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Jeune Résistance n°25


Chroniques BD

L'étrange Mortimer

Il a toujours régné une étrange atmosphère dans les BD de la série Black et Mortimer. A la mort d'E-P Jacobs, la série semblait vouée à s'arrêter mais Ted Benoît reprit le flambeau (à ne pas confondre avec le journal du même nom).
Décision commerciale ou envie de continuer une œuvre ? Toujours est il que l'on juge un arbre à ses fruits. En l'occurrence, «L'étrange rendez-vous», dernier de la saga, est fidèle à l'esprit de Jacobs. Ce n'est pas une mince affaire vu la forte personnalité donnée aux personnages, chose énormément difficile à créer en BD.
Sur un scénario de Jean Van Hamme, l'histoire flirte avec la science fiction, sujet cher aux aventures de nos deux compères.
Mortimer se rend aux USA afin d'éclaircir la réapparition d'un de ses ancêtres sur terre deux siècles après sa mort. Différentes péripéties feront passer le héros de la recherche scientifique sur le sujet - avec l'aide d'un savant local (Walter)- à une lutte sans merci contre les ennemis du genre humain.

Ces ennemis, ce sont quelques humains du futur sur-développés intellectuellement mais dégénérés physiquement du fait d'une guerre nucléaire. Pour vivre mieux à l'époque de Mortimer (1954), ces hommes qui ont pris pour chef Basam Dambu (le péril jaune du secret de l'espadon ) ont infiltré les couloirs du pouvoir américain et se tiennent prêts pour le jour J. Encore le mythe du complot qui a donc la vie dure. C'est moins étonnant quand ont voit l'allure assez réac' de Mortimer.

Bref, un scénario tortueux comme on les aime, des dessins un peu naïfs fidèles aux origines et une rigueur historique appréciable. En effet, Benoît nous promène dans une société américaine en pleine expansion, ce qui change de l'atmosphère guerre froide. Le Brain Drain attire tous les savants sauf Mortimer qui s'estime « trop attaché au charme désuet de sa bonne vieille Europe ». A noter l'apparition de motifs à swatiska dans le palais de Basam Dambu, ce qui dénote une fascination des auteurs pour le symbolisme solaire.

A zapper : le dernier dialogue même s'il est lui aussi fidèle à l'esprit Black et Mortimer.

Klark Orfleur

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