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  JEUNE RESISTANCE 23


DOSSIER : Bienvenue en démocratie totalitaire



Les nouvelles démocraties totalitaires
Démocratie de marché : la liberté contre la liberté



Les nouvelles démocraties totalitaires

Le nazisme est mort et enterré, le communisme s'éteint lentement mais sûrement. Les dictateurs et les bourreaux d'hier sont jugés aujourd'hui. Pinochet, Papon, Milosevic, demain Saddam Hussein, tous finiront au trou. La démocratie a enfin triomphé du mal. Dans leurs foyers bien chauffés les masses occidentales se laissent bercer par le doux ronron de la surconsommation. Les conflits, les peurs et les dangers de toujours semblent à jamais écartés. Les péripéties de l'histoire humaine semblent avoir suspendu leur vol pour s'arrêter aujourd'hui, en l'an 2000. Le monde actuel reste figé sur la certitude de vivre dans le meilleur des mondes. Mais cette certitude est-elle réelle ou bien est-elle construite, résultat d'un énorme travail de manipulation, de répression insidieuse, de violence psychologique, de pression économique et de matraquage médiatique ? Ce silence lourd et continu qui couvre toute forme de contestation véritable est-il naturel ou bien voulu ? Pourquoi notre système ne laisse-t-il transpirer aucune controverse fondamentale ?

En 1976, sous Brejnev, les autorités n'avaient guère apprécié le livre à succès d'Alexandre Zinoviev, Les Hauteurs béantes (considéré comme "antisoviétique"), et avaient donné le choix au sociologue-logicien entre l'exil ou dix ans de cachot… Zinoviev s'installe à Munich et devient avec Soljenitsyne l'une des figures intellectuelles de la dissidence. Cependant, une fois établis en occident, ces écrivains respectés ont retourné leur esprit critique contre l'Ouest. Ainsi, après avoir analysé le totalitarisme soviétique, Zinoviev s'est penché sur l'Occident et ses dérives autoritaires. Il introduit l'idée - iconoclaste mais ô combien pertinente - selon laquelle la guerre froide et le glacis communiste à l'Est garantissaient à l'Ouest le progrès social et la démocratie. Privé d'ennemi-repoussoir, l'Occident est entré dans une ère post-démocratique ou plus précisément de "totalitarisme démocratique".
Mais, Zinoviev n'est pas le seul à relever dans notre système Occidental une dérive autoritaire. Eric Werner dans son livre "L'après-démocratie" (1) reprend l'ensemble des analyses des différents intellectuels sur les totalitarismes pour les appliquer à notre système libéral contemporain. La démonstration est convaincante. En effet, pourquoi constamment exclure les "démocraties" occidentales de l'examen approfondi auquel ont été soumis Nazisme et Communisme. Il existe des dizaines de travaux qui dissèquent les rouages totalitaires des régimes Hitlérien et Stalinien, mais il n'existe aucun équivalent pour nos régimes démocratiques soit disant tolérants. Eric Werner reprend, entre autre, les travaux de deux politologues américains Carl Friedrich et Zbigniew Brezinski qui ont établi une liste de six critères permettant de définir le totalitarisme. Lorsque qu'un système répond à ces six critères il est considéré comme totalitaire. Afin de savoir si nos démocraties modernes sont au-dessus de tout soupçon, nous allons reprendre un à un ces six critères pour les appliquer aux démocraties occidentales en général et au régime français en particulier.

1 - Une idéologie officielle à laquelle chacun est supposé adhérer.
Le premier des symptômes qui indique que nous avons affaires à une dictature est la proclamation par le système d'une idéologie officielle à laquelle chacun est supposé adhérer. Déjà, rien qu'à l'énonciation de ce simple critère, un trouble s'empare de nos esprits. Bien sur, l'Allemagne des années trente adhérait pleinement à un discours officiel auquel il était dangereux de s'écarter, mais en va-t-il autrement dans notre pays aujourd'hui ? Il apparaît clairement que les déclarations de nos hommes politiques toutes tendances confondues ou que les éditoriaux des journaux télévisés convergent vers un seul et même discours.
La pensée unique. Même ceux qui la condamnent publiquement apparaissent finalement être ses serviteurs zélés. De plus, cette pensée unique, comme tous les dogmes de l'histoire, dérive lentement vers la religiosité. En fait, elle est devenue une religion. Elle a ses évangiles : les droits de l'homme. Elle a ses tabous : la race, les valeurs masculines, les aspirations identitaire, la foi religieuse (sectes y compris). Elle a son péché originel : La Shoa. Elle a sa morale : L'antiracisme, le féminisme, le politiquement correct. Elle a ses martyrs : les juifs, les homosexuels, les noirs réduits en esclavage. Elle a son diable : Adolf Hitler. Elle a son Dieu : Le progrès. Toute contestation est immédiatement frappée de blasphème et l'infidèle excommunié sur-le-champ. L'hérétique est taxé de nazisme et autres diableries, puis livré à la vindicte populaire. L'humanisme des droits de l'homme est une pensée officielle obligatoire. D'ailleurs, qui ose dire que les droits de l'homme sont une ineptie politique et une ânerie morale ? Personne. Rendez-vous compte ! Aucun homme de cœur ne pourrait dire une telle chose. Aucun homme sauf…un Nazi, c'est à dire un serviteur de Satan.
Malheureusement, comme toutes pensées officielles, celle-ci cache des desseins beaucoup moins avouables. Selon Alain de Benoist "La rhétorique des droits de l'homme n'a d'autre but que de briser les résistances à la mondialisation et de permettre l'ouverture de nouveaux marchés". Car derrière une façade généreuse se cache la puissance américaine et ses multinationales avides de toujours plus de richesse. Elles sont précédées de leurs gardes chiourmes, les ex-soixante-huitards et autres hippies des seventies devenus le bras armé du capital au nom du combat antifasciste. L'échec pathétique du "paradis" communiste soviétique, a contraint nos marxistes bien nourris d'abandonner peu à peu l'ensemble de leur bagage idéologique : la révolution, le collectivisme, l'économie planifiée, l'internationale prolétarienne... Alors, ils s'accrochent à l'antifascisme pour se convaincre qu'ils n'ont pas trahi leur cause, qu'ils sont restés fidèles à leur engagement de jeunesse. Ils n'en sont que plus dangereux.

2 - Un parti unique avec a sa tête un dictateur.
Une dictature implique constamment un parti unique et a sa tête un dictateur. A première vue, la société occidentale contemporaine échappe à ce critère. Mais creusons un peu la question pour en être persuadé. Claude Julien écrivait en 1972 : "Peut-on encore parler de démocratie lorsqu'une majorité de citoyens ne parvient plus à distinguer les thèses de l'opposition des thèses du pouvoir ? La démocratie est atteinte dans son principe lorsqu'une majorité de l'opinion est persuadée qu'elle ne pourra pas infléchir la politique du gouvernement" (2). Nous pourrions ajouter : peut-on parler de pluralité politique lorsque les partis qui se partagent le pouvoir sont toujours les mêmes depuis des décennies ? La réponse, tout le monde la connaît. De plus en plus, l'opposition Gauche/Droite apparaît comme une vague supercherie dans la mesure où le débat politique reste cantonné dans les limites fixées par le nouveau dogme des droits de l'homme. Le système mobilise médias, intellectuels, artistes, animateurs télé, instituteurs, magistrats et autres fonctionnaires pour persuader les citoyens qu'ils ne peuvent rien changer et qu'il n'y a qu'une seule voie à suivre : "la Globalisation".
Selon Alexandre Zinoviev nous vivons "dans un monde dominé par une force unique, par une idéologie unique, par un parti unique mondialiste". Dans ce parti mondialiste on retrouve des tendances voir des courants mais finalement tous s'accordent sur un seul point, le progrès de l'humanité demande que l'on fasse table rase du passé, des identités culturelles, des races, du "carcan" des valeurs traditionnelles. Bref, de toutes les différences qui rendent notre planète si belle. Les seules oppositions réelles n'ont pas d'autre enjeu que le pouvoir pour lui-même et les prébendes liées au pouvoir. Dans la mesure ou il y a pensée unique il y a donc bien parti unique. Mais qu'en est-t-il du dictateur ? Si le dictateur à la tête du parti manque à l'appel il y répond au travers d'une personne morale : "la World Company S.A.".

3 - Un système de terreur soit physique, soit psychique dirigé non seulement contre les adversaires déclarés du régime, mais certaines fractions arbitrairement désignées de la population.
La violence psychique est là, partout présente. La peur d'être dénoncé à la DASS par la maîtresse de son fils qui aurait tenu des propos racistes. Le collègue de bureau qui pourrait nous surprendrait à dire : "j'ai mis ma fille dans une école privée car dans les établissements publics il y a trop d'immigrés". La peur dans une soirée arrosée entre voisin de laisser échapper le mot "pédé". La peur surtout de s'engager publiquement et d'être vilipendé et sali par une presse devenue hystérique (cf. l'affaire Garaudy /abbé Pierre). Les langues ne se délient que dans la confidence. Confiance de plus en plus dure à établir avec ses semblables tant la psychose grandit. Dernièrement, dans une émission de radio de Yves Calvi sur Europe 1, un journaliste et un commissaire de police étaient invités pour débattre de la violence dans les banlieues. Trois quarts d'heure se passent sans qu'une seule fois ne soit abordés les sujets tabous de l'immigration ou de l'intégration. Seul l'intervention en direct sur les ondes d'un auditeur dénonçant les jeunes issus de l'immigration comme responsable des violences, a permit de délier les langues. Sous les questions insistantes d'un Yves Calvi intrigué par ce silence, les deux invités confessèrent ne plus aborder le sujet de l'immigration car cela leur avait été sévèrement reproché dans le passé par l'ensemble de leur profession respective. Voilà le parfait exemple de la violence psychologique.
Lorsque Douste-Blasy ancien ministre de la santé en appelle à la délation publique afin de poursuivre en justice des personnes supposées racistes, La violence n'est plus seulement psychique, elle est également policière et juridique. Car en France, il existe des lois liberticides considérant certaines opinions comme un délit. Il y a d'abord eu la loi Pleven condamnant les positions ouvertement racistes. Mais comme nous l'avons vu, la terreur est telle que plus personne n'ose se dire raciste, cette loi devenait donc superflue. Mais par ailleurs certains historiens commençaient à remettre en cause le pilier moral de la société moderne : l'extermination au gaz des juifs par les Nazis. Il fallait donc renforcer cette première loi et si possible mettre sous contrôle les historiens et les scientifiques. Ainsi naît la loi Fabius/Gayssot dite loi anti-révisionniste. Même Jacques Toubon déclarait au sujet de cette loi : "Sur le fond, il est parfaitement clair que l'institution d'un délit de révisionnisme a fait régresser notre législation, car c'est un pas vers le délit d'opinion". Désormais, même les confidences à votre petite amie sur l'oreiller sont passibles de peine de prison et de lourdes amendes.
Depuis le vote de cette loi, les efforts déployés pour poursuivre les révisionnistes sont hallucinants. Les universités, les salles de rédactions, les établissements scolaires sont passé au rayon X anti-révisionniste. Des professeurs d'université comme le professeur Faurisson et Bernard Notin seront exclus et frappés de proscription. Des professeurs d'école seront sanctionnés. De nombreux organes de presse seront acculés à la faillite. La loi Fabius/Gayssot aura, entre autre, la peau du mensuel "Le Choc du mois" qui tirait à plus de 30 000 exemplaires.
Au-delà de l'aspect juridique et psychique, la violence est également physique. En embrigadant les jeunes immigrés dans des manifestations anti-Front National, en excitant chez eux une méfiance permanente vis à vis des Français de souche, en les présentant constamment comme des victimes du racisme des blancs, le système légitime leur violence. Violence qui ne manque jamais de s'exprimer contre les élus et les sympathisants du MNR ou du FN. Lors des récentes élections législatives l'énorme difficulté pour trouver des candidats démontre l'efficacité de cette stratégie. D'ailleurs, dans certains villages, les populations ne votent même plus FN ou MNR par simple peur des représailles des jeunes immigrés du coin. Jamais peut-être, une violence physique n'aura été aussi sournoise.

4 - la main mise sur les médias.
A première vue, les Etats ne contrôlent plus l'ensemble des médias. Même s'ils conservent quelques chaînes publiques ici ou là, qu'ils subventionnent directement les journaux et qu'ils accordent des avantages fiscaux inacceptables aux journalistes eux-mêmes (c'est le cas en France), leur capacité de contrôle semble limitée. On pourrait donc croire que la condition exigeant la main mise sur les médias n'est pas remplie. Cependant, il ne faut plus voir dans les gouvernants occidentaux des leaders politiques libres et indépendants. Aujourd'hui, nos dirigeants sont devenus des marionnettes entre les mains de forces occultes et financières. Leur collusion, voir leur complicité avec les transnationale est établie. David C. Korten (3) confirme que l'ensemble des dirigeants occidentaux, les capitaines d'industrie et les magnats de la finance se réunissent depuis 1954 dans la plus grande discrétion pour "l'obtention d'un consensus entre les pays atlantiques sur les problèmes essentiels auxquels se trouvent confrontés les systèmes transnationaux". Ces réunions occultes aboutiront en 1973 à la création de la commission trilatérale sous le patronage de David Rockefeller. Il apparaît clairement que nos responsables politiques, de droite comme de gauche, jouent un simple rôle de courroie de transmission afin d'appliquer des projets politiques loin des intérêts des peuples
La "World Company" manipule nos gouvernants complaisants. Les groupes multinationaux contrôlent la majorité des radios, télévisions et magazines en France et dans le Monde. Par exemple, TF1 est sous le contrôle de Bouygues, n°1 mondiale du BTP, Europe 1 est propriété de Largardère, N°1 mondial de la presse et Canal + appartient au gigantesque consortium Vivendi-Universal, N°2 mondial des communications. Lorsque certains organes de presses échappent à un contrôle direct, ils en dépendent indirectement via la publicité. Alain de Benoist constate : "Que les journaux deviennent déficitaires lorsque les annonceurs s'en détournent signifie qu'ils ont abandonné l'espoir d'être rentables par eux-mêmes en tant que journaux, et non en tant que support de réclame". Ceci amène les journaux à édulcorer voir à changer leur contenu de manière à ne pas subir un blocus publicitaire. Or, les mannes financières dépensées dans la publicité sont énormes. Tony Clarke anti-mondialiste canadien nous apprend que "les transnationales dépensent maintenant en publicité plus de la moitié de ce que l'ensemble des états de la planète débourse pour l'éducation publique". C'est ce contrôle financier des médias par les multinationales, avec complicité Etatique, qui a permis l'instauration, à tous les niveaux de la société, d'une pensé unique parfaite, totale et implacable.

5 - le monopole dans l'utilisation des armes à feu.
Même si traditionnellement les Européens ont un rapport avec les armes différent des américains, force est de constater que depuis plusieurs années la législation française en la matière ne cesse de devenir plus restrictive. Tous les ans de nouvelles dispositions législatives prohibent toujours plus l'achat et la possession d'armes à feu. Récemment, le gouvernement Jospin, sous couvert de loi sur " la sécurité quotidienne " a de nouveau alourdi les dispositions régissant la vente d'arme. Ces lois sont toujours présentées comme des dispositions pour lutter contre la criminalité, mais leur véritable objectif est d'ôter toute possibilité d'autodéfense aux citoyens. "En d'autres termes, l'objectif n'est pas de lutter contre la criminalité, mais à l'inverse de priver les victimes potentielles de la criminalité des moyens leur permettant, le cas échéant, de résister aux criminels. Les dirigeants entendent vraisemblablement aussi prévenir certaines révoltes anti-pouvoir" (Eric Werner)

6 - Une direction centralisée de l'ensemble de l'économie.
Rappelons qu'aujourd'hui les états rendent désormais comptes à des organismes internationaux comme l'OMC, l'OCDE, la banque mondiale ou encore le FMI. Depuis les accords du GATT, un grand nombre de prérogatives économiques ne dépendent plus des gouvernements élus mais de ces organismes obscurs sans aucune légitimité démocratique. "Les fonctionnaires de ces organisations ont souvent le pouvoir de réviser complètement les politiques commerciale, fiscale, budgétaire et énergétique d'un pays, ses exigences administratives, en matière de relogement de populations déplacées et de marchés publics, son droit du travail, son organisation sanitaire et sa réglementation". Les gouvernants occidentaux et les magnats de la finance mondiale se réunissent à huit clos à Davos pour décider à notre place de ce qui est bénéfique ou pas pour notre développement. Les élections n'existent que pour simuler une alternance et apaiser les gogos. Ces organismes font constamment passer les intérêts financiers des trusts devant les questions écologique, humaine et culturelle. Rappelons également que sur l'ensemble de la zone Occidentale, les états prélèvent prés de 50% du PNB. Or, cette masse énorme d'argent est essentiellement constituée par l'imposition des citoyens lambda, des petits commerçant et des artisans. En effet les multinationales, conglomérats internationaux, recourent à leurs filiales étrangères pour endosser l'identité nationale la plus avantageuse. En atteste l'extraordinaire explosion, ces dernières années, du nombre de sièges sociaux bidon dans des paradis fiscaux. Les Etats se cantonnent à entretenir les structures minimums nécessaires à l'activité économique, tout en faisant porter le poids cette charge aux autochtones exploités. Cet argent sert également a supporter le coût des dommages inhérents à cette logique du tout écologique, notamment en finançant une immigration de plus en plus problématique et ruineuse. Ces sommes servent également à financer un système de surveillance policière, fiscale et idéologique en direction des populations dites à risque comme les exclus, les intellectuels indépendants et surtout les activistes politiques présentés comme des extrémistes voire des racistes.

Ce système est complexe à comprendre. Ses motivations semblent insaisissables, car les intérêts financiers n'ont pas projet de société précis. Par exemple, les puissances financières s'accommodent parfaitement de l'idéologie libertaire post-soixante-huitarde, ultra individualiste et cosmopolite largement répandue en France. Le système arrive ainsi à instrumentaliser des inquisiteurs étiquetés comme des militants de la gauche radicale anti-patrons et pro-immigrés. Par exemple, le groupe de musique Zebda qui est à l'origine de la liste "des Motivé" aux dernières élections municipales à Toulouse, liste citoyenne radicale de gauche clairement immigrationniste, est produit par le consortium Vivendi-Universal (encore lui !!!). Le fait que certains membres de cette liste sont allés jusqu'à courser Douste-Blazy dans la rue en le traitant de sale fasciste en dit long sur leur programme. Toutefois, cela ne les a pas empêché d'être financés, produits, aidés et protégés par l'un des plus gigantesques trusts planétaire. La connivence est évidente ! Les autorités qui gouvernent la mondialisation savent retourner et utiliser les forces déjà en places dans les pays convoités pour servir leur dessein économique. Elles les achètent et les laissent se défouler contre les boucs émissaires qu'on veut bien leur tendre. La France est de Gauche ? Qu'à cela ne tienne, les multinationales aideront et se mettront dans leur poche des journalistes, des politiciens, des associations, des artistes et des intellectuelles antifascistes ou antiracistes. Tant que ces dégénérés assouviront leurs pulsions liberticides sur des fascistes imaginaires, ils ne viendront pas contrecarrer les projets financiers d'un Georges Soros ou d'un Jean-Marie Messier. Vraisemblablement, les transnationales semblent parfaitement en phase avec les concepts de la gauche trotsko-libertaire. Concepts qui favorisent un chaos social en faisant table rase des communautés historiques et permettant aux grandes sociétés d'affronter des individus isolés et impuissants plutôt que des communautés soudées et solidaires. Idées qui provoquent également une nucléarisation de la famille, noyau social fondamental porteur d'une morale contraire aux valeurs marchandes.
Voilà pourquoi notre ennemi est diffus et insaisissable, car il est à la fois partout et nulle part. Il ne s'appuie pas sur un corps de doctrine claire, mais sait se satisfaire d'un discours de droite à la Silvio Berlusconi comme d'un discours de gauche à la Dominique Voynet. D'ailleurs, la récupération en France du combat écologique par une tendance plus trotskiste qu'écologique a sûrement bénéficié d'un petit coup de pouce de la part d'amis mondialistes. Les courants authentiquement écologiques et clairement anti-mondialiste (tendance Antoine Wechter) sont quant à eux réduits au silence. Qu'importe les idées, tant qu'elles n'empêchent pas d'engranger d'énormes profits et ne remettent pas en cause le libre échange mondial. C'est donc sur plusieurs fronts que nous luttons. Cependant, nous sommes de moins en moins seuls. Quelque part, le réveil des revendications identitaires ici ou là peut être interprété comme une forme de rejet de cette société massifiée, cosmopolite et uniformisatrice. Désormais, de plus en plus d'intellectuels d'horizons différents se réunissent et parlent de "Bio-région", d' "économie locale autosuffisante", d' "alternative communautarienne" Au-delà de la mondialisation, se dessine déjà l'après mondialisation. A nous de savoir proposer une autre société. Une société à visage humain.



(1)   "L'après démocratie" de Eric Werner aux éditions L'age d'Homme.
(2)   Extrait du livre "Le Procès de la mondialisation" sous la direction de Edward Goldsmith et Jerry Mander aux éditions Fayard.
(3)   David C. Korten, titulaire d'un doctorat de l'école de commerce de l'université de Stanford et enseignant à Harvard, est l'un des critiques les plus éloquents des doctrines et pratiques économiques qui gouvernent notre système actuel.



Karl Hauffen





Démocratie de marché : la liberté contre la liberté



Le "système" occidental sait se vendre. "Liberté, égalité, fraternité", la république nous aime. Il n'existe pas de liberté sans démocratie, ni d'humanisme en dehors des droits de l'homme, l'école nous l'enseigne dès le plus jeune âge. Jouissant du droit de vote et du bien-être capitaliste, nous sommes nos propres maîtres.
L'économie repose sur la libre concurrence. Le pouvoir procède de la volonté du peuple. Et la société travaille à l'émancipation de l'être humain. Ainsi le monde libéral se présente-il comme un système souple, ouvert à tout projet de réforme, au gré des choix émis par les citoyens. Mais surtout, il prétend garantir par dessus tout le libre arbitre individuel et le progrès collectif. Pourtant, si l'on examine de près les mécanismes de son fonctionnement, on constate que la démocratie de marché repose sur une conception hypocrite, falsifiée, de la liberté et du bonheur humain.


L'idéologie démocratico-libérale repose sur deux mensonges fondateurs, que la constitution française de 1958 exprime avec une grande habileté : "[Le principe de la République est :] gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple." Aujourd'hui, ce vieux slogan révolutionnaire grince comme de l'humour noir. D'une part les peuples et les hommes ne se gouvernent pas eux-mêmes ; ils subissent au contraire des influences diverses, puissantes, insidieuses. Et d'autre part le système ne roule pas "pour le(s) peuple(s)", ces derniers étant réduits à de simples rouages d'une machine folle.

Instruction publique, information, ou abrutissement des masses ?

Les médias et l'éducation scolaire se détournent de leur rôle de transmission objective des savoirs et de l'information. La priorité est désormais ailleurs.

Pour l'éducation des masses, le système éducatif public américain se réfère au béhaviorisme, une école de psychologie qui conçoit l'homme comme une machine, à laquelle il faut fournir les bonnes entrées pour en obtenir les bonnes sorties, c'est à dire de bons comportements. Selon les théories béhavioristes, le niveau scolaire requis doit être celui de la "compétence minimale". Le profil de chacun est déterminé au préalable par une batterie de tests psychologiques, et les élèves ne reçoivent que le bagage strictement nécessaire pour accomplir leur fonction dans la société.
Dans son ouvrage "Machiavel pédagogue", Pascal Bernardin explique comment les organisations internationales travaillent à promouvoir de telles méthodes pédagogiques. Selon lui, "le niveau scolaire continuera […] à baisser, sans surprise d'ailleurs puisque le rôle de l'école a été redéfini et que sa mission principale n'est plus la formation intellectuelle mais sociale des enfants ; puisque l'on veut non plus leur donner des outils de libération intellectuelle mais leur imposer subrepticement des valeurs, des attitudes et des comportements par le biais de techniques de manipulations psychologique ."(1)
A l'appui de sa démonstration Pascal Bernardin cite de nombreux textes officiels émanant d'instances internationales comme l'OCDE, l'ONU, mais aussi du Conseil de l'Europe et du ministère de l'Education nationale, prônant l'internationalisation et la standardisation de l'éducation. Tous désignent clairement l'adversaire : la famille, la mentalité populaire, l'héritage culturel. Selon l'UNESCO "tant qu'une génération n'aura pas reçu les enseignements d'un curriculum international standard, tous raisonneront dans les vieux cadres mentaux qui, à terme, sont fatals à l'humanité." (2)

Les médias obéissent quant à eux aux intérêts de leurs propriétaires. Le célèbre universitaire américain Noam Chomsky en a montré tout le cynisme en étudiant la réaction des médias lors de l'invasion du Timor Oriental par l'armée indonésienne entre 1975 et 1978. Massacres, bombardements massifs, génocide - plus de 200 000 morts - furent largement passés sous silence par la presse américaine. Pourquoi ? Simplement par le fait que les plus grands journaux appartiennent à des conglomérats privés ayant des intérêts dans l'industrie de l'armement. Or les industries de l'armement ont déversé sur le Timor plus de bombes qu'il n'en a été largué au dessus de l'Europe durant toute la seconde guerre mondiale…
Une étude effectuée par "le monde diplomatique" en mai 2000, posait la question suivante : "pourquoi le discours médiatique semble-t-il converger spontanément vers la légitimation de l'ordre établi et apporter ainsi une contribution indispensable à la pérennité du système social ?" Pour Alain Accardo (3), le recrutement de la classe médiatique et le conformisme des journalistes à l'"esprit du temps" en font les agents de sauvegarde des intérêts engagés et des valeurs établies. Les patrons de la presse et de la télévision mettent en place des professionnels qui "adhèrent personnellement à une idéologie socialement approuvée (…) qui consiste à considérer en toute bonne foi (…) que le bonheur du genre humain exige qu'on reste au sein de l'Eglise libérale, hors de laquelle il n'est point de salut possible."
D'ailleurs la pertinence, la qualité et l'exactitude de l'information ne se rangent pas en tête des préoccupations journalistiques. Les médias fonctionnent selon un mode capitaliste. Ils doivent être rentables. Le but est de vendre, et surtout de captiver l'attention - par des raisonnements simplistes, des images, des chiffres sensationnels - du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur afin de maximiser les recettes de publicité. La publicité constitue le plus souvent la première ressource des médias et donc la principale préoccupation des équipes rédactionnelles. La simple menace d'un retrait de budget publicitaire intimide bien des journaux. Entre 1920 aux Etats-Unis et les années 1980 à l'échelle de la planète, les annonceurs ont réussi à remplacer le monopole d'Etat sur les programmes audiovisuels par des systèmes privés financés par la publicité.


Un endoctrinement subtil et généralisé

Dans les années 70, le philosophe allemand Herbert Marcuse (4) diagnostiquait déjà le subtil totalitarisme du système moderne mondialisé, capable comme le nazisme de combiner "les formes traditionnelles de la répression politique exercées par les forces de l'ordre" (police, armée) et "un appareil d'endoctrinement technique et idéologique en constant perfectionnement" (médias, école, sujétion économique). Le système n'use de la contrainte physique que lorsque celle-ci est strictement nécessaire. Il s'appuie sur des techniques scientifiques de communication et de conditionnement qui lui permettent de garder sous son contrôle la masse des individus : contrôle discret mais omniprésent, et d'une efficacité redoutable.

A cet égard, la publicité distille une propagande permanente à laquelle nul ne peut échapper. On estime actuellement, dans les pays développés, le mitraillage publicitaire à plus de 2500 impacts par personne et par jour. On pourrait chiffrer ainsi la vie d'un employé moyen : 8 heures de travail, 1 heure de radio, 2 heures de repas, 2 heures de transports, 3 heures de télévision, 8 heures de sommeil. Pendant les jours de repos, les heures de loisir et d'achats se substituent aux heures de travail. Au bilan, lorsque l'homme moderne ne produit pas, il consomme. Mais que fait il le reste du temps ? Eh bien le reste du temps (transports, radio, télévision), il subit un conditionnement intensif. Essayez donc de garder les yeux ouverts dans un bus ou un métro sans contempler avec ferveur une affiche de réclame. Les programmes audiovisuels, sans cesse entrecoupés de spots publicitaires, ne servent pour leur part que de prétextes à la persuasion consumériste.

Selon Marshall Mc Luhan, "il n'y a pas d'équipe de sociologues capable de rivaliser avec les équipes de publicitaires dans la recherche et l'utilisation de données sociales exploitables." (5)
Des moyens financiers énormes sont mis en œuvre par les grands groupes de distribution pour décrypter la mécanique des cerveaux humains dans ses moindres détails. Dès les années 50, apparaissent ainsi les instituts de "recherche des motivations" : sondages, recoupement d'informations, étude des réactions individuelles et collectives, spectateurs cobayes… "Les premiers résultats tombent : pour être achetés sans réticence, le produit doit répondre à huit besoins cachés : il doit flatter le narcissisme du consommateur, lui apporter de la sécurité émotive, lui assurer qu'il est méritant, l'inscrire dans son époque, lui donner un sentiment de puissance, d'immortalité, d'authenticité et, enfin, de créativité" (6).

L'achat - apparemment libre - effectué par une personne ne correspond pas nécessairement à un besoin ou à un choix raisonné et conscient de sa part. Il est la conséquence logique d'un long conditionnement. Le système capitaliste ne doit pas seulement produire, il lui faut surtout vendre, et plus que de besoin. Les méthodes de manipulation les plus raffinées sont donc employées pour orchestrer des désirs de consommation qui, sans elles ne se manifesteraient pas. Nous n'achetons pas des yaourts et des caméscopes par amour des laitages ou du cinéma, mais avant tout parce que le système nous le demande, parce que le système nous le commande.
A l'aide de caméras enregistrant le nombre de battements de paupières, des chercheurs ont montré que des clients plongés dans l'univers merveilleux du supermarché (choix immenses, rayons à perte de vue, bruits et musiques, couleurs, odeurs, lumières étudiées) se trouvaient dans un état proche du premier stade de l'hypnose. Le nombre des battements de paupières, normalement de 32 par minute, diminue de moitié pendant la séance des courses et retrouve par la suite son rythme habituel.

Les individus sont conduits non seulement à consommer au delà de leurs besoins, mais également à adopter une attitude de consommateurs. Ils s'habituent à un comportement passif, dicté par des besoins primaires : sollicitation de la sexualité, de la gourmandise, identification à un stéréotype culturel. Le travail des publicitaires consiste à récupérer toutes les aspirations d'évasion humaines pour les transformer en consommation. En témoigne la référence permanente à l'amour, au combat révolutionnaire, à la pureté, à l'édification individuelle. Leur objectif est de capter votre temps libre et votre énergie, mais aussi votre désir d'être quelqu'un et de faire quelque chose. Par exemple les campagnes de Benetton ne sont pas des campagnes de promotion de la lutte antiraciste, mais une récupération du combat antiraciste, afin de vendre des pulls. Avec la publicité, le système fait d'une pierre deux coups. Il entretient sa machine économique. Et il digère toutes les aspirations individuelles. "Soyez différent : pensez Pepsi."
Avec leur avalanche d'évènements désarticulés, les infos conduisent à un résultat similaire. Elles endorment les citoyens et tuent leur esprit critique. "Tremblements de terre, tueur forcené, guerres subites, opérations humanitaires, croisades sportives permanentes… ne cherchez pas à comprendre, consommez. Vous êtes dans un monde en mouvement, mais vous êtes impuissants."


Pour le système, l'être humain n'est utile que lorsqu'il produit ou qu'il consomme. S'il se détourne de ces fonctions, il devient dangereux. Le cadre docile et ambitieux qui se tue au boulot, le petit actionnaire solidaire des gros, le jeune des banlieues dont tous les revenus passent en vêtements de marque, sont les amis du système. Leurs aspirations s'y intègrent parfaitement : ils obéissent aux mots d'ordre et ne portent aucune contestation fondamentale.
Le pire ennemi du système, c'est le militant formé, radical et désintéressé. Formé parce qu'il a les outils intellectuels pour résister au contrôle, radical parce qu'il conteste les fondements même de la démocratie de marché, désintéressé parce qu'il a la force morale de se détourner des médias et de la consommation.
Quel combat devons nous donc mener ? Un combat sur nous même tout d'abord. Nous devons nous former, connaître les moteurs véritables du système et ne pas nous contenter de le rejeter en surface. Pour cela il faut du temps. Il faut récupérer le temps que le système nous vole : temps passé devant la télévision, ou en loisirs coûteux par exemple. Ensuite, il faut nous rapprocher des gens qui nous entourent, nous intéresser à eux, les écouter, leur parler, leur apprendre à décrypter l'information, à comprendre le monde qui les entoure. Notre but n'est pas de participer à la division de la société en recueillant l'adhésion superficielle des gens, et leur vote un jour par an. Notre but est de saper en profondeur un système hypocrite qui nie la richesse des peuples et des personnes. Dans ce combat fondamental, la victoire est possible, car notre grande force est d'avoir raison.




(1)   Pascal Bernardin, "Machiavel pédagogue", Editions Notre-Dame des Grâces, 1995, p.10
(2)   International symposium and round table, 27 nov. - 2 déc. 1989, Beijing, China, Qualities required of education today to meet foreseeable demands in the twenty-first century, Proceedings, Unesco, p. 40 et 42
(3)   Alain Acardo, maître de conférences de sociologie, Bordeaux III
(4)   V. notamment "L'homme unidimensionnel, essai sur l'idéologie de la société industrielle avancée", Editions de Minuit, Paris 1968
(5)   Marshall Mc Luhan, "Pour comprendre les médias", Seuil-Mame, Paris 1968, p.252
(6)   Frank Mazoyer, journaliste, Le monde diplomatique, décembre 2000


Jean CHRISTOPHE