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ENVIRONNEMENT : Un procès de Total dans l’affaire de “l’Erika” ?
 


Le 18 Octobre 2005


Par FP




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  La perspective d’un procès pour “pollution maritime” se précise pour Total dans l’enquête sur le naufrage du pétrolier Erika au large des côtes bretonnes en décembre 1999, le parquet ayant requis mercredi le renvoi en correctionnelle du groupe pétrolier français.
Le 12 décembre 1999, l’Erika, battant pavillon maltais et affrété par Total, s’était brisé en deux à 70 km au sud de Penmarc’h (Finistère), avec 37.000 tonnes de fioul lourd à bord. Le lendemain, les deux parties de l’épave coulaient, libérant deux nappes de fioul (10.000 à 12.000 tonnes) provoquant une pollution du littoral sur 400 kilomètres entre le Finistère et la Vendée.

Quelque six années plus tard, le procureur de la République de Paris a requis mercredi le renvoi devant le tribunal correctionnel de Total, de deux de ses branches, Total Transports et Total Petroleum, et de six autres personnes physiques et morales, a-t-on appris de source judiciaire.

Parmi elles figurent le capitaine indien du navire Karun Mathur, l’armateur-propriétaire italien Giuseppe Savarese ou encore la société italienne de classification maritime Rina, chargée de l’homologation des navires.
Le parquet a en revanche demandé un non-lieu pour une dizaine de mis en examen, parmi lesquels trois militaires de la préfecture maritime de Brest et le directeur-adjoint du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) qui avaient été en lien avec le navire au moment de son naufrage.
Il s’est également prononcé pour l’abandon des poursuites de “complicité de mise en danger de la vie d’autrui” visant Total et pour un non-lieu concernant les cinq cadres de Total mis en examen dans ce dossier.

Il revient à présent à la juge d’instruction Dominique de Talancé de se prononcer sur le renvoi en correctionnelle de tout ou partie des 18 mis en examen dans le dossier.
Plusieurs sources proches du dossier interrogées mercredi jugeaient très probable un renvoi par la juge de l’ensemble des mis en examen pour l’intégralité des qualifications.
Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, partie civile dans le dossier, s’est réjoui dans un communiqué “de l’imminence d’un procès qui permettra que soient punis les coupables, indemnisées les victimes et que les voyous des mers sachent que le temps de l’impunité est terminé”.
M. de Villiers a souhaité que la justice respecte un “délai raisonnable” permettant la tenue d’un procès “avant l’été 2006″.
“Le bateau est décrit par le réquisitoire comme présentant une corrosion ancienne avec des pertes d’épaisseur des tôles allant parfois jusqu’à la perforation”, selon le communiqué de M. de Villiers qui a pris connaissance du réquisitoire définitif du parquet.
“Pour la société Total, le procureur relève qu’elle était non seulement juridiquement propriétaire de la cargaison au moment du naufrage, mais encore qu’elle s’est constamment comportée en véritable maître du navire”, ajoute le communiqué.
Ainsi, selon le document du parquet cité par M. de Villiers, l’armateur propriétaire du navire a “systématiquement sous dimensionné le financement consacré à l’entretien, en parfaite connaissance de l’état de corrosion”.



















 
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