rites païens et à l'empire paneuropéen de l'Europe
"blanche". Un livre et un témoignage à ne pas
manquer surtout si l'on adhère à sa nouvelle organisation
"volkisch" Terre et Peuple.
Guillaume
Faye "la colonisation de l'Europe, discours vrai sur
l'immigration" (Ed Librairie Nationale)
Dans
"la colonisation de l'Europe, discours vrai sur
l'immigration", Guillaume FAYE avec des faits (articles
de journaux sur des faits divers de nos banlieues) et des
chiffres (statistiques des Ministères et officines
spécialisées) remonte le cours du temps pour nous montrer
où nous en sommes arrivés en matière d'immigration. Selon
cet ouvrage, nous serions colonisés par les bandes
"afro-maghrébines" et "l'islam
conquérant". L'Islam est un danger majeur qui s'exprime
dans les violences de bandes de jeunes issus de l'immigration,
cette dernière n'étant qu'une prise progressive du terrain
et d'une colonisation du peuple français à la libanaise.
Immigration=Danger Immédiat pour FAYE, qui propose en
réponse l'Eurosibérie ethnocentrée, c'est-à-dire une
fédération ou un empire des Etats européens de race blanche
de l'Atlantique à la Sibérie. Beau programme, mais quand on
voit comment commence l'Europe à 15, on peut rester
dubitatif. En tout cas, même si les inductions de l'exemple
à la théorie sont parfois un peu faciles dans ce livre, il a
le mérite dans la léthargie gaucho-plurielle où se trouve
la France de rappeler d'où vient un des dangers qui nous
menace, les autres étant la mondialisation,
l'américanisation et la puissance du Lobby
judéo-maçonnique.
David
Brooks “Les bobos” (Ed. Florent
Massot)
Etre
Bobo ou ne pas être Bobo, telle est la question. S'agit-il
d'une nouvelle tribu africaine primitive ou
"première" décrite par HERGE et dont le Président
de la République se serait entiché ? Non, tout simplement
"bourgeois" et "bohême", voici donc la
gauche plurielle idolâtre et bouffie d'elle-même qui se
livre à de l'autosatisfaction dans cet ouvrage de David
BROOKS ("Les Bobos", édition Florent MASSOT) venu
des Etats-Unis. Jack LANG doit se sentir très
"Bobo" mais sûrement pas nous : les rollers, les
stocks-options et la musique africaine. Encore les méfaits de
la mondialisation dressés ici en parangons de vertu. Un livre
à jeter après un bref aperçu comme ces "Bobos"
trop superficiels...
Guyonvarch
et Le roux "La civilisation celte" (Ed. Ouest-France
Université)
Dans "La Civilisation celte", les deux professeurs
d'Université de Rennes II, GUYONVARCH et LE ROUX, nous
décrivent une civilisation pleine de vitalité et loin des
clichés d'Alésia où les Gaulois, les Celtes continentaux,
furent écrasés par les Romains et leur Imperium militaire
et centralisateur. Il faut savoir que la civilisation celte
est très ancienne, puisqu'elle date de l'âge de fer et que
les civilisations d'HALLSTAAT et de LA TENE sont en fait
celtes. Les Celtes, peuples indo-européens guerriers, se sont
étendus dans toute l'Europe continentale de l'Espagne au
Danube, et jusqu'en Asie mineure. Ils ont aussi occupé les
îles britanniques, l'Ecosse et l'Irlande, qui seront leurs
dernières zones d'influence après l'invasion romaine. Ce
livre montre combien les Celtes étaient raffinés et pas de
bons sauvages comme l'étude primaire de LA GUERRE DES GAULES
de CESAR pourrait le laisser penser : n'oublions pas que les
Romains, vainqueurs cette fois-là, avaient de mauvais
souvenirs de l'invasion des Gaulois cisalpins jusqu'au
Capitole avec BRENNUS. Les auteurs, professeurs de
Civilisation
celtique à l'Université de RENNES, montrent aussi comment
cette société était organisée suivant la tripartition
fonctionnelle chère à DUMEZIL : la fonction sacerdotale (les
Druides), la fonction guerrière, la fonction productrice (les
artisans, commerçants et agriculteurs). De
même le Panthéon mal compris par les Romains assimilant LUG,
dieu de la Guerre et dieu lumineux, à MERCURE, est décrit
parfaitement avec la trinité : DAGDA ou TARANIS, dieu
jupitérien, OGME ou OGMIOS, dieu de la Guerre et BRIGIT ou
BIRGIT, déesse mère, soeur et fille, symbolisant la
fécondité et l'amour. Ainsi en lisant cet ouvrage vous
connaîtrez tous
les aspects de cette civilisation jusqu'au néo-druidisme
moderne, espèce de joyeux paganisme, un peu folklorique, et
surtout les légendes et épopées qui ont parcouru l'Irlande
et grâce auxquelles nous pouvons étudier les mythes des
Celtes car ce sont les seules traces transmises
par la tradition orale, bientô
t transcrites par les moines irlandais, qui nous sont
parvenues.
Arnaud
de Sainte-Espérance
Frédéric
Beigbeder «99 FRANCS» ( Ed. Grasset)
Une
phrase à elle seule résume cet ouvrage : "Tout
s'achète : l'amour, l'art, la planète terre, vous,
moi."
Octave
est directeur de création dans ces nouvelles officines de
propagande que sont les agences publicitaires. Son travail
consiste à vendre à chaque être humain, du rêve, de
l'espoir, de la haine, de l'amour. Organisant son offensive à
coups de ciels bleus, de voitures puissantes et de mannequins
retouchés sur informatique, il anticipe nos désirs et sait
que dès qu'un objet est acheté, il est déjà périmé.
Octave gagne 150000 mensuellement, habite un appartement
luxueux loué par sa société et roule dans un véhicule
Porsche de fonction. Il possède une culture mondialiste et
emploie un vocabulaire abscons. Sa sexualité se résumé à
des attouchements rapides avec une prostituée maghrébine de
nationalité française prénommée Tamara. Il réussit à la
promouvoir pour en faire la vedette d’un film
publicitaire vantant les mérites d'un fromage maigre, à
Miami. Réfléchissant sur les fonds de pensions américains,
coupable à ses yeux, d'augmenter le chômage en Europe, il
assassine lors de son voyage aux États-Unis, une retraité
e habitant en Floride.
Frédé
ric Beigbeder trace un portrait sans concessions, de l'univers
publicitaire.
Travaillant
lui-même comme créatif pour de puissantes entreprises, il
connaît donc ce milieu particulièrement purulent, qui
ressemble trait pour trait à nos sociétés agonisantes. On y
glorifie le cynisme, l’apologie de l’argent, le
métissage, la dépersonnalisation de l’être humain. Il
faut également savoir que le sieur Beigbeder a été
licencié, à la parution de ce livre, moyennant cependant,
quelques confortables indemnités. On supposait que cette boue
drainait son lot d'assistants ignares, de cocaïnomanes à
queues de cheval et d'hôtesses liftées au rabot mais à la
lecture de ce livre, on se dit que notre société a vraiment
atteint le fond. Vous n'achèterez plus jamais vos yaourts
après avoir lu la derniè
re page.
Quelques
bons passages :
page 18 à
22
page 45 à
48
page 50 à
56
page 60 à
61
page 75 à …………
.
Otto
M’
BA
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