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IDENTITE : Catarina, regaja lu tiéu enfan…
 


Le 12 Septembre 2005


Par Lou Nissart




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  Dimanche 4 septembre, la jeunesse niçoise a fièrement défilé aux flambeaux pour honorer son héroïne.
Initié il y a trois ans par les JI niçoises, ce cortège rassemble désormais identitaires, patriotes niçois, régionalistes, ou tout simplement des Nissart fiers de leur héritage.
À l’arrivée du défilé aux pieds de la statue dédiée à Catarina Segurana, Philippe Vardon a donné lecture d’un texte composé par la poétesse niçoise Agathe-Sophie Sasserno (1814 – 1860) en l’honneur de cette modeste lavandière qui permit aux Niçois de repousser leurs assaillants turcs le 15 août 1543.

Nous reproduisons ici ce poème.

À Catherine Ségurane

O jour ! jour solennel ! jour dont le souvenir
Comme un phare sauveur, éclaire l’avenir !
O jour, Nice, où tu fus sauvée !
Le Sarrasin souillait tes rivages en fleurs,
Et les champs ravagés attestaient nos malheurs ;
Au poteau tu gisais rivée.

Nice, le drapeau saint de ton aigle indompté,
Que saluait naguère un chant de liberté,
Triste inclinait sa noble tête ;
Ton beau sol frémissait sous les pas étrangers
Et semblait s’indigner quand sous tes orangers
Passait l’étendard du prophète.

Nice, d’un joug honteux tu repoussais le poids,
Tu combattais encore mourante pour tes rois,
Et pour ta sainte indépendance ;
Tes généreux enfants prodigues de leur sang,
Sur les remparts brisés, debout, formaient un rang,
Et succombaient pour ta défense.

Ils luttaient, ils luttaient, ils tombaient tour à tour ;
Le superbe vainqueur, déjà sur une tour
Allait arborer sa bannière.
Nice ! quoi ! l’étranger est-il maître aujourd’hui ?
Et ton front violé, doit-il, courbé sous lui,
De ses pieds baiser la poussière ?

Sous le fer ennemi saignent tes flancs ouverts,
De mourants et de morts tes remparts sont couverts,
Ah ! ta dernière heure est venue !...
Mais un cri retentit, un cri vengeur ; soldats,
Sous le feu des canons ne voyez-vous donc pas
Passer une femme inconnue ?

La voyez-vous voler au sommet d’un rempart,
Repousser, renverser, foudroyer d’un regard
L’ennemi surpris qu’elle étonne,
Et sur ce Sarrasin formidable géant,
Debout comme un tour sur l’abîme béant,
Se ruer l’ardente lionne ?

La voyez-vous saisir l’étendard abhorré !
Et fouler sous ses pieds, sanglant et déchiré,
L’odieux croissant du prophète,
Plonger et replonger au sein de l’étranger,
Noble femme, ce fer, qui venait nous venger,
Et nous sauver de la conquête ?

La voyez-vous planer sur ce mur menacé ?
Sous son glaive déjà l’ennemi dispersé,
En tumulte fuit devant elle ;
Elle sème partout la crainte et le trépas,
Nos guerriers ralliés, accourent sur ses pas,
Et déjà l’ennemi chancelle.

Le drapeau qu’elle a pris dans sa main agité
Secoue en frissonnant un vent de liberté,
Dont tressaillent toutes les âmes,
Car l’héroïsme enflamme et subjugue les cœurs,
Et déjà sur les pas de nos soldats vainqueurs,
Ont fui nos oppresseurs infâmes.

Oui, Nice est délivrée, et le trône affermi,
D’un ciel indépendant voit briller l’astre ami,
Le peuple a des jours de victoire :
Catherine, ton bras chassa les étrangers,
Et ton nom humble et doux au milieu des dangers
Reçut un baptême de gloire.

Oh ! viens par ton exemple enflammer nos enfants,
Presse-les, noble sœur, dans tes bras triomphants,
Rappelle à leur âme aguerrie,
Que le premier devoir est d’être citoyen,
Et qu’après la vertu, le plus sublime bien
Est l’amour saint de la patrie.




















 
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