Chroniques livres
Vladimir Volkoff " Manuel du politiquement correct "
(Editions du Rocher)
Née dans les universités américaines, la " political correctness " rassemble pêle-mêle féministes, homosexuels, et activistes des minorités ethniques. Leur principal cheval de bataille est la promotion de la discrimination positive (Affirmative Action) qui propose d'instituer des quotas dans les universités et le monde du travail, afin d'y favoriser les groupes minoritaires.
Ce dictionnaire de près de 200 mots n'a pas pour but de retracer l'historique et les ambitions du " mouvement pc " mais plutôt d'analyser, avec une ironie souvent délicieuse, la novlangue politiquement correcte. Selon Vladimir Volkoff " il n'y a pas là de philosophie, mais un ectoplasme idéologique tendant toujours à remplacer le concret par l'abstrait ", et dont le mondialisme constitue la cause finale.
Rappelons que Vladimir Volkoff a également publié une " Petite histoire de la désinformation ", particulièrement documentée sur les techniques soviétiques, et un ouvrage dédié à l'agression de l'OTAN contre la Serbie " Désinformation : flagrant délit " (Editions du Rocher).
Philippe Randa " Chroniques barbares 1993-2001"
(Ed Dualpha).
150 FF (30 FF de port) chez Dualpha (Centre MBE 302 - 69, boulevard Saint-Marcel - 75013 Paris)
La sélection des chroniques de cet ouvrage est à sa manière une contribution à cette petite histoire politique de notre pays. Certains évènements oubliés reprennent alors de l'intérêt rien que leur intérêt, mais tout leur intérêt lorsqu'on les compare à notre époque actuelle. Qu'on en juge aux titres de certains articles du sommaire : La fin du système ; Les pronostics politiques ; Le camp des saints passe à l'attaque ; Loft Story ; Le péril socialo-mafieux ; Nouvel Ordre Mondial ; Hystéries médiatiques ; Le tueur de l'Est parisien ; Zones de non-droit ; American way of life ; etc…
Bref, 328 pages d'écrits très politiquement incorrects sur la politique française et sur le Nouvel ordre mondial !
Denis Lensel et Jacques Lafond " La famille à venir, une réalité menacée mais nécessaire "
(Economica)
La famille, dans nos Etats " civilisés ", est menacée par un individualisme forcené et la domination, de plus en plus prégnante, de la sphère économique. Si l'avenir des retraites est à l'origine d'une littérature nombreuse, rares sont les auteurs qui osent briser le tabou de la pensée unique sur ce point. Ainsi en est-il de l'institution familiale, malgré les signes identifiables d'un déclin : le mariage n'est souvent qu'un bout de papier utilisé pour ses derniers avantages fiscaux et patrimoniaux, toujours plus d'enfants naturels et de divorces, absence des pères, un féminisme jusqu'au-boutiste et une idéologie anti-familiale qui impose ses modèles de remplacement ( parent unique, PACS )…
Mais ce livre ose dresser un panorama inquiétant de ces menaces qui pèsent sur la famille, démontrer la connexion avec l'instabilité sociale, certains troubles comportementaux, l'alcoolisme, la délinquance des mineurs et l'homosexualité, pour proposer les solutions d'un renouveau.
Susan George " Remettre l'OMC à sa place "
(éditions Mille et une nuits)
L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est une machine de guerre destinée à détruire à l'échelle internationale tous les obstacles au libre échange. Selon l'auteur, l'OMC est là pour donner un alibi aux gouvernements de ses 140 Etats membres, en leur offrant l'excuse d'une " contrainte incontournable " à opposer aux exigences de leurs citoyens, inquiets devant l'ouverture des marchés à la concurrence de tous contre tous. Or, " on peut toujours produire moins cher que le voisin en surexploitant les travailleurs et la nature ". Ce " Petit Libre " à 10FF décrit le fonctionnement de l'OMC, ses pouvoirs coercitifs, ses objectifs. Il présente des synthèses claires et accessibles de crises commerciales comme celles de la banane, de l'amiante ou du " bœuf aux hormones ", et souligne les dangers que représente la libéralisation complète de la santé, de la recherche et de tous les domaines de la culture. La mobilité de la main d'œuvre est plus discrètement évoquée : "Nous considérons qu'il faut lutter pour que tous aient le droit à un emploi et à un niveau de vie décents. Ce n'est pas en laissant détruire les acquis des salariés dans les pays les plus avancés pour fournir quelques emplois aux immigrés du Sud que l'on y arrivera. "
Serge Latouche " La planète uniforme "
(Climats, collection Sisyphe)
Parmi les multiples détracteurs de la mondialisation / globalisation, Serge Latouche fait clairement la différence, parce que son analyse ne se réduit pas à une étude du processus économique libéral.
Il s'attaque à l'idéologie moderne, matérialiste et universaliste, au dogme du progrès, au mythe du développement. " La planète uniforme " décrit tout particulièrement les mécanismes de la destruction culturelle dans le tiers monde, à coup d'industrialisation, d'urbanisation, de néo-colonialisme sauvage et de générosité fraternelle occidentale.
Le monde devient " une mégamachine technoéconomique ", enfant monstrueux de l'Occident. " Paradoxalement, l'Occident est à la fois la seule culture qui se soit vraiment mondialisée (…) et, la seule culture dominante qui échoue à assimiler vraiment non seulement les allogènes, mais ses propres membres. " Pour Serge Latouche, cette universalité " occidentale " est essentiellement négative ; " son prodigieux succès est dans le déchaînement mimétique de modes et de pratiques déculturantes. "
Eva Joly, en collaboration avec Laurent Beccariat, " Notre Affaire à tous ",
(Editions des Arènes)
Nom : Gro, épouse Joly
Prénom : Farseth, Eva
Profession : premier juge d'instruction au TGI de Paris
Signe particulier : pourfendeur des mécanismes criminels au cœur du pouvoir. De son parcours atypique, Eva Joly nous apprend les coutumes d'un corps bourgeois et désorganisé. Elle retrace avec lucidité le quotidien du tribunal d'Evry et découvre nos banlieues : " le seul lieu social de ces adolescents était la cave ou la cage d'escalier. Des parents chômeurs. Des grands-frères chômeurs. Autour d'eux, ils n'avaient vu que des dealers qui faisaient la loi ".
Après un passage au Trésor, l'immigrée norvégienne plonge dans les secrets : Urba, puis Elf, elle interroge la face cachée d'un monde où, " faute d'avoir pensé l'argent, l'argent s'est mis à penser à sa place ". Alors 95 % des délits financiers restent impunis.
La conclusion s'impose : " j'ai la certitude que la délinquance financière est incrustée dans l'économie et qu'elle jette une ombre sur notre avenir ". Merci Eva.
Christian Bouchet " Le Néo-paganisme " (Pardès).
70 francs franco chez Ars magna (Bp 60426n 44004 Nantes cedex 01).
Activiste radical depuis de nombreuses années, Christian Bouchet est aussi connu comme l'auteur de plusieurs monographies historico-sociologico-ethnologiques.
" Le Néo-paganisme ", son nouveau livre, devrait faire bien des remous dans notre mouvance car - après un aperçu historique très complet des différents courants néo-païens - ils obligent à se poser de nombreuses questions sur l'adéquation entre cette forme religieuse et le combat national-radical. Les lecteurs seront en effet sans aucun doute surpris de découvrir que les néo-païens sont majoritairement rarement " de chez nous " (le néo-paganisme " d'extrême-droite " semble bien être un exception française) et que tout au contraire on les trouve plus fréquemment dans les milieux écolos, féministes ou pro-gays. De même nombreux seront sans doute ceux qui frémiront d'effroi en découvrant l'existence de "judéo-païens " (proches du surcroît du Betar !).
A lire donc, que l'on soit ou non néo-païen, en s'attendant à bien des surprises et à bien des remises en cause.
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