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  JEUNE RESISTANCE 21


ARTICLE SUR LA MALBOUFFE :

ALIMENTATION CAPITALISTE

Tu bouffes, tu crèves, ils profitent  !

 

Les récentes envolées politiciennes autour de la crise de la vache folle en France montrent comment, loin de se soucier de la santé des français, nos dirigeants sont obnubilés par les seuls fins électoralistes. Entre la démagogie d’un Chirac et l’immobilisme de Jospin, les Français meurent (une nouvelle fois) en silence. Quant à Fabius, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus, il s’est débattu stérilement pour la suppression « des farines dans tous les élevages(…) sans attendre les résultats des expertises… ». On aurait presque cruqu’il avait quelque chose à se faire pardonner…

La déclaration solennelle du Président de la République appelant à l’interdiction des farines animales et au dépistage systématique de l’ ESB intervient bien tard...

 

En effet, dès 1988, il est apparu que les farines animales servant à nourrir les bovins sont vecteurs de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine), nom scientifique de ce que l’on nomme « maladie de la vache folle ». Les consommateurs ont été bien surpris d’apprendre que l’on nourrissait du bétail avec les restes de leurs congénères morts : vé ritable cannibalisme animal.

Ce n’est que 2 ans plus tard que ces farines furent interdites pour les ruminants. Théoriquement seulement car le renforcement de la surveillance a permis de révéler un nombre croissant de vaches contaminées en France, chez des animaux nés après 1990, donc chez des bêtes qui n’auraient jamais dû manger de farines carnées. L’interdiction n’a donc pas été respecté et des contaminations «  croisées « entre les filières d’alimentation pour ruminants et non-ruminants se sont produites. Et oui, car si on a enfin interdit la pratique de nourrir des herbivores avec de la viande en ce qui concerne les bovins, ça n’a pas été le cas pour les porcs, volailles et poissons. Autant dire que le pouvoir s’est montré incapable d’une véritable remise en cause du mal : l’alimentation contre nature des animaux. Le productivisme a ses exigences. Il faut produire, certes, mais surtout il faut produire à bon marché .

Ces farines issues de la cuisson de cadavres d’animaux ou de déchets (os, pattes, rectum…) sont utilisées en France à raison de plus de 800 000 T. par an! Certaines sociétés de production de farines auraient même récupérés des déchets dans des hôpitaux !?! L’affaire des « poulets belges », début 99, avait révélé que des volailles avaient été nourries avec des farines incluant des huiles de fritures et de l’huile de vidange contenant de la dioxine (cancérigène). L’avantage de ces farines : faire passer un poussin au poids de vente de 2,5kg en 6 semaines (il en faut 13 pour un poulet d’é levage biologique).

 

En matière d’agriculture comme en matière d’élevage, l’éthique et la santé publique sont des préoccupations mineures pour les multinationales agroalimentaires. Les polémiques autour des organismes génétiquement modifiés (OGM) le révèle amplement. De quoi s’agit-il ? On introduit dans l’ADN d’une plante un gène supplémentaire – qui peut provenir de n’importe quel organisme vivant (animal, homme) – gène porteur d’un nouvel « avantage » pour la plante. Par exemple, le maïs transgénique sécrète lui même un insecticide le protégeant contre son ennemi de toujours, la pyrale, un papillon. Pour la tomate, on cherchera un gène qui retardera sa maturation : elle mûrira donc plus tard, après sa récolte ! On joue les apprentis sorciers. De nombreux scientifiques soulignent les menaces que ces manipulations du vivant font peser sur la santé publique et la biodiversité. A l’heure actuelle, il est impossible de prévoir les conséquences de l’utilisation à grande échelle des OGM. En revanche, dire que les O.G.M profitent aux paysans est tout simplement faux : le prix des semences, fortes consommatrices de pesticides, entraînerait un surcoût pour les producteurs. Les seuls gagnants seraient encore les grandes entreprises de l’agroalimentaire qui n’ont d’autres objectifs que de garantir définitivement la mainmise capitaliste sur la totalité de l’agriculture. Un exemple : une vingtaine de variétés végétales transgéniques ont été créées depuis 1993. Ces espèces sont pour la plupart résistantes à des herbicides, des produits chimiques vendus par les mêmes industriels qui ont breveté ces nouvelles variétés végétales. C’est le cas de la firme Monsanto qui a mis sur le marché des semences génétiquement modifiées, comportant un gène capable de résister à l’herbicide "Round Up" produit par … Monsanto ! Encore mieux : le fameux gène Terminator qui stérilise les semences obligerait l’agriculteur à en racheter systématiquement l’année suivante! D’autres part, les herbicides non-polluants risquent de perdre leur pouvoir à cause de cette même résistance. On risque ainsi de mettre en place un cycle infernal O.G.M/herbicide/résistance obligeant la création de nouveaux herbicides, et donc de nouveaux O.G.M, et ainsi de suite, pour le plus grand bénéfice des multinationales de l’ agroalimentaire.

 

Alors que faire pour sortir de cette logique infernale ? Réclamer l’application sans réserve du principe de précaution, exiger la mise en place d’une recherche publique transparente et de véritables contrôles sur les recherches privées... ? Mais tant que la science et l’ensemble de la société resteront inféodées à la logique du profit capitaliste, il sera impossible d’envisager la mise en place d’une agriculture et d’une industrie agroalimentaire respectueuses de l’environnement et de la santé des individus.


mi Madric.

 

 

Chroniques Bouquins  sur la malbouffe (en encadré )

 

Capitalisme-santé : mé lange explosifs

Plusieurs journalistes ont exploités ces multiples " dérapages alimentaires " en rédigeant des essais plus ou moins ré ussis.

Parmi les bonnes surprises nous pouvons citer " Les dossiers noirs de la malbouffe " de J.C Jaillette qui, à travers une série d’exemples démonte les réseaux et traque les compromissions qui permettent dans une Europe sans frontières et dépourvue d’organismes de contrôle communautaire, la multiplication de " regrettables dérapages "…Sans sombrer dans un puéril manichéisme, il ajoute cependant qu’à l’heure d’aujourd’hui l’alimentation n’a jamais été aussi abondante et d’aussi bonne qualité .

Autre enquête choc, celle de Frédéric Pons qui fut l’un des premiers à s’intéresser à l’épidémie de la vache folle. Il publia un roman l’an dernier, " Les troupeaux du diable ", qui fera l’objet d’une adaptation télévisé e courant 2001.

Nous pouvons enfin citer " OGM, le vrai débat " de G.M Séralini ou " L’angoisse dans nos assiettes : la vérité sur notre alimentation " de J. Aoun-Mongeot

 

La Liste noire de Greenpeace (en encadré )

« A l'heure actuelle, des O.G.M. (Organismes Génétiquement Modifiés) peuvent se trouver dans les produits dérivés du maïs et du soja (farines, protéines, amidon, huiles, lécithine, maltodextrine, sirop de glucose, dextrose, etc.). Les ingrédients BIO portant la mention " AB " sont exempts d’O.G.M (...) Le Règlement européen impose l’étiquetage des produits à base de maïs ou de soja transgénique.
Depuis le 10 avril 2000, les fabricants ont obligation de faire figurer sur les emballages de leurs produits la mention " issu de maïs/soja génétiquement modifié " lorsque les ingrédients de ces produits contiennent plus de 1% de maïs ou de soja génétiquement modifiés ou lorsque les additifs ou arômes de ces produits sont issus de maïs ou de soja génétiquement modifiés (…)
Nous avons décidé d' inclure dans la liste noire, donc pour les fabricants ne garantissant pas l'absence d'OGM, les produits, de plus en plus nombreux depuis quelque temps, dont la composition ne mentionne plus que " lécithine, amidon modifié, dextrine ou huiles végétales ", sans précision concernant l’origine (soja, maïs ou autre). Il est clair qu’il s’agit pour eux d’éviter d’attirer l’attention sur ces mots (maïs, soja) qui rappellent les OGM aux consommateurs. Parallèlement, les OGM continuent à pénétrer à notre insu dans la chaîne alimentaire via l’alimentation des animaux d’élevage. Le secteur de l’alimentation animale concerne l’essentiel du marché des OGM. Pour s’assurer d’une alimentation non contaminée par les OGM, il faut refuser que l’industrie du génie génétique utilise l’alimentation animale pour écouler en douce ses OGM. Nos listes de produits avec ou sans OGM commencent à intégrer la question des OGM utilisés pour alimenter les animaux que nous consommons. »

LISTE NOIRE (exemples) : achetez et mourez ?

Biscuits d’apéritif & biscottes

Curly, Petits fours au fromage (Bahlsen)
Cacahuètes grillées à sec (Bahlsen)
Bretzels Barbecue (Snyders)

Desserts & Glaces

Mousse cassis (Leader Price)
Flan nappé caramel (Mennel)
Crème caramel aux œ ufs (Ancel)

Plats cuisinés & Pâ tes

Steacks 10´ 100g (Carson Surgelé, chez Intermarché)
Cordon Bleu de la mer (Leader Price)
Canelloni (Findus)
Crêpes jambon-fromage/champignons-fromage (Findus)
Crevettes sauce Aigre-Douce (Findus)

Huiles & Margarines

Margarine de Tournesol, Margarine de Table (Leader Price)

Source  : http://www.greenpeace.fr