ARTICLE
SUR LA MALBOUFFE :
ALIMENTATION
CAPITALISTE
Tu
bouffes, tu crèves, ils profitent
!
Les
récentes envolées politiciennes autour de la crise de la
vache folle en France montrent comment, loin de se soucier de
la santé des français, nos dirigeants sont obnubilés par
les seuls fins électoralistes. Entre la démagogie d’un
Chirac et l’immobilisme de Jospin, les Français meurent
(une nouvelle fois) en silence. Quant à Fabius, jurant
qu’on ne l’y reprendrait plus, il s’est débattu
stérilement pour la suppression « des farines dans tous
les élevages(…) sans attendre les résultats des
expertises… ». On aurait presque cruqu’il avait
quelque chose à se faire pardonner…
La
déclaration solennelle du Président de la République
appelant à l’interdiction des farines animales et au
dépistage systématique de l’
ESB intervient bien tard...
En
effet, dès 1988, il est apparu que les farines animales
servant à nourrir les bovins sont vecteurs de l’ESB
(encéphalopathie spongiforme bovine), nom scientifique de ce
que l’on nomme « maladie de la vache folle ».
Les consommateurs ont été bien surpris d’apprendre que
l’on nourrissait du bétail avec les restes de leurs
congénères morts : vé
ritable cannibalisme animal.
Ce
n’est que 2 ans plus tard que ces farines furent interdites
pour les ruminants. Théoriquement seulement car le
renforcement de la surveillance a permis de révéler un
nombre croissant de vaches contaminées en France, chez des
animaux nés après 1990, donc chez des bêtes qui
n’auraient jamais dû manger de farines carnées.
L’interdiction n’a donc pas été respecté et des
contaminations « croisées « entre les filières
d’alimentation pour ruminants et non-ruminants se sont
produites. Et oui, car si on a enfin interdit la pratique de
nourrir des herbivores avec de la viande en ce qui concerne
les bovins, ça n’a pas été le cas pour les porcs,
volailles et poissons. Autant dire que le pouvoir s’est
montré incapable d’une véritable remise en cause du
mal : l’alimentation contre nature des animaux. Le
productivisme a ses exigences. Il faut produire, certes, mais
surtout il faut produire à bon marché
.
Ces
farines issues de la cuisson de cadavres d’animaux ou de
déchets (os, pattes, rectum…) sont utilisées en France à
raison de plus de 800 000 T. par an! Certaines sociétés de
production de farines auraient même récupérés des déchets
dans des hôpitaux !?! L’affaire des « poulets
belges », début 99, avait révélé que des volailles
avaient été nourries avec des farines incluant des huiles de
fritures et de l’huile de vidange contenant de la dioxine
(cancérigène). L’avantage de ces farines : faire
passer un poussin au poids de vente de 2,5kg en 6 semaines (il
en faut 13 pour un poulet d’é
levage biologique).
En
matière d’agriculture comme en matière d’élevage,
l’éthique et la santé publique sont des préoccupations
mineures pour les multinationales agroalimentaires. Les
polémiques autour des organismes génétiquement modifiés
(OGM) le révèle amplement. De quoi s’agit-il ? On
introduit dans l’ADN d’une plante un gène supplémentaire
– qui peut provenir de n’importe quel organisme vivant
(animal, homme) – gène porteur d’un nouvel
« avantage » pour la plante. Par exemple, le maïs
transgénique sécrète lui même un insecticide le
protégeant contre son ennemi de toujours, la pyrale, un
papillon. Pour la tomate, on cherchera un gène qui retardera
sa maturation : elle mûrira donc plus tard, après sa
récolte ! On joue les apprentis sorciers. De nombreux
scientifiques soulignent les menaces que ces manipulations du
vivant font peser sur la santé publique et la biodiversité.
A l’heure actuelle, il est impossible de prévoir les
conséquences de l’utilisation à grande échelle des OGM.
En revanche, dire que les O.G.M profitent aux paysans est tout
simplement faux : le prix des semences, fortes consommatrices
de pesticides, entraînerait un surcoût pour les producteurs.
Les seuls gagnants seraient encore les grandes entreprises de
l’agroalimentaire qui n’ont d’autres objectifs que de
garantir définitivement la mainmise capitaliste sur la
totalité de l’agriculture. Un exemple : une vingtaine de
variétés végétales transgéniques ont été créées
depuis 1993. Ces espèces sont pour la plupart résistantes à
des herbicides, des produits chimiques vendus par les mêmes
industriels qui ont breveté ces nouvelles variétés
végétales. C’est le cas de la firme Monsanto qui a mis sur
le marché des semences génétiquement modifiées, comportant
un gène capable de résister à l’herbicide "Round
Up" produit par … Monsanto ! Encore mieux : le fameux
gène Terminator qui stérilise les semences obligerait
l’agriculteur à en racheter systématiquement l’année
suivante! D’autres part, les herbicides non-polluants
risquent de perdre leur pouvoir à cause de cette même
résistance. On risque ainsi de mettre en place un cycle
infernal O.G.M/herbicide/résistance obligeant la création de
nouveaux herbicides, et donc de nouveaux O.G.M, et ainsi de
suite, pour le plus grand bénéfice des multinationales de
l’
agroalimentaire.
Alors
que faire pour sortir de cette logique infernale ?
Réclamer l’application sans réserve du principe de
précaution, exiger la mise en place d’une recherche
publique transparente et de véritables contrôles sur les
recherches privées... ? Mais tant que la science et
l’ensemble de la société resteront inféodées à la
logique du profit capitaliste, il sera impossible
d’envisager la mise en place d’une agriculture et d’une
industrie agroalimentaire respectueuses de l’environnement
et de la santé
des individus.
Ré
mi Madric.
Chroniques
Bouquins sur la
malbouffe (en encadré
)
Capitalisme-santé :
mé
lange explosifs
Plusieurs
journalistes ont exploités ces multiples
" dérapages alimentaires " en rédigeant
des essais plus ou moins ré
ussis.
Parmi
les bonnes surprises nous pouvons citer " Les
dossiers noirs de la malbouffe " de J.C Jaillette
qui, à travers une série d’exemples démonte les réseaux
et traque les compromissions qui permettent dans une Europe
sans frontières et dépourvue d’organismes de contrôle
communautaire, la multiplication de " regrettables
dérapages "…Sans sombrer dans un puéril
manichéisme, il ajoute cependant qu’à l’heure
d’aujourd’hui l’alimentation n’a jamais été aussi
abondante et d’aussi bonne qualité
.
Autre
enquête choc, celle de Frédéric Pons qui fut l’un des
premiers à s’intéresser à l’épidémie de la vache
folle. Il publia un roman l’an dernier, " Les
troupeaux du diable ", qui fera l’objet d’une
adaptation télévisé
e courant 2001.
Nous
pouvons enfin citer " OGM, le vrai
débat " de G.M Séralini ou
" L’angoisse dans nos assiettes : la vérité sur
notre alimentation "
de J. Aoun-Mongeot
La
Liste noire de Greenpeace (en encadré
)
« A
l'heure actuelle, des O.G.M. (Organismes Génétiquement
Modifiés) peuvent se trouver dans les produits dérivés du
maïs et du soja (farines, protéines, amidon, huiles,
lécithine, maltodextrine, sirop de glucose, dextrose, etc.). Les
ingrédients BIO portant la mention " AB "
sont exempts d’O.G.M (...) Le Règlement
européen impose l’étiquetage des produits à base de maïs
ou de soja transgénique.
Depuis le 10 avril 2000, les fabricants ont obligation de
faire figurer sur les emballages de leurs produits la mention
" issu de maïs/soja génétiquement
modifié " lorsque les ingrédients de ces
produits contiennent plus de 1% de maïs ou de soja
génétiquement modifiés ou lorsque les additifs ou
arômes de ces produits sont issus de maïs ou de soja
génétiquement modifiés (…)
Nous avons décidé d' inclure dans la liste noire, donc pour
les fabricants ne garantissant pas l'absence d'OGM, les
produits, de plus en plus nombreux depuis quelque temps, dont
la composition ne mentionne plus que " lécithine,
amidon modifié, dextrine ou huiles végétales ",
sans précision concernant l’origine (soja, maïs ou autre).
Il est clair qu’il s’agit pour eux d’éviter d’attirer
l’attention sur ces mots (maïs, soja) qui rappellent les
OGM aux consommateurs. Parallèlement, les OGM continuent à
pénétrer à notre insu dans la chaîne alimentaire via
l’alimentation des animaux d’élevage. Le secteur de
l’alimentation animale concerne l’essentiel du marché des
OGM. Pour s’assurer d’une alimentation non contaminée par
les OGM, il faut refuser que l’industrie du génie
génétique utilise l’alimentation animale pour écouler en
douce ses OGM. Nos listes de produits avec ou sans OGM
commencent à intégrer la question des OGM utilisés pour
alimenter les animaux que nous consommons. »
LISTE NOIRE (exemples) : achetez et mourez ?
Biscuits
d’apéritif &
biscottes
Curly,
Petits fours au fromage (Bahlsen)
Cacahuètes grillées à sec (Bahlsen)
Bretzels Barbecue (Snyders)
Desserts
&
Glaces
Mousse
cassis (Leader Price)
Flan nappé caramel (Mennel)
Crème caramel aux œ
ufs (Ancel)
Plats
cuisinés & Pâ
tes
Steacks
10´ 100g (Carson Surgelé, chez Intermarché)
Cordon Bleu de la mer (Leader Price)
Canelloni (Findus)
Crêpes jambon-fromage/champignons-fromage (Findus)
Crevettes sauce Aigre-Douce (Findus)
Huiles
&
Margarines
Margarine
de Tournesol,
Margarine de Table (Leader Price)
Source
: http://www.greenpeace.fr
|