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Jeune Résistance n°25


Résistance Rock

NOIR DESIR « Des visages des figures »

15 ans de bruit et de fureur ont-ils eu raison du quatuor bordelais ? Après l'immense succès de « 667.club », NOIR DESIR revient avec « des visages des figures », à l'encontre de l'esprit frondeur et énervé de naguère. La grande surprise. Une musique beaucoup plus nuancée et un virage acoustique à 180°. Une seule décharge électrique en un peu plus de 68 minutes !
On retrouve néanmoins toujours le même esprit critique par rapport au monde en général, toujours ces piques dénonçant l'impérialisme capitaliste et ses conséquences, alors que Barclay, leur maison de disques, appartient paradoxalement au tout puissant groupe Vivendi. On peut légitimement s'interroger sur la sincérité d'une telle démarche. Avant l'heure fatidique des attentats du 11 septembre, « le grand incendie » décrit, clairvoyant : « y-a le feu partout, emergency - Babylone, Paris s'écroulent - New York city, les Iroquois déboulent », ce qui lui vaudra une interdiction d'antenne pour ne pas choquer la sensibilité des auditeurs.
Une mention spéciale pour « le vent nous portera », superbe ! ! Certaines chansons sont plus hermétiques, en particulier « l'Europe », angoissante, exprimant l'incohérence de la société vers laquelle on s'achemine...

FRACTION « Reconquista »

Vous avez aimé « le son d'histoire », vous aller adorer « Reconquista » qui est sans conteste le disque le plus abouti qu'ait jamais enregistré FRACTION.
En tout cas, à la rédaction, on ne cesse de le mettre en boucle. Tous ceux qui jusqu'ici avaient du mal avec le son guerillero des métalleux niçois vont pouvoir se faire butiner les oreilles et en redemander. Ils découvriront une formation à la sonorité très particulière, trait d'union entre le hard-core, le métal et le bon gros keupon qui tâche, comme on l'aime. Une batterie surpuissante, une basse marteau-pilon, des guitares décapantes comme du destop et un chanteur pionnier dans l'art de combiner les voix rauques avec grâce et harmonie. Voilà quelle est la recette de la potion magique à Nice. Il paraît d'ailleurs que Panoramix cherche à s'y rendre.
Le thème de ce 5 titres ? L'immigration. Pas celle qui fait vomir Dupont-Lajoie, mais cet esclavage mondial des temps modernes, ce trafic de populations à bas prix pour le plus grand profit du patronat, dénué de sentiment identitaire, et pour qui seule compte la rentabilité.
La surprise ? « C'est ce soir », une ballade presque progressive où, sur fond de chœurs cosaques, un mari dit adieu à sa femme, la guerre civile étant arrivée. Tout Guillaume Faye résumé en une chanson. Chapeau ! Qui a dit qu'il n'y avait jamais de raz de marée sur la côte d'Azur ?

IDF « Non à la dictature planétaire »

Trois longues années se sont écoulées depuis l'excellent « Franc Parler ». Mais IDF n'est pas un groupe qui bâcle le boulot. Chaque nouvelle production est le fruit d'un long travail de réflexion et de maturation. Avec "non à la dictature planétaire", le groupe a franchi un grand pas qualitatif, tant au niveau du son qu'au niveau de l'émotion qui se dégage. La musique d'IDF s'écarte du punk rock pour évoluer vers des compositions plus actuelles, terriblement efficaces et interprétées avec beaucoup de ferveur. Le groupe a profité de cette période pour accueillir en son sein un nouveau membre en la personne de Thibaud, batteur. Exit donc la boîte à rythme mais le rythme reste au rendez-vous, du groove envoûtant aux rafales saturées.
« Non à la Dictature planétaire » est une véritable mise en accusation de la mondialisation. Un discours qui permet de démontrer que la lutte contre les multinationales et la marchandisation du monde concerne aussi les militants identitaires. IdF décortique alors soigneusement toutes les dérives d'un tel processus. Les textes, toujours aussi forts, nous apportent des munitions intellectuelles pour les combats d'aujourd'hui et de demain. «Globalisation », « Voici les chiens », « Rien ne peut guérir ma rage », «Bienvenue en France » ou encore «Tuer le bourgeois » respirent la volonté de vivre autrement, la volonté de vivre libre. Un album à se procurer de toute urgence !

JULIE B.BONNIE

Julie Bonnie, c'était la violoniste de CORNU, le trio tourangeau qui s'est dissous un soir de tempête. La revoici sous son seul nom avec son frangin de bassiste sur quelques titres. Un bel album de pop moderne acoustique, qui ne sonne jamais variété sans pour autant être prétentieux ou trop intimiste. Un disque magique, aux textes attachants et intelligents, qui exerce sa séduction au fil des écoutes. Tout simplement émouvant.

FRAKASS « Siegfried »

De bonnes nouvelles du côté de chez PIT Records avec la sortie de « Siegfried », le nouvel album de Frakass. Du bon Punk bien rentre-dedans, nerveux et électrisé, mis en valeur par un meilleur son que celui du précédent album et surtout une plus grande richesse et variété musicale. La voix féminine est également plus présente.
Les paroles ? Elles sont beaucoup plus politiques et révolutionnaires. Nous retiendrons particulièrement « l'Europe de demain », « l'horreur organisée », sur l'avortement, « combattre ou disparaître » et « peut-être un jour ». Une agréable surprise.

AGNOSTIC FRONT « Dead Yuppies »

Réformé en 1996, après un split et un dernier concert à New York, à une époque où le groupe pratiquait ce qui se faisait de mieux en matière de Metal Hard Core, Agnostic Front a fait évoluer son style à reculons, revenant à un hardcore Punk beaucoup plus basique et moins sophistiqué, comme à l'époque de leur tout dernier album « victim in pain ».
« Dead Yuppies » est un mélange des deux dépouillé est sans fioritures. On est assez loin du métal. Les compos sont énergiques et les hymnes à nouveau présents. Un disque intéressant, simple et efficace qui permet de passer un bon moment.

« Les oiseaux de passage »

C'est un bien bel hommage qu'ont rendu quelques-uns des chanteurs et groupes de la scène hexagonale les plus en vogue à l'un des monstres de la chanson française, Georges Brassens, chanteur hors mode et anti-conformiste qui nous a tragiquement quitté il y a 20 ans.
L'affiche est alléchante : Yann Tiersen, Arthur H, Lofofora, Miossec, Saez, Juliette, Les Weepers Circus, les Têtes Raides et Cornu, sans oublier un Noir Désir en pleine cure de désélectricisation. Les arrangements sont variés et soignés. Les textes ? Toujours aussi décapants. Malgré le poids des âges, ils n'ont pas pris une ride.
Georges, tes chansons, ton accent et la fumée de ta pipe nous manquent. Le XXIe siècle a besoin de toi. On se consolera en réécoutant tes vieux vinyls et en faisant tourner en boucle cette merveilleuse compilation dans notre platine CD. L'une des plus belles réussites de l'année.

Ils ont dit

Lu sur Zicline.com

Zicline : Que penses-tu du conflit en Afghanistan, connais-tu ce pays ?

François Béru : « Ce qui se passe est la conséquence désastreuse de politiques elles aussi désastreuses qui perdurent pour des raisons de fric. Les enjeux dépassent largement l'Afghanistan et englobe une lutte à l'échelle internationale entre fondamentalistes milliardaires (Pakistan, Arabie Saoudite...) et milliardaires libéraux. Ma préférence va tout de même à ces derniers. »
Pas facile de choisir entre la peste et le choléra...


Lu sur le site du fanzine punk « Le Fourdu ».

Le Fourdu : N'as tu pas peur qu'on t'assimile comme ambigu/fasciste en déclarant aimer Céline, personnage pouvant prêter à polémiques, tout comme Komintern Sect ?

Paris Violence : « C'est tout à fait possible que de l'extérieur certains fassent des amalgames un peu rapides. Qu'ils disent ce qu'ils veulent, moi je les emmerde. C'est vrai qu'en littérature je trouve que ceux qui ont su avoir le plus de panache étaient souvent de gros réacs, de Chateaubriand à Nimier; et que ça plaise ou non à certains, Drieu la Rochelle et Brasillach sont deux des auteurs que je préfère, quelles qu'aient pu être leurs positions pendant la seconde guerre mondiale. Et je déplore qu'on boycotte encore ces types-là alors que de gros staliniens comme Aragon, qui par contre n'ont jamais écrit que de la merde, soient consacrés héros nationaux ... »

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