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"Torture" en Algérie ! A qui profite l'intox ?
Depuis à peine quelques mois, l'idée que, pendant la guerre d'Algérie, les militaires français ont torturé systématiquement, avec une férocité sans nom, les rebelles, réapparaît avec une intensité rarement atteinte. Si l'on s'en tient à l'argumentation schématique des media communs, on découvrirait " enfin " que l'armée française a eu recours à la torture pendant tout le conflit algérien. Cette "révélation", on la doit surtout à un vieux général, AUSSARESSES qui, dans un livre récemment paru, reconnaît que l'armée n'a pas hésité à torturer systématiquement pendant cette guerre, que lui-même a pratiqué la torture et qu'il ne le regrette pas. Enfin, il met en cause les autorités politiques de l'époque, dont François MITTERRAND, alors ministre de la justice. Grâce à ce texte, l'idée que la France s'est adonnée allègrement au "crime contre l'humanité" envers les Algériens est décisivement lancée. Sur ces révélations, il convient de faire plusieurs remarques préliminaires.
1- Personne n'a jamais douté que, dans le cadre de la recherche de renseignements, l'armée française, à l'instar de toute armée en temps de guerre, en particulier lorsqu'elle affronte une guérilla pratiquant le terrorisme, ait eu recours à des interrogatoires "musclés". Dans l'inconscient collectif, le vocable "gégène", qui fait référence à la "torture" électrique, est lié à la guerre d'Algérie. Le témoignage d'AUSSARESSES n'apporte donc rien de fondamentalement nouveau.
2- Il permet cependant de remettre au jour une vision du conflit qui était celle que véhiculait, au moment même où celui-ci avait lieu, les milieux d'extrême gauche en France métropolitaine. Selon cette vision manichéenne, les militaires français, au mépris de la personne humaine, n'ont cessé, pour tenter de briser l'esprit de liberté du peuple algérien, de faire subir, durant tout le conflit, les pires persécutions aveugles aux civils arabes.
3- Cette vision, pour s'appuyer efficacement sur le témoignage d'AUSSARESSES, se doit d'occulter une part essentielle de celui-ci, et de tous les témoignages de militaires français ayant joué un rôle dans le conflit. Face aux attentats, aux massacres de civils européens ou arabes - souvent torturés, mutilés -, aux embuscades tendues contre les militaires - appelés dans une grande proportion -, la "torture" pratiquée au sein de certaines unités de l'armée française entrait dans un cadre très précis: les interrogatoires "musclés" avaient pour rôle de générer des renseignements aptes à rendre plus efficace la lutte anti-terroriste, voulue par les gouvernements successifs de 1954 à 62.
4 - La ré-émergence brutale des schémas gauchistes relatifs à la guerre d'Algérie semble parfaitement orchestrée. En gestation depuis déjà de nombreux mois, quelques pseudo intellectuels se relayaient, avec une fréquence toujours plus importante dans les media pour parler des "persécutions", puis pour réclamer la "repentance", cette réémergence avait besoin de s'appuyer sur un témoignage emblématique. C'est dans ce cadre qu'AUSSARESSES intervient. Son texte permet ainsi à VIDAL-NAQUET d'affirmer dans Le Monde: "la responsabilité du gouvernement de la République (…) est à présent clairement établie". Il ne reste plus alors qu'à crier au "crime contre l'humanité" et à exiger une repentance officielle de la France pour ses "crimes" envers le peuple algérien.
Certains, en particulier par le vecteur du Figaro, dénoncent une manœuvre dont AUSSARESSES serait le rouage essentiel. Ainsi, le texte du vieux général a été soumis par son éditeur - Perrin -, pour réécriture, à un tiers dont Georges FLEURY, ancien parachutiste remarque, dans les colonnes du Figaro, qu'il est "passé maître dans l'art de la négritude". Le "nègre" littéraire en question, Claude RIBBE, de race noire, publie également un roman dénonçant le racisme. Signalons qu'interviewé , RIBBE déclare n'avoir apporté que très peu de modifications au texte initial et que son roman est édité par Plon, maison mère de Perrin. Tout cela peut nous conduire à penser que l'éditeur en ayant soumis le texte à la réécriture d'un nègre insoupçonnable de complaisance vis à vis des propos du militaire, devrait pouvoir se soustraire, sinon à toute poursuite, du moins à une condamnation éventuelle. Quant à AUSSARESSES, qui joue fort bien son rôle, celui du militaire "brute épaisse", archétypique du "méchant" représentant de l'ordre le plus conservateur, caricatural à un point tel qu'on le croit sorti tout droit du feutre d'un CABU, malgré les menaces de poursuite, tout le monde sait qu'à 83 ans, il ne risque qu'un bon coup de pub pour son livre. Le texte était nécessaire à une campagne pour la repentance et, dans l'affaire, tout le monde s'y retrouve, financièrement pour l'éditeur et l'auteur, politiquement pour les autres. Cette "découverte" de la torture est caractéristique d'une volonté révisionniste perverse: on nous "apprend" ce que les Français ont toujours su, mais en occultant les causes, le pourquoi de ce que les "bonnes âmes" appellent la "torture". Quarante ans après la fin du conflit, il est plus facile de falsifier les faits. Pendant les événements d'Algérie, en particulier durant les dernières années, il était à peu près impossible de rendre l'idée selon laquelle l'armée française se livrait, sans raison réelle, aux pires exactions sur la population algérienne. En effet, dans chaque famille ou presque, un ou plusieurs jeunes, appelés du contingent, acteurs et témoins du conflit, répercutaient en métropole la réalité des faits. Dans les familles, que l'on fût pour ou contre l'Algérie française, on savait quelles étaient les méthodes barbares, contraires à tout esprit de civilisation, employées par les fellaghas. On savait que si le fils envoyé au casse-pipe dans le Djebel était fait prisonnier par les commandos du FLN, il serait torturé, mutilé, émasculé dans les conditions les plus atroces, les plus barbares, inimaginables mêmes, en Europe. A l'époque, à mille lieues des considérations des intellos gauchistes parisiens vilipendant les exactions de l'armée, la masse des opposants à l'Algérie française, entendons la grande majorité du peuple français en métropole, voulait revoir vivants des fils dont elle n'admettait précisément pas qu'ils pussent être soumis, pour conserver un territoire lointain, à la barbarie fellagha. La plupart concevaient que les cas de "torture" sur des Algériens par des militaires n'étaient rien en regard de la masse des civils - européens et arabes - torturés et massacrés par les Fellaghas et, surtout, que les "tortures" infligées par les militaires n'était pas du tout de même nature que celles infligées quasi systématiquement par le camp adverse. Il serait fastidieux de dresser un catalogue exhaustif de l'expression de la cruauté de ceux que nos militaires ont dû combattre jusqu'en 1962 en Algérie, surtout durant les dernières années de guerre. Sachons cependant que même après le cessez-le-feu (19 mars 62), environ 150 000 Harkis et 25 000 Pieds Noirs ont disparu, les Arabes pro-Français ayant été largement massacrés, parfois dans des camps où la torture, généralisée, aussi sauvage que gratuite, jusqu'à la mort, était "gaiement" pratiquée par leurs geôliers du FLN. Déjà, en 1957, un texte appelé Aspects véritables de la rébellion algérienne, publié par le gouvernement français, dénombrait les victimes civiles du FLN ou l'ALN de novembre 1954 à 57. En 30 mois, les rebelles avaient tués 6945 hommes (dont 870 Européens), 265 femmes (dont 105 Européennes), 95 enfants (dont 35 Européens), enlevés 2341 personnes (dont 142 Européens). La publication présentait également une centaine de photos de victimes de la rébellion, véritable étal de boucherie humaine (corps décapités avec sexes sectionnés enfoncés dans la bouche…etc.) Alors, aujourd'hui, condamner la "torture" pratiquée par l'armée française en omettant de relater les atrocités systématiques de ses ennemis en Algérie, tortures en tout genre, souffrances abjectes infligées jusqu'aux enfants, relève d'une grave malhonnêteté intellectuelle. Reprocher à des soldats français d'avoir usé de violence contre des prisonniers, pour obtenir des renseignements susceptibles de sauver la vie de centaines de civils, comme ce put être le cas au moment de la "bataille d'Alger", c'est la même chose que reprocher au policier, durant la garde à vue, d'avoir bousculé le violeur d'enfants reconnu, pour lui faire avouer où il cache sa dernière victime. Le temps, pour les "bonnes consciences", est à l'ethno-masochisme. L'Européen doit nécessairement se reconnaître comme la brute, le méchant. Dans la société actuelle, où celui que l'on parvient à faire passer pour l'opprimé a nécessairement les faveurs de l'opinion publique, la manœuvre a un but précis. Se repentir, alors même que nos militaires ont fait ce qu'ils devaient, implique que l'on ait une dette terrible envers ceux qui nous envahissent aujourd'hui et que l'on n'ait même plus le droit "moral" de leur refuser d'imposer leur loi sur notre sol. Faire passer l'idée, auprès des Français européens, d'une repentance vis à vis du peuple algérien, est un préalable nécessaire à une massification de l'immigration algérienne sur le territoire français;Lorsque l'on sait que le consulat de France à Alger vient d'annoncer des mesures souples pour délivrer encore plus de visas ,dans des conditions meilleures, en investissant en moyens humains et matériels importants, on comprend le but de la manœuvre. Le nombre de visas à délivrer sera revu à la hausse. Actuellement, il est délivré près de 1200 visas par jour au consulat d'Alger et plus de 400 à Annaba. Pour la seule année 2001, il est prévu la délivrance de 223000 visas à Alger et quelques 146000 autres à Annaba. Au total, 369000 visas seront délivrés en 2001. Préparer les Français à l'idée d'une repentance, c'est les préparer, psychologiquement, à ne plus pouvoir refuser jusqu'aux effets les plus destructeurs pour notre civilisation de l'invasion de colonisation d'Arabo-musulmans desquels nous devrions implorer le pardon. Reconnaître la "torture" n'a pas d'autre but que de préparer les Français à une nouvelle immigration maghrébine de très grande ampleur.
Eddy MARSAN
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