Vous pouvez le faire
La lettre de délation !
Nous avons vu dans le précédent numéro comment tenter de faire parler de nous dans la presse locale. Il existe cependant d'autres moyens de parvenir à un tel résultat pour peu que l'affaire soit bien montée et que la chance s'y associe. Il existe généralement dans les villes d'une certaine importance plusieurs bulletins hebdomadaires ou mensuels souvent à vocation culturelle qui jouissent d'une audience relative mais non négligeable. Ces revues plus ou moins bien écrites sont presque toujours animées par des gens de gauche qui bien évidemment n'ont pas la moindre intention de faire passer vos communiqués ou d'annoncer vos actions. Cependant, on peut les amener à parler de vous pour peu que l'on dispose d'un peu de papier, d'un stylo et d'une enveloppe et que l'on fasse la dépense d'un timbre. Il existe plusieurs scénarios possibles. L'un des plus efficaces car déjà éprouvés avec succès consiste à écrire à un de ces journaux en tant que lycéen (plus crédible qu'étudiant car plus jeune, moins "organisé") afin de se plaindre des actions ô combien nombreuses des groupuscules fachos et notamment d'Unité Radicale dans votre bahut. Dans cette lettre de délation, pour mieux souligner toute l'horreur du phénomène, vous citerez abondamment et pourquoi pas entièrement un tract d'Unité Radicale. Votre courrier sera anonyme. En effet, par crainte des "représailles" des "nazis" vous préférerez ne pas signer... Vous veillerez à adopter un style nunuche et con-con du genre "pourquoi tant de haine" et "si tous les gars du monde…". Bien sûr, vous préciserez avec une stupéfaction horrifiée que beaucoup de vos condisciples se laissent tenter par de tels propos.
L'expérience a prouvé que dans un cas sur trois, le subterfuge fonctionne et que nos amis gauchistes publient votre courrier. Bien évidemment dans ce cas, vous avez le droit sinon le devoir d'envoyer un droit de réponse. Mais ceci est une autre histoire…
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