Accueil | Articles | Éditoriaux | Affronter le terrorisme intellectuel ou mourir

Affronter le terrorisme intellectuel ou mourir

Les élections européennes approchent et, malgré une embellie récente, la liste « Les Républicains » peine à décoller. Crédité de 12 % des intentions de vote par les différents instituts de sondage, le parti de François-Xavier Bellamy semble être destiné à finir 3ème, loin derrière le Rassemblement national emmené par Jordan Bardella. S’il se confirme, cet échec ne manquera pas d’être instrumentalisé par les faux amis de la droite qui y verront la démonstration de l’absence de rentabilité électorale d’une ligne trop conservatrice (pourtant assez timorée en réalité). Nous assisterons à une campagne de pression, sur fond d’injonction de modération, c’est-à-dire de soumission à la gauche progressiste.

La droite face au centre : ce que personne ne dit.

Le politologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie a relevé dans son ouvrage « Le nouvel ordre démocratique » plusieurs exemples démontrant l’inanité de cette volonté de faire plier la droite vers la gauche.

• En 2007, Nicolas Sarkozy obtenait 31 % des suffrages au premier tour. Ce score, très important pour un candidat de droite, n’a jamais été égalé depuis. À l’époque, malgré une rude concurrence au centre avec la candidature de François Bayrou (qui avait atteint 18 %), le candidat de l’UMP avait réussi à siphonner l’électorat du Front national, récupérant 25 % des voix de ceux qui avaient voté pour Jean-Marie Le Pen en 2002.

• On oppose souvent à cette campagne victorieuse la défaite de 2012. Pourtant, le détail des chiffres contredit cette analyse superficielle. En effet, les électeurs de François Bayrou s’étaient reportés au second tour sur Nicolas Sarkozy dans les mêmes proportions qu’en 2007 et les reports de voix centristes vers le candidat socialiste furent même moindres en comparaison. La campagne « à droite toute » ne fut donc pas de nature à effrayer les électeurs du centre.

• Lors des primaires de la droite et du centre en 2016, de nombreux observateurs considéraient qu’en ouvrant la primaire et grâce à une participation forte, Alain Juppé aurait un avantage sur ses concurrents. Leur ligne « droitière » serait nécessairement pénalisée car s’adressant à des segments électoraux rétrécis. Le démenti fut cinglant, François Fillon arrivant finalement très largement en tête avec 44 % des suffrages et une participation totale de 4 millions d’électeurs.

Les enquêtes d’opinions détruisent les mythes des adversaires de la « droitisation ».

Le Cevipof (Le Centre de recherches politiques de Sciences Po) montre dans son étude « Vague 10 – Janvier 2019 » que la part de ceux qui se positionnent au centre a régressé et avoisine les 17 %. Dans le même temps, l’ensemble des individus se déclarant de « droite » progresse pour parvenir à 35 %. De plus, les questions identitaires (immigration et islamisation) continuent d’être des priorités pour les anciens électeurs de François Fillon. Enfin, plus de 20 % de ces derniers sont aujourd’hui tentés par le vote pour une liste du Rassemblement national.

L’injonction modérantiste n’est rien d’autre que du terrorisme intellectuel.

À la lumière de ces chiffres et de ces faits, on réalise à quel point cette volonté de soumettre la droite au politiquement correct ne repose sur aucune analyse sérieuse. Elle est purement idéologique et n’est certainement pas le reflet d’une quelconque attente des électorats. Il est donc temps de passer à la contre-offensive, de cesser de donner des gages et de s’excuser. Vainqueur celui qui cessera de se justifier !

Clément Martin

Dans la même catégorie

Loi Avia : vers la censure totale ?

Depuis des années, les identitaires font face à une répression toujours plus féroce. Nos moyens d’expression sont massivement censurés. Nos moyens de paiement régulièrement fermés. La position dominante des grands réseaux sociaux leur donne un pouvoir démesuré. C’est...

Les 3 raisons de l’embrasement dans les banlieues

Samedi 18 avril à Villeneuve-la-Garenne, un multirécidiviste percute une voiture de police banalisée et se blesse à la jambe. Aussitôt, des rumeurs de « bavure policière » et de « jambe coupée » envahissent les réseaux sociaux avant d’être rapidement infirmées, comme...

L’histoire n’en a pas fini avec nous

La crise sanitaire engendrée par le Coronavirus frappe une Europe qui pensait être sortie de l’histoire. Face à une situation grave, l'état d'impréparation de nos élites politiques saute aux yeux. Comme si le pire n’était plus possible. Comme si la vie des sociétés...

Migrants et Turquie : renaissance d’une conscience européenne ?

Sur CNN Turquie, le ministre de l’Intérieur turc menace : « Le nombre de réfugiés qui traversent l’Europe va bientôt atteindre un million. Les gouvernements européens vont tomber, leurs économies seront déstabilisées et leurs bourses vont s’effondrer et ils ne...

Greta Thunberg ou la nouvelle éco-religion

Le nihilisme constitue le trait marquant de nos sociétés contemporaines. Envahi par le doute et privé de repères identitaires, moraux et spirituels, l’homme européen cherche à combler ce vide par toutes sortes de loisirs et d’excès destructeurs (drogues, sexe,...

Le néo-ottomanisme à l’assaut de l’Europe

Où s’arrêtera Erdogan ? Réislamisation d’un pays encore récemment fortement laïciste, interventionnisme militaire tous azimuts, ingérence en Europe à travers les populations turques qui y sont installées, celui qui se rêve sultan pose progressivement les jalons d’un...

La natalité, grande absente du débat sur la réforme des retraites

Depuis plusieurs semaines la France se déchire au sujet de la réforme des retraites proposée par le gouvernement Macron. Cette réforme, qui mêle fin des régimes spéciaux et allongement de la durée de cotisation –via un « âge d’équilibre », terme technocratique qui...

Réforme des retraites et dessous électoraux

Il est naïf de penser que la réforme des retraites vise à viabiliser le système de répartition sur le temps long. D’abord parce que toute réforme sociale sans mesures radicales sur l’immigration est une entreprise inconséquente par nature, que le projet concerne les...