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  JEUNE RESISTANCE 22


RESISTANCE ROCK

 

ILS ONT DIT :


Chad SMITH (batteur des Red Hot Chili Peppers) à propos du titre de leur dernier album " Californication " :

" La Californie, et plus particulièrement l'industrie du spectacle de Los Angeles, est plastique, pleine de gens intéressés, de connerie, de superficialité, c'est à gerber. Cette industrie exerce une mauvaise influence sur toute la planète ". Batteur Magazine n° 133

SAEZ (chanteur français jeune et con) :

" L'Europe, j'aimerais bien savoir ce que c'est en fait, à part l'Europe des monnaies… ce qui s'est passé en Yougoslavie, c'est quand même à la frontière de l'Italie, c'est à 1000 kms du sud de la France, et là, quand on me parle d'Europe, j'ai plus mal. Aujourd'hui, on est dans l'idéologie de l'argent, dans tous les domaines, mais je pense que çà a ses limites… J'ai l'impression qu'on ne va pas à l'essentiel, on ne parle pas de cultures… Pour moi, ça serait sensé être çà l'Europe ". Rock Mag n° 2

Jean-Louis JOSSIC (chanteur de TRI YANN et accessoirement conseiller municipal PS de Nantes) :

"Il y a en France et plus particulièrement en Loire-Atlantique, une protestation très forte contre le système jacobin. Comment un ministre de l'intérieur d'un prétendu " Etat de droit ", peut-il se permettre d'insulter des gens qui marchent pacifiquement pour réclamer le respect de leurs droits ? Il faut que la France arrête de mettre les minorités nationales sous le boisseau ! Je ne suis français que si la France m'épanouit ! Si la France ne me permet pas de m'épanouir en tant que breton, je la rejette. " Celtics n° 2

AS DE TREFLE " haut les nains "

Encouragé par la vague des MERZHIN et autres LE PETIT FOSSOYEUR, As de Trèfle s'attache à faire fusionner avec une belle énergie chanson française (héritée notamment de la culture alternative des VRP et autres Pigalle), héritage celtique et rock festif. Groupe étudiant, longtemps conçu à l'usage exclusif de la scène où il excelle, le groupe s'est retrouvé un jour nanti d'un disque autoproduit qui s'est vendu comme des petits pains à l'issue des concerts. Pas de gros moyens d'enregistrement, pas d'ingés son expérimentés, " haut les nains " est un album brut de décoffrage, un pur produit du terroir. On regrette seulement les textes sans intérêts, comme si l'unique préoccupation de ces quatre fétards tourangeots se situait en dessous de la ceinture…

TELEPHONE " Paris'81 "

Basé sur une série de concerts donné à Paris en Février 81 à l'Olympia, aux palais des sports de St Ouen et de la porte de Versailles, ce disque est un témoignage fidèle des prestations énergiques du plus grand groupe de rock français de tous les temps. Les étendards du répertoire téléphonique, Crache ton venin, Au cœur de la nuit, Argent trop cher, n'accusent pas le poids des années et ronronnent comme au premier jour. Instantané des derniers moments du giscardisme, Paris'81 évoque également le ras-le-bol de toute une génération par l'intermédiaire des incendiaires Ploum ploum et Faits divers.

RAGE AGAINST THE MACHINE " Renegades "

Dès son premier album, Rage Against The Machine s'est imposé comme le groupe phare du rock des années 90, constituant la référence de toute une génération. Compos ou clichés ? Bien malin qui saurait faire la part des choses après la première écoute de Renegades. Ce disque de reprises dopées à l'E.P.O. de standards rock et hip-hop n'est rien moins que l'ultime assaut discographique de Rage Against The Machine après le départ annoncé du chanteur Zac De La Rocha. Les 12 titres de Renegades puisent leur inspiration dans une discographie sélective où se côtoient rockeurs engagés et rappeurs énervés. Le funk métal de RATM est identifiable dès la première seconde. Le groove est ENORME et la machine s'emballe sous l'impulsion de lignes de basse monumentales, des rythmes percutants de Brad Wilk, des riffs incisifs du guitariste Tom Morello sur lesquels viennent se greffer les éructions vocales rageuses et revendicatives de Zac.

ALDEBERT " Plateau télé "

Notre coup de cœur du mois va sans nul doute vers cette galette autoproduite, trouvée au hasard d'un bas d'une FNAC quelconque de la banlieue parisienne un soir de pluie, fatigué par une journée de travail banale mais éprouvante. Encore 3 jours avant le week-end…
On entend une guitare folk, un violon, un accordéon, une batterie feutrée mais soutenue et une basse bien ronde. On tombe sous le charme dès les premières mesures… On dirait parfois du Louise Attaque, du Mano Solo, avec une touche celtique en plus, sans jamais tomber dans le pastiche ni la caricature. On sent que son auteur, Guillaume ALDEBERT, bercé par le rock réaliste, a digéré toutes ses influences et s'exprime à cœur ouvert. Les paroles ? Elles sont simples mais tellement vraies. Elles retracent la vie quotidienne d'un jeune homme de 26 ans qui bosse sans passion, pour gagner sa vie, après avoir galéré pour trouver un emploi stable mais mal payé. Il arrive au bureau la tête dans l'cul : il a eu du mal à se lever et a les cheveux en pétard. Il est assis derrière un ordinateur, n'est pas motivé pour bosser et fait passer le temps en jouant au solitaire. Il s'évade quelques instants devant la carte postale d'un collègue en vacances et l'envie quelques instants. Vivement midi… L'après-midi, il regarde sa montre et attend la fin de la journée. Quand il rentre chez lui, il est fatigué. Il s'assoit et allume sa télé par réflexe. De toute manière, ce soir, il n'a rien d'autre à faire. Le reste du disque est de la même veine. La vie de Guillaume Aldebert, c'est celle de millions de français, c'est un peu aussi la nôtre… Un album attachant et attendrissant à découvrir sans tarder.

Zetazeroalfa : Kriptonite (disponible chez Bleu Blanc Rock)

Zetazeroalfa revient en force avec Kriptonite, un 2e album plein de surprises, moins de 6 mois après la sortie du Maxi " Panique médiatique " avec IDF.
Force est de constater qu'avec Zetazeroalfa on ne s'ennuie vraiment pas. Atypique et loufoque, à l'image de Sinevox son impressionnant et charismatique chanteur, Zetazeroalfa est le groupe identitaire italien le plus intéressant du moment. Les compos sont léchées, les textes décapants, les ambiances variées, le tout sur un rythme déjanté qui ferait se remuer n'importe quel paralytique.
La principale qualité d'un disque est qu'il s'écoute sans lasser, c'est le cas de Kriptonite. Courrez donc vous le procurer !

SFS (SottoFasciaSemplice) : Crociato (disponible chez Bleu Blanc Rock)


SFS, projet techno-rock rapeux conçu par le bassiste du légendaire groupe Intolleranza, nous livre son troisième CD en 3 ans (le quatrième est attendu pour l'été), sans aucun doute l'album le plus original et déroutant de la scène identitaire européenne. Tour à tour majestueuse, barbare, intimiste, la musique de SFS est indescriptible, unique en son genre. Une chose est certaine, vous pouvez le faire écouter sans problème à votre petite voisine apolitique, car la voix est belle et la musique superbe.
"Crociato" est un concept-album comme on n'osait plus en faire depuis des lustres. Son propos : une évocation de la fin de l'empire romain, quand le christianisme prend le relais du paganisme, et une réflexion sur le destin individuel des êtres, lorsqu'au temps de l'héroïsme, de la violence et de la conquête succède le moment de la sensibilité et du recueillement. Les deux plans se mêlent, chaque morceau livre une approche différente de cette double thématique culminant dans un phénoménal hymne au Soleil que vous n'oublierez jamais.

BASIC CELTOS "Passalakt ! " (disponible chez BLEU BLANC ROCK)

Les BASIC CELTOS récidivent avec un 3e CD, dans la lignée du précédent, " Liberté " (à l'exception du morceau celtisant " Ma bro ! "). Guitares péchues, samples celtiques, scratches et vocaux rappés, une fusion originale située entre Rage against the machine et les bérus live… Basic Celtos veut résolument " manier la gratte et les gros sons de basse comme Charles Martel maniait l 'épée! ". Les paroles sont excellentes, en particulier Industrie et surtout Keufé. Keufé est sans doute l'un des meilleurs textes RIF: un langage hyper accessible, et qui permet pourtant de décrypter un pan énorme de l'hypocrisie politique et médiatique.
Nos préférées sont : " Ma Normandie ", " Industrie " et " Keufé ".

BASIC CELTOS nous a déclaré…

" Nos convictions militantes sont alliées à l'amour de la musique. On milite dans la rue depuis des années et à chaque fois on sait bien qu'il nous manque le côté culturel que l'ennemi possède très bien. Aujourd'hui, on se rend compte que l'énergie de la rue passe aussi bien dans les casques des diskman, que dans les rades et dans les soirées un peu partout. "
JR : Pourquoi ce titre " Passalakt ! " ?
BC : Y'en a marre des beaux discours, et des langues de chacals qui passent leurs journées dans les bars à parler sur tout le monde et à se plaindre de tout. Tu veux que cette chienne de société bouge ? Tu veux vraiment rétablir la justice et protéger ton identité ? Alors bas toi ! Tous les jours de ta vie 24h/24 : dans ta famille, en cours, au taf, dans la rue…partout sois le fier guerrier que tu prétends être. Sinon ferme la.
JR : Vos textes sont parsemés de clins d'œil à la Normandie et à la culture bretonne. La défense des identités culturelles régionales est-elle un sujet qui vous tient à coeur ?
BC : Pardi l'ami ! C'est ce pourquoi on se bat depuis tant d'années ! Pour que les peuples dont nous sommes issus n'oublient pas leur héritage spirituel et culturel ! Un peuple qui sait d'où il vient sait où il va. Le nouvel ordre mondial veut détruire les richesses culturelles de tous les peuples (les peuples européens en premier) afin de ne faire qu'une seule grosse masse bâtarde de consommateurs ! Nous défendons la Tradition donc nous défendons nos racines.

En bref…

Fraction devait jouer le 8 décembre à la frontière italienne en compagnie des groupes Zetazeroalfa et Hobbit dans le but de dénoncer la mascarade du sommet européen de Nice. C'était compter sans la police, qui avait bloqué la frontière en violation des accords de Schengen, interdisant aux français de passer du côté italien et aux italiens de passer du côté français. En outre, des milliers de rouges italiens étaient bloqués à Vintimille, rendant impossible le déroulement d'un tel concert. La libre circulation des personnes n'existe-t elle que pour les boat people kurdes ? On se consolera en attendant la sortie de " reconquista ", un maxi dont le style sera beaucoup plus orienté hardcore punk, avec des sonorités celtiques.
A noter enfin la présence de Fraction et d'Elendil sur la compilation européenne Vox Europa vol. 2.

Les petits derniers d'Insurrection commencent à faire parler d'eux. Après un concert mémorable le 13 janvier à Bourges, le jeune groupe de Châteauroux a joué le 3 mars à Rennes devant un public nouveau et enthousiaste.

Ile de France ne cessera jamais de nous surprendre : un concert donné le 25 janvier dans un pub de l'Essonne en compagnie de Dernier Rempart, concert gratuit au cours duquel une quête a été réalisée au profit des SDF. Ils ont récidivé un mois plus tard en jouant déguisés avec Elendil sur une péniche en plein quartier latin pour fêter comme il se doit le mardi gras. Là aussi les bénéfices ont été reversés à une association caritative.

Elendil a joué le 10 mars en compagnie de Zetazeroalfa dans une salle en plein cœur de Rome.


Hommage : Massimo Morsello est mort

Une figure majeure du peuple militant européen nous a quittés. Nous avons appris la disparition de Massimo Morsello, emporté par la maladie à l'âge de 43 ans, dans les premières heures du 10 mars 2001, à Londres.
Dès l'adolescence, Massimo s'était imposé comme une référence dans la mouvance nationaliste italienne. D'un courage et d'une astuce légendaires, d'une cordialité irrésistible, aussi généreux dans les rapports humains qu'inflexible dans ses convictions, il était déjà pour tous le compagnon de lutte qu'on n'oubliera pas. Immense était la popularité auprès des camarades de Rome du "petit Massimo", qu'on ne connaissait que sous le diminutif affectueux de Massimino.
Parmi ses dons, il avait aussi celui de composer et de chanter de sa voix agile des chansons où éclatait un énorme talent. A partir de 1978, les "Campo Hobbit", ces rassemblements d'été qui drainaient la jeunesse militante en quête de renouveau, allaient propager à l'Italie entière la notoriété de Massimino, reconnu dès l'âge de 20 ans comme le plus doué des auteurs-compositeurs de la "musica alternativa".
Il aurait pu faire carrière dans la musique (en faisant de la soupe) ou dans la politique (en se faisant élu docile dans le MSI en pleine transition libérale). Au lieu de cela, il s'engage à fond dans la contestation fondamentale du système, participe aux groupements qui entretiennent la flamme révolutionnaire. Ces mouvements sont alors impitoyablement réprimés par le régime en place, l'Italie est plongée dans les "années de plomb" ponctuées d'attentats où ultra-gauche, réseaux OTANesques, loges maçonniques, maffias et polices parallèles mêlent leurs tentacules, en s'entendant pour faire porter le chapeau aux nationalistes. Des centaines d'entre eux seront ainsi emprisonnés sur la foi de la rumeur médiatique, pour des faits où la responsabilité des services d'Etat est aujourd'hui établie. Menacé d'arrestation, Massimo Morsello s'enfuit d'Italie en 1981.
Accueillante aux tueurs pourvu qu'ils soient rouges, la France extrade alors sans remords les réfugiés politiques nationalistes : Massimo choisit de chercher asile à Londres. Plusieurs de ses camarades l'y rejoignent. Ils entrent en relation avec leurs homologues britanniques, échangent leurs expériences, constituent à leur contact un noyau de réflexion dont l'influence rayonne sur le continent.
Il faut bien vivre : à partir de son expérience d'exilé en situation précaire, Massimo fonde à Londres une agence qui se propose de procurer des chambres et des jobs aux étudiants de passage. C'est un succès, qui rapporte à son créateur une honnête aisance.
Le business n'empêche pas Massimo de garder un oeil sur la politique et une oreille pour la musique. Dans les années 90 il se remet à enregistrer des chansons, publie des CD de qualité hyper-pro. Sa voix est plus pénétrante que jamais, ses textes encore plus incisifs. D'emblée il prend la tête du renouveau que connaît alors la musique identitaire en Italie. Ses albums dépassent les 5000 exemplaires, filtrent en dehors du milieu natio. La grande presse s'intéresse au phénomène étrange de cet artiste fasciste exilé.
En 1997 Massimo a fondé avec son compagnon de lutte Roberto Fiore le mouvement Forza Nuova, afin de donner une matrice organisationnelle et idéologique à la mouvance radicale italienne laissée en déshérence par la berlusconisation terminale de l'Alleanza Nazionale de Fini. Les antifas culminent dans le délire, le dénoncent comme le grand ordonnateur souterrain des complots islamo-hitlériens subventionnés par le capital policier (les vrais cons ne déçoivent jamais leur public).
Entre-temps Massimo a obtenu (pour raisons médicales) de pouvoir remettre les pieds dans son pays. Le revoilà avec sa guitare, accueilli avec enthousiasme par une génération qui fait connaissance avec le grand frère qui lui a tant manqué.
Politiquement il ne renie rien, reste le révolutionnaire intransigeant et visionnaire qu'il a toujours été tout en affirmant un catholicisme de conviction et en ne se lassant pas de rappeler que la condition préalable à tout renouveau national en Italie passe par la reconnaissance de l'héritage de la seule époque depuis dix-huit siècles où le pays ait eu une direction politique dont il ait lieu être fier.
Avec ses talents d'artiste, de poète en même temps que de chef politique possédé d'un amour fou pour sa terre et son peuple, Massimo jouit d'un respect qui s'étend bien au-delà du cercle des militants de son mouvement (lequel ne cesse aussi de s'étendre), jusque dans l'Alleanza Nazionale dont il reste la mauvaise conscience.
Si Massimo a été comblé de dons par la nature, le destin n'aura pas été tendre avec lui. Il aura passé la moitié de sa vie en exil. Sa fille aînée Natalia est décédée l'été dernier. Il souffrait depuis longtemps d'un cancer auquel il faisait face avec un stoïcisme souriant. Sa survie tenait en vérité d'un miracle. On avait fini par croire que ce miracle pourrait se prolonger indéfiniment.
Ciao, Massimino.