Accueil | Articles | Éditoriaux | ONG complice des passeurs : qui avait raison ?

ONG complice des passeurs : qui avait raison ?

Emmanuel Macron avait accusé en juin 2018 l’ONG Lifeline de « faire le jeu des passeurs ». Voici quelques semaines, c’est Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, qui a officiellement reconnu que les ONG étaient – et sont encore – régulièrement complices des passeurs. Nonobstant, le gouvernement français a annoncé le 13 avril accepter de recueillir plusieurs dizaines de clandestins amenés à Naples par des « complices » potentiels de passeurs.

Le chemin de Damas du gouvernement passe par Rome

Bien sûr, il n’est pas innocent que ces déclarations aient lieu en pleine campagne pour les européennes et que l’immigration y soit justement le sujet de préoccupation numéro un des Français. LREM, piètre mécanique gouvernementale mais excellente machine électorale, ne peut l’ignorer sous peine d’aller à la catastrophe en mai prochain. La récente visite de Matteo Salvini à Paris a certainement dû aider les gouvernants français à y voir clair. L’idéologie sans-frontiériste et les bons sentiments ont semble-t-il encore quelques limites. Celles des faits et de la réalité électorale.

Il aura fallu deux ans au gouvernement français pour admettre la réalité sur les ONG

En août 2017 déjà, un policier italien infiltré dans une ONG avait révélé une collaboration étroite entre celle-ci et les passeurs. En 2018, Médecins sans Frontière continuait à nier cette évidence. Maintenant que le gouvernement français a tranché la question, les ONG sont en très mauvaise posture. Pourtant, un nouvel élément de langage est désormais largement utilisé. Comme la diminution du nombre de morts est indéniable et en progrès régulier, les ONG et leurs relais communiquent sur une hausse du taux de mortalité. Voilà à quelle escroquerie intellectuelle minable en sont réduits ces pseudo-humanitaires pour qui les vies humaines ont décidément une importance très relative.

Ce que disent vraiment les chiffres

Selon les données statistiques du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, depuis qu’une politique plus rigoureuse a été mise en place en Méditerranée centrale, le nombre de morts a diminué de moitié chaque année. En 2018, 1 279 migrants ont été retrouvés morts ou ont disparu en Méditerranée centrale, contre 2 874 migrants décédés en 2017, soit une baisse de 54 % en valeur absolue. Durant les deux premiers mois de l’année 2019, les morts et disparus sont passés de 433 à 207 par rapport à la même période de 2018. Soit une nouvelle baisse de 53 %  ! La fermeté tardive du gouvernement Gentoli en Italie puis la politique énergique de Salvini en sont indéniablement à l’origine.

Une seule voie possible pour l’Europe et l’Afrique

L’Europe doit être capable de protéger ses frontières, l’Afrique doit être capable de retenir ses fils. Contrairement à ce que laissent entendre les volontaires et dirigeants des ONG, les migrants ne fuient très majoritairement pas la guerre ou la famine. Leur volonté utopique de créer une autoroute migratoire entre les deux continents est injustifiable, illusoire et meurtrière, quelles que soient les bonnes intentions qui la suscitent. Il serait temps qu’ils se rappellent que l’enfer en est pavé.

Jean-David Cattin

Dans la même catégorie

Le grand effacement

La nature ayant horreur du vide, c’est parce que la France et les Français sont de moins en moins visibles que des minorités revendiquent toujours plus de visibilité. Car le grand remplacement se nourrit du grand effacement. Pour être supplanté, il faut être éclipsé....

Loi Avia : vers la censure totale ?

Depuis des années, les identitaires font face à une répression toujours plus féroce. Nos moyens d’expression sont massivement censurés. Nos moyens de paiement régulièrement fermés. La position dominante des grands réseaux sociaux leur donne un pouvoir démesuré. C’est...

Les 3 raisons de l’embrasement dans les banlieues

Samedi 18 avril à Villeneuve-la-Garenne, un multirécidiviste percute une voiture de police banalisée et se blesse à la jambe. Aussitôt, des rumeurs de « bavure policière » et de « jambe coupée » envahissent les réseaux sociaux avant d’être rapidement infirmées, comme...

L’histoire n’en a pas fini avec nous

La crise sanitaire engendrée par le Coronavirus frappe une Europe qui pensait être sortie de l’histoire. Face à une situation grave, l'état d'impréparation de nos élites politiques saute aux yeux. Comme si le pire n’était plus possible. Comme si la vie des sociétés...

Migrants et Turquie : renaissance d’une conscience européenne ?

Sur CNN Turquie, le ministre de l’Intérieur turc menace : « Le nombre de réfugiés qui traversent l’Europe va bientôt atteindre un million. Les gouvernements européens vont tomber, leurs économies seront déstabilisées et leurs bourses vont s’effondrer et ils ne...

Greta Thunberg ou la nouvelle éco-religion

Le nihilisme constitue le trait marquant de nos sociétés contemporaines. Envahi par le doute et privé de repères identitaires, moraux et spirituels, l’homme européen cherche à combler ce vide par toutes sortes de loisirs et d’excès destructeurs (drogues, sexe,...

Le néo-ottomanisme à l’assaut de l’Europe

Où s’arrêtera Erdogan ? Réislamisation d’un pays encore récemment fortement laïciste, interventionnisme militaire tous azimuts, ingérence en Europe à travers les populations turques qui y sont installées, celui qui se rêve sultan pose progressivement les jalons d’un...

La natalité, grande absente du débat sur la réforme des retraites

Depuis plusieurs semaines la France se déchire au sujet de la réforme des retraites proposée par le gouvernement Macron. Cette réforme, qui mêle fin des régimes spéciaux et allongement de la durée de cotisation –via un « âge d’équilibre », terme technocratique qui...