Sur le Net
Netstrike.it
Le parquet de Gênes a fait saisir le site italien netstrike.it, accusé d'avoir ralenti le site du G8 pendant le sommet de Gênes, du 20 au 22 juillet dernier.
Créé en 1995, le site nestrike.it est spécialisé dans l'appel à des "sit-in pacifiques" sur le web, en faisant se connecter simultanément un nombre élevé de personnes sur une même adresse pour la bloquer, à l'image d'une foule de manifestants qui peuvent arriver à bloquer la circulation.
Netstrike.it passe pour être l'inventeur du sit-in virtuel. Sa première action avait visé en 1995 le site du gouvernement français lors des essais nucléaires dans le Pacifique. "Pendant six ans, aucun avocat, si zélé soit-il, n´a jamais rêvé d´accuser quelqu´un pour ces pratiques contestataires", peut-on lire sur la page d´accueil actuelle de netstrike.it. Mais le parquet de Gènes en a décidé autrement en envoyant des flics chez l´hébergeur ecn.org en exigeant qu'il supprime le répertoire netstrike.it de sa base.
Mais c'était bien mal connaître les possibilités offertes par le réseau. En effet, Netstrike.it a rapidement trouvé refuge sur plusieurs sites miroirs.
Echelon is welcome !
Si les députés européens ont finalement reconnu l'existence du système américain l'interception des communications internationales par satellite baptisé Echelon, ils se sont refusé à condamner la Grande-Bretagne et l'Allemagne qui y participent.
Certains souhaitaient que l'Allemagne et le Royaume-Uni soient invités à "annuler" les autorisations d'interception des communications accordées aux Etats-Unis sur certaines stations satellitaires de leur territoire. Mais ils n'ont pas été suivis par la majorité qui s'est borné à proposer aux Quinze de mieux garantir la confidentialité des communications électroniques et de renforcer le contrôle parlementaire sur les systèmes d'interception. Par ailleurs, il faut noter que la résolution se focalise sur l'espionnage économique et fait l'impasse sur l'espionnage politique beaucoup plus grave pour les libertés individuelles. Les grandes oreilles américaines peuvent donc continuer à nous espionner tranquillement via les satellites, les câbles sub-aquatiques et le réseau Internet.
Cybersquatting
L'Office allemand de protection de la Constitution (renseignements intérieurs) étudie le moyen d'interdire la publication, sur une adresse Internet proche de la sienne, du site nationaliste verfassungsschutz.org basé aux Etats-Unis.
Or, la véritable adresse Internet de l'Office des renseignements intérieurs se termine par ".de", qui correspond à la zone géographique de l'Allemagne. Le groupe nationaliste de l'Américain Gerhard Lauck, à l'origine de ce détournement, a également récupéré l'adresse bundesinnenministerium.com, du nom du ministère allemand de l'Intérieur, et dont la vraie adresse se termine également en ".de".
Les flics anglais veulent 7 ans de connexions !
Les Anglais de la NCIS (National Crime Intelligence Squad), qui s´occupent entre autres de crime organisé, ont fait part d´une réponse très hostile à la Commission européenne sur sa directive relative aux données personnelles.
Celle-ci pose le principe de l´effacement progressif des informations de connexion à Internet stockées par les fournisseurs d´accès, une fois qu´elles ne sont plus indispensables à la facturation. Des données auxquelles les policiers souhaiteraient avoir accès le plus longtemps possible pour le besoin (éventuel) de leurs enquêtes. Ainsi, le groupe de pandores européens Enfopol préconise-t-il, depuis plusieurs mois, une durée de conservation de sept ans.
Cyber-dissident en prison
Le procès du cyber-dissident Huang Qi devant le tribunal intermédiaire de Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, s'est achevé en secret et aucun verdict n'a été annoncé. Selon des informations diffusées par des associations de défense des droits de l'homme, Huang Qi risque au moins dix ans de prison, voire la détention à perpétuité, s'il est reconnu coupable de subversion. Il lui est reproché d'avoir diffusé des informations politiques sur son site www.6-4tianwang.com, portant notamment sur les dissidents, le mouvement séparatiste au Xinjiang (nord-ouest) ou encore sur les manifestations de Tiananmen.
J'Accuse la liberté d'expression
Un fournisseur d'accès à Internet est-il un simple transporteur de données ou a-t-il un devoir de regard sur les informations véhiculées ?
La question de la responsabilité des fournisseurs d'accès à l'internet (FAI) n'avait encore jamais été posée devant un tribunal avant que l'association antiraciste J'accuse demande à la justice d'obliger une dizaine de fournisseurs français à bloquer l'accès au portail américain front14.org.
Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a donc décidé de faire appel à 13 " grands témoins ". Techniquement, trois experts ont indiqué qu'un blocage des internautes français souhaitant se connecter à front14.org était "possible" mais "compliqué". "La mécanique est un peu lourde", a concédé Jean-Raymond Lemaire, expert judiciaire. "On peut bloquer puisque la Suisse l'a fait", a renchérit Patrick Gordon, également expert, rappelant que trois des principaux fournisseurs helvétiques avaient interdit à leurs clients l'accès à front14.org.
De son côté, Alain Finkielkraut a rappelé qu'"Internet ne doit pas être une zone de non-droit". "Le droit fixe des limites", a poursuivi le " philosophe " qui reconnaît que "sur Internet c'est difficile car c'est le domaine de la légèreté où certains estiment qu'il peuvent obtenir ce qu'ils veulent quand ils veulent".
A noter cette prise de position du magazine 01Net dans un article intitulé " J'accuse à tord et à travers " : " Une société concessionnaire d'autoroute peut-elle être condamnée pour avoir laisser circuler des camions transportant des ouvrages révisionnistes ? Dans le monde " réel ", la réponse est bien évidemment non, et personne ne songerait même à engager des procédures judiciaires. Mais dans le monde virtuel d'Internet, la question se pose en ce moment même. "
La suite au prochain numéro...
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