Chroniques livres
« Désinformation par l'image » V.Volkoff, Ed. du Rocher (32 euros)
La boucle est bouclée ! V.Volkoff clôture un thème qui lui est cher depuis les bombardements de l'O.T.A.N sur Belgrade : le mensonge des élites mondiales au « bon peuple » par médias interposés. En effet, après « Désinformations : flagrant délit » qui faisait suite aux événements en Serbie et « Petite histoire de la désinformation », V.Volkoff analyse ici 89 images en expliquant aux lecteurs leurs origines, leur complexité et bien souvent leur double sens. Rien n'est plus facile que de trafiquer des images quelles soient photographiques ou télévisuelles afin de manipuler l'opinion publique. L'auteur nous le prouve à travers des exemples concrets (guerre du Golfe, Timisoara, lors de congrès chinois...). Il faut l'avouer, ce livre ne révèle rien de vraiment extraordinaire pour tous ceux qui cultivent leur sens critique et ont l'habitude de déchiffrer notre «soft-dictature » télévisuelle ; mais il a le mérite d'être diffusé par une maison d'édition qui a le vent en poupe ce qui permettra peut-être d'éveiller la curiosité et la vigilance de certains de nos compatriotes. D'autant plus qu'avec les nouvelles technologies, l'image et ses « faux » ont encore de beaux jours devant eux, ce qui fait dire à Bill Gates : « Maîtriser les images, c'est dominer les esprits ». Restons donc sur nos gardes !...
« Menaces islamistes » P.H Bunel, Ed. Carnot (15 euros)
Encore un livre sur l'Islam, sur le choc des civilisations ? Que peut-il nous apporter de plus après « La colonisation de l'Europe » de G. Faye, « Au nom d'Oussama Ben Laden » d'A. Jacquard ou « Guerres contre l'Europe » d'A. Del Valle ? Tout d'abord son intérêt provient de la personnalité et du parcours de l'auteur : P.H Bunel est l'officier accusé et condamné par l'O.T.A.N d'espionnage au profit des Serbes pendant les évènements dans l'ex-Yougoslavie. Dorénavant à la retraite, il a une liberté de ton et une vision, de l'intérieur, toute particulière. Plusieurs chapitres sont la retranscription d'une conférence qu'il a tenu en 1995 à Maisons-Laffitte devant un parterre d'officiers. Son discours d'alors - bien que très politiquement correct - ne cachait rien des menaces que faisaient peser les islamistes sur l'Occident. Pour reprendre une phrase célèbre : « ils ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant ». Les militaires savent, la police sait et par voie de conséquence les politiques aussi...
Bunel, ayant effectué l'Ecole de Guerre de Jordanie et parlant couramment l'arabe, nous livre donc un état de la situation parfaitement résumé, clair et qui recèle parfois quelques jugements iconoclastes : « ... les administrations américaines successives se sont laissées enfermer dans des contraintes imposées par un lobby apatride beaucoup plus fort qu'elles », « La crise de civilisation apparaît au grand jour : il est temps de la traiter. Pas de la gérer, la traiter ! » ou encore « D'abord, il faudra reconstruire un nouveau WTC sous peine d'afficher une défaite devant un acte terroriste (...) et c'est vers la masse monétaire internationale qu'il va falloir se tourner, cette masse monétaire où de l'argent apatride ne demande qu'à se blanchir... »
« Les caméras du diable » Norbert Multeau, (Ed Dualpha) 23 euros (5 euros de port) chez Dualpha (Centre MBE 302 - 69, boulevard Saint-Marcel - 75013 Paris).
De 1976 à 1988, Norbert Multeau a assuré les chroniques cinématographiques du magazine Valeurs actuelles et de la revue mensuelle Le spectacle du Monde. Celles qu'il a sélectionnées et rassemblées dans ce volume ont été publiées dans Le Spectacle du Monde entre 1985 et 1998. Pour l'auteur, le cinéma s'est fait -au cours des vingt dernières années- le véhicule de la décadence des mœurs, de la dégénérescence des goûts, de l'inversion des valeurs et de la subversion des idées. Au sujet du film « La Haine », Norbert Multeau écrit : " Le titre du film n'est pas une litote. Il s'agit bien de la haine du système français qui aveugle trois " jeunes " (un Arabe, un Noir et un Juif) d'une cité de banlieue ordinaire. Que le film (en noir et blanc) ne soit pas dépourvu de qualités de mise en scène ne change rien à l'affaire : sur le fond, il demeure une incitation à la haine. Avant d'être un spectacle cinématographique, c'est un acte politique. Mathieu Kassovitz se veut le porte-parole, sur le mode imprécatoire, d'une frange d'immigrés rétifs aux lois françaises, qui hurlent (en verlan) leur haine de la société, de la civilisation, de la culture du pays qui les a accueillis ". Dans cet ouvrage, le message sur l'état du monde est aussi un message sur l'état du cinéma. Les choix, les analyses et les jugements de l'auteur témoignent donc d'un engagement culturel autant qu'intellectuel et d'un souci de rigueur autant que d'équité.
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