Sur le Net
Cyber-attaques contre la Maison Blanche
Un groupe de pirates informatiques chinois a tenu une "réunion de mobilisation en réseau" pour mettre au point une campagne d'une semaine contre des sites du gouvernement et d'entreprises américaines.
"Red Guest" a été le nom donné à la cyber-guerre prévue pour durer jusqu'au 7 mai, date anniversaire du bombardement, en 1999, de l'ambassade de Chine à Belgrade par un avion américain.
Les pirates ont été invités à "mettre leur compétence au service de la Chine". Parmi les possibilités envisagées, ont été évoqués l'envoi de courriels accompagnés de virus à des fonctionnaires américains, ou l'envoi massif de données "poubelle" pour surcharger les réseaux ou paralyser des sites Internet.
Finalement, C'est le site de la Maison Blanche, très utilisé par les médias ainsi que par le public, qui a été bloqué pendant plusieurs heures au cours de la journée du 4 mai. Ceci a été confirmé par Jimmy Orr, un des porte-parole de la Maison Blanche ajoutant que "le serveur était bloqué par une énorme quantité de données envoyées sur le site".
Michael Cheek, de la société iDéfense, a d'ailleurs déclaré que les attaques sont intervenues après qu'un groupe de pirates informatiques chinois eut donné des instructions sur la manière de télécharger un programme envoyant un flux important de données pour bloquer les sites de la Maison Blanche et de la CIA.
Rafle allemande
La police allemande a récemment opéré une centaine de perquisitions au domicile d'internautes soupçonnés de sympathies nationalistes selon des responsables du bureau fédéral de lutte contre la criminalité (BKA). L'écoute de chants nationalistes n'est pas réprimée en Allemagne, mais il est interdit de les diffuser, que ce soit en les vendant ou en les proposant gratuitement sur Internet.
Le parquet de Bonn a ouvert 120 procédures contre des internautes accusés de vendre des enregistrements de groupes nationalistes sur des sites web. Les policiers ont saisi des ordinateurs et des supports de sauvegarde informatique. Les personnes inculpées encourent des peines de prison pouvant aller jusqu'à trois ans.
Censure censurée
Les internautes devraient bientôt pouvoir profiter d'un navigateur Internet qui leur permettra de surfer de façon anonyme. C'est pour contrer les politiques de répression et la censure du Net qu'un groupe de hackers, le Cult of the Dead Cow (cDc), a décidé de développer ce nouvel outil.
Baptisé Peekabooty, ce navigateur permettrait d'accéder à des sites interdits par certains régimes et s'inspirerait beaucoup de Freenet, ce réseau crypté d´échange et de stockage de fichiers. Tous les utilisateurs de Peekabooty formeraient ainsi une sorte de réseau, comme celui de Gnutella, c´est-à-dire sans serveur central. Chaque requête effectuée à partir de ce navigateur serait envoyée à tout le réseau, et si l´un des ordinateur de ce réseau obtient la réponse, il la compresse, la crypte et la renvoie vers le navigateur concerné. Le cryptage doit garantir la confidentialité des données circulant sur le réseau vis-à-vis des autorités, et donc empêcher toute velléité de censure.
Appel à délation
Les Quinze ont adopté, le 28 mai, une déclaration sur la lutte contre le racisme et la xénophobie sur Internet, voulant mettre en garde notamment les jeunes sur un tel phénomène.
Selon la ministre suédoise pour la Jeunesse, Britta Lejon, les structures scolaires ont un rôle tout particulier d'éveil à jouer dans ce domaine.
La déclaration, adoptée par les ministres, appelle aussi les utilisateurs d'Internet à alerter les autorités ou les fournisseurs d'accès lorsqu'ils découvrent de telles manifestations de racisme ou de xénophobie sur le réseau. Quand les pourfendeurs des "heures les plus sombres de notre histoire" adoptent les méthodes attribuées aux gens qu'ils dénoncent…
Fichage de militants
Une galerie de portraits de seize militants nationalistes tchèques, avec les noms et la description d'actes de violence qui leur sont reprochés, figure sur un site Internet créé par un auteur anonyme. On peut y lire que "l'objectif du site est de révéler l'identité des personnes dangereuses à leur entourage et de prévenir leurs prochaines attaques".
Par ailleurs, le gouvernement tchèque a donné son feu vert à l'utilisation par la police de "méthodes plus énergiques", dont l'appel à des agents secrets et la pratique d'écoutes dans la lutte contre l'extrémisme. Cette décision a été prise au lendemain du lancement par les communautés juives tchèques d'un vibrant appel à la population et aux autorités du pays à "ne plus tolérer le néonazisme", à l'occasion d'une commémoration des victimes du ghetto et du camp de concentration de Terezin (Theresienstadt, 60 km au nord de Prague).
http://www.nasilnici.euweb.cz
Enfopol is watching you
Enfopol, contraction d'Enforcement police, est un organisme peu connu mais qui a la particularité de regrouper les représentants des polices européennes. Son objectif est de mettre en place des méthodes d'intervention efficaces notamment au niveau de l'interception de communications.
C'est ce qui explique le forcing fait par Enfopol auprès de la Commission européenne pour avoir le droit d'accéder à toutes les données personnelles des internautes en obligeant les fournisseurs d'accès à les stocker pensant une durée de sept ans.
Pour rassurer les défenseurs des libertés individuelles, Enfopol avance que ces données ne seraient pas interceptées d'une manière sauvage mais seraient bien encadrées par la loi.
De nombreuses voix se sont élevées contre ce projet liberticide et le Conseil des ministres européens a finalement refusé d'adopter le projet de résolution sur l'"écoutabilité" des nouveaux réseaux de communication. Précisons qu'une initiative similaire avait déjà été rejetée en 1999. Gageons qu'Enfopol n'a pas dit son dernier mot…
|