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  JEUNE RESISTANCE 23


Chroniques livres



Alain de Benoist, Dernière année
(L'Age d'Homme)

Sous le titre Dernière année Alain de Benoist a tenu tout au long de 1999, un journal non pas de son existence quotidienne mais de ses réflexions politiques, philosophiques et autres. L'ensemble est d'une justesse de vue sidérante et il n'est pas une page qui ne mériterait d'être citée.
Extrayons-en ceci : " La seule fonction de l'antifascisme aujourd'hui est d'empêcher la conjonction d'une droite et d'une gauche également critique vis à vis de l'idéologie dominante. Aussi longtemps que cet antifascisme continuera de mobiliser contre des ennemis imaginaires, la Nouvelle classe pourra dormir tranquille. Les antifascistes fin de siècle ou les idiots utiles du temps présent. " ; " Deux jeunes musulmanes ont été exclues d'un collège de Flers parce qu'elles voulaient porter leur foulard en classe. Symbole pour symbole, je trouve qu'on devrait plutôt exclure celles qui portent des jeans. " ; " On compte proportionnellement plus d'anciens communistes repentis que d'anciens fascistes repentis. Parce que les seconds sont moins portés à se renier ou parce qu'ils ont moins de motifs de se repentir ? ". Enfin, traitant de la crise du mouvement national, Alain de Benoist porte un jugement très proche du nôtre : " Dans les deux cas (NDLR : dans les positions du FN et du MNR), la véritable aspiration populaire, et même populiste, celle qui se moque de la " nation " comme des " élites ", celle qui voudrait plus de subsidiarité, plus d'autonomie, plus de retour au vécu communautaire, restera déçue - alors même qu'elle est le mouvement de l'avenir ".
Un fois de plus, Alain de Benoist s'affirme avec ce livre comme l'un des penseurs les plus lucide et intelligent de ceux qui interviennent sur les marges intellectuelles du mouvement national.

Georges-Marc Benamou, Jeune homme vous ne savez pas de quoi vous parlez
(Plon)

Ce livre participe au travail de démolition de l'image de François Mitterrand. Il faut absolument montrer la face cachée de celui-ci et faire ressortir ce qu'elle peut avoir d'affreux pour un journaleux de gauche : son amitié pour René Bousquet, ses contacts cagoulards, son passage par l'Action française et par le pétainisme, etc.
Beaucoup de choses qui, somme toute, nous rendent François Mitterrand plutôt sympathique et qui ne font que confirmer ce qu'avait pu écrire Péan dans Une jeunesse française.
Il reste l'interrogation sur l'homme Mitterrand. Comment put-il ainsi dissimuler, vivre dans un éternel faux-semblant, se montrer sans cesse l'émule de Machiavel ?
Il reste aussi une certaine admiration pour un véritable homme politique à mille lieux au-dessus d'un Chirac ou d'un Jospin qui rivalisent eux dans le gris et dans l'insignifiance.

Jean-Pierre Davant, avec Pierre Boncenne, Notre santé n'est pas une marchandise
L'épreuve des faits, Seuil.

Le titre racoleur de cet ouvrage décrit de manière incomplète le bilan désastreux dressé par ses auteurs : dispositif hospitalier inadapté et présentant des disparités inquiétantes, gaspillage de l'argent public, lobbying malsain des industries pharmaceutiques, cynisme des compagnies d'assurance… Dans le domaine de la santé comme dans beaucoup d'autres, l'Etat se montre incapable d'entreprendre un chantier de fond, et "ne réussit pas vraiment à s'imposer comme un arbitre indépendant des alternances politiques consécutives".
Selon Jean-Pierre Davant (président de la Mutualité française) et Pierre Boncenne, l'attitude des industriels et de nombreux médecins, bénéficiant des largesses mal maîtrisées de la sécurité sociale, relève de "l'irresponsabilité collective", et ouvre un boulevard aux partisans d'une libéralisation totale du système de santé.

Guillaume Faye, Pourquoi nous combattons - Manifeste de la Résistance européenne
(L'Aencre - 12, rue de la Sourdière, - 75001 Paris - 145 FF + 30 F de port)

Dans ce dictionnaire militant documenté et accessible à tous, Guillaume Faye présente, sous la forme de courtes rubriques, les thèmes essentiels de son discours visionnaire : menace ethnique, impératif politique européen, nécessité d'un redressement social en profondeur. Guillaume Faye appelle à l'unité et prône la "pensée radicale", affranchie de l'idéologie hégémonique, seule capable de rallier les hommes. Son langage est clair et décisif, opérationnel. Cependant sa critique du système marchand reste timide. Le danger d'un "colonialisme" musulman en Europe ne doit pas faire oublier que le capitalisme mondial est le premier responsable de l'immigration et de l'apathie généralisée des peuples européens.