INTERVIEW
GUILLAUME FAYE
1/ Vous semblez croire que
l'évolution logique de l'immigration est une guerre
ethnique d'importance. Ne pensez vous pas que le système
soit capable de gérer la situation sur la durée
et de la maintenir au niveau d'une " guerre ethnique
de faible intensité " ?
Bien sur que le système
en est capable. Mais il peut aussi en être incapable,
comme il a été incapable de gérer les
flux migratoires ou d'éviter l'implosion de l'Education
nationale. D'autre part, nous avons en face de nous un islam
ouvertement conquérant (il suffit de se renseigner
sur ce qui se prêche dans les mosquées et ce
que publie la presse interne musulmane dans toute l'Europe),
et une masse importante d'allogènes qui veulent en
découdre, par esprit de revanche. D'autre part, nous
vivons actuellement le passage d'une situation de forte criminalité
à celui d'une guerre ethnique rampante, qui n'a plus
seulement un caractère délinquant mais politique.
Avec une tolérance incroyable des autorités
envers les actes de violence exponentiels des allogènes.
Il n'est pas nécessaire pour qu'une explosion se produise
qu'on en arrive à une guerre civile totale, du style
guerre d'Espagne. Tout est affaire de seuil de perception
par la population, et celui-ci est très bas. D'autre
part, pour des raisons structurelles, je crois au déclenchement
d'une crise Economique géante en Europe dans quelques
années, synonyme de paupérisation massive, du
fait du basculement démographique (papy boom) : de
moins en moins d'actifs et de plus en plus de retraités
et d'allocataires, y compris immigrés. C'est que on
appelle la banqueroute du budget social. Ce sont mes longues
conversations avec Maurice Allais, seul Prix Nobel français
d'Economie, qui m'ont conduit à cette hypothèse.
Tant que les caddies seront pleins, des désordres ethniques,
même de forte intensité, ne provoqueront pas
de réactions des autochtones. Mais la conjonction d'une
paupérisation importante et d'une guerre civile rampante,
les deux phénomènes se démultipliant,
ont des chances d'amener à ce que Carl Schmitt appelait
l' Ernsfall (cas d'urgence ou point de basculement).
Mais, bien entendu, je ne suis pas prophète. J'estime
à 50% de chances une guerre civile ethnique d'ici 2010,
que les institutions, débordées, seront incapable
de gérer. Attention à ne pas surestimer le système,
travers fréquents dans les milieux radicaux, dans lequel
je suis naguère tombé.
A certains de mes détracteurs qui m'imputent un romantisme
de la catastrophe, je réponds deux choses : 1o il ne
faut pas avoir une vision irénique et pacifiée
de l'histoire, dans laquelle les catastrophes seraient définitivement
bannies et gérables par un système néo-libéral
rationnel et surpuissant. 2o La futurologie peut se tromper,
mais elle peut aussi ne pas se tromper. On a raillé
ceux qui, en 1910 et en 1938, prévoyaient une guerre
mondiale, ceux qui, dès les années 70 annonçaient
la chute de l'URSS, etc.
2/ Cette même croyance
en une conflagration, une guerre ethnique, n'est-elle pas
démobilisatrice ? N'est-ce pas une nouvelle version
des mythes " d'attente " dont la droite nationale
est friande ? Après avoir attendu la prise du pouvoir
par l'armée, le réveil de la majorité
silencieuse, etc. Ne va-t-on pas attendre " la guerre
ethnique qui nous donnera la victoire " ?
Là encore, une objection
classique, mais non valide. Enoncer des probabilités
n'est jamais démobilisateur. Ce qui est démobilisateur,
c'est le discours libéral du tout va bien, tout sera
géré, dormez en paix, braves gens. Ou le fait
de minimiser les conséquences de la conjonction catastrophique
de notre submersion ethnique et de l'invasion par l'islam.
A l'inverse d'intellectuels de droite qui dissertent de peccadilles
ou racontent leur vie quand le feu dévore la maison,
je parle de choses bien réelles et urgentes, d'une
montée objective des périls qui se déroule
sous nos yeux, de manière tonitruante. La prise de
pouvoir par l'armée ou le réveil de la majorité
silencieuse étaient des spéculations fantasmagoriques
et abstraites. En revanche, la guerre civile ethnique est
une possibilité sociologique extrêmement forte,
qui est prédite et redoutée par maints observateurs
français et étrangers qui n'ont rien de droite.
D'ailleurs, certains protagonistes ne s'en cachent pas. Ils
parlent ouvertement de conquête de l'Europe, politique,
religieuse, ethnique. D'autre part, je n'ai jamais dit que
la guerre ethnique nous donnera la victoire, ni que je m'en
réjouissais. J'ai simplement dit et écrit (ce
qui m'a valu entre autres mon procès, preuve que le
système n'est pas fou et réprime les vérités
dérangeantes) que la guerre ethnique était une
des chances éventuelles pour résoudre à
chaud le problème que vous savez, qui ne peut plus
trouver de solution rationnelle et pacifique à froid,
parce que le point de non-retour est dépassé.
En histoire, ce sont dans les crises que les mentalités
basculent. Bien entendu, il ne s'agit pas d'attendre béatement
et passivement cette confrontation (possible mais non certaine),
comme une sorte de miracle salvateur ! Il faut simplement
se préparer à ce qu'elle ait lieu, mais aussi
à ce qu'elle n'ait pas lieu, c'est-à-dire, dans
ce cas, à une très longue résistance
et à une reconquête. Dans les deux cas, mon analyse
est mobilisatrice et positive.
3/ Vous axez votre dénonciation
de l'immigration sur les arabo-musulmans ? Est-ce que cela
veut dire que vous considérez que certaines immigrations
sont préférables à d'autres ? En clair
préférez-vous un Tamoul polythéiste ou
un Rwandais catholique à un Algérien musulman
?
Objectivement, l'immigration
afro-maghrébine musulmane est celle qui pose le plus
de problèmes. D'autre part elle est la plus nombreuse,
et de très loin.
Mais il faut bien comprendre que ma position est ethniste
et sociobiologique. Au delà de savoir qui est le bon
immigré et le mauvais immigré, je raisonne,
comme le ferait un Indien, un Arabe, un Chinois ou un Zoulou
: par principe, je refuse que le germen de mon peuple soit
altéré, car il est la racine de la civilisation.
On peut abolir une déculturation, pas une altération
du socle anthropologique, rongé par le métissage
et la colonisation allogène. Ma position se décline
en trois points : 1) j'aime bien tous les allogènes
chez eux. Pas chez moi. Eux-mêmes raisonnent de la même
manière ! 2) Toute immigration de masse est nuisible
et dangereuse, pour tout peuple, car elle signifie à
terme la substitution. d'une population biologique par une
autre, ce qui se produit sous nos yeux, dans les chiffres.
3) Concrètement, la plus dangereuse immigration-colonisation
concerne aussi la plus nombreuse : celle des afro-maghrébins
musulmans, les plus agressifs et conquérants. La priorité
est donc claire. Ce que ne veux pas dire, loin de là,
que je me réjouisse de l'arrivée de polythéistes
ou de chrétiens d'autres continents.
4/ En mettant l'accent sur
les nuisances causées par les immigrés n'est-ce
pas dénoncer les effets sans dénoncer les causes
? Est-ce que vous ne pensez pas que les véritables
responsable de la situation sont ceux qui font venir les immigrés
- c'est à dire le patronat dans son ensemble - plutôt
que les immigrés eux-mêmes ?
Cette objection là encore
très fréquemment entendue ne tient pas. Comprenez
que nous raisonnons dans l'urgence, ce qui n'était
pas le cas il y a vingt ans. Je suis bien d'accord que les
causes de l'immigration-colonisation sont d'abord à
chercher en nous-mêmes. Et alors ? Quand le bateau coule,
vous avez deux solutions : colmater la brèche ou faire
une enquête pour savoir qui est responsable de la voie
d'eau ; quand la maison brêle, vous pouvez ou appeler
les pompiers ou réfléchir doctement aux causes
de l'incendie. Choisissez. Il faut à la fois combattre
les causes et dénoncer les effets. A la fois colmater
la voie d'eau et réfléchir à ce qu'il
n'y en ait pas d'autres.
Donc, je suis parfaitement partisan de réfléchir
sur les causes de cette colonisation de peuplement, ce que
je ne cesse de faire dans mes écrits et mes meetings.
Encore faut-il ne pas se tromper de causes ! Car je vous signale
que, depuis plus de quinze ans, les nouveaux colons ne sont
plus appelés par le patronat, ne sont plus des exploités,
mais sont des allocataires attirés par la pompe aspirante
de nos lois sociales et de l'idéologie humanitaire.
Il faut en finir avec cette thèse biaisée de
l'immigré-victime, de l'immigré-esclave, de
l'immigré-exploité. Raisonnons de manière
politique comme le font tous les peuples de la Terre qui défendent
leur sol et leur sang, et pas de manière morale.
D'ailleurs, en cette matière, combattre la cause et
l'effet est rigoureusement la même chose, ce que je
m'efforce d'accomplir : car redonner aux Européens
une conscience ethnique, les débarrasser de leur pathologie
humanitariste et communautariste, de leurs ethnomasochisme,
de leur xénophilie, dénoncer la complicité
d'Elites manipulatrices néo-trotkistes ou ultra-libérales,
c'est évidemment les inciter à la résistance
et à la reconquête. Or c'est cela que je ne cesse
de faire ! Je dénonce les vraies causes et non pas
les fausses causes et je ne me laisse pas impressionner, à
l'inverse de beaucoup à droite, par le mythe du gentil-immigré-qui-n'y-peut-rien.
Décidemment, j'ai toujours préféré
Machiavel aux sanglots des disciples de Bernanos...
5/ Dans vos récents ouvrages vous dénoncez
avec force l'homosexualité masculine et féminine
comme des composantes de la décadence des peuples européens.
Or dans votre livre Sexe et idéologie paru au Labyrinthe
en 1983 vous aviez une position beaucoup plus " ouverte
" écrivant, par exemple, que vous préfériez
" les pédés, les tantes et les travestis
" aux " beaufs ". Est-ce que votre pensée
a changée sur ce point ou est-ce l'évolution
du mouvement gay qui a modifié votre point de vue ?
Il n'y a que les imbéciles
qui ne changent jamais d'avis, disait Paul Valéry,
en ajoutant : il n'y a que les éponges qui adhèrent.
Or, n'étant pas nécessairement un imbécile
ni une éponge, j'ai changé d'avis sur ce point
(comme sur l'islam, dont j'étais un chaud partisan
au début des années 80, et dont je ne le suis
plus, au regard des faits et de ma connaissance du sujet).
Je n'ai rien contre les homosexuels, pas plus que contre les
végétariens, les collectionneurs de capsules
de bouteilles de bière ou les adorateurs des Aliens.
Simplement je constate que, de normales et légitimes
revendications de tolérance privée, les homos,
par une sorte de frustration de n'être plus réprimés,
en arrivent maintenant à l'exigence d'une espèce
de supériorité morale, de droit public à
la différence et, au final, aux privilèges !
C'est l'homophilie obligatoire, synonyme pour moi de dévirilisation
d'une société. La Gay Pride est un spectacle
affligeant qui indique, non pas une société
jeune et dynamique, mais une société vieillissante
et fantasmatique.
Il y a une conjonction objective entre l'homophilie, l'anti-natalisme,
l'ethnomasochisme et le féminisme des quotas. Je le
dis d'autant plus volontiers que je suis bien loin d'être
un puritain, ayant longtemps travaillé dans ce qu'on
appelle le X.
L'homosexualité est une déviance, qui bafoue
la loi naturelle. A ce titre, si elle peut être tolérée
dans la sphère privée, elle ne peut l'être
dans la sphère publique, ni acquérir un statut
social.
6/ La lecture de vos livre
ne devrait-elle pas conduire logiquement à un grand
retournement des positions de la mouvance nationaliste inspirée
par la ND : abandon du soutien à la politique étrangère
de type gaullienne et retour à une solidarité
occidentale des " peuples blancs " ?
Vous n'avez pas tout à
fait tort, mais il faut quelques précisions. D'abord,
la Nouvelle droite ( c'est à dire le Grece, essentiellement
trois ou quatre intellectuels principaux, un trimestriel et
deux revues annuelles à faible tirage) n'est plus que
l'ombre de ce qu'elle était quand je l'ai quittée
en 1986 : effondrement de l'audience et de la diffusion, hémorragie
de cadres, etc. La seule influence politique de la ND fut
de rendre le FN anti-américain. La mouvance nationaliste
ne peut plus du tout s'inspirer de la ND, dans la mesure où
cette dernière ne cesse de mépriser et brocarder
la première avec virulence (voir à ce propos
le dernier- et très moyen- livre d'A. de Benoist),
et qu'elle développe des thèses qui sont objectivement
celles de la deuxième gauche. Ce qui d'ailleurs la
place en porte-à-faux dramatique par rapport à
son public qui la déserte. Elle décalque totalement
les positions du Monde diplomatique, qu'elle admire ouvertement
mais qui ne lui rend évidemment pas la politesse. La
ND a commis l'erreur stratégique fatale de vouloir
se rendre présentable aux yeux de l'intelligentsia
du système, par une sorte de surenchère intellectualiste.
Résultat : elle perd ses amis, tout en étant
toujours diabolisée à tort d'ailleurs, puisque
ses positions ne sont plus dissidentes et que son discours
appartient à l'arc politico-intellectuel toléré
par l'idéologie hégémonique. Elle est
devenue une fausse opposition, une dissidence en forme de
simulacre.
Les thèses actuelles de la ND (et j'en ai partagé
beaucoup jadis quand j'étais un de ses idéologues
officiels, mais j'en ai changé) sont invariables sur
le fond depuis 25 ans et ne correspondent plus du tout aux
enjeux dramatiques d'aujourd'hui, ni au paysage idéologique.
Cette ND vieillie analyse mal le monde présent et futur,
paralysée par les grilles intellectuelles de la modernité
des années 60, qui la fascinent toujours. Elles consistent
à décliner sous diverses formes l'impératif
d'ethnopluralisme et la croyance (1967) de feu Mac Luhan en
un village global planétaire, en réseau, qui
serait l'avenir, avec le communautarisme, le localisme, et
autres anciennes lunes, alors que, comme je l'ai montré
dans L'Archéofuturisme l'avenir sera (et s'avère
déjà) un retour tonitruant des peuples, des
nations, des blocs ethniques, d'une géopolitique de
force ! Cela étant dit, je dresse une critique objective
et non polémique de cette ND canal historique, qui
a fait un beau travail mais qu'il faudrait songer à
remplacer par une seconde ND (sans l'appellation, évidemment).
La ND, pourtant accordons-lui ses mérites n'a jamais
cessé d'être gaullienne, et se prononce, comme
moi (c'est notre unique point de convergence sérieux)
pour une Europe totalement indépendante des Etats-Unis
et dégagée de l'OTAN, l'instrument de leur impérialisme
et de leur hégémonie. Sur le Kosovo, par exemple,
nous étions en plein accord. En revanche, je suis en
désaccord profond avec la ND sur l'islam, l'immigration,
la forme de l'Europe future, l'économie, l'éthique,
la géopolitique etc. Et mon objectif est que l'ensemble
de la mouvance nationaliste (et bien au delà) suive
mes nouvelles positions, ce qui est d'ailleurs en train de
se produire. C'est-à-dire essentiellement :
1) Contre le principe d'une Europe ethnopluraliste et communautariste,
incluant l'Islam, mais pour une Europe ethnocentrée,
associée à la Russie (Eurosibérie) et
fondée sur une politique de puissance.
2) Abandon radical du tiers-mondisme, véritable myopie
ethnomasochiste, lubie de journalistes mal informés
et complexés par l'hypocrite éthique de gauche.
3) S'opposer aujourd'hui aux visées de l'hégémonie
de l'Etat américain, mais ne jamais oublier que l'objectif
à long terme est une solidarité, non pas occidentale
(ce mot ne veut rien dire et appartient à l'arsenal
conceptuel de la vieille droite), mais regroupant tous les
peuples blancs d'origine européenne du monde, y compris
aux USA, en Australie, en Argentine et ailleurs, peuples qui
affrontent globalement et sournoisement la même grande
menace.
J'ajouterais évidemment l'importance de l'impératif
écologique. A condition de bien le formuler, d'une
manière qui ne soit pas romantique et passionnelle.
Plus généralement, j'ai essayé de résumer,
en un livre à paraître en mars 2001, Pourquoi
nous combattons, manifeste de la résistance européenne
les points essentiels de cette vision idéologique,
philosophique et politique du monde qui succède à
celle de l'ancienne ND, comme le deuxième étage
de la fusée par rapport au premier. Mais le premier
Etage a eu son importance ; il fut essentiel, il faut lui
rendre hommage ; je ne renie rien, je dépasse car il
importe toujours d'aller de l'avant, de monter plus haut.
N'est-ce pas inscrit dans la tradition prométhéenne
des Européens ? Merci à la ND, elle a fait son
temps. Comme chantait Sheila : l'école est finie. Maintenant,
ainsi que le disait mon poète préféré,
Paul Valéry : le vent se lève, il faut tenter
de vivre. Et de vaincre !
7/ Autre retournement de position, avec la reprise de l'intifada
il semble qu'une partie notable de la mouvance nationale se
trouve plus en sympathie avec l'entité sioniste qu'avec
le mouvement de libération national palestinien. Quelle
est votre position sur ce point ?
J'ai défini ma position
au cours d'un colloque à Bruxelles et de deux autres,
à Madrid et à Rome, où cette question
me fut posée. Ma réponse est nette : nous n'avons
pas à prendre partie entre les Hébreux et les
Palestiniens. Nous ne devons pas nous laisser instrumentaliser
dans un conflit interne entre peuples du désert. Les
querelles de Bédouins ne nous intéressent pas.
Le romantisme pro-arabe comme le soutien américano-occidentaliste
à Israël sont des causes qui nous détournent
des questions proprement européennes. A terme, le bunker
israélien, pour de simples causes démographiques,
est très mal parti, malgré le soutien américain.
Sur ce sujet très important je vous renvoie à
un article que je publie dans une prochaine livraison de la
revue Terre et Peuple, de Pierre Vial.
Il faut bien entendu avoir parfaitement conscience que les
Palestiniens (comme les Tibétains, dont personne ne
parle) sont victimes d'une agression caractérisée.
Mais, eux, est-ce qu'ils nous soutiennent ? Chacun chez soi
et ne raisonnons jamais de manière morale, mais politique
et cynique. A partir du moment où l'islam entend ouvertement
envahir l'Europe, je ne vois pas pourquoi je défendrais
ses martyrs au Proche-Orient. Quant au sionisme, au destin
du peuple juif, etc. j'y suis aussi indifférent qu'à
celui des Inuits, des Patagons ou des... Palestiniens. Les
Hébreux sont assez grands pour se défendre eux-mêmes,
avec l'aide (qui ne durera pas éternellement) de leurs
protecteurs américains. Nous n'avons à prendre
parti ni pour le sionisme ni pour le pan-arabisme. N'entrons
pas dans cette querelle de famille. Je suis partisan de l'égoisme
ethno-politique : chacun son problème.
Ce qui me différencie de feu mon cher ami Jean-Edern
Hallier et ce qui provoqua entre nous des discussions passionnées
et très arrosées, c'est qu'il était partisan
de la cause des peuples , de tous les peuples, mais, moi,
plutôt défenseur de la cause de mon peuple. En
ce sens, un Israélien comme un Palestinien seront d'accord
avec moi, non ?
8/ A l'occasion de votre
procès les militants d'Unité radicale avaient
fait par écrit des propositions précise à
votre éditeur pour mener une campagne nationale en
votre faveur. Ils n'ont même pas eu un accusé
de réception. Doit-on en conclure que les radicaux
n'avaient pas leur place dans vos comités de soutien
?
Pas du tout. Simplement, le
procès n'est pas terminé, puisqu'il y a appel.
Une campagne ne peut en aucun cas intervenir avant le premier
jugement. C'est un problème militaire : la contre-offensive
devra se faire plus tard, au moment de ce procès définitif
en appel, dont la date n'est pas encore fixée. Un campagne
en ma faveur devra être coordonnée très
habilement. Je fais la guerre, je risque très gros,
vous le savez bien ; je ne suis pas un de ces intellectuels
bourgeois qui racontent leurs périples à Venise
et leurs soupers fins, les pieds dans leurs pantoufles, domestiques
qui s'imaginent aristocrates rebelles et qui fuient les mauvaises
fréquentations. C'est pourquoi les radicaux ont parfaitement
leur place dans mon futur comité de soutien. Il faudra
simplement, le temps venu, organiser une coordination, sans
initiatives incontrôlées et avec mon approbation,
au terme d'un plan de bataille réfléchi.
9/ On retrouve dans vos livres beaucoup de thèses
défendues en d'autres temps par Francis Parker Yockey
et Jean Thiriart. Est-ce un hasard ou êtes vous leur
débiteur idéologique ?
J'ai lu Imperium de Yockey.
Je connais bien les thèses de Thiriart. Il s'agit de
convergence et pas d'inspiration. Je n'ai de véritable
débiteur idéologique, de maître à
penser, que Nieztzsche (et peut-être aussi Giorgio Locchi).
Thiriart et Yockey ? Je partage leur vision des choses à
cent pour cent. C'est celle de l'Eurosibérie ethnocentrée
(premier cercle) et de l'organisation mondiale des élites
consciemment européennes dans le monde entier (deuxième
cercle). Mais votre remarque est pertinente : avec Yockey
et Thirart, je me sens dans le même monde, celui de
l'application du précepte de volonté-de-puissance
européenne et donc, de résistance.
10/ Pour terminer, pouvez-vous
nous parlez de vos projets ?
Concrètement :
1) continuer la progression des abonnements de ma lettre mensuelle
de désintoxication idéologique J'ai Tout Compris
! qui, au bout de sept mois, est déjà un grand
succès. Et, si cela est possible, la transformer en
un mensuel grand public largement diffusé.
2) Après mon bouquin Pourquoi nous combattons, manifeste
de la résistance européenne, qui sort en mars
2001 chez l'AEncre et qui sera en partie un dictionnaire idéologique
de 177 concepts clés de notre mouvance, j'ai en vue
deux autres livres, qui sortiront un peu plus tard, destinés
au grand public.
Et puis, je participe aussi à un projet de Web-TV et
Web-radio assez sulfureux et décalés. Si ça
marche, on va bien rigoler.
3) Continuer mes tournées de conférences et
de meetings en France et en Europe et approfondir ma collaboration
avec toutes les bonnes volontés, sans aucune exclusive.
Il serait bon d'inspirer un réseau de résistance
européen où se regroupent toutes les forces
autour d'idées claires et bétonnées ;
un réseau créatif et solidaire, sans querelles
de chapelles, sans guerre de centurions, sans appellation
officielle, et fédérant de manière souple
et organique tous les résistants. Assez de sectarisme.
Chacun y a sa place, quoi qu'il fasse, sauf évidemment
ceux qui ont objectivement basculés sur la pointe des
pieds dans le miel idéologique du système. Et,
en échappant évidemment à la provocation
extrémiste et maladroite (la police idéologique
n'attend que ça) qui est l'inverse de la pensée
radicale.
Les stratégies politiques, métapolitiques, associatives,
individuelles, médiatiques sont toutes les bienvenues
si elles se coordonnent de manière protéiforme.
Exactement comme le font nos ennemis. Il s'agit, en ce qui
me concerne, d'inciter à la création d'un réseau
européen d'agit-prop. Est-ce trop demander ? Mais je
n'en serai nullement l'organisateur, simplement l'inspirateur,
l'instigateur.
Mon projet n'est pas intellectuel ou philosophique, il n'est
pas de palabrer en dandy sur la vérité, mais
de fournir des munitions idéologiques et politiques
concrètes à ceux qui résistent et qui
se battent pour notre peuple, qu'ils aient tort ou raison.
J'admire cet adage anglais : wrong or true, my people.
Je vous remercie de cet entretien.
Votre courageux combat est le mien.
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