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Dimanche 14 octobre se tenaient en Europe deux élections aux résultats très instructifs. En Belgique, pour les élections communales, et en Bavière pour les législatives régionales, la droite populiste a fait une percée attendue.

Les résultats ne sont pas spectaculaires. En Bavière, ils pourraient même être qualifiés de décevants : 10 % des suffrages seulement pour l’AfD, le parti populiste de droite, loin des 15 à 18 % espérés. En Belgique, dans la partie flamande, le Vlaams Belang fait un très honorable 13,5 %, après de longues années de difficultés électorales.

Malgré ces scores modestes, la victoire est double. Électoralement tout d’abord, puisque l’AfD se présentait pour la première fois en Bavière. Ils entrent au Parlement en tant que quatrième force politique du Land. Le Vlaams Belang, lui, revient de loin. Les dernières élections de 2014, pour les européennes et le Parlement régional flamand, leur avaient laissé un goût amer avec une moyenne de 5 % des voix. Ils sont dorénavant le troisième parti de la région flamande.

La deuxième victoire, plus importante, est à la fois symbolique et stratégique : elle marque l’échec du conservatisme mou qui cède sur tout parce que paralysé par le diktat moral de la gauche.

Partout en Europe, le principal adversaire de la droite populiste et identitaire est cette pseudo-droite qui divise un électorat que pourrait rassembler la défense de l’identité. En France, ce sont les Républicains. En Belgique, il s’agit de la Nieuw Vlaams Alliantie (NVA), et en Bavière de la CSU, parti allié de la CDU de Merkel.

La NVA est au pouvoir : premier parti flamand de Belgique, conservateur et en coalition gouvernementale avec des partis libéraux et démocrates-chrétiens. Le ministre belge de l’immigration notamment, Theo Francken, est membre de la NVA. Mais son action est totalement inefficace, paralysée par ses compromissions. Il parle comme le Vlaams Belang, pour mieux lui voler des voix, mais gouverne comme la gauche. Les 4 années écoulées révèlent cette trahison, qui se paie électoralement.

Le retour en force du Vlaams Belang démontre que les tours d’illusionnistes de la droite pseudo-conservatrice ne prennent plus. C’est d’autant plus vrai que 70 à 80 % des électeurs de la NVA veulent une alliance avec le Vlaams ! Pourtant, incorrigible, la NVA a déjà annoncé se tourner vers les Verts au niveau local.

En Bavière, la CSU tente également de se faire passer pour une droite forte, là encore sans résultats. Elle paie très cher ses compromissions. Alors qu’elle a toujours historiquement été autour des 50 %, gouvernant seule ou avec la gauche, elle a connu une lourde défaite, obtenant 37,2 % des voix, en baisse de 10,5 % par rapport à 2013. En Bavière, les électeurs de la CSU veulent une alliance avec l’AfD, que la CSU va de nouveau refuser.

Ces deux élections sont symboliques car elles démontrent que la droite molle appartient au passé. Si elle se couche à nouveau, comme toujours, face à la gauche, ses électeurs ne lui pardonneront pas. Cela entraînera à terme le raz-de-marée populiste qu’ont déjà connu d’autres pays, Hongrie, Pologne, Autriche, Italie, États-Unis…

Soit elle s’allie avec la droite identitaire, la légitime, mettant fin à l’absurde « cordon sanitaire » qui n’est rien d’autre qu’une stratégie de la gauche pour empêcher la vraie droite de prendre le pouvoir. C’est à cette condition seule qu’elle pourra enfin appliquer une vraie politique de droite : populaire, anti-immigration, protectrice, familiale. En un mot, identitaire.

Thierry Dubois