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Les frontières, seule solution à l’immigration-invasion

Par le Guatemala transitent les immigrés clandestins venus du Honduras et d’autres pays d’Amérique latine. Tous savent qu’une dernière étape les sépare de la Terre promise à la bannière étoilée : le Mexique. Celui-ci, gouverné par le démagogue Andrés López Manuel Obrador (« Amlo »), refuse d’accueillir les voyageurs longue durée. AMLO s’était signalé par un courrier adressé au roi d’Espagne et au pape François afin d’obtenir des excuses pour la conquista, la colonisation de l’Amérique au temps des Grandes découvertes. Son discours progressiste a donc cédé devant l’impératif de sauvegarder un pays, le Mexique, déjà traumatisé par l’explosion des violences dues au narcotrafic. Or, le commerce de la drogue est lié aux vagues migratoires, que les trafiquants encouragent pour y lever une main d’œuvre bon marché de « mules », c’est-à-dire de transporteurs.

Dans certaines régions isolées où l’Etat ne se rend jamais, des Mexicains ont attaqué leurs « frères » latinos indésirables. Bien que culturellement très proches, la coexistence, même entre Américains de langue espagnole et de religion catholique, n’est visiblement pas possible. Encore une preuve de la force du sentiment identitaire, reflet d’une réalité profondément enracinée et toujours vivace. Les peuples ne veulent pas « vivre ensemble » : ils souhaitent rester maîtres chez eux.

Aucune solution économique n’est envisagée par le Mexique : ni aide au retour, ni aide au développement à destination des pays d’émigration… Rien de tout cela. Seulement des frontières, fermement gardées par des hommes en armes déterminés. Bien sûr, si on remonte la chaîne des causes, de plus en plus haut, on tombe immanquablement sur des problèmes structurels (corruption, crise économique, catastrophe naturelle…) qui gangrènent les pays d’émigration et poussent leur population à l’exil. Alors, certains nous invitent à résoudre ces maux plutôt que d’agir, vainement, sur les « conséquences ». On ajoute parfois, et c’est un bien mauvais exemple, que derrière l’homme qui tient un pistolet, il y a celui qui l’a armé. Tout a une cause profonde, soit. Mais cela est bon à savoir dans le domaine théorique, celui de la réflexion qui permet de mieux comprendre le monde afin d’agir sur le long terme. Mais concrètement, ici et maintenant, que faire ? Ceux qui n’ont que les « causes » à la bouche, souvent pour s’abstenir de régler les problèmes qui nous minent quotidiennement, n’ont rien d’autre à proposer qu’un slogan : « les aider à rester chez eux ! » Oui, il faut le faire, bien sûr : un pays ne peut ignorer ce qui se produit chez son voisin. Un État, s’il veut demeurer présent sur la scène de l’histoire, doit chercher à développer son influence autour de lui, car on défend la chambre de la reine depuis les remparts du château et non depuis les couloirs de ses quartiers privés. C’est une évidence.

Il n’empêche que pour faire cesser l’immigration, il n’y a pas de meilleur moyen que de faire savoir dans les pays d’émigration que l’accueil sera désormais impossible et que les États concernés seront intraitables. Alors, dans les rues des pays d’émigration, le signal sera donné dans toutes les maisons, au coin des bâtiments et par le bouche à oreille : « ils ne veulent pas de nous. » Cette certitude épargnera bien des morts. Comme des frontières imperméables au sud de l’Europe aurait évité bien des noyades en dissuadant les candidats de l’exil de franchir la Méditerranée. Ceux qui militent pour l’aide au développement sous n’importe quelle forme (subventions, investissements privés, don de savoir-faire, etc.) ignorent toujours la force des frontières. Comme ceux qui, devant l’insécurité galopante, n’ont que le mot « prévention » à la bouche ignorent généralement que la répression est incontournable in fine. On peut d’ailleurs très bien chercher à prévenir un mal et se montrer fort lorsqu’il toque à nos portes. Il en va de la sécurité et de l’intégrité de notre peuple, car on ne fait pas de politique par charité à l’égard des étrangers mais par devoir envers les siens, un devoir motivé par l’amour qu’on leur porte, un amour qu’on leur doit.

Clément Martin

Illustration : Migrants cherchant à travers la frontière entre le Mexique et le Guatemala

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