Sur le Net
L'OMC ridiculisé
Des pirates informatiques ont créé un site Internet en tous points identiques à celui de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), à la différence près qu'il en ridiculise les têtes pensantes et qu'il dénonce le capitalisme. Dans le sommaire du faux site, on trouve des chapitres sur « les origines de la mondialisation », « La paix mondiale », « La guerre mondiale » et « La résistance mondiale » que les auteurs annoncent « pour bientôt ». L'adresse du faux site, www.gatt.org, est l'acronyme du General Agreement on Trade and Tariffs, l'organisme que l'OMC a remplacé en 1995. Selon le moteur de recherche sur Internet Google, gatt.org appartient à RTMark, une communauté virtuelle soutenant « le sabotage ou l'altération de produits de marque » pour « améliorer la culture ».
Le FBI veut vos mots de passe
Le FBI est train de développer un programme capable de récupérer les mots de passe utilisés par les internautes pour crypter leurs messages où accéder à leurs comptes sur le web. Le programme, baptisé Magic Lantern, est de la famille des chevaux de troie (Trojan), habituellement utilisés pour prendre le contrôle d'un ordinateur à distance.
Vivendiuniversalsucks
Un militant, qui avait déposé vivendiuniversalsucks.com, vient de se le voir retirer par l´Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Le site s'ouvrait sur cette phrase : « Vivendi est un groupe vaste et tentaculaire qui n´existe que pour absorber d´autres entreprises ». De quoi rendre fou la multinationale qui a immédiatement porté plainte. Prétexte avancé par l'OMPI : « Les non-anglophones risqueraient de ne pas comprendre la signification du mot rajouté sucks et considèreraient dès lors le domaine disputé comme comportant un lien avec le plaignant ».
Anonyme et fiché
Le site SafeWeb, qui permettait aux internautes de se jouer de la censure dans des pays comme la Chine, l'Iran ou l'Arabie Saoudite a discrètement fermé son service. Si officiellement, on invoque des problèmes de rentabilité, il semblerait bien que le surf anonyme ait été victime du contrôle accru que veulent exercer les autorités américaines sur le trafic du réseau Internet, depuis les attentats du 11 septembre. Un argument à prendre au sérieux qui quand on sait que SafeWeb est financée en partie par le fond de capital risque de la CIA, In-Q-Tel. La start-up devrait toutefois rouvrir un service de surf anonyme gratuit, mais cette fois limité à la visite des sites Voice of America et Radio Free Asia. Pour espérer voir plus, l'internaute devra s'abonner et donc accepter d'être fiché...
J'Accuse se prend une claque !
Les sept collectifs antiracistes, avec à leur tête l'association « J'accuse », ont échoué dans leur volonté d'obliger les fournisseurs d'accès à bloquer l'accès au portail Front14.org. Le juge Gomez a, en effet, décidé de «laisser aux fournisseurs d'accès le soin de déterminer librement les mesures qui leur apparaîtront nécessaires et possibles en l'état des moyens techniques existants» pour empêcher leurs abonnés de se rendre sur Front14.org. Les FAI ne sont donc pas obligés de se transformer en censeurs en mettant en place des solutions de filtrage pour empêcher leurs abonnés d'accéder à des contenus jugés dangereux par quelques sectaires. Mais gageons que les inquisiteurs du Net n'ont pas dit leur dernier mot. Si le portail Front14.org a fermé ses portes de lui-même, d'autres sites sont dans l'orbite de ceux qui veulent imposer des règles d'usage sur Internet et faire la chasse aux contenus « illicites ».
Antiracisme et cybercriminalité
Les 43 Etats membres du Conseil de l'Europe ont officiellement adopté à Strasbourg la convention sur la cybercriminalité. Quand cette nouvelle convention entrera en vigueur, les services de police auront notamment le droit de perquisitionner à distance, d'intercepter des communications, de faire de l'intrusion informatique ou de la rétention des données de connexion. Mais encore mieux. Le jour même de la validation de la convention sur la cybercriminalité, un groupe de travail du Conseil de l'Europe a voté à l'unanimité une recommandation pour adopter un protocole spécial qui permettrait d'interdire tout discours raciste sur le net selon des critères à définir. C'est la Commission permanente de l'Assemblée parlementaire du Conseil qui a pris cette initiative. Elle est composée de parlementaires nationaux provenant des 43 pays membres du Conseil et ne comprend donc aucun représentant des cinq pays observateurs non-européens ayant préparé le traité (dont les Etats-Unis et le Canada). « Le 11 septembre a montré que les discours de haine peuvent engendrer une action d'une amplitude épouvantable », indique Ivor Tallo, membre du groupe socialiste d'Estonie, à l'origine du protocole. « C'est la raison pour laquelle les nouvelles technologies doivent avoir des garde-fous, le premier d'entre eux étant d'interdire la circulation de discours d'incitation à la haine sur internet. » Un groupe a donc été mandaté pour écrire, d'ici juin 2002, un «protocole additionnel» sur la répression du racisme en ligne. Il convient de se demander si le vrai racisme sioniste sera concerné par l'application de ce protocole anti-raciste, ou si ce dernier ne servira pas plutôt à réprimer les légitimes aspirations identitaires des peuples.
Du souffre dans les images !
Certains services secrets considèreraient comme plausible que les organisateurs des attentats du 11 septembre aient communiqué via Internet au moyen de la stéganographie. Cette technique consiste à cacher une information dans les pixels d'une image en ne modifiant que les bits les moins significatifs, la transformation étant de ce fait invisible à l'œil nu. Son avantage décisif est qu'elle permet à l'émetteur d'un message secret de le cacher dans des banques d'images publiques consultées par des millions de consommateurs anonymes... dont le(s) destinataire(s). Des chercheurs interrogés par le quotidien, dont certains travaillant pour le gouvernement américain, estiment qu'une proportion non négligeable des images publiées sur le web, notamment sur des forums pornographiques et des sites de vente aux enchères, contiennent des informations cachées. Quelques 140 logiciels de stéganographie sont accessibles sur le Net.
Antoine Morès
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