Retour au sommaire du numéro

Jeune Résistance n°25


Les Maîtres du monde

L'humour arabe ne plaît pas à tout le monde

Une émission satirique devant être programmée durant la période du ramadan sur la chaîne arabe Abu Dhabi a suscité la colère des Israéliens. Le programme met en scène un acteur grimé en Ariel Sharon dans plusieurs situations : une bouteille de sang à la main - du sang arabe - ou bien encore une arme sous le bras prêt à mitrailler un groupe d'Arabes agenouillés devant lui.
Shimon Pérès, ministre israélien des Affaires étrangères, a annoncé qu'il se plaindrait de la diffusion de cette émission auprès des Nations-Unies. Pour lui et l'ensemble du gouvernement, cette émission représente une véritable incitation à l'antisémitisme.

Monopole, collatéral...

« Open Sky », tel était le slogan de Space Imaging, première société à proposer des images spatiales d'une résolution à un mètre obtenues avec Ikonos, conçu sur la base des vieux satellites-espions du Pentagone.
En 1999, lors du lancement du satellite, la société prétendait offrir « à tout citoyen » l'information venue de l'espace et ainsi briser les monopoles étatiques et militaires sur les images satellitaires de haute-précision. Sur de telles images, il serait possible de confirmer ou d'infirmer la destruction d'un hangar ou d'un hôpital, voir de compter les morts ! Des infos qui ont de quoi donner des sueurs froides aux stratèges en communication du Pentagone.
Effectivement, le satellite Ikonos engrange de telles images mais vous ne les verrez jamais ! Le Pentagone, par le biais de la NIMA (National Imagery Mapping Agency) achète tout, en exclusivité et avec effet rétroactif ! Un contrat signé le 11 octobre, le lendemain des premières frappes en Afghanistan, pour plus de 2,1 millions d'euros, qui transforme le principal client de Space Imaging en censeur militaire.
Space Imaging n'est pourtant pas seul sur ce marché et le principal fournisseur s'appelle Spotimage. Il s'agit d'une filiale du CNES qui propose des vues de 10 à 20 mètres de résolution. Mais rassurons-nous le ministère de la défense a déjà pris des mesures : les images sont pour l'armée française uniquement !

OMC

La quatrième session de l'OMC, qui se tenait à Doha, a débouché sur le lancement d'un nouveau cycle de négociations commerciales unilatérales. Celui-ci a été entériné à l'unanimité, l'Inde s'étant finalement ralliée au projet de déclaration ministérielle à laquelle ont travaillé les 142 délégations après des « clarifications » sur la concurrence et les investissements.
Le directeur général de l'OMC, Mike Moore, s'est félicité de ce compromis obtenu à l'arraché deux ans après l'échec du sommet de Seattle. Le nouveau cycle baptisé le « Doha development agenda » débutera le premier janvier et s'achèvera « dans trois ans au plus tard ».
Ce déblocage de dernière minute a été le fruit d'une longue nuit de négociations acharnées entre les délégations qui a permis de trouver un compromis dans plusieurs domaines-clés, dont l'agriculture en particulier.
Les délégations présentes à Doha se sont félicitées de l'issue des discussions, comme si les négociateurs étaient soulagés d'avoir évité de peu un nouveau fiasco. Un nouvel échec aurait porté un coup sérieux à la crédibilité de l'OMC... Tant pis, ce n'est que partie remise !

trafic d'influence...

Notre président de la République, Jacques Chirac, croit de plus en plus à sa réélection à la tête de l'Etat. D'ailleurs, une journée de l'agenda présidentiel constitue une belle démonstration de sa stratégie méthodique pour occuper l'espace politique, économique et social. En observant la page du lundi 19 novembre, par exemple, on peut s'apercevoir que M.Chirac semble vouloir s'assurer du soutien de quelques personnes jouissant d'une certaine influence...
En effet, au cours de cette journée celui-ci a reçu à déjeuner huit grands patrons d'entreprises françaises : Serge Tchuruk (Alcatel), Henri de Castries (AXA), Jean-Martin Folz (PSA Peugeot-Citroen), Jean-Francois Dehecq (Sonefi), Franck Ribaud (Danone), Bertrand Collomb (Lafarge), Francis Mer (USINOR) et Michel Pébereau (BNP-Paribas). Le président a évoqué avec eux la situation économique internationale, la mise en place de l'Euro et les marchés financiers. Deux heures plus tard, le maître de l'Elysée ouvrait ses salons aux dirigeants de neuf obédiences maçonniques, masculines et féminines, pour une audience qui a porté principalement (selon les participants...) sur le concept de laïcité. Alain Bauer (mais non, pas celui qui chante avec Zazie !) Grand-Maître du Grand Orient de France (GODF) a rappelé que « traditionnellement, les grands maîtres, après leur élection, sont reçus à la présidence de la République ». C'est néanmoins la première fois que le chef de l'état organisait ainsi une audience collective de loges, ces loges dont aucun homme politique n'a jamais négligé les réseaux.

Pas de ski cette année !

Le prestigieux sommet qui réunit chaque année depuis trois décennies chefs d'états et patrons de multinationales quitte la station de ski de Davos pour New-York. La crainte de manifestations anti-mondialisation ajoutée aux attentats du 11 septembre ont poussé les autorités helvétiques à trancher : pas de Davos cette année pour les maîtres du monde !
Klaus Schwab, l'organisateur de la grand-messe du libéralisme, a donc choisi d'exiler son édition 2002 du World Economic Forum à New-York. Il s'agit d'un choix en forme de symbole. « Nous voulons continuer le dialogue dans la ville même ou il s'est interrompu le 11 septembre » explique un collaborateur du Forum. Le thème de réflexion 2002 est de circonstance : « le leadership dans des temps fragiles, une vison commune pour l'avenir ». Au symbole s'ajoute une raison plus pragmatique : la volonté d'affirmer une présence américaine forte, à l'heure ou les Américains ont peur de voyager à l'étranger. Davos à New-York devrait rester une exception, c'est en tout cas le souhait de Klaus Schwab, d'autant qu'en Suisse les milieux d'affaires s'inquiètent de l'incapacité des autorités à accueillir une manifestation de réputation mondiale, alors qu'une ville secouée par les attentats n'a pas hésité à relever le défi.

Haut de page .