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  JEUNE RESISTANCE 22


DOSSIER : Mondialisation, le mal global.


Individualistes et matérialistes, les idéologies modernes convergent vers la mondialisation


Les lumières.

En ayant pour objectif principal de " libérer " l'homme des communautés naturelles et historiques dans lesquelles il s'enracine, les penseurs de la Révolution française ont ouvert la voie à toutes les tyrannies, qu'elles soient économiques, technologiques, intellectuelles ou médiatiques. L'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 ne doit pas s'analyser comme un geste d'équité mais comme la mise à mort d'une société organique. Les hommes sont " égaux ", cela signifie que tout ce qui les distingue entre eux doit être éliminé. En résulte une intolérance intrinsèque de la République, qui s'illustre notamment par sa lutte permanente contre les langues régionales. Atomisé, dé-lié, l'homme idéal n'est plus le fils d'une patrie mais un citoyen du monde.


Le libéralisme.

Cette doctrine, essentiellement économique, part du postulat selon lequel la recherche par les hommes de leur intérêt personnel mène à la réalisation de l'intérêt général. C'est la théorie de la main invisible, prônée par le britannique Adam Smith dans son ouvrage " Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776). Les échanges économiques doivent donc être libres, puisque la recherche par chacun de son profit égoïste est sensée conduire au bien commun.
Le libéralisme gouverne aujourd'hui en maître les échanges internationaux. A la plus grande satisfaction des businessmen, on gomme de plus en plus les frontières, entraves à la libre circulation des marchandises, des capitaux et des travailleurs (considéré en la matière comme de simple facteurs de production).


Le paradoxe de la guerre froide.

Pendant un demi-siècle, marxisme et capitalisme ont joué de leur opposition apparente pour exclure du champ politique tout autre type d'organisation politique. " Monde libre " ou dictature stalinienne ? " Oppression des travailleurs " ou paradis soviétique ? Un antagonisme astucieux au service d'une même vision matérialiste et économique de l'homme. Car si Soviets et Ricains s'opposaient, c'était finalement plus par leur même soif de domination que par la nature de leurs projets. Les uns comme les autres entendaient écraser identités et particularismes au profit de leur impérialisme respectif.


La fin de l'histoire

Lorsque le bloc soviétique s'est effondré de lui-même, un obscur universitaire américain, Francis Fukuyama, a accédé à la notoriété internationale en annonçant " la fin de l'histoire ".
Dix ans plus tard, alors que les aspirations au renouveau identitaire se manifestent sur tous les continents et que le modèle américain n'en finit pas d'être éclaboussé par ses crimes, Fukuyama n'a pas varié. Le 26 février, il concluait en effet un entretien au Figaro par ces mots : " L'Amérique reste, quoi qu'on en dise, l'avenir de l'Europe. Les accents sont différents, mais il n'y a qu'un seul système de valeur ".
Ce modèle univoque, repose à la fois sur le très marxiste sens de l'histoire - " on ne résiste pas au progrès " - et la très californienne révolution informatique - " bienvenue dans le village planétaire ".
Si l'affirmation des diversités apparaît encore de temps en temps dans la bouche des promoteurs de la mondialisation, ce n'est que pour mieux masquer sa véritable nature, dévoilée lors du conflit au Kosovo par le général US Wesley Clarke : imposer la société métissée - " multiculturelle " - à l'humanité entière.

G.L.



Mondialisation : les coupables et les victimes.


La mondialisation est un fait, et sans aucun doute la réalité la plus tangible des sociétés humaines modernes. Elle est en outre la réalité qui s'oppose le plus radicalement à notre conception enracinée de l'homme.

Totalitarisme global à multiples facettes


La mondialisation peut d'abord apparaître comme un phénomène purement marchand lié à la sphère de l'économique. C'est l'économie qui imposerait une uniformisation des "besoins" et qui, peu à peu, viendrait à bout des particularismes, en imposant une consommation de masse valable pour tous les peuples.
Afin d'imposer leurs produits au marché le plus large - le marché mondial -, les "global leaders" généreraient une sous-culture chargée de repères marchands à destination de l'humanité toute entière. Il s'agirait d'uniformiser le marché mondial ou, plus exactement, dans un nouveau paradoxe socio-économique, de renverser à l'échelle planétaire les rapports naturels entre fabricants et consommateurs.
Dans un monde où l'individu serait définitivement ravalé au rang de simple et vulgaire consommateur, l'enjeu serait de mettre la demande en adéquation avec l'offre. Le produit ne répondrait plus à un besoin, à une demande de l'individu: au contraire, ce serait le consommateur, désormais dépourvu de repères communautaires et incapable de volonté, qui devrait s'adapter à l'offre.

Face à la réalité de l'ultra-libéralisme triomphant, une opposition semble née. Celle-ci, en gestation à Porto Alegre, se pose comme "société civile mondiale". Cette dénomination suffit à nous faire comprendre que cette soi-disant alternative au système, la seule qui ait la faveur des medias, incarnée par des gens comme José Bové, ne propose finalement qu'une autre approche du mondialisme, toujours dans le mépris des identités ethniques et culturelles et, cette fois-ci, dans une revendication cosmopolite exacerbée.
"Où se situe actuellement le barycentre de la globalisation ? Les réalistes répondent que seule la capitale du "nouveau grand frère" peut désormais servir de phare à un monde dominé par les valeurs libérales. Les cyniques considèrent que le sommet de Davos est un meilleur symbole du discours dominant. Les idéalistes préfèrent rêver au développement de valeurs universelles autour du Forum social mondial" (Jacques BOURGEOIS in Le Journal des Finances, 03/02/01).
Hors de la globalisation et de la mondialisation, point de salut ! L'ultra-libéralisme mondialiste a généré sa propre opposition: mondialiste elle aussi. Le but évident est d'empêcher l'émergence d'oppositions radicales: identitaires et donc anti-mondialistes.


Le politique cannibalisé par les oligarchies


Lorsque l'économie prime, c'est la mort du politique qui s'annonce. La pantomime démocratique américaine en est la démonstration et annonce ce qui arrive déjà en France et en Europe occidentale: le politique a pour seule fonction de sauver les apparences. Il fait comme si les choix dépendaient de ses conceptions idéologiques alors qu'ils lui sont imposés par les décideurs économiques dont il n'est que l'homme de paille. Aux Etats-Unis, il n'y a plus, depuis bien longtemps, de réelle différence idéologique ou d'approche en matière de politique étrangère entre les représentants fantoches des deux pseudo partis qui se partagent le pouvoir.
Précisément, dans le cadre de la mondialisation, le pouvoir n'appartient pas aux élus du peuple, mais à des oligarchies. La représentation politique est un leurre. Dans le système ploutocratique à échelle mondiale, le pouvoir appartient aux dirigeants des grandes sociétés financières, industrielles ou commerciales.
Les instances gouvernementales sont chargées de favoriser les échanges à l'échelle planétaire, ni plus, ni moins. Que Laurent FABIUS et Koffi ANNAN répondent à l'invitation de Klaus SCHWAB et Claude SMAJDA, respectivement fondateur et directeur général du grand show de Davos, illustre bien la soumission de la hiérarchie politique aux maîtres de la finance mondiale.

La ploutocratie - le pouvoir de l'argent - n'est pas un principe de gouvernement accepté et défini, mais un état de fait: elle ne se revendique jamais comme telle. Ce système, qui n'a pas vocation à se dévoiler en pleine lumière, parvient à ses fins grâce à la manipulation de l'opinion publique. Il y a conjonction d'un triple pouvoir financier, politique et médiatique, les deux derniers n'étant que des relais du premier. La presse a besoin de la publicité pour subsister. Cette situation permet par exemple aux centrales d'achat d'espaces publicitaires de pouvoir décider du sort de tel ou tel journal. Les medias, radios ou télévisions compris, qui n'accepteraient pas d'appliquer les orientations éditoriales exigées par le financeur, seraient vouées à la disparition.
Déjà, entre 1888 et 1905, l'ambassadeur de Russie en France avait versé un million de francs or afin que la presse assure la promotion du fameux " emprunt russe "… et qu'elle omette de relater les graves revers subis par le régime tsariste finissant. La situation n'est donc pas nouvelle, si ce n'est que les ploutocrates imposent aux medias qu'ils font vivre d'être les fidèles relais du mondialisme, de la sous-culture américaine de masse et de faire l'apologie, en Europe, d'une société cosmopolite et métissée.

La mondialisation : une maladie sociale internationale.


Si elle fait le bonheur et la fortune des capitalistes, la mise en œuvre mondiale des schémas ultra-libéraux s'accompagne de manifestations catastrophiques en termes de rapport sociaux et d'équilibre géopolitique. Elle implique une standardisation systématique du genre humain (les hommes ont tous entre les mains la même boîte de coca) et une perversion généralisés de l'économie mondiale et notamment européenne.

Les délocalisations (c'est-à-dire le départ d'entreprises vers des pays où la main d'œuvre est moins chère, comme ceux d'Asie du sud-est) se font au détriment des travailleurs européens laissés sur le carreau. Ce phénomène est conséquence de la mise en concurrence (sur le marché mondial) de nations dont les différences de niveaux de vie sont énormes.
L'immigration que nous subissons de plein fouet nous conduit droit au chaos ethnique.
La " fuite des cerveaux" est symptomatique du pillage, essentiellement par les Etats-Unis, des ressources intellectuelles des pays moins riches. Grâce à leurs importants investissements publics et privés de recherche-développement, ils aspirent non seulement les compétences des pays du Tiers-Monde, mais aussi celles des pays Européens. Ainsi, en 1999, les Etats-Unis ont délivré 6665 visas à des spécialistes qualifiés en provenance du Royaume Uni, 2633 venant de France, 2451 pour l'Allemagne et 1619 à des ressortissants Russes.

La quasi disparition des entraves aux frontières provoque la ruine d'industries françaises et européennes à faible valeur ajoutée
Si en Europe, statistiquement, les échanges extra-communautaires représentent seulement 17% du commerce extérieur des pays membres, nous subissons pourtant les conséquences dramatiques de la mondialisation.
La mondialisation économique ne passe pas seulement par la balance extérieure. N'oublions pas que les implantations d'unités de production américaines en Europe sont une réalité. Par exemple, le "coca" consommé sur notre continent est fabriqué en Europe. Un marché, techniquement, est plus facile à investir, surtout par des produits alimentaires, lorsque la fabrication se fait à proximité des lieux de consommation. Ne perdons pas non plus de vue que le modèle yankee à visée planétaire s'est largement répandu sur notre territoire, par le biais, par exemple, de l'implantation systématique des "Mc Do" qui proposent à la vente des produits "made in France". Enfin, télés, radios et magazines nous abreuvent de tous les repères de la société américaine à vocation universelle.

Le pouvoir mondialisé des oligarchies financières vise à faire d'une Europe coupée de ses identités le simple district d'un vaste marché mondial. Lorsque l'on a vu les armées européennes bombarder le peuple Serbe en lutte, précisément, pour son identité, et que l'on a décrypté la manipulation de l'opinion publique lors de cette guerre inique imposée par un nouvel ordre mondial à la botte des Etats-Unis, on comprend que la mondialisation a déjà fait des ravages en Europe et qu'il est grand temps de contre-attaquer !

Eddy MARSAN


 

Des contestataires sur mesure


La mondialisation, voilà un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre ces deux dernières années. Des journalistes, des intellectuels et même des agriculteurs se sont découverts un nouveau combat, une nouvelle cause : "l'anti-mondialisme". A leurs yeux c'est tout nouveau, ça vient de sortir. Ils prennent des postures vaniteuses, le menton en avant, et se présentent comme les sauveteurs du genre humain menacé par des multinationales voraces. A les observer, la mondialisation ne serait donc en marche que depuis 1997. Le jour où Ignacio Ramonet (directeur de la rédaction au monde diplomatique) écrivit son article "Désarmer les marchés", acte fondateur de l'association ATTAC. Le jour où José Bové démantelait le Mac Donald de Millau. Le jour où la crise boursière asiatique effrayait les marchés.
Ce réveil soudain prête à sourire. La mondialisation est en marche depuis plus de cinquante ans. Les mouvements nationalistes et les intellectuels de la nouvelle droite la dénoncent et la combattent depuis plus de trente ans. Le terme même de mondialisation est le fruit de cette lutte que nous menons seul et contre tous. Ce brusque ralliement, loin d'être salvateur, est plutôt inquiétant : les prosélytes essoufflés de la gauche trotskiste et libertaire récupèrent notre combat en le dissolvant dans une bouillabaisse intellectuelle dont eux seuls ont la recette. A terme, ils nous dépossèdent de nos idées en les déformant, voir pire en les détournant. De Edwy Plenel à Chevènement en passant par Bourdieu et Ramonet, tous sont de vieux gauchistes orphelins soit de la révolution prolétarienne, soit de la révolution républicaine, universelle et laïque.

Mais que recouvre le terme " mondialisme " dans leur bouche ? Pour Bourdieu, le mondialisme est synonyme d'ultra libéralisme, c'est à dire qu'il ne conteste pas l'entreprise de massification et d'uniformisation conséquence de la globalisation. Il en conteste juste la façon. On peut lire sous sa plume " Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l'Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational, c'est-à-dire européen (étape vers un Etat mondial), capable de contrôler et d'imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers". Le masque tombe. Cet anti-mondialiste appelle de ses vœux un Etat… Mondial. Partout dans leur bouche, nous retrouvons cet espoir d'un super Etat mondial.
Mais, ceci n'est pas surprenant. Georges Mendel, penseur phare de l'international trotskiste des années 70, annonçait que l'ultime objectif du trotskisme était la constitution d'un état international prolétarien. Rappelons au passage que José Bové, Bernard Cassen (président de l'association ATTAC) et les autres leaders autoproclamés de l'anti-mondialisme ont tous été nourris à ce biberon. Sur le site Web d'ATTAC on peut lire que "La lutte contre la xénophobie et le racisme et pour l'insertion sociale et l'égalité des immigrant(e)s constitue également un volet important de cette critique globale de la mondialisation néo-libérale" et qu'il faut "lutter contre la mondialisation néo-libérale et sexiste(sic)". Pour résumer, ce qui dérange ATTAC avec la mondialisation néo-libérale, c'est qu'elle ne soit pas intégrale. Ils exigent la libre circulation des personnes au même titre que la libre circulation des capitaux. De plus, assimiler la lutte contre la globalisation avec le combat féministe est relativement osé et propre aux phraséologies tordues des grandes heures du marxisme. Il n'est alors pas surprenant de retrouver les militants du "comité des sans papiers" et l'arrière garde féministe défiler à Porto Alegre au coté des militants d'ATTAC. Précisons que Porto Alegre est la seule commune brésilienne gérée par le parti des travailleurs, équivalent local de Lutte Ouvrière, ce qui explique la présence de notre Arlette Laguillé nationale lors de ce sommet en trompe l'œil. Tout ce petit monde post-soixante-huitard se retrouve donc autour du combat anti-mondialiste pour faire la fête en famille.
Chevènement était également présent, mais il faisait tache. D'ailleurs lors de son discours sur la nécessité de contrôler les flux migratoires, il fut hué par une foule en délire. Comment pouvait-il oser remettre en question la véritable motivation politique de ce sommet attrape couillon ? La taxe Tobin pour une taxation sur les transactions financières, à Porto Alegre, tout le monde s'en fout. L'important, c'est de reconstituer un prolétariat occidental en voie de disparition par l'apport massif de tous les crève-la-faim du tiers-monde. La révolution continue camarade prolétaire français… avec ou sans toi.
Et l'écologie dans tous ça ? Le pauvre Edouard Goldsmith, qui s'était également invité à la partie, est reparti de ce village féerique dépité. Sur LCI, il déclarait avoir le sentiment d'être un extraterrestre parmi cette foule sortie des poubelles de l'histoire soviétique. Edouard Goldsmith propose la reconstitution des communautés organiques traditionnelles coexistant en harmonie avec leur environnement. Communautés, seules capables de reconstruire un rapport d'interdépendance salutaire avec la nature. Mais à Porto Alegre, la nature, tout le monde s'en tape. De plus, on ne veut surtout pas entendre parler de communautés traditionnelles. A Porto Alegre, on est soit des immigrés exploités, soit des petits bourgeois racistes. Le monde est simple, n'est ce pas?

Le problème dans tout cela, c'est que ces imposteurs anti-mondialistes apparaissent sur tous les plateaux de nos journaux télévisés. Ils inoculent à la population l'illusion rassurante d'une opposition réelle au capitalisme féroce. Français, dormez tranquille, José Bové veille ! La question se pose alors de savoir pourquoi les journaux, les magazines, les télévisions entre les mains de holdings financiers, favorables au processus de globalisation, colportent le message de ces soi-disant adversaires à la mondialisation. Comment Lagardère peut-il être à Davos, et laisser ses groupes de presses couvrir le forum de Porto Alegre sous un jour favorable ? Comment expliquer que les journaux se soient fait l'écho du discours de la confédération paysanne (syndicat paysan de gauche) de José Bové qui vient de découvrir l'agriculture traditionnelle après avoir défendu l'agriculture kolkhozienne, alors que cela fait déjà 20 ans que la coordination rurale (syndicat de droite nationale) condamne l'agriculture intensive ?
Depuis la chute du mur de Berlin, l'attention s'est surtout fixée sur les changements survenus à l'Est, mais à l'Ouest également des changements importants sont survenus depuis une dizaine d'années, comme en témoigne l'adoption récente par plusieurs pays d'Europe occidentale de lois portant directement atteinte à la liberté d'opinion, d'expression et de recherche. Pourtant, ces lois liberticides ne visent jamais les "anti-mondialistes" tendance beatniks, mais toujours les partisans d'une alternative économique enracinée, réellement écologique et respectueuse de la diversité des populations et de leur culture. C'est à dire, nous. Nous sommes en droit de nous poser la question de savoir pourquoi José Bové et tous ses compagnons ont si bonne presse ? Sont-ils manipulés ou sont-ils complices de la plus grande entreprise d'abrutissement des masses que l'histoire humaine ait connu ?


La réponse c'est Serge d'Agostino, professeurs de science économique et sociale, qui l'apporte dans une lettre ouverte au "Monde". Il déclare que "les deux courants (mondialiste et "anti-mondialiste") peuvent se rejoindre. […] Les industriels les plus influents du monde développé ont de bonne raison d'être favorable à la libre circulation des travailleurs au sein de l'économie mondiale : D'abord pour pallier leur difficulté à trouver une main d'œuvre adaptée à leurs offres d'emploi; ensuite, pour atténuer les revendications salariales en établissant une concurrence entre les salariés du monde entier". Non seulement ATAC et compagnie ne représentent pas une menace pour l'économie mondialiste, mais ils en constituent un des rouages fondamentaux. Les magnats de la finance ont pris leur calculatrice et ont soustrait le coût de la taxe Tobin aux énormes bénéfices que représente l'opportunité de puiser librement dans un vivier mondial de miséreux. Pour eux c'est tout bénéfice. Pendant qu'ATTAC préparera les esprits à la libre circulation mondiale des personnes (entendez des travailleurs), le grand capital achèvera la libre circulation planétaire des capitaux, des biens et des marchandises.

Certain diront que les membres d'ATTAC tiennent sur certains points un discours intéressant. Par exemple, ils avancent la nécessité du primat de l'homme sur l'économie. Ils revendiquent le droit des nations à protéger leurs activités vitales. Mais tout ceci est une tapisserie pour cacher d'autres motivations beaucoup moins avouables. Car ce n'est pas pour parler de "suprématie des valeurs socioculturelles sur les valeurs marchandes" et autre charabia du même tonneau que les transnationales les ont sortis de leur chapeau médiatique. Leur véritable mission, c'est d'entretenir un niveau critique de chômage en débloquant les barrières d'immigration.


Petits occidentaux bienheureux, sachez que jamais le chômage ne disparaîtra. Un flot incessant d'immigrés viendra éternellement grossir la cohorte des sans emploi. Car le chômage est la condition sine qua non de l'économie de marché. Il est la raison pour laquelle vous consentez à vivre dans un appartement deux pièces en banlieue, et à travailler dans des conditions aliénantes. Le chômage nourrit la peur qui vous pousse à travailler plus qu'il n'en faudrait. Il est la cravache du cavalier qui force le cheval à galoper toujours plus vite. Le rôle de nos "anti-mondialistes" est de faire en sorte qu'il y ait toujours des chômeurs en grand nombre de manière à entretenir une insécurité de l'emploi. José Bové et tous ses compères sont un des outils de la globalisation. Sont-il conscients de la mission que les capitalistes leur ont assignée ou sont-il manipulés ? Eux seuls le savent. Peut-être est ce tout simplement un échange de bons procédés. Offrez-nous de la main d'œuvre fraîche et nous vous donnons des prolétaires tout neufs.
Examinons, en partant d'un exemple récent, comment interagissent les différents acteurs lors d'une campagne destinée à préparer les esprits européens à un libre marché mondial de la main d'œuvre. Tout commence par un rapport de L'ONU qui annonce que l'Europe aurait besoin de 160 millions d'immigrés d'ici à 2025 pour rééquilibrer sa démographie. La gauche pseudo anti-mondialiste reprend cette position et l'utilise même comme argument pour régulariser l'ensemble des immigrés en situation irrégulière. Ensuite c'est au tour du patronat et de la droite d'abonder dans le même sens. Dans le monde du 10 février ou peut lire "Depuis quelques mois, les responsables de la droite et du patronat plaident en faveur d'une ouverture des frontières à l'immigration de travail ". Puis pour finir la ronde, nous avons le commissaire européen Antonio Vitorino qui déclare "L'admission d'immigrants économiques devrait de toute évidence répondre aux besoins du marché, notamment en personnes extrêmement qualifiées, mais aussi en main-d'œuvre moins ou non qualifiée ou encore en travailleurs saisonniers.". Voilà ! La boucle est bouclée.

Il est évident que nous autres, partisans d'une économie à visage humain, apparaissons comme des trouble-fêtes au sein de cette machine bien huilée. La voilà la raison du silence qui entoure nos actions politiques, nos revues, nos déclarations et prises de position. Dans cette pièce de théâtre où les acteurs sont choisis sur mesure nous n'avons pas notre place. Nos propositions pour une nouvelle politique économique serait fatales pour la " World Company ". Ce n'est pas seulement contre l'Etat français que nous luttons mais contre une association mondiale de malfaiteurs qui englobe les dirigeants occidentaux, les fumeux organismes non gouvernementaux (ATTAC, Greenpeace…) et l'ensemble des multinationales.

La lutte est trop inégale. N'espérons pas faire s'écrouler l'édifice avec nos petits bras musclés. Mais luttons pour que nos idées vivent et nous survivent. Même d'une faible lueur, l'essentiel est que notre pensée continue de briller. Conservons les cendres chaudes de la révolte, qu'un vent soudain viendra rallumer pour embraser la forêt. Le système qui abat son jeu aujourd'hui, manipule des forces qui le dépasse. Il est évident que dans un avenir proche, l'alchimie de l'ultra libéralisme et de la globalisation provoquera un Big-bang planétaire. Ce jour là, nous devrons être présents. Car seulement une poignée d'hommes éveillés pourra orienter les masses humaines mises en ébullition par un capitalisme en perdition.

Karl Hauffen



L'Homme n'est pas une marchandise !

 

Au slogan débile agité par les anti-mondialistes officiels - " Le monde n'est pas une marchandise ! " - nous, nationalistes révolutionnaires attachés au combat pour la dignité sociale des hommes et des femmes, pouvons opposer celui-ci : " L'Homme n'est pas une marchandise ! ".
Car, contrairement à ce que clame le slogan bovésien, le monde ne saurait être un objet de commerce. À moins que certains de ses habitants n'aient engagé des discussions avec les représentants d'une civilisation extra-terrestre… Dans ce cas José Bové peut postuler auprès de Chris Carter pour incarner Fox Mulder dans X Files !
Mais laissons les gauchistes à leur agitation stérile et complice.
En criant que l'homme n'est pas une marchandise, nous affirmons toute la vraie générosité, donc la noblesse, de notre combat. Car, ce qui nous distingue des autres forces politiques, c'est notre vision de l'homme - libre et enraciné - et de la société - organique et ordonnée.
En criant que l'homme n'est pas une marchandise, nous affirmons toute l'actualité de notre engagement. Face aux 200 multinationales qui mènent le monde et aux politiciens qui leur servent de DRH en facilitant l'immigration, les délocalisations et la libéralisation des échanges, nous sommes les seuls défenseurs des travailleurs. Contrairement aux syndicats institutionnels, nous ne sommes pas tenus par l'idéologie cosmopolite. Nous pouvons donc défendre ce mot d'ordre qu'ils ont trahi, le seul susceptible de mettre un terme aux horreurs de la mondialisation : " Vivre et travailler au pays ". N'était-ce pas l'un des prétextes avancés autrefois par Bové et les siens pour investir le Larzac ? N'était-ce pas, aussi, la revendication des fellaghas ? N'est-ce pas, aujourd'hui, le désir ardent des chefs d'État du Tiers-Monde dignes de ce nom ?
En payant le travail à son juste prix, en favorisant l'enracinement du travailleur et de sa famille dans sa terre, en organisant le retour chez eux des médecins africains, des informaticiens asiatiques et des enseignants arabes tout en permettant à leurs pays d'origine de se libérer de la tutelle des multinationales, alors nous offrirons à l'homme - qu'il soit européen, sud-américain, africain ou asiatique - les conditions de son épanouissement.
Mais pour y parvenir, il faut avant tout libérer le politique de l'économique. Il faut une révolution. Une révolution sociale et nationale. La nôtre.


Guillaume Luyt