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  JEUNE RESISTANCE 22


NOUS VIVONS UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

La guerre nucléaire secrète.


Voilà maintenant plus de 10 ans que les médias nous parlent du syndrome de la guerre du Golfe. Depuis la fin des hostilités, on constate un nombre anormal de décès ou de malades parmi les vétérans des armées alliées, notamment Française et Américaine. A l'époque, on en attribuait la cause aux effets secondaires des préparations injectées aux soldats afin de les protéger contre les attaques de gaz toxiques. Cette version avait l'avantage de préserver l'image d'armée propre des forces américaines, tout en soulignant l'inhumanité de Saddam Hussein, en faisant référence à son arsenal d'armes neurotoxiques. Ces vétérans malades ou déjà morts n'étaient en conséquence que les dernières victimes d'une guerre potentiellement chimique contre un dictateur monstrueux. Cette interprétation des événements convenait parfaitement aux journalistes et à leur schéma de pensée grossier. Bref, Si Saddam Hussein n'avait pas agité la menace d'une guerre chimique, nos jeunes soldats seraient toujours vivants. Cette version avait l'avantage de présenter sous les traits de victimes, des autorités américaines obligées dans l'urgence d'user de contrepoisons chimiques hasardeux.

Cependant dans l'ombre de la version officielle, reprise béatement pas tous les médias, une autre explication était avancée par l'Etat irakien. Mais dans la tête étroite de nos éditorialistes et rédacteurs en chef, tout ce qui venait de ce pays ne pouvait être que taxé de propagande, contrairement aux communiqués officiels de l'OTAN, estampillés vérité divine. La supercherie aurait été parfaite s'il n'y avait eu la guerre du Kosovo. Quelque mois après ce dernier conflit des soldats français, italiens, américains tombent à nouveau étrangement malades et meurent. Cette fois les journaux parlent du "syndrome des Balkans". Or au Kosovo, il n'a jamais été question de guerre chimique. La thèse des effets secondaires provenant des contrepoisons chimiques n'est plus suffisante. Le problème est ailleurs.

Or il y à déjà 10 ans, l'Etat irakien parlait de contamination à l'uranium appauvri de populations civiles et de territoires entiers. Puis c'est Milosevic qui, en 1994, accusait l'Otan d'utiliser des munitions à l'uranium appauvri contre les forces serbes de Bosnie qui encerclaient Sarajevo. Aujourd'hui on découvre avec stupéfaction que la dénomination de "Guerre propre" cachait en vérité l'utilisation d'armes radioactives hautement toxiques. Devant nos écrans de télévision la guerre semblait propre, mais sur le terrain elle avait un arrière goût de catastrophe nucléaire, sanitaire et écologique.
Aujourd'hui c'est officiel. Nous savons que lors du conflit irakien et de la guerre du Kosovo, l'armée américaine avait équipé ses chars, ses avions et ses hélicoptères de combat avec des projectiles perforants de grand et petit calibre à uranium appauvri. Ce métal est dense et pyrophore, c'est à dire qu'il s'enflamme spontanément en présence d'oxygène à des températures relativement basses. Lorsqu'il frappe un engin blindé, il ne s'écrase pas, il ne vole pas en éclats, il pénètre le blindage et chauffé à blanc, il se vaporise, formant un aérosol brûlant, meurtrier et dévastateur. Ses capacités de perforation de blindage sont nettement supérieures aux métaux traditionnels. L'utilisation de l'UA permet de disposer d'un avantage tactique certain sur le terrain. Les 4.000 tanks de Saddam Hussein ont été pulvérisés en quelques jours. Plus de 300 tonnes de ce métal ont été déversées sur l'Irak et 100 autres tonnes ont été lâchées sur le territoire serbe. Ces chiffres sont effrayants.
Pour se défendre, le pentagone affirme que l'uranium appauvri est moins radioactif que l'uranium naturel et que son utilisation dans les munitions n'est pas dangereuse pour l'homme. Cependant, de nombreux éléments, y compris des sources militaires américaines, viennent infirmer cette position. D'ailleurs, l'impossibilité pour les autorités américaine de démentir les arguments avancés par les opposants de l'uranium appauvri laisse envisager le pire.


Bombardements de déchets nucléaires

Mais pour comprendre l'ampleur du désastre, il faut d'abord savoir de quoi on parle. Qu'est ce que l'uranium appauvri (UA) ? L'uranium naturel est utilisé comme combustible nucléaire dans les centrales atomiques. Dans un morceau d'uranium, on trouve en proportions constantes deux sortes d'atomes (isotopes) d'uranium différents : l'uranium 238 (U238) qui constitue 99,3 % du mélange et l'uranium 235 (U235) qui forme les 0,7 % restants. Toutefois, seul l'isotope U235 subit facilement le phénomène de la fission qui est à la base de la production d'énergie nucléaire. Pour assurer le bon fonctionnement des réacteurs des centrales nucléaires, la proportion dans l'uranium de l'isotope U235 doit atteindre environ 3 à 5 %, soit un pourcentage nettement plus élevé que les 0,7 % rencontrés dans l'uranium naturel. Afin d'obtenir un bon combustible nucléaire, il convient donc d'enrichir cet uranium naturel en U235. Pour cela on transfère l'U235 d'une barre d'uranium sur une autre. Ce que l'on ajoute à une partie du métal est évidemment retiré à l'autre; d'ou la production simultanée d'uranium enrichi et d'uranium appauvri.
L'uranium appauvri est chimiquement toxique, mais c'est surtout un émetteur de particules alpha d'une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d'années. L'utilisation de l'uranium appauvri comme perforateur de blindage accroît ses effets nocifs. Des tests réalisés par l'armée américaine ont révélé que 18% à 70% d'un perforateur à uranium appauvri en se consumant et en s'oxydant, se transforme en particules extrêmement petites au moment de l'impact(1). Lorsque l'obus touche l'objectif, une très haute température transforme instantanément l'essentiel de l'UA en un nuage de microscopiques particules insolubles d'oxyde d'uranium UO2 ou UO3. L'effet ne sera donc pas limité au lieu de l'impact. Présentant une vitesse de chute négligeable, cet aérosol d'oxyde d'uranium en suspension dans l'air peut, porté par les vents, franchir des dizaines de kilomètres, être inhalé et ingéré par les habitants(2).
Lorsque ces particules volatiles sont inhalées par l'homme, elles se mettent d'abord dans les poumons, puis peuvent voyager dans le sang et se déposer dans le cerveau, les reins, les os, le système reproductif, les muscles et la rate. Une personne contaminée par l'uranium appauvri risque de développer des lésions rénales, des cancers du poumon et des os, des maladies respiratoire non malignes, des problèmes de peau, des troubles neurocognitifs, des lésions chromosomiques, et des malformations à la naissance.
De plus, les projectiles intacts, eux aussi, présentent un risque. Une note interne de la U.S. Defense Nuclear Agency faisait remarquer que "les particules alpha (poussières d'oxyde d'uranium) des projectiles épuisés sont inquiétantes pour la santé mais les particules bêta provenant des fragments et des projectiles intacts présentent également un sérieux risque pour la santé, avec un taux possible d'exposition de 200 millirads par heure s'il y a contact". En effet, des obus et balles intacts retrouvés prés des zones de combat en Irak et au Kosovo présentaient un fort rayonnement radioactif.
Touts les secteurs où des perforateurs à uranium appauvri ont été employés sont contaminés et contaminant. Selon un rapport de la U.S. Army Chemical School : "Les composés solubles d'UA se dissoudront facilement et se déplaceront avec l'eau de surface ou les nappes phréatiques. Boire l'eau contaminée, l'utiliser pour le nettoyage ou tout autre contact avec cette eau répandront la contamination… Après la contamination de l'air et de l'eau, l'UA se dépose dans le sol. Une fois qu'il s'y trouve, il y reste à moins qu'il n'en soit retiré. En d'autres termes, la zone restera contaminée et ne se décontaminera pas d'elle-même". Or, le nettoyage d'une zone touchée, implique de retirer la couche supérieure du sol contaminé pour la stocker dans des conteneurs à l'instar des déchets radioactifs. Lorsqu'il s'agit de régions cultivables un tel procédé s'avère dévastateur. La région de la Beauce (grenier à blé français) par exemple serait transformée en un désert stérile. De plus, le nettoyage est extrêmement coûteux. Il va sans dire que l'armée américaine n'a procédé à aucun nettoyage, ni en Irak ni en Serbie, laissant des populations entières vivre à proximité de zones considérées comme contaminées et dangereuses.
Mais la polémique ne s'arrête pas là. En plus des Isotopes U235 et U238 ordinairement présent dans l'uranium brut, on détecte sur certains malades des traces de l'isotope ultra toxique U236. Or, cet isotope n'existe pas dans l'uranium à l'état naturel. La raison en est simple : il s'agit du plutonium, le métal le plus toxique qui soit. Tellement toxique qu'il est l'élément de base de la bombe H (la bombe atomique). L'uranium employé dans les projectiles ne provient donc pas du processus de l'enrichissement exposé plus haut dans cet article. En effet, l'autre moyen d'obtenir de l'uranium appauvri est de retraiter les combustibles usés des centrales nucléaires. Le CEA nous explique qu'il existe deux autres méthodes pour obtenir de l'UA : "Lorsque l'on retraite du combustible usé, on obtient de l'UA. Même chose lorsque l'on réenrichit cet uranium de retraitement. Dans les deux cas, il est normal de trouver de l'uranium 236 et des traces de radio nucléides, comme le plutonium, produits au cours de la fission dans le réacteur." . Pour rester simple, la CEA nous annonce que nous avons affaire à des déchets nucléaires. Les munitions utilisées par l'armée américaine sont constituées d'uranium appauvri résultat du processus de combustion de centrales nucléaires civiles. Tout est dit… Les Américains ont utilisé des déchets nucléaires radioactifs dans leurs bombes. Aux total, 400 tonnes de mini bombes nucléaires déversées en Irak, en Bosnie et au Kosovo.


Nouvel ordre criminel mondial

Quelques semaines après le conflit irakien, cette nouvelle guerre technologique avait ravi tout le monde. On parlait de frappe chirurgicale, de population civile épargnée, de guerre " zéro mort ". Bref, des conflits comme on les aime dans les chaumières occidentales. Malheureusement 10 ans après, le bilan est beaucoup moins ravissant.
En Irak, le nombre de cancer parmi la population civile a augmenté de manière caractéristique. A cela s'ajoute une explosion des naissances de nourrissons anormaux. Un nombre effrayant d'enfants difformes peuple désormais les centres hospitaliers irakiens. L'embargo américain ne fait qu'aggraver une situation déjà catastrophique. Des images insoutenables sur l'état sanitaire des hôpitaux irakiens, et plus particulièrement sur la qualité des soins apportés aux enfants malades, nous sont volontairement cachées. La bonne conscience puritaine anglo-saxonne ne s'en remettrait pas. En tout et pour tout, cette guerre aura fait 1,5 millions de morts irakiens (victimes de l'embargo comprises). Pour se faire une idée du désastre, cela correspond au nombre de soldats français tombés lors de… la première guerre mondiale. La guerre n'a pas changé, elle reste meurtrière.
Au Kosovo, il est encore trop tôt pour dresser un bilan. Mais les événements de la précédente guerre de Bosnie nous permettent de nous faire une idée sur ce qui attend les populations serbe et albanaise. En effet, Lors du conflit bosniaque l'Otan a également utilisé des armes à uranium appauvri. 5 ans après les faits, les docteurs serbes constatent aujourd'hui une augmentation de 10% de la mortalité à causes des maladies malignes, principalement cancer et leucémie, parmi les réfugiés serbes venant de zones où des armes à uranium appauvri ont été utilisées. Ceci fait froid dans le dos. Une doctoresse de Bratunac (ville qui accueille de nombreux réfugiés serbes) Slavica Jovanovic déclare : "Compte tenu de l'expérience acquise à ce jour avec l'uranium appauvri, on peut établir un rapport entre cette substance et l'augmentation de certaines maladies constatées par les médecins de Bratunac."
Nous voilà devant la dure réalité. Le nouvel ordre mondial tant vanté, tant adulé par nos penseurs idiots, se présente devant nous, les mains recouvertes de poussières radioactives. Des milliers de vétérans, des centaines de milliers de civils, d'enfants, de femmes victimes de ce nouvel ordre mondial. Enterrés dans l'ignorance pour les plus chanceux, souffrant une vie de cauchemar pour les survivants malades. Rappelons au passage que dans l'histoire la seule et unique nation à avoir utilisé des armes atomiques reste les Etats-Unis d'Amérique. Quand cette impunité va t-elle cesser ? Les Serbes et les Croates ont comparu devant le tribunal de la Haye, cour de justice partiale. Les juges des procès staliniens avaient plus de tenue à coté de ces magistrats internationaux corrompus et complices silencieux de la mort des femmes et des enfants irakiens, serbes et albanais. Désormais les tribunaux civils traquent les vieux dictateurs et criminels de guerre. Papon, bientôt centenaire, condamné pour des délits perpétrés cinquante ans auparavant. Ils veulent nous faire croire que personne n'échappe plus désormais à la justice.
Nous, nationalistes, ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les crimes vieux de cinquante ans, mais ceux commis aujourd'hui. Pour ceux-là, il faudra un jour dresser de vrais tribunaux indépendants, et y convoquer les authentiques criminels de guerre. L'embargo irakien, l'emploi d'armes à uranium appauvri et pire encore, l'utilisation de déchets nucléaire dans les munitions : actes à l'origine de centaines de milliers voir de millions de morts. Voilà les chefs d'inculpation dont devront répondre Bush (les deux), Clinton, Chirac, Blair et les autres.


(1) Dan Fahey - GRID DATA, (Traduction de : Depleted Uranium : a post-war disaster for environment and health" - Laka Foundation - Mai 1999)
(2) Luc Mampaey, attaché de recherche au GRIP, GRID DATA

Karl Hauffen