DOSSIER
: Mondialisation, le mal global.
Individualistes et matérialistes, les idéologies
modernes convergent vers la mondialisation
Les lumières.
En ayant pour objectif principal
de " libérer " l'homme des communautés
naturelles et historiques dans lesquelles il s'enracine, les
penseurs de la Révolution française ont ouvert
la voie à toutes les tyrannies, qu'elles soient économiques,
technologiques, intellectuelles ou médiatiques. L'abolition
des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789
ne doit pas s'analyser comme un geste d'équité
mais comme la mise à mort d'une société
organique. Les hommes sont " égaux ", cela
signifie que tout ce qui les distingue entre eux doit être
éliminé. En résulte une intolérance
intrinsèque de la République, qui s'illustre
notamment par sa lutte permanente contre les langues régionales.
Atomisé, dé-lié, l'homme idéal
n'est plus le fils d'une patrie mais un citoyen du monde.
Le libéralisme.
Cette doctrine, essentiellement
économique, part du postulat selon lequel la recherche
par les hommes de leur intérêt personnel mène
à la réalisation de l'intérêt général.
C'est la théorie de la main invisible, prônée
par le britannique Adam Smith dans son ouvrage " Recherches
sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).
Les échanges économiques doivent donc être
libres, puisque la recherche par chacun de son profit égoïste
est sensée conduire au bien commun.
Le libéralisme gouverne aujourd'hui en maître
les échanges internationaux. A la plus grande satisfaction
des businessmen, on gomme de plus en plus les frontières,
entraves à la libre circulation des marchandises, des
capitaux et des travailleurs (considéré en la
matière comme de simple facteurs de production).
Le paradoxe de la guerre froide.
Pendant un demi-siècle,
marxisme et capitalisme ont joué de leur opposition
apparente pour exclure du champ politique tout autre type
d'organisation politique. " Monde libre " ou dictature
stalinienne ? " Oppression des travailleurs " ou
paradis soviétique ? Un antagonisme astucieux au service
d'une même vision matérialiste et économique
de l'homme. Car si Soviets et Ricains s'opposaient, c'était
finalement plus par leur même soif de domination que
par la nature de leurs projets. Les uns comme les autres entendaient
écraser identités et particularismes au profit
de leur impérialisme respectif.
La fin de l'histoire
Lorsque le bloc soviétique
s'est effondré de lui-même, un obscur universitaire
américain, Francis Fukuyama, a accédé
à la notoriété internationale en annonçant
" la fin de l'histoire ".
Dix ans plus tard, alors que les aspirations au renouveau
identitaire se manifestent sur tous les continents et que
le modèle américain n'en finit pas d'être
éclaboussé par ses crimes, Fukuyama n'a pas
varié. Le 26 février, il concluait en effet
un entretien au Figaro par ces mots : " L'Amérique
reste, quoi qu'on en dise, l'avenir de l'Europe. Les accents
sont différents, mais il n'y a qu'un seul système
de valeur ".
Ce modèle univoque, repose à la fois sur le
très marxiste sens de l'histoire - " on ne résiste
pas au progrès " - et la très californienne
révolution informatique - " bienvenue dans le
village planétaire ".
Si l'affirmation des diversités apparaît encore
de temps en temps dans la bouche des promoteurs de la mondialisation,
ce n'est que pour mieux masquer sa véritable nature,
dévoilée lors du conflit au Kosovo par le général
US Wesley Clarke : imposer la société métissée
- " multiculturelle " - à l'humanité
entière.
G.L.
Mondialisation : les coupables et les victimes.
La mondialisation est un fait, et sans aucun doute la réalité
la plus tangible des sociétés humaines modernes.
Elle est en outre la réalité qui s'oppose le
plus radicalement à notre conception enracinée
de l'homme.
Totalitarisme global à
multiples facettes
La mondialisation peut d'abord apparaître comme un phénomène
purement marchand lié à la sphère de
l'économique. C'est l'économie qui imposerait
une uniformisation des "besoins" et qui, peu à
peu, viendrait à bout des particularismes, en imposant
une consommation de masse valable pour tous les peuples.
Afin d'imposer leurs produits au marché le plus large
- le marché mondial -, les "global leaders"
généreraient une sous-culture chargée
de repères marchands à destination de l'humanité
toute entière. Il s'agirait d'uniformiser le marché
mondial ou, plus exactement, dans un nouveau paradoxe socio-économique,
de renverser à l'échelle planétaire les
rapports naturels entre fabricants et consommateurs.
Dans un monde où l'individu serait définitivement
ravalé au rang de simple et vulgaire consommateur,
l'enjeu serait de mettre la demande en adéquation avec
l'offre. Le produit ne répondrait plus à un
besoin, à une demande de l'individu: au contraire,
ce serait le consommateur, désormais dépourvu
de repères communautaires et incapable de volonté,
qui devrait s'adapter à l'offre.
Face à la réalité
de l'ultra-libéralisme triomphant, une opposition semble
née. Celle-ci, en gestation à Porto Alegre,
se pose comme "société civile mondiale".
Cette dénomination suffit à nous faire comprendre
que cette soi-disant alternative au système, la seule
qui ait la faveur des medias, incarnée par des gens
comme José Bové, ne propose finalement qu'une
autre approche du mondialisme, toujours dans le mépris
des identités ethniques et culturelles et, cette fois-ci,
dans une revendication cosmopolite exacerbée.
"Où se situe actuellement le barycentre de la
globalisation ? Les réalistes répondent que
seule la capitale du "nouveau grand frère"
peut désormais servir de phare à un monde dominé
par les valeurs libérales. Les cyniques considèrent
que le sommet de Davos est un meilleur symbole du discours
dominant. Les idéalistes préfèrent rêver
au développement de valeurs universelles autour du
Forum social mondial" (Jacques BOURGEOIS in Le Journal
des Finances, 03/02/01).
Hors de la globalisation et de la mondialisation, point de
salut ! L'ultra-libéralisme mondialiste a généré
sa propre opposition: mondialiste elle aussi. Le but évident
est d'empêcher l'émergence d'oppositions radicales:
identitaires et donc anti-mondialistes.
Le politique cannibalisé par les oligarchies
Lorsque l'économie prime, c'est la mort du politique
qui s'annonce. La pantomime démocratique américaine
en est la démonstration et annonce ce qui arrive déjà
en France et en Europe occidentale: le politique a pour seule
fonction de sauver les apparences. Il fait comme si les choix
dépendaient de ses conceptions idéologiques
alors qu'ils lui sont imposés par les décideurs
économiques dont il n'est que l'homme de paille. Aux
Etats-Unis, il n'y a plus, depuis bien longtemps, de réelle
différence idéologique ou d'approche en matière
de politique étrangère entre les représentants
fantoches des deux pseudo partis qui se partagent le pouvoir.
Précisément, dans le cadre de la mondialisation,
le pouvoir n'appartient pas aux élus du peuple, mais
à des oligarchies. La représentation politique
est un leurre. Dans le système ploutocratique à
échelle mondiale, le pouvoir appartient aux dirigeants
des grandes sociétés financières, industrielles
ou commerciales.
Les instances gouvernementales sont chargées de favoriser
les échanges à l'échelle planétaire,
ni plus, ni moins. Que Laurent FABIUS et Koffi ANNAN répondent
à l'invitation de Klaus SCHWAB et Claude SMAJDA, respectivement
fondateur et directeur général du grand show
de Davos, illustre bien la soumission de la hiérarchie
politique aux maîtres de la finance mondiale.
La ploutocratie - le pouvoir
de l'argent - n'est pas un principe de gouvernement accepté
et défini, mais un état de fait: elle ne se
revendique jamais comme telle. Ce système, qui n'a
pas vocation à se dévoiler en pleine lumière,
parvient à ses fins grâce à la manipulation
de l'opinion publique. Il y a conjonction d'un triple pouvoir
financier, politique et médiatique, les deux derniers
n'étant que des relais du premier. La presse a besoin
de la publicité pour subsister. Cette situation permet
par exemple aux centrales d'achat d'espaces publicitaires
de pouvoir décider du sort de tel ou tel journal. Les
medias, radios ou télévisions compris, qui n'accepteraient
pas d'appliquer les orientations éditoriales exigées
par le financeur, seraient vouées à la disparition.
Déjà, entre 1888 et 1905, l'ambassadeur de Russie
en France avait versé un million de francs or afin
que la presse assure la promotion du fameux " emprunt
russe "
et qu'elle omette de relater les graves
revers subis par le régime tsariste finissant. La situation
n'est donc pas nouvelle, si ce n'est que les ploutocrates
imposent aux medias qu'ils font vivre d'être les fidèles
relais du mondialisme, de la sous-culture américaine
de masse et de faire l'apologie, en Europe, d'une société
cosmopolite et métissée.
La mondialisation : une maladie
sociale internationale.
Si elle fait le bonheur et la fortune des capitalistes, la
mise en uvre mondiale des schémas ultra-libéraux
s'accompagne de manifestations catastrophiques en termes de
rapport sociaux et d'équilibre géopolitique.
Elle implique une standardisation systématique du genre
humain (les hommes ont tous entre les mains la même
boîte de coca) et une perversion généralisés
de l'économie mondiale et notamment européenne.
Les délocalisations
(c'est-à-dire le départ d'entreprises vers des
pays où la main d'uvre est moins chère,
comme ceux d'Asie du sud-est) se font au détriment
des travailleurs européens laissés sur le carreau.
Ce phénomène est conséquence de la mise
en concurrence (sur le marché mondial) de nations dont
les différences de niveaux de vie sont énormes.
L'immigration que nous subissons de plein fouet nous conduit
droit au chaos ethnique.
La " fuite des cerveaux" est symptomatique du pillage,
essentiellement par les Etats-Unis, des ressources intellectuelles
des pays moins riches. Grâce à leurs importants
investissements publics et privés de recherche-développement,
ils aspirent non seulement les compétences des pays
du Tiers-Monde, mais aussi celles des pays Européens.
Ainsi, en 1999, les Etats-Unis ont délivré 6665
visas à des spécialistes qualifiés en
provenance du Royaume Uni, 2633 venant de France, 2451 pour
l'Allemagne et 1619 à des ressortissants Russes.
La quasi disparition des entraves
aux frontières provoque la ruine d'industries françaises
et européennes à faible valeur ajoutée
Si en Europe, statistiquement, les échanges extra-communautaires
représentent seulement 17% du commerce extérieur
des pays membres, nous subissons pourtant les conséquences
dramatiques de la mondialisation.
La mondialisation économique ne passe pas seulement
par la balance extérieure. N'oublions pas que les implantations
d'unités de production américaines en Europe
sont une réalité. Par exemple, le "coca"
consommé sur notre continent est fabriqué en
Europe. Un marché, techniquement, est plus facile à
investir, surtout par des produits alimentaires, lorsque la
fabrication se fait à proximité des lieux de
consommation. Ne perdons pas non plus de vue que le modèle
yankee à visée planétaire s'est largement
répandu sur notre territoire, par le biais, par exemple,
de l'implantation systématique des "Mc Do"
qui proposent à la vente des produits "made in
France". Enfin, télés, radios et magazines
nous abreuvent de tous les repères de la société
américaine à vocation universelle.
Le pouvoir mondialisé
des oligarchies financières vise à faire d'une
Europe coupée de ses identités le simple district
d'un vaste marché mondial. Lorsque l'on a vu les armées
européennes bombarder le peuple Serbe en lutte, précisément,
pour son identité, et que l'on a décrypté
la manipulation de l'opinion publique lors de cette guerre
inique imposée par un nouvel ordre mondial à
la botte des Etats-Unis, on comprend que la mondialisation
a déjà fait des ravages en Europe et qu'il est
grand temps de contre-attaquer !
Eddy MARSAN
Des contestataires sur mesure
La mondialisation, voilà un sujet qui a fait couler
beaucoup d'encre ces deux dernières années.
Des journalistes, des intellectuels et même des agriculteurs
se sont découverts un nouveau combat, une nouvelle
cause : "l'anti-mondialisme". A leurs yeux c'est
tout nouveau, ça vient de sortir. Ils prennent des
postures vaniteuses, le menton en avant, et se présentent
comme les sauveteurs du genre humain menacé par des
multinationales voraces. A les observer, la mondialisation
ne serait donc en marche que depuis 1997. Le jour où
Ignacio Ramonet (directeur de la rédaction au monde
diplomatique) écrivit son article "Désarmer
les marchés", acte fondateur de l'association
ATTAC. Le jour où José Bové démantelait
le Mac Donald de Millau. Le jour où la crise boursière
asiatique effrayait les marchés.
Ce réveil soudain prête à sourire. La
mondialisation est en marche depuis plus de cinquante ans.
Les mouvements nationalistes et les intellectuels de la nouvelle
droite la dénoncent et la combattent depuis plus de
trente ans. Le terme même de mondialisation est le fruit
de cette lutte que nous menons seul et contre tous. Ce brusque
ralliement, loin d'être salvateur, est plutôt
inquiétant : les prosélytes essoufflés
de la gauche trotskiste et libertaire récupèrent
notre combat en le dissolvant dans une bouillabaisse intellectuelle
dont eux seuls ont la recette. A terme, ils nous dépossèdent
de nos idées en les déformant, voir pire en
les détournant. De Edwy Plenel à Chevènement
en passant par Bourdieu et Ramonet, tous sont de vieux gauchistes
orphelins soit de la révolution prolétarienne,
soit de la révolution républicaine, universelle
et laïque.
Mais que recouvre le terme " mondialisme " dans
leur bouche ? Pour Bourdieu, le mondialisme est synonyme d'ultra
libéralisme, c'est à dire qu'il ne conteste
pas l'entreprise de massification et d'uniformisation conséquence
de la globalisation. Il en conteste juste la façon.
On peut lire sous sa plume " Parmi ces collectifs, associations,
syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale
à l'Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational,
c'est-à-dire européen (étape vers un
Etat mondial), capable de contrôler et d'imposer efficacement
les profits réalisés sur les marchés
financiers". Le masque tombe. Cet anti-mondialiste appelle
de ses vux un Etat
Mondial. Partout dans leur
bouche, nous retrouvons cet espoir d'un super Etat mondial.
Mais, ceci n'est pas surprenant. Georges Mendel, penseur phare
de l'international trotskiste des années 70, annonçait
que l'ultime objectif du trotskisme était la constitution
d'un état international prolétarien. Rappelons
au passage que José Bové, Bernard Cassen (président
de l'association ATTAC) et les autres leaders autoproclamés
de l'anti-mondialisme ont tous été nourris à
ce biberon. Sur le site Web d'ATTAC on peut lire que "La
lutte contre la xénophobie et le racisme et pour l'insertion
sociale et l'égalité des immigrant(e)s constitue
également un volet important de cette critique globale
de la mondialisation néo-libérale" et qu'il
faut "lutter contre la mondialisation néo-libérale
et sexiste(sic)". Pour résumer, ce qui dérange
ATTAC avec la mondialisation néo-libérale, c'est
qu'elle ne soit pas intégrale. Ils exigent la libre
circulation des personnes au même titre que la libre
circulation des capitaux. De plus, assimiler la lutte contre
la globalisation avec le combat féministe est relativement
osé et propre aux phraséologies tordues des
grandes heures du marxisme. Il n'est alors pas surprenant
de retrouver les militants du "comité des sans
papiers" et l'arrière garde féministe défiler
à Porto Alegre au coté des militants d'ATTAC.
Précisons que Porto Alegre est la seule commune brésilienne
gérée par le parti des travailleurs, équivalent
local de Lutte Ouvrière, ce qui explique la présence
de notre Arlette Laguillé nationale lors de ce sommet
en trompe l'il. Tout ce petit monde post-soixante-huitard
se retrouve donc autour du combat anti-mondialiste pour faire
la fête en famille.
Chevènement était également présent,
mais il faisait tache. D'ailleurs lors de son discours sur
la nécessité de contrôler les flux migratoires,
il fut hué par une foule en délire. Comment
pouvait-il oser remettre en question la véritable motivation
politique de ce sommet attrape couillon ? La taxe Tobin pour
une taxation sur les transactions financières, à
Porto Alegre, tout le monde s'en fout. L'important, c'est
de reconstituer un prolétariat occidental en voie de
disparition par l'apport massif de tous les crève-la-faim
du tiers-monde. La révolution continue camarade prolétaire
français
avec ou sans toi.
Et l'écologie dans tous ça ? Le pauvre Edouard
Goldsmith, qui s'était également invité
à la partie, est reparti de ce village féerique
dépité. Sur LCI, il déclarait avoir le
sentiment d'être un extraterrestre parmi cette foule
sortie des poubelles de l'histoire soviétique. Edouard
Goldsmith propose la reconstitution des communautés
organiques traditionnelles coexistant en harmonie avec leur
environnement. Communautés, seules capables de reconstruire
un rapport d'interdépendance salutaire avec la nature.
Mais à Porto Alegre, la nature, tout le monde s'en
tape. De plus, on ne veut surtout pas entendre parler de communautés
traditionnelles. A Porto Alegre, on est soit des immigrés
exploités, soit des petits bourgeois racistes. Le monde
est simple, n'est ce pas?
Le problème
dans tout cela, c'est que ces imposteurs anti-mondialistes
apparaissent sur tous les plateaux de nos journaux télévisés.
Ils inoculent à la population l'illusion rassurante
d'une opposition réelle au capitalisme féroce.
Français, dormez tranquille, José Bové
veille ! La question se pose alors de savoir pourquoi les
journaux, les magazines, les télévisions entre
les mains de holdings financiers, favorables au processus
de globalisation, colportent le message de ces soi-disant
adversaires à la mondialisation. Comment Lagardère
peut-il être à Davos, et laisser ses groupes
de presses couvrir le forum de Porto Alegre sous un jour favorable
? Comment expliquer que les journaux se soient fait l'écho
du discours de la confédération paysanne (syndicat
paysan de gauche) de José Bové qui vient de
découvrir l'agriculture traditionnelle après
avoir défendu l'agriculture kolkhozienne, alors que
cela fait déjà 20 ans que la coordination rurale
(syndicat de droite nationale) condamne l'agriculture intensive
?
Depuis la chute du mur de Berlin, l'attention s'est surtout
fixée sur les changements survenus à l'Est,
mais à l'Ouest également des changements importants
sont survenus depuis une dizaine d'années, comme en
témoigne l'adoption récente par plusieurs pays
d'Europe occidentale de lois portant directement atteinte
à la liberté d'opinion, d'expression et de recherche.
Pourtant, ces lois liberticides ne visent jamais les "anti-mondialistes"
tendance beatniks, mais toujours les partisans d'une alternative
économique enracinée, réellement écologique
et respectueuse de la diversité des populations et
de leur culture. C'est à dire, nous. Nous sommes en
droit de nous poser la question de savoir pourquoi José
Bové et tous ses compagnons ont si bonne presse ? Sont-ils
manipulés ou sont-ils complices de la plus grande entreprise
d'abrutissement des masses que l'histoire humaine ait connu
?
La réponse c'est Serge d'Agostino, professeurs de science
économique et sociale, qui l'apporte dans une lettre
ouverte au "Monde". Il déclare que "les
deux courants (mondialiste et "anti-mondialiste")
peuvent se rejoindre. [
] Les industriels les plus influents
du monde développé ont de bonne raison d'être
favorable à la libre circulation des travailleurs au
sein de l'économie mondiale : D'abord pour pallier
leur difficulté à trouver une main d'uvre
adaptée à leurs offres d'emploi; ensuite, pour
atténuer les revendications salariales en établissant
une concurrence entre les salariés du monde entier".
Non seulement ATAC et compagnie ne représentent pas
une menace pour l'économie mondialiste, mais ils en
constituent un des rouages fondamentaux. Les magnats de la
finance ont pris leur calculatrice et ont soustrait le coût
de la taxe Tobin aux énormes bénéfices
que représente l'opportunité de puiser librement
dans un vivier mondial de miséreux. Pour eux c'est
tout bénéfice. Pendant qu'ATTAC préparera
les esprits à la libre circulation mondiale des personnes
(entendez des travailleurs), le grand capital achèvera
la libre circulation planétaire des capitaux, des biens
et des marchandises.
Certain diront
que les membres d'ATTAC tiennent sur certains points un discours
intéressant. Par exemple, ils avancent la nécessité
du primat de l'homme sur l'économie. Ils revendiquent
le droit des nations à protéger leurs activités
vitales. Mais tout ceci est une tapisserie pour cacher d'autres
motivations beaucoup moins avouables. Car ce n'est pas pour
parler de "suprématie des valeurs socioculturelles
sur les valeurs marchandes" et autre charabia du même
tonneau que les transnationales les ont sortis de leur chapeau
médiatique. Leur véritable mission, c'est d'entretenir
un niveau critique de chômage en débloquant les
barrières d'immigration.
Petits occidentaux bienheureux, sachez que jamais le chômage
ne disparaîtra. Un flot incessant d'immigrés
viendra éternellement grossir la cohorte des sans emploi.
Car le chômage est la condition sine qua non de l'économie
de marché. Il est la raison pour laquelle vous consentez
à vivre dans un appartement deux pièces en banlieue,
et à travailler dans des conditions aliénantes.
Le chômage nourrit la peur qui vous pousse à
travailler plus qu'il n'en faudrait. Il est la cravache du
cavalier qui force le cheval à galoper toujours plus
vite. Le rôle de nos "anti-mondialistes" est
de faire en sorte qu'il y ait toujours des chômeurs
en grand nombre de manière à entretenir une
insécurité de l'emploi. José Bové
et tous ses compères sont un des outils de la globalisation.
Sont-il conscients de la mission que les capitalistes leur
ont assignée ou sont-il manipulés ? Eux seuls
le savent. Peut-être est ce tout simplement un échange
de bons procédés. Offrez-nous de la main d'uvre
fraîche et nous vous donnons des prolétaires
tout neufs.
Examinons, en partant d'un exemple récent, comment
interagissent les différents acteurs lors d'une campagne
destinée à préparer les esprits européens
à un libre marché mondial de la main d'uvre.
Tout commence par un rapport de L'ONU qui annonce que l'Europe
aurait besoin de 160 millions d'immigrés d'ici à
2025 pour rééquilibrer sa démographie.
La gauche pseudo anti-mondialiste reprend cette position et
l'utilise même comme argument pour régulariser
l'ensemble des immigrés en situation irrégulière.
Ensuite c'est au tour du patronat et de la droite d'abonder
dans le même sens. Dans le monde du 10 février
ou peut lire "Depuis quelques mois, les responsables
de la droite et du patronat plaident en faveur d'une ouverture
des frontières à l'immigration de travail ".
Puis pour finir la ronde, nous avons le commissaire européen
Antonio Vitorino qui déclare "L'admission d'immigrants
économiques devrait de toute évidence répondre
aux besoins du marché, notamment en personnes extrêmement
qualifiées, mais aussi en main-d'uvre moins ou
non qualifiée ou encore en travailleurs saisonniers.".
Voilà ! La boucle est bouclée.
Il est évident que
nous autres, partisans d'une économie à visage
humain, apparaissons comme des trouble-fêtes au sein
de cette machine bien huilée. La voilà la raison
du silence qui entoure nos actions politiques, nos revues,
nos déclarations et prises de position. Dans cette
pièce de théâtre où les acteurs
sont choisis sur mesure nous n'avons pas notre place. Nos
propositions pour une nouvelle politique économique
serait fatales pour la " World Company ". Ce n'est
pas seulement contre l'Etat français que nous luttons
mais contre une association mondiale de malfaiteurs qui englobe
les dirigeants occidentaux, les fumeux organismes non gouvernementaux
(ATTAC, Greenpeace
) et l'ensemble des multinationales.
La lutte est
trop inégale. N'espérons pas faire s'écrouler
l'édifice avec nos petits bras musclés. Mais
luttons pour que nos idées vivent et nous survivent.
Même d'une faible lueur, l'essentiel est que notre pensée
continue de briller. Conservons les cendres chaudes de la
révolte, qu'un vent soudain viendra rallumer pour embraser
la forêt. Le système qui abat son jeu aujourd'hui,
manipule des forces qui le dépasse. Il est évident
que dans un avenir proche, l'alchimie de l'ultra libéralisme
et de la globalisation provoquera un Big-bang planétaire.
Ce jour là, nous devrons être présents.
Car seulement une poignée d'hommes éveillés
pourra orienter les masses humaines mises en ébullition
par un capitalisme en perdition.
Karl Hauffen
L'Homme n'est pas une marchandise !
Au slogan débile agité
par les anti-mondialistes officiels - " Le monde n'est
pas une marchandise ! " - nous, nationalistes révolutionnaires
attachés au combat pour la dignité sociale des
hommes et des femmes, pouvons opposer celui-ci : " L'Homme
n'est pas une marchandise ! ".
Car, contrairement à ce que clame le slogan bovésien,
le monde ne saurait être un objet de commerce. À
moins que certains de ses habitants n'aient engagé
des discussions avec les représentants d'une civilisation
extra-terrestre
Dans ce cas José Bové
peut postuler auprès de Chris Carter pour incarner
Fox Mulder dans X Files !
Mais laissons les gauchistes à leur agitation stérile
et complice.
En criant que l'homme n'est pas une marchandise, nous affirmons
toute la vraie générosité, donc la noblesse,
de notre combat. Car, ce qui nous distingue des autres forces
politiques, c'est notre vision de l'homme - libre et enraciné
- et de la société - organique et ordonnée.
En criant que l'homme n'est pas une marchandise, nous affirmons
toute l'actualité de notre engagement. Face aux 200
multinationales qui mènent le monde et aux politiciens
qui leur servent de DRH en facilitant l'immigration, les délocalisations
et la libéralisation des échanges, nous sommes
les seuls défenseurs des travailleurs. Contrairement
aux syndicats institutionnels, nous ne sommes pas tenus par
l'idéologie cosmopolite. Nous pouvons donc défendre
ce mot d'ordre qu'ils ont trahi, le seul susceptible de mettre
un terme aux horreurs de la mondialisation : " Vivre
et travailler au pays ". N'était-ce pas l'un des
prétextes avancés autrefois par Bové
et les siens pour investir le Larzac ? N'était-ce pas,
aussi, la revendication des fellaghas ? N'est-ce pas, aujourd'hui,
le désir ardent des chefs d'État du Tiers-Monde
dignes de ce nom ?
En payant le travail à son juste prix, en favorisant
l'enracinement du travailleur et de sa famille dans sa terre,
en organisant le retour chez eux des médecins africains,
des informaticiens asiatiques et des enseignants arabes tout
en permettant à leurs pays d'origine de se libérer
de la tutelle des multinationales, alors nous offrirons à
l'homme - qu'il soit européen, sud-américain,
africain ou asiatique - les conditions de son épanouissement.
Mais pour y parvenir, il faut avant tout libérer le
politique de l'économique. Il faut une révolution.
Une révolution sociale et nationale. La nôtre.
Guillaume Luyt
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