RESISTANCE
ROCK
ILS ONT DIT :
Chad SMITH (batteur des Red Hot Chili Peppers) à propos
du titre de leur dernier album " Californication "
:
" La Californie, et plus
particulièrement l'industrie du spectacle de Los Angeles,
est plastique, pleine de gens intéressés, de
connerie, de superficialité, c'est à gerber.
Cette industrie exerce une mauvaise influence sur toute la
planète ". Batteur Magazine n° 133
SAEZ (chanteur français
jeune et con) :
" L'Europe, j'aimerais
bien savoir ce que c'est en fait, à part l'Europe des
monnaies
ce qui s'est passé en Yougoslavie, c'est
quand même à la frontière de l'Italie,
c'est à 1000 kms du sud de la France, et là,
quand on me parle d'Europe, j'ai plus mal. Aujourd'hui, on
est dans l'idéologie de l'argent, dans tous les domaines,
mais je pense que çà a ses limites
J'ai
l'impression qu'on ne va pas à l'essentiel, on ne parle
pas de cultures
Pour moi, ça serait sensé
être çà l'Europe ". Rock Mag n°
2
Jean-Louis JOSSIC (chanteur
de TRI YANN et accessoirement conseiller municipal PS de Nantes)
:
"Il y a en France et plus
particulièrement en Loire-Atlantique, une protestation
très forte contre le système jacobin. Comment
un ministre de l'intérieur d'un prétendu "
Etat de droit ", peut-il se permettre d'insulter des
gens qui marchent pacifiquement pour réclamer le respect
de leurs droits ? Il faut que la France arrête de mettre
les minorités nationales sous le boisseau ! Je ne suis
français que si la France m'épanouit ! Si la
France ne me permet pas de m'épanouir en tant que breton,
je la rejette. " Celtics n° 2
AS DE TREFLE " haut les
nains "
Encouragé par la vague
des MERZHIN et autres LE PETIT FOSSOYEUR, As de Trèfle
s'attache à faire fusionner avec une belle énergie
chanson française (héritée notamment
de la culture alternative des VRP et autres Pigalle), héritage
celtique et rock festif. Groupe étudiant, longtemps
conçu à l'usage exclusif de la scène
où il excelle, le groupe s'est retrouvé un jour
nanti d'un disque autoproduit qui s'est vendu comme des petits
pains à l'issue des concerts. Pas de gros moyens d'enregistrement,
pas d'ingés son expérimentés, "
haut les nains " est un album brut de décoffrage,
un pur produit du terroir. On regrette seulement les textes
sans intérêts, comme si l'unique préoccupation
de ces quatre fétards tourangeots se situait en dessous
de la ceinture
TELEPHONE " Paris'81 "
Basé sur une série
de concerts donné à Paris en Février
81 à l'Olympia, aux palais des sports de St Ouen et
de la porte de Versailles, ce disque est un témoignage
fidèle des prestations énergiques du plus grand
groupe de rock français de tous les temps. Les étendards
du répertoire téléphonique, Crache ton
venin, Au cur de la nuit, Argent trop cher, n'accusent
pas le poids des années et ronronnent comme au premier
jour. Instantané des derniers moments du giscardisme,
Paris'81 évoque également le ras-le-bol de toute
une génération par l'intermédiaire des
incendiaires Ploum ploum et Faits divers.
RAGE AGAINST THE MACHINE "
Renegades "
Dès son premier album,
Rage Against The Machine s'est imposé comme le groupe
phare du rock des années 90, constituant la référence
de toute une génération. Compos ou clichés
? Bien malin qui saurait faire la part des choses après
la première écoute de Renegades. Ce disque de
reprises dopées à l'E.P.O. de standards rock
et hip-hop n'est rien moins que l'ultime assaut discographique
de Rage Against The Machine après le départ
annoncé du chanteur Zac De La Rocha. Les 12 titres
de Renegades puisent leur inspiration dans une discographie
sélective où se côtoient rockeurs engagés
et rappeurs énervés. Le funk métal de
RATM est identifiable dès la première seconde.
Le groove est ENORME et la machine s'emballe sous l'impulsion
de lignes de basse monumentales, des rythmes percutants de
Brad Wilk, des riffs incisifs du guitariste Tom Morello sur
lesquels viennent se greffer les éructions vocales
rageuses et revendicatives de Zac.
ALDEBERT " Plateau télé
"
Notre coup de cur du
mois va sans nul doute vers cette galette autoproduite, trouvée
au hasard d'un bas d'une FNAC quelconque de la banlieue parisienne
un soir de pluie, fatigué par une journée de
travail banale mais éprouvante. Encore 3 jours avant
le week-end
On entend une guitare folk, un violon, un accordéon,
une batterie feutrée mais soutenue et une basse bien
ronde. On tombe sous le charme dès les premières
mesures
On dirait parfois du Louise Attaque, du Mano
Solo, avec une touche celtique en plus, sans jamais tomber
dans le pastiche ni la caricature. On sent que son auteur,
Guillaume ALDEBERT, bercé par le rock réaliste,
a digéré toutes ses influences et s'exprime
à cur ouvert. Les paroles ? Elles sont simples
mais tellement vraies. Elles retracent la vie quotidienne
d'un jeune homme de 26 ans qui bosse sans passion, pour gagner
sa vie, après avoir galéré pour trouver
un emploi stable mais mal payé. Il arrive au bureau
la tête dans l'cul : il a eu du mal à se lever
et a les cheveux en pétard. Il est assis derrière
un ordinateur, n'est pas motivé pour bosser et fait
passer le temps en jouant au solitaire. Il s'évade
quelques instants devant la carte postale d'un collègue
en vacances et l'envie quelques instants. Vivement midi
L'après-midi, il regarde sa montre et attend la fin
de la journée. Quand il rentre chez lui, il est fatigué.
Il s'assoit et allume sa télé par réflexe.
De toute manière, ce soir, il n'a rien d'autre à
faire. Le reste du disque est de la même veine. La vie
de Guillaume Aldebert, c'est celle de millions de français,
c'est un peu aussi la nôtre
Un album attachant
et attendrissant à découvrir sans tarder.
Zetazeroalfa : Kriptonite (disponible
chez Bleu Blanc Rock)
Zetazeroalfa revient en force
avec Kriptonite, un 2e album plein de surprises, moins de
6 mois après la sortie du Maxi " Panique médiatique
" avec IDF.
Force est de constater qu'avec Zetazeroalfa on ne s'ennuie
vraiment pas. Atypique et loufoque, à l'image de Sinevox
son impressionnant et charismatique chanteur, Zetazeroalfa
est le groupe identitaire italien le plus intéressant
du moment. Les compos sont léchées, les textes
décapants, les ambiances variées, le tout sur
un rythme déjanté qui ferait se remuer n'importe
quel paralytique.
La principale qualité d'un disque est qu'il s'écoute
sans lasser, c'est le cas de Kriptonite. Courrez donc vous
le procurer !
SFS (SottoFasciaSemplice) :
Crociato (disponible chez Bleu Blanc Rock)
SFS, projet techno-rock rapeux conçu par le bassiste
du légendaire groupe Intolleranza, nous livre son troisième
CD en 3 ans (le quatrième est attendu pour l'été),
sans aucun doute l'album le plus original et déroutant
de la scène identitaire européenne. Tour à
tour majestueuse, barbare, intimiste, la musique de SFS est
indescriptible, unique en son genre. Une chose est certaine,
vous pouvez le faire écouter sans problème à
votre petite voisine apolitique, car la voix est belle et
la musique superbe.
"Crociato" est un concept-album comme on n'osait
plus en faire depuis des lustres. Son propos : une évocation
de la fin de l'empire romain, quand le christianisme prend
le relais du paganisme, et une réflexion sur le destin
individuel des êtres, lorsqu'au temps de l'héroïsme,
de la violence et de la conquête succède le moment
de la sensibilité et du recueillement. Les deux plans
se mêlent, chaque morceau livre une approche différente
de cette double thématique culminant dans un phénoménal
hymne au Soleil que vous n'oublierez jamais.
BASIC CELTOS "Passalakt
! " (disponible chez BLEU BLANC ROCK)
Les BASIC CELTOS récidivent
avec un 3e CD, dans la lignée du précédent,
" Liberté " (à l'exception du morceau
celtisant " Ma bro ! "). Guitares péchues,
samples celtiques, scratches et vocaux rappés, une
fusion originale située entre Rage against the machine
et les bérus live
Basic Celtos veut résolument
" manier la gratte et les gros sons de basse comme Charles
Martel maniait l 'épée! ". Les paroles
sont excellentes, en particulier Industrie et surtout Keufé.
Keufé est sans doute l'un des meilleurs textes RIF:
un langage hyper accessible, et qui permet pourtant de décrypter
un pan énorme de l'hypocrisie politique et médiatique.
Nos préférées sont : " Ma Normandie
", " Industrie " et " Keufé ".
BASIC CELTOS nous a déclaré
" Nos convictions militantes
sont alliées à l'amour de la musique. On milite
dans la rue depuis des années et à chaque fois
on sait bien qu'il nous manque le côté culturel
que l'ennemi possède très bien. Aujourd'hui,
on se rend compte que l'énergie de la rue passe aussi
bien dans les casques des diskman, que dans les rades et dans
les soirées un peu partout. "
JR : Pourquoi ce titre " Passalakt ! " ?
BC : Y'en a marre des beaux discours, et des langues de chacals
qui passent leurs journées dans les bars à parler
sur tout le monde et à se plaindre de tout. Tu veux
que cette chienne de société bouge ? Tu veux
vraiment rétablir la justice et protéger ton
identité ? Alors bas toi ! Tous les jours de ta vie
24h/24 : dans ta famille, en cours, au taf, dans la rue
partout
sois le fier guerrier que tu prétends être. Sinon
ferme la.
JR : Vos textes sont parsemés de clins d'il à
la Normandie et à la culture bretonne. La défense
des identités culturelles régionales est-elle
un sujet qui vous tient à coeur ?
BC : Pardi l'ami ! C'est ce pourquoi on se bat depuis tant
d'années ! Pour que les peuples dont nous sommes issus
n'oublient pas leur héritage spirituel et culturel
! Un peuple qui sait d'où il vient sait où il
va. Le nouvel ordre mondial veut détruire les richesses
culturelles de tous les peuples (les peuples européens
en premier) afin de ne faire qu'une seule grosse masse bâtarde
de consommateurs ! Nous défendons la Tradition donc
nous défendons nos racines.
En bref
Fraction devait jouer le 8
décembre à la frontière italienne en
compagnie des groupes Zetazeroalfa et Hobbit dans le but de
dénoncer la mascarade du sommet européen de
Nice. C'était compter sans la police, qui avait bloqué
la frontière en violation des accords de Schengen,
interdisant aux français de passer du côté
italien et aux italiens de passer du côté français.
En outre, des milliers de rouges italiens étaient bloqués
à Vintimille, rendant impossible le déroulement
d'un tel concert. La libre circulation des personnes n'existe-t
elle que pour les boat people kurdes ? On se consolera en
attendant la sortie de " reconquista ", un maxi
dont le style sera beaucoup plus orienté hardcore punk,
avec des sonorités celtiques.
A noter enfin la présence de Fraction et d'Elendil
sur la compilation européenne Vox Europa vol. 2.
Les petits derniers d'Insurrection
commencent à faire parler d'eux. Après un concert
mémorable le 13 janvier à Bourges, le jeune
groupe de Châteauroux a joué le 3 mars à
Rennes devant un public nouveau et enthousiaste.
Ile de France ne cessera jamais
de nous surprendre : un concert donné le 25 janvier
dans un pub de l'Essonne en compagnie de Dernier Rempart,
concert gratuit au cours duquel une quête a été
réalisée au profit des SDF. Ils ont récidivé
un mois plus tard en jouant déguisés avec Elendil
sur une péniche en plein quartier latin pour fêter
comme il se doit le mardi gras. Là aussi les bénéfices
ont été reversés à une association
caritative.
Elendil a joué le 10
mars en compagnie de Zetazeroalfa dans une salle en plein
cur de Rome.
Hommage : Massimo Morsello est mort
Une figure majeure du peuple
militant européen nous a quittés. Nous avons
appris la disparition de Massimo Morsello, emporté
par la maladie à l'âge de 43 ans, dans les premières
heures du 10 mars 2001, à Londres.
Dès l'adolescence, Massimo s'était imposé
comme une référence dans la mouvance nationaliste
italienne. D'un courage et d'une astuce légendaires,
d'une cordialité irrésistible, aussi généreux
dans les rapports humains qu'inflexible dans ses convictions,
il était déjà pour tous le compagnon
de lutte qu'on n'oubliera pas. Immense était la popularité
auprès des camarades de Rome du "petit Massimo",
qu'on ne connaissait que sous le diminutif affectueux de Massimino.
Parmi ses dons, il avait aussi celui de composer et de chanter
de sa voix agile des chansons où éclatait un
énorme talent. A partir de 1978, les "Campo Hobbit",
ces rassemblements d'été qui drainaient la jeunesse
militante en quête de renouveau, allaient propager à
l'Italie entière la notoriété de Massimino,
reconnu dès l'âge de 20 ans comme le plus doué
des auteurs-compositeurs de la "musica alternativa".
Il aurait pu faire carrière dans la musique (en faisant
de la soupe) ou dans la politique (en se faisant élu
docile dans le MSI en pleine transition libérale).
Au lieu de cela, il s'engage à fond dans la contestation
fondamentale du système, participe aux groupements
qui entretiennent la flamme révolutionnaire. Ces mouvements
sont alors impitoyablement réprimés par le régime
en place, l'Italie est plongée dans les "années
de plomb" ponctuées d'attentats où ultra-gauche,
réseaux OTANesques, loges maçonniques, maffias
et polices parallèles mêlent leurs tentacules,
en s'entendant pour faire porter le chapeau aux nationalistes.
Des centaines d'entre eux seront ainsi emprisonnés
sur la foi de la rumeur médiatique, pour des faits
où la responsabilité des services d'Etat est
aujourd'hui établie. Menacé d'arrestation, Massimo
Morsello s'enfuit d'Italie en 1981.
Accueillante aux tueurs pourvu qu'ils soient rouges, la France
extrade alors sans remords les réfugiés politiques
nationalistes : Massimo choisit de chercher asile à
Londres. Plusieurs de ses camarades l'y rejoignent. Ils entrent
en relation avec leurs homologues britanniques, échangent
leurs expériences, constituent à leur contact
un noyau de réflexion dont l'influence rayonne sur
le continent.
Il faut bien vivre : à partir de son expérience
d'exilé en situation précaire, Massimo fonde
à Londres une agence qui se propose de procurer des
chambres et des jobs aux étudiants de passage. C'est
un succès, qui rapporte à son créateur
une honnête aisance.
Le business n'empêche pas Massimo de garder un oeil
sur la politique et une oreille pour la musique. Dans les
années 90 il se remet à enregistrer des chansons,
publie des CD de qualité hyper-pro. Sa voix est plus
pénétrante que jamais, ses textes encore plus
incisifs. D'emblée il prend la tête du renouveau
que connaît alors la musique identitaire en Italie.
Ses albums dépassent les 5000 exemplaires, filtrent
en dehors du milieu natio. La grande presse s'intéresse
au phénomène étrange de cet artiste fasciste
exilé.
En 1997 Massimo a fondé avec son compagnon de lutte
Roberto Fiore le mouvement Forza Nuova, afin de donner une
matrice organisationnelle et idéologique à la
mouvance radicale italienne laissée en déshérence
par la berlusconisation terminale de l'Alleanza Nazionale
de Fini. Les antifas culminent dans le délire, le dénoncent
comme le grand ordonnateur souterrain des complots islamo-hitlériens
subventionnés par le capital policier (les vrais cons
ne déçoivent jamais leur public).
Entre-temps Massimo a obtenu (pour raisons médicales)
de pouvoir remettre les pieds dans son pays. Le revoilà
avec sa guitare, accueilli avec enthousiasme par une génération
qui fait connaissance avec le grand frère qui lui a
tant manqué.
Politiquement il ne renie rien, reste le révolutionnaire
intransigeant et visionnaire qu'il a toujours été
tout en affirmant un catholicisme de conviction et en ne se
lassant pas de rappeler que la condition préalable
à tout renouveau national en Italie passe par la reconnaissance
de l'héritage de la seule époque depuis dix-huit
siècles où le pays ait eu une direction politique
dont il ait lieu être fier.
Avec ses talents d'artiste, de poète en même
temps que de chef politique possédé d'un amour
fou pour sa terre et son peuple, Massimo jouit d'un respect
qui s'étend bien au-delà du cercle des militants
de son mouvement (lequel ne cesse aussi de s'étendre),
jusque dans l'Alleanza Nazionale dont il reste la mauvaise
conscience.
Si Massimo a été comblé de dons par la
nature, le destin n'aura pas été tendre avec
lui. Il aura passé la moitié de sa vie en exil.
Sa fille aînée Natalia est décédée
l'été dernier. Il souffrait depuis longtemps
d'un cancer auquel il faisait face avec un stoïcisme
souriant. Sa survie tenait en vérité d'un miracle.
On avait fini par croire que ce miracle pourrait se prolonger
indéfiniment.
Ciao, Massimino.
|