INTIFADA
SUR LE NET
La solution finale pour Yahoo !
Yahoo a décidément
le chic pour s'attirer les foudres de la communauté
juive. Après l'UEJF et la LICRA, c'est au tour de l'Amicale
des déportés d'Auschwitz et des camps de haute
Silésie d'intenter une action en justice contre le
site américain au motif de la vente d'objets nazis
sur son site d'enchères.
Henri Bulawko, 82 ans et militant de la " mémoire
" n'y connaît rien à Internet mais son désir
de justice semble le guider vers la vérité.
"Nous avons été contactés, explique-t-il,
par maître Korman et la Licra et nous avons aussitôt
décidé de suivre cette action. Personnellement,
je ne connais pas Internet, mais apprendre qu'on peut vendre
de tels objets comme des souvenirs est quelque chose qui psychologiquement
me dépasse. Ce n'est pas tolérable de laisser
des objets de ce type alimenter un marché car à
force de devenir quotidienne, cette vente deviendrait presque
banale."
Pour Bulawko, il faut que "le Pdg de Yahoo reconnaisse
qu'on ne peut pas jouer avec la mémoire de millions
de gens".
De son côté, l'UEJF a soutenu qu'elle ne pouvait
pas supporter les frais d'une procédure américaine
et qu'il revenait donc à Yahoo de tout prendre en charge...
Mais l'association a été déboutée
par M. Jean-Jacques Gomez, premier vice-président du
Tribunal de Paris. Celui-ci a ajouté qu'il appartenait
éventuellement à la justice américaine
d'apporter une aide juridictionnelle à un plaideur
démuni (sic). Quand certains espéraient se faire
payer des vacances aux Etats-Unis au nom de la " mémoire
"
Ils sont partout
La Toile abriterait plus de 4000 sites dits " xénophobes
", pour Béatrice Métraux de l'Institut
suisse de droit comparé (Lausanne). Celle-ci a révélé
ces chiffres lors d'une audition parlementaire sur un projet
de convention du Conseil de l'Europe pour lutter contre la
cyber-criminalité. Selon Mme Métraux, le sentiment
d'impunité et l'anonymat incitent les sympathisants
à se regrouper et à faire des actes de violence,
tels que dresser des listes noires de personnalités
ennemie ou justifier des attaques musclées. Ces sites
seraient gratuits, et faciles à trouver sur l'Internet,
a relevé l'expert.
La plupart de ces sites seraient
hébergés aux Etats-Unis grâce au premier
amendement de sa constitution qui interdit toute restriction
à la liberté d'expression. Pour concilier "droit
américain et exigences européennes", l'expert
a proposé que la future convention, qui doit être
adoptée d'ici la fin de l'année, interdise la
diffusion de propos racistes depuis des serveurs informatiques
situés dans des pays étrangers, utilisés
à titre d'"hébergement abusif". Les
signes d'un "hébergement abusif" se détecteraient
dans les sites dont la langue est différente du pays
d'accueil, où la provenance des connexions est essentiellement
étrangères, où la domiciliation du fournisseur
de contenu et l'indication d'adresses de contact ou de paiement
sont situées dans un pays autre que le pays d'hébergement.
Dernier chiffre " révélateur ". 50
000 croix gammées auraient été recensées
sur la Toile par la société allemande "Only
Solutions", dont 2 000 en Allemagne, sur un milliard
de sites inspectés. Faudra-t-il donc interdire aussi
les sites historiques sans oublier ceux, à connotation
plus spirituelle, qui expliquent que la svastika est un vieux
symbole religieux ?
USA go home !
Al-Manar, la télévision
du Hezbollah libanais, a annoncé avoir retiré
de son site Web les publicités du géant américain
de l'informatique Microsoft et du site Amazon.com, "conformément
aux consignes de boycott des produits américains en
appui à l'Intifada".
"Notre initiative est conforme aux appels de boycott
des sociétés américaines qui ont été
lancés dans le monde arabe après la récente
reprise du soulèvement palestinien", souligne
le texte.
la chaîne Al-Manar a
démenti les allégations des médias israéliens
qui prétendent que ces sociétés ont elles-mêmes
retiré leurs publicités du site du Hezbollah
sous la pression d'Israël.
D'ailleurs, le Centre Simon Wiesenthal avait dénoncé
ces publicités dans une lettre au fondateur de Microsoft,
Bill Gates. "Nous ne pouvons pas imaginer que l'association,
sous quelque forme que ce soit, avec une organisation terroriste
fasse partie de la politique de votre entreprise", avait
déclaré le rabin Abraham Cooper, un des dirigeants
de ce centre.
Qui dit la vérité ? En tout cas, la chaîne,
officiellement autorisée en 1997 par le gouvernement
libanais, se présente sur son site comme étant
"le premier média arabe à mener une véritable
guerre psychologique contre l'ennemi sioniste".
Davos piraté
Des pirates informatiques anti-mondialisation
ont réussi à voler des données confidentielles
sur les riches et puissants qui ont participé au dernier
Forum économique mondial (WEF) de Davos. Cette action
a été révélée par le SonntagsZeitung,
qui a reçu, sous pli anonyme, un cédérom
contenant le numéro de la carte de crédit, l'adresse
privée et le numéro de portable, des 1 400 participants
du Forum économique mondial.
Avec dans le lot, des personnalités telles que Yasser
Arafat, Bill Clinton, Bill Gates, Jean-Marie Messier ou encore
Bernard Arnault. Le Collectif, baptisé "Virtual
Monkeywrench", a alors déclaré qu'il n'avait
pas l'intention de faire chanter des multinationales ou des
Etats, mais que la publication de ces données était
un "bon sabotage" visant à "attaquer
les puissants et le pouvoir".
L'information a été
confirmée par le directeur général du
WEF, Claude Smadja, qui a qualifié cette opération
d'"acte criminel extraordinairement grave". On se
souvient que les militants anti-OMC avaient été
interdits de manifestation à Davos, ce qui a provoqué
un vif débat en Suisse sur la liberté d'expression.
Selon la télévion suisse-romande, les militants
ont ainsi "pris leur revanche", après avoir
été interdits de manifestation.
La CIA anonyme sur le Web
Les agents de la CIA surferont
anonymement : In-Q-Tel, une société privée
fondée par la CIA, vient de passer un accord avec Safeweb,
une entreprise californienne qui travaille sur la sécurisation
des données personnelles et dont nous avions parlé
dans le numéro précédent.
Safeweb utilisera sa technologie PrivacyMatrix dans la conception
d'un nouveau procédé qui permettra aux agents
de la sécurité américaine de surfer sans
laisser aucune trace de leurs passages sur les sites.
La cryptographie, élaborée par Safeweb pour
In-Q-Tel, protègera ses utilisateurs contre toute intrusion
dans ses activités, ses communications en ligne et
sécurisera la transmission et l'envoi de données
via le Web.
La méthode de chiffrement de PrivacyMatrix serait la
seule actuellement à correspondre aux standards pour
le moins exigeants de la CIA. Et pour les internautes qui
ne travaillent pas pour l'agence américaine ?
Antoine Morès
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