Le 08 Août 2005
Par Didier MENUT
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En utilisant cette assertion pour son dossier du numéro 12 (d’avril à juin 2004), la revue L’Écologiste (édition française de The Ecologist d’Édouard Goldsmith) nous montre bien que l’écologie est autre chose qu’un alibi médiatique, qu’un cache-sexe pour gauchistes qui y trouvent un nouveau moyen pour faire admettre leurs idées anti-européennes. Que c’est surtout une vue-du-monde, une pensée globale.
Ensuite, le dossier nous explique, à juste titre, que l’écologie conséquente ne peut être réformiste, qu’elle est même un moyen très efficace contre le productivisme.
Nous connaissons et subissons tous les méfaits de l’hybris productiviste : mégalopoles, désertification rurale, pollution atmosphérique, inondations, pollution des sols, cancers, etc.
Face à ces problèmes qui nous mènent à notre perte, l’écologie « officielle » ne nous propose que des petites corrections du productivisme et de la folie consumériste. Ainsi, les nouveaux gadgets que sont le développement durable et le commerce équitable nous proposent seulement de « mieux » consommer tout en nous déculpabilisant : consommer et en même temps aider le tiers-monde. Il ne s’agit nullement de remettre en cause le système productiviste qui a besoin de la consommation pour perdurer. L’écologie « officielle » ne se préoccupe que des conséquences et de l’amélioration du système productiviste.
Il en va de même pour les réponses apportées à la pollution engendrée par l’utilisation massive de l’automobile dans les transports quotidiens. Réduire l’utilisation de l’automobile pour favoriser celle des transports en commun, sans se préoccuper de l’organisation de l’espace, notamment en région parisienne, où les salariés doivent aller travailler loin de leur habitat, où les liaisons ferroviaires passent obligatoirement par Paris, où de ce fait les temps de trajets de banlieues à banlieues sont trop longs, ne sert à rien. Le meilleur moyen serait, en effet, de réenraciner les gens, avec une véritable proximité travail-habitation-commerces-lieux de culture.
Le réenracinement, voilà la finalité de l’écologie conséquente. Défendre notre environnement, c’est défendre les paysages qui ont et qui ont été façonnés par nos ancêtres, c’est défendre nos particularismes, cultiver nos différences.
Mais l’écologie conséquente c’est aussi s’interroger sur notre santé.
Ainsi, l’un des piliers du productivisme est l’industrie pharmaceutique qui nous pousse à une consommation exponentielle de ses produits, notamment les vaccins et les antibiotiques. Consommation qui induit un cercle vicieux. Par exemple, on sait désormais que consommer trop d’antibiotiques réduit nos défenses naturelles, ce qui nous rend plus facilement malade, donc nous incite à consommer plus d’antibiotiques. Il en est de même avec les vaccins.
Il apparaît donc nécessaire de trouver des moyens efficaces de prévention, pour nous éviter de tomber trop souvent malade tout en respectant les lois physiologiques. Et là, aussi, on revient à la défense de l’environnement.
L’alimentation, en effet, est le premier moyen pour se soigner. Il faut donc aller vers une agriculture raisonnée qui vise à utiliser le plus possible des moyens naturels de production. C’est aussi proposer à chacun d’avoir son jardin potager, donc défendre les jardins ouvriers dans les villes. Cela oblige donc à repenser l’urbanisme, les transports, la consommation. Nous avons là un des moyens d’appréhender de manière globale nos problèmes quotidiens, donc de définir une vue-du monde.
Pour finir, chacun aura compris que l’écologie est un des piliers de notre combat et que l’écologie conséquente est nécessairement enracinée.
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