Accueil | Articles | Éditoriaux | À notre tour de les déconstruire !

À notre tour de les déconstruire !

La gauche s’acharne sans cesse à déconstruire, modeler ou redéfinir le sens des mots pour le noyer sous son idéologie. Et si nous tentions, à notre tour, de déconstruire quelques éléments clés du vieux champ lexical de la gauche ?

La gauche aime feindre de nous expliquer ce qu’est la France, mettant en avant des idées, des principes, des conceptions, des valeurs. Mais la France est d’abord et avant tout la patrie des Français. Étymologiquement, le mot « patrie » désigne le pays des pères, la terre des aïeux. Le terme ne fait pas référence à une idéologie mais à la généalogie. On ne peut pas plaquer des concepts sur la généalogie, science exacte de la filiation : on est d’une patrie ou on ne l’est pas.

La gauche fustige également sans cesse la notion de « préjugé », qui n’est pourtant ni plus ni moins qu’un jugement préalable, qui peut être bon ou mauvais. Dans un cadre socio-culturel, un préjugé peut, certes, être une marque de conformisme ou de paresse intellectuelle. Mais d’un point de vue politique, il peut aussi être un signe de sagesse qui guide l’action et prévient le danger.

Car toute prévention naît d’un préjugé. Il sauve des vies, notamment lorsque l’urgence exige la prise de décision rapide (1). La notion de préjugé n’est donc pas intrinsèquement mauvaise. Dans bien des situations, il est bon d’avoir des préjugés, souvent hérités de l’expérience du passé et de la sagesse populaire. Le fameux « bon sens paysan » est bâti sur des préjugés, préjugés d’autant plus pertinents qu’ils ont su traverser les siècles.
Un homme qui bannirait tout préjugé aurait une faible espérance de vie. En la matière, il en est des civilisations comme des hommes : on peut mourir d’une absence de préjugés, les exemples de l’immigration et de l’islamisme le montrent.

La gauche prône aussi, des manuels d’éducation civique aux allocutions présidentielles, les valeurs de tolérance pour faire accepter l’immigration. Le mot « tolérance » ne recèle pourtant rien de positif en soi. Il désigne en effet l’attitude consistant à accepter ce que l’on devrait normalement refuser. Il est synonyme de résignation et de capacité à résister à la souffrance que l’on nous cause. On ne tolère jamais quelque chose de plaisant qui nous enrichit. On tolère un fait, une situation que notre nature nous commande pourtant a priori d’éviter et de combattre. On « tolère » la douleur. On « tolère » une marge d’erreur. On « tolère » l’immigration massive. Et si on nous parle tant de tolérance, c’est bien parce que certains ne sont que tolérés.

« Valeurs de la République », « lutte contre les préjugés », « tolérance »… autant de totems sémantiques de la gauche, autant d’expressions ressassées, surannées et vidées de leur sens… mais qui envahissent encore les ondes médiatiques. C’est encore autour de ce champ lexical que les polémistes débattent, que les journalistes questionnent, que les politiques condamnent. Une grille sémantique qui permet de faire encore fonctionner le vieux logiciel périmé de la gauche dans l’inconscient collectif grâce aux forces du langage et du vocabulaire. Leur système idéologique est en train de s’effondrer face au retour du réel, mais sans doute ne sera-t-il définitivement vaincu que par le retour du sens, à commencer par celui des mots.

Cyril Raul

(1) Lire à ce sujet le philosophe irlandais Edmund Burke (1729 – 1797) et son éloge du préjugé : « En cas d’urgence le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu, si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et la perplexité. Le préjugé fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées. » Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France.

Dans la même catégorie

Ce n’est pas le hasard qui a tué Axelle, Philippe, Thomas ou Mélanie

« Pas de récupération ! » C’est le mot d’ordre que l’on entend après chaque drame touchant un Français ou un Européen. Parfois, ce sont les parents des victimes eux-mêmes qui le répètent. Poussés par la pression sociale, les médias ou leurs idées politiques, « ils ne...

Rues débaptisées, histoire défigurée !

La réponse à Black Lives Matter, vient d’expliquer Emmanuel Macron, ne sera pas le déboulonnage : « Plutôt que de déboulonner, je vous propose de construire ». Cent noms de soldats africains ont été référencés par la secrétaire d’Etat aux Armées, Geneviève...

La réponse cinglante de la France qui souffre à ceux qui voudraient la culpabiliser

Depuis quelques semaines, on entend moins les jérémiades du comité Adama et de leurs amis indigénistes. La manifestation place de la République le 13 juin est pour le moment leur dernier rassemblement d’ampleur. À n’en pas douter, l’action percutante de Génération...

De SOS Racisme à la guerre ethnique

Brève histoire de l’antiracisme L’antiracisme des années 80 est bel et bien enterré. Pendant les années Mitterrand, SOS Racisme était conduit et mené par des gens, comme Harlem Désir, qui ne connaissaient ni la banlieue ni le contact violent avec la police....

Le grand effacement

La nature ayant horreur du vide, c’est parce que la France et les Français sont de moins en moins visibles que des minorités revendiquent toujours plus de visibilité. Car le grand remplacement se nourrit du grand effacement. Pour être supplanté, il faut être éclipsé....

Loi Avia : vers la censure totale ?

Depuis des années, les identitaires font face à une répression toujours plus féroce. Nos moyens d’expression sont massivement censurés. Nos moyens de paiement régulièrement fermés. La position dominante des grands réseaux sociaux leur donne un pouvoir démesuré. C’est...

Les 3 raisons de l’embrasement dans les banlieues

Samedi 18 avril à Villeneuve-la-Garenne, un multirécidiviste percute une voiture de police banalisée et se blesse à la jambe. Aussitôt, des rumeurs de « bavure policière » et de « jambe coupée » envahissent les réseaux sociaux avant d’être rapidement infirmées, comme...

L’histoire n’en a pas fini avec nous

La crise sanitaire engendrée par le Coronavirus frappe une Europe qui pensait être sortie de l’histoire. Face à une situation grave, l'état d'impréparation de nos élites politiques saute aux yeux. Comme si le pire n’était plus possible. Comme si la vie des sociétés...