EDITO
Combats...
Il a suffit d'un amendement au projet de loi sur la sécurité quotidienne, censé renforcer le contrôle sur les rave parties, pour que des milliers de jeunes descendent dans la rue. Proposé par Thierry Mariani, député du Vaucluse, ce texte prévoit entre autres la saisie éventuelle du matériel de sonorisation des raves "sauvages", comprenez toute soirée qui n'aura pas fait l'objet d'une déclaration préalable aux autorités préfectorales. Si les députés évoquent le droit à la tranquillité des riverains, les adeptes de raves parties dénoncent un dispositif "liberticide". Et manifestent leur colère dans plusieurs villes de France. A Paris, ils sont 800 à se réunir sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris pour réclamer l'instauration d'un dialogue tandis qu'à Marseille, ils brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire "Répression sonore, mais quoi encore ?" et "Free mouvement - Liberté d'expression". Des tracts distribués sur place précisent le sens de leurs revendications : "Nous refusons toute censure arbitraire de notre art et tout refus de notre choix de vie". A Toulouse, des échauffourées éclatent opposant forces de l'ordre et manifestants qui ont réussi à accrocher une banderole "Touche pas à mon sound-system" sur la façade de la mairie .
Cette mobilisation se prolonge également sur Internet. C'est ainsi qu'une pétition lancée contre l'amendement Mariani proclame : "Nous nous élevons contre ce refus d'un des droits les plus fondamentaux que nous nous étonnons de devoir encore défendre : celui de faire la fête". Tout est dit dans cette déclaration. Tant sur les motivations profondes des manifestants que sur la dépolitisation réelle de la jeunesse d'aujourd'hui.
Il ne s'agit pas ici de dénoncer les raves parties, ces rendez-vous festifs étant par ailleurs essentiellement fréquentés par des jeunes de souche européenne. Mais il faut prendre acte des niveaux d'engagement de la jeunesse. Et comprendre que s'il est difficile de mobiliser du monde sur de véritables problèmes de société, des milliers de jeunes peuvent spontanément descendre dans la rue pour réclamer le droit de faire la fête.
Nous retrouvons un cas de figure similaire avec les fameuses Rollers parties. Ils sont aujourd'hui des milliers en France à se donner rendez-vous chaque semaine pour de grandes randonnées dans les principales villes de France. On parle aujourd'hui d'un véritable "phénomène de société". Et si à Paris, Lyon, Marseille ou Nantes, ces rendez-vous sont autorisés, d'autres adeptes de cette activité ludique doivent encore se contenter de randonnées "pirates" faute d'avoir conclu un accord avec les autorités locales. Cela ne les empêche pas de réunir parfois jusqu'à 800 patineurs malgré le caractère illégal de l'événement. La défense de le liberté d'expression est à ce prix ! Selon l'association Nice Roller Attitude, "on estime aujourd'hui que Nice pourrait drainer mille à deux mille rollers sans difficulté à chaque randonnée si elles étaient annoncées et préparées officiellement. Car des participants potentiels -notamment des touristes- hésitent encore à se joindre au groupe, compte tenu de cette absence de "légalité"".
Absence de véritables enjeux, fausses libertés, combats d'arrière-boutiques. Nous vivons dans un système bien verrouillé dans lequel le politique tend, plus que jamais, à disparaître.
Cette société du spectacle excelle notamment dans l'abrutissement programmé de la population. Cela avec la complicité des journalistes et présentateurs télé, devenus les nouvelles idoles d'un monde complètement aseptisé. D'un monde où le courage et l'idéal de lutte se font de plus en plus rares.
Mais il convient d'entretenir l'illusion que la révolte est toujours possible, que toute revendication quelque quelle soit pourra attirer le regard complaisant et compréhensif des autorités. Cette dictature démocratique, avec son idéologie officielle et sa main-mise totale sur les médias, tolère les débats secondaires tout en dissimulant les questions politiques essentielles. La jeunesse se mobilise alors pour les raves parties et les promenades en rollers tandis que notre sol est colonisé et qu'il devient plus que jamais urgent de réagir si l'on veut sauver notre patrimoine ethnique et culturel.
Finalement, la dictature démocratique joue un jeu subtil et insidieux. Accordant de fausses libertés, qui n'ont aucun intérêt concret, elle n'en oublie pas pour autant de réprimer les pensées qu'elle juge dangereuses. Telles celles exprimées par Guillaume Faye dans "La colonisation de l'Europe", ouvrage qui lui a valu d'être convoqué devant les juges. Témoin aussi l'affaire Plantin, du nom de cet étudiant lyonnais qui a vu ses mémoires de maîtrise et de DEA d'histoire annulés après avoir été condamné pour révisionnisme.
Il est parfois difficile de garder espoir lorsqu'on commence à percevoir la puissance perverse de cette dictature démocratique et qu'on assiste, dans le même temps, médusés, à la profonde apathie dans laquelle sombre notre peuple. Nombreux sont ceux qui sont alors tentés de baisser les bras face à l'ampleur du travail à effectuer pour tenter de redresser la barre.
Il nous reste pourtant encore des raisons d'espérer car des foyers de révolte tendent à s'allumer ici et là. Sur le terrain social, tout d'abord, avec l'affaire Danone qui a provoqué une véritable levée de boucliers. L'entreprise dirigée par Franck Riboud décide de licencier des salariés pour faire plus de profits ? des collectifs appellent les citoyens à licencier les produits Danone de leurs paniers. Inutile de préciser que cet appel au boycott a fortement embarrassé les représentants d'un libéralisme effréné.
Mais la lutte se prolonge à l'échelle mondiale avec le développement des manifestations organisées par les militants anti-mondialistes. Depuis Seattle, Prague ou encore Davos, beaucoup de choses semblent avoir changé. A tel point que la Banque mondiale a préféré annuler la conférence annuelle sur le développement économique qui devait se dérouler à Barcelone du 25 au 27 juin. ''Nous avons vu ce qui s'est passé à Prague, à Nice et à Québec. Nous avons décidé qu'il était impossible d'échanger des idées derrière un cordon de policiers'' s'est contenté de déclarer le porte-parole de la BM.
Sur le front régionaliste, la persévérance des militants commence à porter ses fruits. Et la signature de l'accord intégrant les écoles Diwan dans l'enseignement public représente une première victoire dans le combat pour la reconnaissance des langues régionales.
Et puis il y a cette autre lueur d'espoir du côté d'Oldham, en Grande-Bretagne. Les affrontements opposant, pendant plusieurs jours, immigrés et jeunes anglais refusant l'invasion nous prouvent que la résistance est encore possible. Et que les tentatives d'endoctrinement de notre peuple peuvent encore aboutir à un échec. A nous de savoir en tirer profit en redonnant au peuple l'envie de nous rejoindre dans la lutte de libération nationale.
Fabrice Robert
|